10 mai 2009

Je l'savais, câlisse...


Avant de partir de l'école vendredi après-midi, les profs ont été convoqués à la salle du personnel. Un cycle à la fois, pendant que les spécialistes et orthopédagogues venaient nous remplacer dans nos classes.


Je me suis dit: "Ça y est, tabarnak, cette merde est entrée à l'école..."


J'avais raison.


On a un cas confirmé de grippe porcine.


Je capote.


Une école, c'est une usine à microbes. Les enfants passent toute la semaine à me tousser dans la face. Les parents sont trop cons pour garder leurs enfants malades chez eux, ils nous envoient leurs zombies fiévreux et refusent de venir les chercher quand on les appelle! Juste vendredi, j'ai une élève qui était livide et qui a vomi dans la poubelle. Ça a pris trois heures avant que ses parents viennent la chercher. Une autre était brûlante de fièvre, elle a passé l'après-midi couchée dans mon divan de lecture, au fond de la classe. Ses parents ne sont jamais venus. J'ai vu une petite fille de 2e année passer l'après-midi à dormir sur un lit de camp dans la salle de photocopie. Elle est repartie en autobus. Et je vous épargne la dizaine d'autres qui ont passé la journée à tousser comme des vieux tracteurs diesel, à renifler, à avaler goulûment leur morve, toute la journée.


Et maintenant, la grippe porcine est dans l'école.


En temps normal, je n'en ferais pas un plat. Je ne suis pas très germophobe, je suis plus du genre à rire du monde qui s'enduisent de Purel aux deux minutes.


Mais là, avec une femme enceinte et p'tit bonhomme de trois ans à la maison, je capote.


Évidemment, les connards de commissaires n'ont aucune intention de fermer l'école. Ils sont en sécurité, les salauds, dans leurs bureaux ultra-modernes, à l'air climatisé, avec tapis mur à mur et avec des concierges qui font autre chose que passer le balai rapidement, sans même déplacer les chaises, à la fin de la journée. La sécurité des enfants et des profs? Bof... Alors l'école reprend demain, comme si de rien était. Ils sont supposés envoyer une équipe pour nettoyer l'école en fin de semaine. "Les toilettes et les poignées de porte" a dit la directrice.


Ah ouais? Et les claviers d'ordinateur? Et les bureaux? Et les casiers? Et tout le reste?


Les parents ont été avisés par lettre. J'ai bien hâte de voir quel effet ça aura demain. L'école va-t-elle être à moitié vide à cause des parents paniqués? Ou ils vont s'en foutre et nous retourner leurs flos verdâtres et toussotants? En tout cas, moi, si j'en vois un qui est malade, je le fiche dehors de ma classe.


Maudit calvaire...




L'image provient d'ici.

1 commentaire:

spyjones a dit…

P'tain !! C'est grave, chez vous, hein ?! J'espère de tout cœur que ni toi ni ta famille ne soyez touchés, et que cette pandémie soit enrayée d'ici peu.
Officiellement, au Maroc, il n'y a aucun déclaré, je sais pas si c'est vrai, mais au moins dans mon entourage, j'ai vu personne éternuer ces jours-ci...

PS : Dans trois semaines, le bac, l'examen final du secondaire. Souhaites-moi bonne chance !