6 février 2010

Jim, ce grand défenseur de l'environnement

Jim, Jim, Jim... c'est vrai que, lorsqu'on est à Calgary pour faire un discours, faire preuve de mépris à l'égard du Québec est très politiquement rentable. Mais si, par la même occasion, tu t'en prends aux initiatives environnementales de la province, ça va te péter au visage, mon homme:

La tension est vive entre Québec et Ottawa, qui s'accusent mutuellement de ne pas agir convenablement dans le dossier climatique. En entrevue hier, la ministre québécoise de l'Environnement, Line Beauchamp, s'est dite «très, très étonnée» par les commentaires de son homologue fédéral, qui a qualifié son règlement sur les autos de «sottise».


Dans un discours prononcé lundi à l'Université de Calgary, le ministre Jim Prentice a soutenu que les normes québécoises d'efficacité énergétique des véhicules, édictées en décembre dernier, constituent «l'un des plus flagrants exemples de la sottise (folly) d'essayer d'agir seul dans une économie intégrée».


Ces commentaires ont fait bondir l'opposition à Ottawa, les écologistes et le gouvernement Charest, qui les ont condamnés pour leur «inexactitude», voire leur «ridicule».


En ce sens, Équiterre estime que M. Prentice «s'est couvert de ridicule» et qu'il gagnerait à faire preuve de plus de cohérence dans ses interventions, plutôt que de se livrer à «de la petite politique mesquine», selon Steven Guilbeault.


À Ottawa, le député néo-démocrate Thomas Mulcair, lui-même ancien ministre de l'Environnement du Québec dans le gouvernement Charest, est allé jusqu'à demander que Jim Prentice soit remplacé immédiatement. «C'est inimaginable d'avoir un ministre qui est censé être responsable de l'environnement reprocher à une province de trop bien protéger l'environnement», a-t-il lancé.


Tout comme M. Mulcair, les autres partis de l'opposition ont dénoncé la contradiction d'un gouvernement fédéral qui s'attaque à une province qui agit en matière d'environnement, alors que lui-même est incapable de le faire. «(Le gouvernement conservateur) est en train de faire la preuve que le Québec ne voit pas ses intérêts bien servis dans le Canada, ni sur le plan économique, ni sur le plan environnemental», a lancé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.


(...) Par ailleurs, en entrevue avec La Presse, Mme Beauchamp a tenu à «rétablir les faits» avancés par M. Prentice. À commencer par l'isolement présumé du Québec, accusé d'agir en solitaire. Elle a rappelé que pas moins de 15 États américains, représentant plus de 40% du marché automobile des États-Unis, ont adopté le règlement californien sur lequel Québec a calqué sa nouvelle norme. Deux autres États étudient la possibilité d'en faire autant. «La position d'Ottawa est vraiment désolante, car elle démontre que M. Prentice ne comprend tout simplement pas le règlement québécois», a confirmé le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), André Bélisle, qui a précisé que deux provinces canadiennes songent aussi à emboîter le pas.

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