14 février 2010

Un peu de vaudeville fédéraliste

Je m'étais promis de ne rien publier sur les jeux olympiques (dont je me câlisse comme de l'an 40)... mais celle-là est trop bonne:

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a joint sa voix à ceux qui auraient souhaité que la langue française soit plus présente lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Vancouver. (...) Le Secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf, a d'ailleurs exprimé sa volonté que ces Jeux soient en quelque sorte exemplaires. (...) Une centaine de personnes ont assisté à l'événement mis sur pied par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Fait à noter, le discours en anglais du directeur général du COVAN, John Furlong, à cet événement en a fait sourciller plus d'un. D'ailleurs, plusieurs ne l'ont même pas écouté tellement le bruit des chuchotements était perceptible dans la salle.

Cette anecdote est très amusante pour plusieurs raisons:

1- Quelqu'un se surprend encore de constater que le français est invisible partout au Canada, à l'extérieur des frontières du Québec? Ben voyons... réveillez-vous, baptême!

2- Charest n'a rien à dire sur le sort désespéré des francophones de l'extérieur du Québec qui s'assimilent à une vitesse alarmante, mais il s'indigne de l'absence de notre langue lors d'un spectacle idiot?

3- Charest n'a rien à dire sur le déclin du français dans notre propre métropole, Montréal (pire, il le nie) mais verse une larme lorsqu'on oublie de parler français pendant un show à Vancouver?

4- Les fédéralistes sont hilarants. Au fond, ils ne veulent pas voir la réalité en face: le Canada N'A JAMAIS ÉTÉ, N'EST PAS ET NE SERA JAMAIS un pays bilingue. Mais au fond, ce que les fédéralistes comme Charest souhaitent, ce n'est même pas ça... ce qu'ils veulent c'est L'APPARENCE d'un pays bilingue. Il faut, après tout, maintenir une illusion parfaite pour éviter que le peuple en vienne à réaliser qu'il n'est pas chez lui dans ce pays et qu'il recommence à parler de séparation.

5- Relisez le paragraphe ci-dessus. La réunion organisée par l'OIF n'a attiré qu'une centaine de personnes (moins de monde que le moins fréquenté des événements de Vancouver), le premier ministre canadien ne s'y est même pas présenté et l'un des invités s'est adressé aux convives uniquement en anglais.

L'absurde est maître.

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