3 février 2010

Maudite circoncision...

Je déteste cette opération avec passion. Heureux de voir que la science se range de mon côté:


Si la circoncision fait jaser aux États-Unis, la pratique soulève moins de débats au Canada et au Québec, où cette opération demeure relativement rare. Et où les bienfaits de l'ablation du prépuce sur la prévention des maladies ne semblent convaincre personne.




«Mes collègues américains font beaucoup plus de circoncisions que nous. Il y a peut-être un aspect culturel. Mais parmi les urologues et pédiatres québécois et canadiens, je n'ai senti en aucun temps que la circoncision est nécessaire», explique le Dr Stéphane Bolduc, urologue pédiatrique au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ).



Lui-même ne pratique pas de circoncision sans qu'elle ne soit médicalement requise, par exemple dans les cas de prépuce trop serré causant des infections urinaires à répétition. Mais encore là, circoncire tous les bébés pour contrer le faible taux d'infection de ce type est trop cher payé, estime-t-il. Même chose pour les risques de cancer du pénis. Là encore, son occurrence demeure trop faible - un homme sur 200 000 - pour justifier la circoncision systématique, dit-il.



(...) Quant aux études menées auprès des hommes hétérosexuels africains montrant jusqu'à 50% de réduction du taux d'infection au VIH, elles ne sont pas transposables ici, tranche le Dr Stéphane Bolduc. «Oui, la circoncision semble avoir un effet protecteur dans la mesure où la peau du gland est moins sensible. Mais ça prend une incidence importante de la maladie pour que ça vaille la peine de circoncire à grande échelle», dit-il. «L'Organisation mondiale de la santé [OMS] là-dessus est claire, poursuit le Dr Bolduc, la circoncision peut avoir des bénéfices, mais dans les populations à risques élevés comme dans certains pays d'Afrique. C'est une étude qui ne se transpose pas à la situation du Québec.»



Le Collège des médecins du Québec ne prend pour sa part pas position sur la question (...) mentionne toutefois qu'en aucun temps un médecin québécois n'est obligé de pratiquer une intervention de ce type s'il ne le souhaite pas. Une liberté que le Dr Stéphane Bolduc applique lorsque certains parents tiennent à faire opérer leur bébé pour des raisons de préférence, d'hygiène ou de religion. «J'ai déjà une liste d'attente pour des opérations nécessaires alors je leur dis que ça va prendre beaucoup de temps», dit-il. Et à cela s'ajoutent les frais alors qu'une circoncision qui n'est pas médicalement requise, donc non couverte par la Régie de l'assurance maladie, coûte environ 1000 $. «On tente de mettre les coûts les plus prohibitifs possible», souligne le Dr Bolduc.


Je suis également heureux de constater que je ne suis pas le seul qui est choqué par cette pratique:


Même si la circoncision non requise médicalement est en baisse depuis plusieurs années au Canada, elle dérange encore et trouve de farouches opposants au sein de l'Association pour l'intégrité génitale. Ce groupe pancanadien mène depuis 2001 un combat sans relâche pour que cesse cette pratique. «Pour nous, c'est une question de droits humains et de consentement qu'un bébé n'est pas en mesure de donner», explique le porte-parole Dennis Harrison, en entrevue au Soleil depuis Vancouver. «Si un enfant a besoin d'une opération, faites-la. Mais si vous n'êtes pas certains, ne le faites pas», tranche celui dont l'Association a, entre autres recours, multiplié les correspondances avec le Collège des médecins du Québec, lui demandant de prendre officiellement position contre la pratique.




Pour M. Harrison et son groupe, la circoncision est une intervention qui devrait être dénoncée au même titre que l'excision du clitoris pratiquée chez les fillettes de plusieurs régions du monde. «Au Canada, la loi interdit la mutilation génitale de femmes. Ce qu'on dit, c'est ce que devrait être la même chose pour les garçons.»

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