11 février 2018

Les ayatollahs féministes


L'oeuvre ci-dessus est un tableau d'Egon Schiele intitulé "Trois femmes nues" ou "Trois femmes debout". Elle date de 1918.

Si vous croyez qu'il s'agit d'une oeuvre magnifique, détrompez-vous! C'est un humiliant symbole de la domination des femmes, une objectification éhontée du corps féminin qui suscite la colère de TOUTES les femmes! 

Le fanatisme idéologique des féministes ne cessera jamais de me renverser complètement.

La plus récente salve est signée par Pascale Navarro:

Le 7 janvier dernier, au Teatro Del Maggio à Florence, le metteur en scène italien Leo Muscato présentait sa version de l’opéra Carmen. Dans le livret original de Prosper Mérimée, Carmen finit sous les coups de son amant jaloux. Afin de faire réfléchir aux violences sexuelles, sujet de l’heure pour dire le moins, la compagnie florentine a proposé de changer la fin ; ce n’est plus José qui tue Carmen, mais l’inverse. 

Personnellement, ce choix ne me scandalise pas du tout. Au contraire même, j'aime bien qu'on nous montre que des hommes peuvent également être victimes de la violence des femmes. Bien que, dans ce cas-ci, je soupçonne que ce n'est pas le but de l'exercice. Mais comme je n'ai pas lu les justifications des gens qui sont responsables de cette pièce (et que ça ne m'intéresse pas du tout), je ne vais pas m'aventurer plus loin.

Cette entorse à l’œuvre originale a créé la polémique en Europe, et scandalisé les mélomanes. Il n’en fallait pas plus pour dénoncer la censure et la rectitude politique. On lance de gros mots comme « hystérie vengeresse » (Le Figaro) et on ridiculise le geste (La Stampa), pendant que la critique démolit la pièce.

Si les changements ont été faits dans un but idéologique, pour pervertir le sens original de la pièce et lui substituer une propagande dogmatique féministe, alors je comprends parfaitement qu'on soit outré.

Mais je le répète, personnellement, je ne le suis pas. Pour que je monte aux barricades, il faudrait qu'on tente d'effacer la version originale, qu'on la retire des tablettes pour lui substituer une nouvelle version féministe revue et corrigée. Là, je hurlerais.

Mais dans les circonstances, tout le monde sait que cette nouvelle version n'est pas l'originale et personne n'affirme le contraire. La version originale continue d'être disponible. Je ne vois pas vraiment où est le mal. Cela étant dit, l'idée ne suscite nullement mon intérêt et je n'irais pas la voir, mais je ne ressens pas le besoin de déchirer ma chemise non plus.

La modification d'une oeuvre ancienne n'est pas nécessairement un outrage. Si je décide de monter une pièce de théâtre inspirée d'une oeuvre originale, mais que j'y apporte des changements importants pour... je ne sais pas, moi... la rendre plus contemporaine par exemple, ben pourquoi pas? Si je veux raconter l'histoire d'Arthur Pendragon en le mettant dans la peau d'un politicien moderne, chef du parti de la Table Ronde, où est le mal?

Cela étant dit, on devine que Mme Navarro s'indigne de la réaction des critiques, non pas parce qu'elle veut tourner en dérision les puristes, mais plutôt parce qu'elle y voit un complot du patriarcat misogyne... il suffit de lire la suite pour s'en convaincre.

De son côté, la National Gallery of Art de Washington a choisi de reporter une exposition des œuvres du peintre Chuck Close, ainsi que du photographe Thomas Roma, le mois dernier, à la suite des accusations envers les artistes de harcèlement sexuel. Chuck Close, lui, nie les allégations, mais la galerie maintient sa décision ; parallèlement à cela, d’autres musées et galeries dans le monde sont en train de se demander quoi faire avec ses œuvres ; et la question se posera de plus en plus pour d’autres artistes sur qui pèsent des allégations.

Tout ce qu'il y a de scandaleux là-dedans, c'est qu'on fasse subir un tel traitement à des hommes qui sont uniquement la cible d'allégations et qui n'ont été trouvés coupables d'aucun crime.

M. Close nie les allégations. Et dans le cas de M. Roma, selon cet article, son accusatrice décrit elle-même leur relation comme "consensuelle".

Et de toute façon, en ce qui me concerne, même si ces types étaient de parfaits salauds, ce n'est pas une raison pour censurer leurs oeuvres.

Imaginez qu'une personne trouvée coupable et incarcérée pour meurtre découvre la peinture en prison et s'avère un véritable génie. Imaginez que ses toiles soient des oeuvres d'un calibre inégalé et d'une qualité exceptionnelle. Faudrait-il refuser de les exposer sous prétexte que l'auteur est un tueur?

La faillite morale d'un individu invalide-t-elle la qualité de toutes les oeuvres qu'il a produites dans sa vie?

Poser la question, c'est y répondre. Une oeuvre peut être appréciée tout à fait indépendamment de l'identité ou de la moralité de l'artiste qui l'a produite. Lorsque je me promène dans les galeries du Musée des beaux-arts, j'ignore tout de la vaste majorité des artistes qui ont créé les toiles que je vois, mais cela ne m'empêche pas du tout de m'extasier devant leur talent et la qualité du résultat final.

Doit-on parler de censure ? Difficile d’accoler cette étiquette aux démarches des institutions en question. Il s’agirait de censure si l’on interdisait des œuvres à cause de leur contenu. Ce n’est pas le cas. On agit plutôt sur la sélection des artistes.

N'en déplaise à Mme Navarro, il s'agit bel et bien de censure. Ce n'est pas parce qu'elle est d'accord avec les motifs que ce n'est pas de la censure.

Nous vivons dans une époque où de simples allégations sont suffisantes pour anéantir la réputation et la carrière de quiconque en est la cible. J'ai goûté à l'horreur de fausses allégations, alors je sais trop bien de quoi je parle.

Je n'ai aucune envie de prendre part à ce mouvement d'hystérie collective. Je continue à trouver les monologues de Louis C.K. hilarants, je continue à adorer les différentes performances de Kevin Spacey et je ne me gênerai pas pour apprécier les entrevues de Charlie Rose.

De la même façon, ce n'est pas parce que j'ai la scientologie en horreur que je vais m'empêcher de voir des films qui mettent en vedette des scientologues. Ce n'est pas parce que le catholicisme me répugne que je vais éviter d'écouter les pièces de musiciens catholiques. Ce n'est pas parce que le communisme m'horripile que je vais refuser de voir les tableaux de peintres communistes.

Je ne suis pas un fanatique, moi, Mme Navarro.

Et une autre question se pose alors : devra-t-on ranger aux oubliettes les tableaux de Picasso et de tous ceux dont on sait qu’ils ont brutalisé des femmes et des hommes au nom de la création ? Au pilori, les films de Woody Allen ? On n’en a pas fini ! Depuis que le monde est monde, bien des auteurs et créateurs ne passeraient pas le test de la conduite irréprochable. Le Penseur de Rodin a beau symboliser le prestige de l’art, son auteur a quand même participé à la destruction d’une femme, Camille Claudel, et de son œuvre. On peut difficilement effacer de notre culture ce qui est déjà fait.

On peut difficilement le faire, mais Mme Navarro aimerait bien qu'on s'y mette quand même!

La meilleure réponse possible à ce paragraphe délirant est signée Sophie Durocher:

Mes amis, on devrait avoir un malaise à regarder Le Penseur de Rodin, parce que le sculpteur a supposément « participé à la destruction » de Camille Claudel. Misère, il y a des limites à faire du révisionnisme historique ! Non seulement Rodin a toujours vanté les qualités artistiques de Claudel, mais il a déjà déclaré : « Je lui ai montré où trouver de l’or, mais l’or qu’elle trouve est bien à elle ».

Il faudrait qu’on ait un malaise à regarder des Picasso parce que Pablo n’a pas toujours été fin avec ses 1001 amantes ? On n’a pas fini.

Bien sûr, ces néo-féministes ne disent pas un mot sur les femmes artistes qui ont été des véritables monstres pour leur entourage. J’imagine que la grand-mère d’Anaïs Barbeau-Lavalette (dont l’histoire est racontée dans La femme qui fuit) est une sainte, malgré le fait qu’elle ait lâchement abandonné ses deux enfants en bas âge pour se consacrer à « son art » ?

Et vlan! Dans les dents!

Mais l’on peut faire ses propres choix. Pour moi, et je ne suis pas la seule, bien des statues sont déjà démolies. J’ai eu beau entendre pendant mes études universitaires qu’il fallait « séparer l’œuvre et l’auteur », ça ne passe plus. Je conçois que certains fans écoutent encore les chansons de Noir Désir ou vont voir les films des Allen ou Polanski, mais pour moi, c’est terminé. Je n’oblige personne à faire ce choix, c’est ma façon de protester.

Mme Navarro aimerait nous faire croire qu'il ne s'agit que d'un simple choix personnel qu'elle fait. Mais elle ment.

Lorsqu'elle écrit cet article et lorsqu'elle applaudit le fait qu'on bannisse des artistes à cause de simples allégations, ce n'est pas simplement l'expression d'un choix personnel de sa part.

C'est un geste public. Elle prend activement part à une détestable mouvance populaire qui anéantit des carrières, des réputations et des vies. Et on voit très facilement que son objectif est de convaincre ses lecteurs de se joindre à elle dans sa croisade qu'elle qualifie de "protestation".

La mauvaise foi de Mme Navarro est tout simplement choquante.

Pour ce qui est du fait qu'elle "n'oblige personne à faire ce choix", ce n'est pas là une manifestation de sa grandeur d'âme, c'est tout simplement qu'elle n'a pas le pouvoir d'obliger qui que ce soit à le faire. Si elle avait le pouvoir et l'autorité, elle n'hésiterait probablement pas à en abuser. Nommez Mme Navarro censeure officielle des arts et préparez-vous au cataclysme! Si vous croyez que les Talibans et Daech ont été impitoyables avec les oeuvres pré-islamiques qu'ils ont trouvées sur leur chemin, vous n'avez encore rien vu!

Comment savoir qu'elle abuserait de ce pouvoir? Simple, regardez ce qu'elle fait du seul pouvoir qu'elle possède présentement: sa tribune!

Elle s'en sert pour tenter de nous convaincre qu'il faut bannir les artistes qui sont la cible d'allégations, qu'il ne faut jamais séparer l'oeuvre de son auteur, que Rodin et Picasso étaient des salauds qu'il est préférable d'ignorer en guise de protestation! Et en plus, elle a la malhonnêteté de déguiser ceci en supposé "choix personnel"! Imaginez si Mme Navarro avait du VRAI pouvoir! J'en frissonne d'horreur...

Depuis que nous sommes petites, nous entrons dans des musées dont les murs sont couverts de femmes déshabillées et dont les images font la gloire de leurs auteurs. Les femmes ont servi de support à tant d’œuvres et nourri tant de génies portés aux nues, que les petites filles qui regardent (ce qu’elles deviendront ? ce qu’on attend d’elles ? leur miroir ?) sentent une colère monter. Cette colère grandira quand elles verront que ces artistes, cinéastes, génies et grands esprits sont magnifiés, entourés d’une autorité et d’une impunité qu’elles n’ont pas le droit de remettre en question.

Voilà que désormais, elles prennent ce droit.

Délirant. Tout simplement délirant.

Imaginez à quel point il faut être fanatisé pour écrire des sottises pareilles.

Imaginez si moi, en voyant la statue de David, j'y voyais un affront envers tous "les hommes"! Imaginez si j'y voyais l'exploitation du corps de ce pauvre modèle anonyme par un artiste sans scrupules qui a abusé de lui pour se créer une réputation qu'il ne mérite pas! Imaginez si j'affirmais que cette oeuvre doit mettre les petits garçons en colère et les traumatiser parce qu'ils n'y voient pas une simple sculpture, mais plutôt ce que la société souhaite qu'ils soient en tant qu'hommes!

Si je disais des conneries pareilles, on remettrait sérieusement en question ma santé mentale. Et avec raison.

Ah! mais si c'est une femme qui le dit à propos de tableaux de femmes nues, elle devient une héroïne féministe, on lui donne une tribune dans La Presse et on paye le gros prix pour aller entendre ses conférences!

Mme Navarro, en bonne féministe fanatisée, voit du complot patriarcal partout.

La réalité est toute autre et elle est toute simple. Pour un homme hétérosexuel, il n'y a rien de plus beau et de plus inspirant en ce bas monde qu'une jolie femme. Les femmes ont inspiré combien de tableaux? Combien de poèmes? Combien de sculptures? Combien de chansons? Combien de films? Combien de romans?

Depuis toujours, les hommes hétérosexuels s'extasient devant la beauté des jolies femmes et ceux qui ont du talent en font des oeuvres remarquables, parfois même immortelles. La Vénus de Willendorf aurait 24 000 ans!

Il n'y a rien de mal, rien de monstrueux, rien d'anormal et rien de sale là-dedans.

Dans le contexte actuel du #metoo, #etmaintenant, nous sommes là, justement, dans la suite. Il est « permis », maintenant, d’expliquer pourquoi les femmes en ont marre qu’on les efface derrière les privilèges et le statut des grands hommes. 

Qui êtes-vous, Mme Navarro, pour parler au nom "des femmes"? Qui êtes-vous pour affirmer que toutes les petites filles qui visitent les musées ressentent de la colère et que les femmes partagent toutes votre idéologie de cinglée?

Jamais je n'aurais la témérité et l'arrogance de m'exprimer au nom de gens qui n'y ont pas préalablement consenti. Mais apparemment, vous n'y voyez absolument aucun problème. C'est étrange, je croyais que le concept de consentement était au coeur même de ce mouvement que vous endossez. Le consentement serait-il donc seulement une obligation masculine, Mme Navarro?

Aucune femme ne vous a choisie pour parler en son nom et aucune femme n'a voté pour vous. Ne vous en déplaise, les femmes ne représentent pas un bloc idéologique homogène. Les femmes ne pensent pas toutes comme vous, dieu merci! Si vous étiez capable de reconnaître que les femmes sont des êtres humains à part entière, des adultes diversifiés, intelligents et libres qui ont des points de vue différents du vôtre pour des raisons parfaitement valides, vous les respecteriez peut-être un peu plus.

Les femmes ne sont pas de pauvres petites victimes éplorées qui ont besoin de vous comme sauveuse, Mme Navarro. Cessez de les sous-estimer, de les infantiliser et de les traiter comme de bêtes brebis incapables de réfléchir par elles-mêmes!

En prenant notre place dans la société, dans les instances culturelles et politiques, en occupant par la parole le discours public, nous imposons aussi le respect de nous-mêmes et nous gagnons nous aussi une autorité : ceci signifie pour beaucoup d’entre nous que demeurer objectifiées n’est juste plus possible.

Aucune femme n'est "objectifiée" sans son consentement. Autrement, celui qui la force se retrouve en prison.

Les femmes qui acceptent de se dénuder pour un peintre, pour un photographe, pour un cinéaste ou pour un sculpteur le font en pleine connaissance de cause. Elles donnent leur consentement à ce que leur corps soit "objectifié" comme vous l'exprimez si mal. C'est leur choix à elle, leur corps à elle. Elles n'ont pas besoin de votre approbation ou de votre permission. Elles ne font de mal à personne. Elles sont des individus à part entière, libres et émancipés. Elles continuent à se dénuder pour des artistes masculins et elles continueront de le faire tant que des fanatiques comme vous ne leur aurez pas arraché leur liberté de choisir.

Comme vous venez de le faire pour les femmes de la F1.

Que les institutions réfléchissent, que les créateurs s’interrogent sur ce qu’ils font, que le public soit plus critique, il n’y a rien là-dedans de très inquiétant pour l’art. Ça s’appelle l’évolution des mentalités.

Non, Mme Navarro. Vous dites cela parce que vous êtes complètement aveuglée par vos obsessions idéologiques. Vous êtes fanatisée au point de croire que seule votre idéologie incarne l'évolution et le progrès, alors que quiconque s'y oppose est un anachronisme embarrassant et probablement un sale misogyne phallocrate exploiteur de femmes.

Ce que vous faites, ça s'appelle de la propagande idéologique qui vise à faire des femmes non pas des individus différents les uns les autres, mais une armée de brebis fanatisées qui exigera comme vous la censure des arts, la censure des corps dénudés, la censure des gens qui sont la cible d'allégations ou qui osent vous contredire.

Vous êtes une despote en jupon, Mme Navarro.

Mais vous trouverez toujours des gens comme moi pour vous le rappeler. Des gens épris de liberté. Des gens qui n'essaient pas d'imposer leurs valeurs, leurs choix ou leurs idées aux autres. Des gens qui respectent le fait que chaque individu a le droit de faire ses propres choix.

Des gens qui s'opposeront toujours à des petites ayatollahs de carnaval comme vous.

Je vous laisse avec cette oeuvre sublime de Gustave Caillebotte réalisée en 1873 et intitulée "Femme nue étendue sur un divan":



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Comic-books sous la censure féministe

La gauche féministe facho



Adieu Simone: extraits





10 février 2018

FANTASTIC FOUR: BIG TOWN #1-4

Janvier à avril 2001
Scénario: Steve Englehart
Dessins: Mike McKone
Encrage: Mark McKenna

Cette mini-série de 4 numéros se déroule dans une réalité alternative. Dans ce monde, Reed Richards et Tony Stark ont ​​décidé de rendre publiques leurs découvertes scientifiques. Le résultat est Big Town: une nouvelle ville futuriste high-tech qui s'appelait jadis New York. Beaucoup de visages familiers habitent Big Town. Les FF et les Avengers sont là. Cette dernière équipe est composée du Swordsman (apparemment le chef), Hawkeye et Mockingbird (mariés et se chamaillant comme toujours), Black Panther et Thor (plongés dans un perpétuel conflit à propos d'un groupe suprématiste blanc qui s'appelle l'Odin-Cult), Iron Man et The Wasp (qui couchent ensemble même si Jan est toujours mariée à Hank Pym et bizarrement, il est au courant de leur liaison) et Captain America, bien sûr. Les X-Men originaux sont également présents. Ils se nomment les "Mutts" et ils sont des voyous et des voleurs vivant dans les ruelles sombres de Newark. Quant à Spidey, il est à la retraite et a vendu les droits d'utiliser son nom à toutes sortes d'entreprises.

Quant aux méchants, ils se sentent menacés par ce nouvel âge d'or de l'humanité. Beaucoup se regroupent pour y mettre un terme. L'alliance des bad guys (un concept repris à plusieurs reprises, comme par exemple dans Acts of Vengeance) est formée entre Doc Doom, le Red Skull, Magneto, Ultron, le Hulk gris et Namor.

Ce qui est cool:

Je suis un mordu fini d'uchronies et de "What Ifs" donc je ne pouvais pas résister à cette série. Je dois dire qu'elle m'a réservé quelques surprises. Mais seulement quelques-unes. Le sort de Hawkeye à la fin du dernier livre est très cool. Le design de l'armure d'Iron Man est génial et c'était amusant de le voir à nouveau impliqué dans une relation avec Wasp, même si c'était le triangle amoureux le plus étrange que j'ai vu dans un comic.

Ce qui est mauvais:

Il me semble que cette réalité alternative avait tellement de potentiel qui demeure malheureusement si peu exploité. Ce monde est trop semblable à l'univers Marvel tel que nous le connaissons déjà! La guerre entre Doom et les héros n'a rien d'exceptionnel, c'est une histoire qui aurait pu être racontée dans n'importe quel titre de Marvel (et cela a d'ailleurs été le cas à de maintes occasions). En fait, ce monde alternatif ne sert que de décor... de prétexte. Il demeure tragiquement sous-exploité et l'action principale est centrée sur des personnages qui, pour l'essentiel, sont inchangés. The Thing est amer et se sent comme un monstre déformé qui ne connaîtra jamais l'amour, Namor est amoureux de Susan Richards, Hawkeye réprimande sa femme pour avoir tué un ennemi... rien d'innovateur ici!

L'histoire manque également de complexité et de profondeur. Le tout est trop simple, presque enfantin. Et donc l'histoire semble étirée pendant quatre numéros alors qu'elle aurait facilement pu être racontée dans deux bandes dessinées pleines d'action. Les seules surprises que vous obtiendrez (à part peut-être pour la foi de Hawkeye) sont dans les deux premiers numéros... après cela, tout est plutôt prévisible et guère excitant.

Les combats ont beaucoup de potentiel mais eux aussi déçoivent. Iron Man contre Ultron? Quelques cases et c'est fini. Iron Man contre le Silver Surfer? Deux cases et pas un seul mot échangé. Où est le plaisir dans tout ça? La plupart des dialogues sont ennuyeux aux larmes. J'ai essayé de lire toute la série une seconde fois avant d'écrire cette critique, mais je ne pouvais tout simplement pas le faire. J'ai dû sauter plusieurs pages qui étaient trop ennuyeuses.

L'histoire a également plusieurs incohérences et erreurs. Par exemple, Pym se plaint au Prof X qu'il aimerait que leur équipe de super-flics ait "au moins un mutant" ... et à la page suivante, on constate que Nightcrawler en fait déjà partie. Si Kurt n'est pas un mutant, je ne sais pas qui l'est! Plus tard, les griffes d'adamantium de Wolverine s'avèrent incapables de percer la peau de Thing! C'est idiot, nous savons qu'elles le peuvent, c'est déjà arrivé par le passé. Ensuite, Black Panther est frappé au bas du dos par Namor (nous entendons même sa colonne vertébrale se briser). Dans le troisième numéro, il est comateux, est empoisonné par le Red Skull, puis sauvé par Human Torch et Thor... et finalement, dans le dernier numéro (qui se déroule seulement quelques heures plus tard) il est en pleine forme et combat l'Odin-Cult comme si rien ne s'était jamais produit.

Et c'est quoi le truc avec Stark et Janet Van Dyne? Ils couchent ensemble, Pym le sait et pourtant elle appelle toujours Hank "my guy" et il professe toujours "our mariage works, that's the bottom line." Pym est-il jaloux de Stark? Non, c'est plutôt Stark qui est jaloux de Pym! Que diable? Et après avoir appelé Pym "hon" et professant qu'elle l'aime, The Wasp se retourne et fait des avances à Tony. Si quelqu'un y comprend quelque chose, expliquez-moi. J'ai entendu parler de beaucoup de relations compliquées dans ma vie, mais celle-là est ridicule.

Les occasionnelles erreurs de couleurs rendent également l'action difficile à suivre, comme les "Chevaliers du Destin" (l'armée de Doc Doom) qui sont argentés, puis vert et ensuite argentés à nouveau (bien qu'avec des touches de rouge cette fois) et ensuite dans le deuxième numéro? Ils reviennent au vert! Les cheveux de Hawkeye passent du brun au blanc en quelques heures. C'est agaçant et distrayant.

Citation:

The Wasp atterrit sur le bras d'Iron Man et, devant son mari, Stark dit: "And since we're optimistic about you and me, Jan - in about thirty minutes?" Réponse de Wasp: "You know action turns me on, Iron Man!" 

Quelqu'un connaît un bon thérapeute pour super-héros?



Will Durant

Doña Isabel

Sublime:





9 février 2018

Entrevue avec René Lavertue

J'ai commencé à enseigner en 1996 et pendant mes premières années de métier, j'ai souvent entendu parler d'un certain René Lavertue. Mes collègues féminines parlaient de lui avec le plus suprême des mépris. Elles dressaient le portrait d'un arnaqueur incompétent, un sale type qui avait trouvé le moyen de se faire payer sans travailler, une espèce de brillant fraudeur contre lequel fusaient les plaintes les plus graves mais qui était toujours assez habile pour se défendre contre les accusations qui étaient soulevées contre lui. Bref, un crosseur.

Je ne crois pas l'avoir déjà rencontré et comme l'apprentissage de l'enseignement est très exigeant, je n'ai pas eu le temps de vérifier la véracité de ces propos. De toute façon, à cette époque, en jeune idéaliste niais et féministe de surcroît, je n'avais aucune raison de douter de la parole de mes collègues féminines.

Fast forward 21 ans. Après toutes les épreuves, toutes les trahisons et toutes les horreurs que j'ai subies au sein du système d'éducation... voilà que le nom de René Lavertue réapparaît. Il a été interviewé par Olivier Kaestlé et Lise Bilodeau dans le cadre de leur émission Tant qu'il y aura des hommes. Je suis tombé en bas de ma chaise en lisant le nom. Le monde est petit en maudit.

J'ai écouté l'entrevue avec beaucoup de plaisir et je suis reconnaissant à Olivier et Lise d'avoir offert la possibilité à M. Lavertue de s'exprimer de la sorte. Si j'aurais jadis douté de la véracité d'une histoire aussi rocambolesque que la sienne, l'expérience m'a très durement appris que ce qu'il raconte à propos du système d'éducation est parfaitement et cruellement plausible. Des années de harcèlement et de diffamation contre un homme qui ne cherche absolument pas les ennuis? Je le crois facilement pour l'avoir vécu moi-même.

Son plaidoyer pour une école plus libre me rejoint également. C'est d'ailleurs un drôle de hasard, j'ai présentement un billet sur le sujet qui attend d'être terminé pour être publié. Je ne suis pas surpris d'entendre de tels propos de la bouche d'un homme. Contrairement à ce que plusieurs croient, les enseignantes sont généralement beaucoup plus autoritaires que nous.

Évidemment, je n'endosse pas toutes les vues du bonhomme, comme par exemple sa philosophie socialiste, son opinion de la nature des différences hommes-femmes ou son amour de Simone de Beauvoir, etc. Mais si on n'écoute plus les gens sous prétexte qu'on n'est pas d'accord sur absolument tout, alors on n'écoutera plus personne. De plus, aucune de ces positions idéologiques ne justifie les mauvais traitements et le harcèlement qu'il a subis.

Vous pouvez écouter l'entrevue en cliquant ici.

À écouter également:

"Tant qu'il y aura des hommes"





Baruch Spinoza

Conan O'Brien

8 février 2018

SANDMAN vol. 1: Preludes & Nocturnes

J'ai manqué plusieurs journées de travail la semaine dernière parce que j'étais malade comme un chien. J'en ai donc profité pour plonger dans cette BD qui trônait sur ma table de chevet depuis beaucoup trop longtemps. Il faut dire que j'ai plus de livres sur ma table de chevet que la plupart des gens en possèdent dans toute leur maison.

Disons d'emblée que je n'avais pas d'idée précise de ce qui m'attendait en ouvrant ce livre. J'en ai souvent entendu parler, mais les descriptions que j'ai lues et entendues étaient tellement floues, vagues et parfois contradictoires que ça ne me disait vraiment pas grand-chose.

Et maintenant que je me retrouve à la place de celui qui veut tenter de la décrire à d'autres, je comprends pourquoi ce que j'avais lu dans le passé était si nébuleux. C'est une série vraiment inclassable et très difficile à décrire.

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller après un rêve particulièrement intense et de tenter de raconter ledit rêve à quelqu'un? Vous avez alors sans doute réalisé avec horreur que vos mots étaient incapables de traduire le fameux rêve et que votre récit n'arrivait pas à lui rendre justice. Le regard interloqué ou amusé de votre interlocuteur vous a confirmé que vos mots ne rendaient pas justice à l'intensité de l'expérience dont vous émergiez.

C'est un peu la même chose avec cette BD. Elle est comme un rêve, ou plutôt une série de rêves, avec des séquences tout à fait lucides ainsi que d'autres profondément délirantes, symboliques et ouvertes à l'interprétation. Le fait que je l'ai lue dans une brume fiévreuse a peut-être aussi amplifié l'effet! ;-)

Comme ce recueil réunit les huit premiers numéros de la série de comics, je vais tenter de parler sommairement de chacun d'eux sans vendre de surprises.

SLEEP OF THE JUST

Cette histoire introduit habilement le personnage principal ainsi qu'une bonne partie de la mythologie qui l'entoure. À l'aide d'un ancien et puissant grimoire, un mystique ésotérique du nom de Roderick Burgess souhaite capturer... la Mort. Il faut savoir que dans l'univers du Sandman, certains de ces concepts sont personnifiés, c'est-à-dire que la Mort est une personne. Ou, pour être plus précis, un être anthropomorphe immortel. Le Désir également. Et le Destin.

Burgess complète son rituel, mais il réalise avec dépit que la créature qui apparaît devant lui n'est pas la Mort. Burgess ignore de qui il s'agit, mais comme la créature est affaiblie et inconsciente, il s'empresse de le priver de ses trois "outils": un collier de rubis, un sac de sable et un masque aux apparences steampunk qui n'est pas sans rappeler les masques à gaz utilisés pendant la première guerre mondiale. Puis, il l'emprisonne dans une espèce de sphère magique.


Les années passent et Burgess déduit finalement qui est son prisonnier. Il s'agit de Sandman, Morpheus, la personnification du rêve. Burgess promet de le libérer s'il partage avec lui le secret de son immortalité, mais Sandman refuse. Les années continuent de défiler et deviennent des décennies. Burgess meurt et est succédé par son fils. Et pendant toutes ces années, on entrevoit les conséquences désastreuses de l'emprisonnement du Sandman sur les rêves de gens ordinaires à travers le monde.

Finalement, des fiers-à-bras de Burgess font l'erreur d'ouvrir la prison de verre. Sandman s'échappe et, malgré son état affaibli, il punit son ancien geôlier comme seul le maître du monde des rêves le peut...

J'ai bien aimé cette première histoire, c'est une bonne intro à l'univers du Sandman. Gaiman nous donne des indices à petites doses, sans se presser, et maintient ainsi notre intérêt jusqu'à la dernière page. Il nous dépeint un Sandman intriguant et envoûtant, apparemment au-dessus des concepts mortels du bien et du mal.

Toutefois, je n'ai jamais été un admirateur des dessins de Sam Kieth et cette BD ne modifie pas mon opinion. Ses visages exagérément caricaturaux enlèvent de la crédibilité au récit et son usage exagéré des plans rapprochés font perdre tout effet à cette technique qui, lorsqu'elle est utilisée avec davantage de parcimonie, peut être un outil puissant. Il faut tout de même lui donner le crédit qui lui revient: Kieth recrée avec brio l'atmosphère graphique des comics d'horreur des années 50 et je crois que cet hommage était volontaire de sa part.

IMPERFECT HOSTS

L'histoire s'ouvre sur une scène domestique entre Caïn et Abel. Ce dernier est l'éternelle victime de son frère qui s'amuse à l'insulter, à le menacer et même à le tuer. Mais la mort n'est pas une condition permanente ici. On comprend bientôt que la scène se déroule dans le monde des rêves. Sandman a réussi à y revenir mais, épuisé, s'est écroulé. C'est le dragon domestique des deux frangins qui l'amène à leur maison, à demi conscient.

Grâce aux soins d'Abel, Sandman reprend des forces, mais il demeure affaibli tant qu'il n'a pas retrouvé ses "outils". Lorsqu'il est à nouveau capable de se déplacer, il se rend à son palais qu'il trouve en ruines. Le monde des rêves s'est sérieusement détérioré en son absence.

Sandman convoque alors Hécate qui apparaît ici sous la forme de trois femmes: Atropos qui ressemble à la fée marraine de Cendrillon, Morrigan qui a l'apparence grotesque d'une sorcière et finalement la belle et blonde Cynthia. On devine qu'il s'agit là de trois archétypes féminins très puissants: la bienveillante femme maternelle, la sorcière effrayante et la sex-symbol hollywoodienne. La séquence qui les met en scène est vraiment hypnotique. Les trois femmes empruntent constamment l'apparence et l'identité de leur voisine. En plus, elles possèdent plusieurs noms, dont ceux des Érinyes de la mythologie grecque. On est vraiment en présence d'une trinité surnaturelle aux origines très anciennes.

Sandman leur demande alors ce qu'il est advenu de ses trois "outils" qu'il a créés en utilisant sa propre substance, des morceaux même de son âme, et sans lesquels il demeure désespérément affaibli. Les trois femmes lui répondent très brièvement que sa poche de sable a été achetée par un Britannique du nom de John Constantine. Son casque est en possession d'un démon de l'enfer. Son pendentif orné d'un rubis a été utilisé par un criminel et a été confisqué par la Ligue des justiciers.

Cette dernière explication rappelle une énigmatique scène vue précédemment dans laquelle on voit une vieille femme qui visite son fils à l'asile d'Arkham. Le prisonnier, une gargouille difforme au regard dément, se plaint à sa mère qu'on a "pris ses rêves". S'agit-il de ce criminel que l'on aperçoit en flashback être appréhendé par Batman et Green Lantern?


J'ai vraiment préféré cette histoire à la précédente. Gaiman semble déjà beaucoup plus à l'aise et nous dépeint un monde de plus en plus fascinant et captivant. La scène avec la trinité Hécate est vraiment géniale et vaut le détour à elle toute seule.

DREAM A LITTLE DREAM OF ME

La première case nous montre un bungalow, tout ce qu'il y a de plus anodin. Mais lorsqu'on pénètre dans une chambre, on aperçoit dans l'ombre une femme allongée sur un lit. Elle est assez pitoyable. Malgré son jeune âge, son corps est dans un état de décrépitude avancé. S'agit-il d'une junkie? On devine que c'est le cas, en quelque sorte, car sur sa table de chevet se trouve... la poche de sable du Sandman.

Quelques pages plus loin, un homme s'introduit par effraction dans la maison et dès qu'il y met le pied, il perd contact avec la réalité et est submergé de rêves délirants qui se succèdent à un rythme infernal. Le premier est un rêve érotique; il se retrouve à faire l'amour passionnément avec une femme magnifique. Puis, le voilà roulant à toute vitesse au volant de sa voiture de rêve. Dans la case suivante, il est Jésus, adoré et admiré de tous. Dans la dernière case, il est Superman, mais un Superman grossièrement dessiné, comme s'il l'avait été par un enfant démoniaque. La dernière case de cette séquence nous offre un gros plan du visage de l'homme, le regard vide et les traits figés. On comprendra plus tard qu'il est en train d'être "dévoré" vivant par les rêves...

Autre détail intéressant, tout le comic est habilement parsemé d'extraits de paroles de chansons qui évoquent les rêves. Je ne vous dis pas lesquelles, mais vous pourriez sans doute en deviner plusieurs par vous-mêmes. Ces mélodies viennent hanter l'histoire et réveillent de vieux vers d'oreille chez le lecteur. J'ai assez rarement vu ça dans une BD. J'adore.

Finalement, avec l'aide de Constantine, Sandman trouve la maison et y pénètre à son tour. Mais avant de récupérer son sac, il doit traverser une pièce dont les murs et les plafond sont recouverts de chair, de veines, de protubérances tentaculaires et d'yeux. "What is this stuff?" demande Constantine, dégoûté. Sandman répond placidement: "A human body. What's left of it. Your woman's father, I woulkd surmise." "But it - it's still alive" s'exclame Constantine, horrifié. La réponse de Sandman, toujours aussi calme: "That's right."

Pas un moment qu'on oublie facilement.

Gaiman nous offre vraiment un récit percutant parsemé de moments cauchemardesques et mémorables. C'est avec ce numéro que j'ai compris que je n'avais pas une série de comics ordinaire dans les mains, mais plutôt quelque chose d'unique et d'extraordinaire. Les dessins de Mike Dringenberg m'ont beaucoup plus et m'ont semblé plus adaptés à ce style de récit. L'horreur est encore pire lorsque les personnages sont dessinés de manière réaliste.

A HOPE IN HELL

Revigoré depuis qu'il a récupéré son sac de sable, Sandman décide de s'aventurer en enfer pour retrouver son casque. Pour y parvenir, il devra affronter le démon qui l'a en sa possession. Il ne s'agit toutefois pas d'un combat physique, mais plutôt d'un concours de rimes dans une espèce de boîte de nuit démoniaque. Très original comme duel.

Mais voilà, une fois qu'il a remporté le combat et qu'il a son casque en sa possession, la partie n'est toujours pas gagnée pour Sandman. Il s'adresse à Lucifer en ces mots: "I thank you. The kings of Hell are honorable. I will remember this." Lucifer rétorque: "Honorable? You joke, surely. Look around you, Morpheus. The million lords of Hell stand arrayed about you. Tell us why we should let you leave?"

La réponse de Sandman est géniale.

Un bon numéro, même si certains aspects m'ont déçu. Sincèrement, l'Enfer m'a paru beaucoup moins abominable que le bungalow du précédent épisode. Mais il ne faut pas blâmer uniquement les artistes pour ce résultat décevant, je trouve que le choix des couleurs est hautement discutable. Une palette plus sombre aurait déjà été une vaste amélioration.


PASSENGERS

Je serai particulièrement vague ici parce que les trois numéros suivants sont vraiment très réussis. Et il me semble évident que pour les apprécier pleinement, il faut en savoir aussi peu que possible à propos de leur contenu. Je ne voudrais donc pas gâcher l'expérience pour qui que ce soit.

Armé du pendentif orné d'un rubis du Sandman, qu'il a au préalable perverti et désacralisé, le Dr. Destiny (l'être monstrueux emprisonné à Arkham qu'on a d'abord rencontré dans "Imperfect Hosts") s'évade et se rend dans un petit Diner. Le resto est occupé par six autres personnes, dont la serveuse. Pendant les 24 prochaines heures, patiemment, lentement et insidieusement, le Dr. Dee s'insinuera dans leurs esprits et les fera sombrer dans la folie. Leur contact avec la réalité s'efface progressivement et ces pauvres gens sont de moins en moins humains et ressemblent de plus en plus à des bêtes de cauchemar.

Les effets dévastateurs de son pouvoir seront ressentis à travers le globe, mais ce sont les occupants du Diner qui seront ses jouets de prédilection. Les pauvres sont réduits à l'état de marionnettes, complètement à la merci d'un psychopathe homicide et sadique qui contrôle leurs pulsions, leurs désirs, leurs pensées... jusqu'à leur perception de ce qui est réel ou non...


Je ne peux vraiment pas en dire plus. J'ajouterai simplement que je n'ai probablement jamais rien lu d'aussi effrayant de toute ma vie. Ce récit est littéralement à glacer le sang et il n'a pas fini de me hanter. Un véritable chef-d'oeuvre d'horreur. Il faut vraiment le voir pour le croire.

THE SOUND OF HER WINGS

Le dernier récit de ce recueil est plutôt anodin et sans intérêt... il faut dire qu'après son abominable prédécesseur, n'importe quoi aurait semblé mondain. Essentiellement, il explore la relation entre Sandman et sa soeur, la Mort. Morpheus accompagne cette dernière dans sa tournée où elle visite les condamnés dans leurs derniers instants, ce qui donne lieu à des scènes très touchantes. Les dialogues ne m'ont toutefois pas semblé particulièrement intéressants.

Bref, ce recueil est vraiment une oeuvre incontournable pour tout amateur de BD. Vous n'avez jamais lu un truc pareil, je vous le garantis.

Un gros merci à Fylouz qui m'a permis de faire cette extraordinaire découverte!



7 février 2018

L'art d'humilier des enfants

Comme je le décris dans mon livre, l'humiliation des enfants d'âge primaire par des enseignantes et des intervenantes se produit beaucoup plus souvent que ce que vous pourriez croire. J'en ai été témoin à plusieurs reprises.

Extrait de la nouvelle:

Une responsable du service de garde d’une école primaire de l’Outaouais aurait humilié plusieurs élèves en les faisant parader dans l’école en imitant des bruits de train.

(...) Mercredi dernier, elle aurait fait parader de manière humiliante un groupe d’une quinzaine d’élèves de 5e et 6e années, parce qu’elle les jugeait turbulents.

La responsable aurait poussé l’audace jusqu’à les faire crier des bruits de train en se tenant les uns les autres. Elle aurait également frappé à plusieurs portes de salles de classe ainsi qu’au salon du personnel pour s’assurer qu’on les voit.

« C’est de l’intimidation. Les enfants étaient en larmes. Dans leurs yeux, on voit que les enfants ont peur de cette dame-là », raconte une employée.

La femme suspendue n’en serait d’ailleurs pas à ses premières frasques depuis son embauche à l’école il y a quatre ans.

Elle aurait notamment déjà attaché les pieds et les mains de deux enfants avec du ruban adhésif pendant une retenue.

« Lorsqu’elle a entendu que les parents étaient arrivés, elle s’est empressée de courir jusque dans la salle de classe pour couper le ruban », explique un autre membre du personnel.

Elle aurait aussi tiré une jeune fille en crise par les jambes jusqu’au gymnase.

Ceci est un exemple plutôt extrême, mais j'ai vu pire.

Et ce n'est pas un cas isolé.