13 février 2010

Qu'est-ce que tu fais quand tu viens de te faire pogner la main dans le sac?

La réponse, quand tu es un ministre libéral au royaume de la corruption, c'est que tu mens et tu traites ceux qui t'ont pogné de racistes!

Voici un résumé des faits:

Lors de la période des questions ce matin, Nicolas Girard est revenu à la charge avec des allégations qu'il avait lancées l'automne dernier. Joe Magri, ami d'enfance du ministre Tomassi et maire de l'arrondissement Rivière-des-Prairies, a obtenu 70 places subventionnées pour son projet de garderie à Montréal-Nord en 2008. Or Nicolas Girard a révélé que ce projet a reçu la cote D pour sa faisabilité et la qualité du service mais aussi pour chacun des six critères prioritaires identifiés par la ministre d'alors, Michelle Courchesne. «Est-ce que je dois comprendre que la seule note positive obtenue par Joe Magri pour son projet fut décernée par le cabinet de l'ex-ministre de la Famille, un A pour 'ami de Tony?'», a lancé Nicolas Girard.


(...) Nicolas Girard a souligné que 1600 places ont été accordées en 2008 à 32 garderies privées dont les administrateurs ont versé 112 000 $ au PLQ depuis 2003. Il a ajouté ce matin que 400 de ces 1600 places - 25% - ont été octroyées à des résidents de Lafontaine - la circonscription de Tony Tomassi - dont les projets avaient aussi reçus plusieurs cotes D. Il a nommé Loredana et Josephine Primiani, Ernesto et Anna Maria Buscemi. «Est-ce le fruit du hasard si des résidents de LaFontaine donateurs, organisateurs ou proches du ministre ont obtenu autant de places en garderie à but lucratif à Montréal, en Montérégie, dans les Laurentides et également dans Lanaudière?»
 
Bref, ça saute aux yeux, cette affaire sent mauvais. Très mauvais. Maintenant que les faits sont établis, que fait le ministre pour clarifier la situation ou, à tout le moins, écarter les doutes quant à son intégrité?
 
Il déclare que l'opposition péquiste s'acharne sur lui parce qu'elle est raciste contre les Italiens.
 
Incroyable.
 
Je cite Lagacé qui commente l'affaire ici avec une ironie mordante:
 
Selon cette logique, l’attaque du PQ est également une sortie en règle contre les hommes affichant une évidente surcharge pondérale puisque M. Tomassi a une surcharge pondérale. Il s’agit aussi d’une charge vicieuse du PQ contre les hommes portant des lunettes puisque M. Tomassi porte des lunettes. En fait, c’est une attaque contre tous les hommes du Québec. Et peut-être même contre les hommes au grand complet. Dans cette affaire de subventions qui tombent dans les mains de personnes finançant le parti au pouvoir, c’est bien clair que le PQ est contre les races, contre les personnes obèses, contre la myopie et contre les hommes. Le lien possible entre des gens qui financent le PLQ et des décisions favorables touchant des garderies qui appartiennent à ces gens n’a rien à voir dans l’équation.

 
Et l'affaire ne s'arrête même pas là! On apprend maintenant que Tomassi est un maudit menteur et un manipulateur qui tente de cacher ses subventions frauduleuses de façon carrément grossière:
 
Le 2 décembre, M. Tomassi avait promis de donner aux associations de garderies les rapports d'évaluation de chaque projet soumis cette année-là «pour dissiper tout doute» sur l'attribution des places. (...) Tony Tomassi a dit avoir respecté son engagement. «Nous avons démontré aux associations, hors de tout doute, que le processus qui avait été établi par le Ministère a été respecté. Les associations ont été satisfaites des rencontres», a-t-il affirmé en Chambre.
 
Or, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) contredit le ministre. «On n'est ni ravis ni satisfaits. On leur a dit que c'était une procédure inappropriée», a dit son directeur général, Jean Robitaille, en entrevue à La Presse.



Il a raconté le déroulement de la rencontre survenue à la mi-décembre. «Le Ministère nous a soumis une pile de 30 cm de papiers avec des tableaux où il n'y avait aucun nom. C'était des colonnes avec des cotes, des lettres. On nous donnait une heure pour regarder ça. On ne pouvait pas partir avec les documents. Alors, on a refusé de participer à cet exercice qui ne nous permettait pas de porter un jugement.» Contrairement à ce qu'a dit le ministre, l'AQCPE estime qu'«un doute a été soulevé» au sujet du processus d'attribution des places et que le Ministère n'a encore rien fait pour le dissiper. Elle demande que les rapports d'évaluation complets soient transmis aux médias, ce que refuse M. Tomassi.

 
Et, claironnez trompettes, le règne libéral se poursuit, inexorablement.

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