28 février 2011

Épicure

Les victimes de Christchurch


Une semaine plus tard et déjà, on n'en entend plus parler aux nouvelles. Les médias sont des requins égoïstes et sans-coeur. Ici, plus personne ne parle de ce désastre. Les gens ne réalisent même pas l'ampleur de la catastrophe. Pourtant, il est question de la deuxième plus grande ville du pays! Essayez d'imaginer si Québec était dévastée par un tremblement de terre! L'horreur pure...

Une semaine plus tard, on commence à connaître l'identité des victimes. Des gens bien ordinaires, comme vous et moi, qui faisaient leur petite affaire quand tout s'est subitement écroulé.

Comme Owen Morris Wright, 40 ans, qui a survécu au tremblement de terre, mais qui a été tué dans une secousse secondaire alors qu'il tentait d'aller rejoindre sa femme et ses deux enfants. Son p'tit gars vient d'avoir 4 ans, dimanche. Owen s'était procuré du bois pour bâtir une maison familiale. Ses amis vont maintenant utiliser ce même bois pour lui fabriquer un cercueil.

Ou Natasha Hadfield, 38 ans, qui venait d'acheter la poissonerie où elle a travaillé pendant des années, lorsque le propriétaire a décidé de prendre sa retraite. Son rêve s'est écrasé sur elle et sur un client. Elle était mariée et avait un jeune fils.

Suzzane Craig, 36 ans, cherche toujours son mari, Phil Coppeard. La dernière fois qu'elle l'a vu, il montait à bord de l'autobus No3. Ce dernier est toujours coincé sous les débris et les décombres. Andrew Christian Ross Craig, le chauffeur, est mort. Un groupe d'hommes a réussi à sortir quelques passagers de l'autobus, dont un homme horriblement défiguré qui est probablement mort par la suite. Était-ce Phil?

La famille de Shane Tomlin a vu des photos de secouristes qui le sortaient des ruines de la boulangerie où il travaillait. Ils l'ont cherché pendant des jours. Hier, ils ont appris qu'il était mort des suites de ses blessures.

Ou pire encore, Baxtor Gowland, un bébé de 5 mois, également tué dans le tremblement de terre. Son petit cercueil blanc sera enterré aux côtés de son grand-père. Vous pouvez voir une photo de l'adorable petit garçon ici.

Jayden Harris, 8 mois, dormait dans le salon quand le tremblement de terre a projeté la télévision sur lui. Il a été écrasé.

Tant de victimes... de drames insensés... et encore là, je ne vous parle pas des survivants qui ont dû être amputés ou qui souffriront de séquelles pour le reste de leur vie. Cliquez ici pour avoir un aperçu du cauchemar.

J'aimerais bien voir quelqu'un venir essayer de me convaincre que Dieu existe, après ça...

27 février 2011

Star Wars: Épisode MMMDCCCLXXXIII



Un p'tit comique a filmé une engueulade et en a fait un mémorable duel de sabres laser. Hilarant.

Trouvé ici.

Les 15 films de 2010


Un des auteurs de /Film est d'avis que la plupart des films en nomination aux Oscars, bien que pas mauvais, ne sont pas particulièrement originaux. Il a dressé sa liste des 15 films les plus innovateurs, les plus subversifs, les plus progressifs et les plus réfléchis de l'année 2010.

C'est très intéressant à lire. Je n'ai pas vu la majorité des films dont il parle (j'ai vu Kick-Ass, Scott Pilgrim et Inception), mais ça me donne envie d'en découvrir plusieurs. Dogtooth, en particulier.

Toutefois, son inclusion du dernier film de Jackass à la liste a eu l'effet d'une douche d'eau glacée pour moi. Je n'ai vu aucun de ces films et je ne veux absolument rien savoir. Sa décision de l'inclure dans sa liste me fait remettre en question sa capacité de juger d'un bon film!

Et vous? Vous avez vu certains de ces films? Méritent-ils des épithètes aussi flatteurs?

Trouvé ici.

Black Widow pète les plombs



Patrick Boivin, le créateur de Iron Baby, strikes again!

Trouvé ici (merci JP).

26 février 2011

Le Canada est un boulet...

Quel est l'obstacle principal à l'établissement d'un traité de libre-échange entre nous et l'Europe?

Réponse: les saloperies de sables bitumineux albertains dont les Européens ne veulent pas (avec raison).

Extrait de la nouvelle:

L'UE a proposé des modifications à une directive relative à la qualité du carburant, visant à réduire de 10 % les émissions provenant des carburants de transport au cours de la prochaine décennie, ce qui pourrait éventuellement mener à un traitement différent des sables bitumineux par rapport au pétrole conventionnel.



Bien que le Canada n'exporte actuellement pas de pétrole à destination de l'Europe, l'UE juge cette question importante parce qu'elle souhaite que tout accord commercial qu'elle signe soit conforme aux ententes internationales en matière d'environnement, selon l'avocat Steven Shrybman, spécialiste des échanges commerciaux.

Ce qui fait la richesse de l'Alberta devient un obstacle à la prospérité du Québec. Une fois de plus, nos intérêts contradictoires nous sautent en pleine face.

OK d'abord, j'ai évolué et pas toi...


Ma femme m'a offert ce t-shirt pour ma fête. J'adore!

Histoire de l'Italie


D'un débile à l'autre...

Trouvé ici.

25 février 2011

De l'anglais intensif en 6e année...

Depuis le temps qu'on est coincés avec ce gouvernement de broche-à foin, faut-il se surprendre de les voir prendre des décisions sur un coup de tête, sans consulter les gens concernés et sans réfléchir aux conséquences?


Exemple le plus récent:

Les élèves de la 6e année primaire consacreront la moitié de leur année à apprendre l'anglais de façon intensive, a annoncé Jean Charest, mercredi. Cette mesure, inattendue, fait partie de l'offensive tous azimuts que le premier ministre a lancée pour regagner la faveur populaire.

À première vue, quand on n'y pense pas trop, ça peut sembler bien correct. Mais le prof de 6e montréalais que je suis n'a eu besoin que d'un instant pour voir quelques idioties que cache cette proposition garochée et improvisée.

Premièrement, ce qui crève les yeux, c'est qu'il n'est question d'aucune modification au programme. On n'enlève rien, on ne fait qu'ajouter. En d'autres termes, je devrai enseigner la même quantité de matière et de notions, mais dans 50% du temps. C'est complètement imbécile.

Deuxièmement, qu'est-ce qu'ils vont faire de moi pendant l'autre 50% du temps exactement? Je vais enseigner à un groupe pendant 5 mois et à un autre groupe pendant 5 mois? Donc je ne passerai que la moitié de l'année scolaire avec un groupe d'élèves? C'est une grave erreur. Le lien que je crée avec mes élèves est mon outil le plus important, le plus efficace et le plus utile dans mon travail. C'est en devenant une personne significative dans leur vie que je peux arriver à les rejoindre, à les influencer, à les toucher. C'est de plus en plus vrai avec cette nouvelle génération de jeunes négligés et carencés dont les parents s'occupent si peu et qui ont tellment besoin d'attachement! Ils ont besoin de ce lien, de cette relation positive et privilégiée.

J'ai jadis tenté l'expérience de la boucle pendant plusieurs années. J'ai enseingé à la même classe d'élèves pendant deux ans, du début de la 5e jusqu'à la fin de la 6e, et j'ai été à même de voir mon efficacité décuplée et l'impact de mon enseignement et de mes interventions grandement augmenter. Logiquement, on devine facilement qu'à l'inverse, si on divise par deux le temps que je passe avec un groupe, je deviens un intervenant beaucoup moins significatif et mon effcicacité sera profondément réduite.

Troisièmement, cette mesure ne tient absolument pas compte de la réalité montréalaise. À Rivière-du-Loup ou à Saguenay, c'est probablement justifié. Mais à Montréal, les classes sont constituées à majorité d'élèves allophones. 90% de mes élèves ne parlent français QUE DANS MA CLASSE! Leur maîtrise du français est imparfaite et ils se sentent beaucoup plus attirés vers l'anglais que vers le français. L'école devient donc le seul et unique agent de francisation de la communauté, ma classe est le seul endroit où le jeune peut apprendre la langue et découvrir la culture québécoise. Coupez notre temps en deux et ce sont des milliers de petits allophones qui seront perdus. Ils arriveront au secondaire avec une meilleure maîtrise de l'anglais, au détriment de leur maîtrise déjà problématique du français. Et leur ignorance de la culture québécoise ne sera que plus béante. Or la situation est critique! Plus de la moitié des immigrants qui ne connaissent pas le français sont ici depuis plus de 15 ans! Sur l'île de Montréal, l'usage du français au travail par les allophones n'a pas progressé depuis la fin des années 1970. Le poids du français, qu'il s'agisse de leur langue maternelle ou d'une langue apprise, recule à Montréal, recule au Québec et recule au Canada!

Mais évidemment, le parti libéral a démontré à maintes reprises qu'il se balance éperdument de la défense et de la promotion du français au Québec. Il ne reconnaît même pas que celui-ci est menacé! Ils ont saboté la loi 101 en légalisant les écoles-passerelles (en bâillonant l'opposition) au nom de "l'image du Québec à l'étranger", ils ont tenté de cacher une étude qui démontre que les citoyens de langue maternelle française sont devenus minoritaires dans l’île de Montréal, que tous les facteurs démographiques jouent contre le français et que même en dehors de l’île, le pourcentage de francophones baisse! On parle du même gouvernement qui ne voit que de bonnes nouvelles dans le dernier recensement qui révèle pourtant que le français recule au Québec et disparaît complètement du Canada! Le même parti qui déclare que le français se porte très bien et que la menace est une invention des péquistes! On va faire confiance à ces cons-là pour défendre nos intérêts nationaux? Ben voyons!



Leur cours d'éthique et culture religieuse a pour but de faire des enfants des p'tits apôtres du multiculturalisme canadien. Cette nouvelle mesure fera d'eux des bons p'tits Canadians plus bilingues et moins compétents en français. On est en train de créer toute une génération de p'tits clones de John Charest...

Tout ce qui compte pour ce gouvernement de pleutres, c'est l'apparence, le p'tit slogan électoraliste et le pétage de bretelles.

Charest réussira-t-il une fois de plus à cacher erreurs, scandales et incompétence derrière le rideau de promesses populistes et irréfléchies? Les Québécois sont-ils à ce point faciles à endormir?

Avengers vol. 1


Les ingrédients d'une bonne histoire des Avengers sont les suivants:
1- Des personnages qu'on connaît et qu'on aime.
2- De l'interaction divertissante entre les dits personnages.
3- Une menace suffisamment grande pour justifier l'intervention d'une équipe de super-héros de haut calibre.
4- De l'action en masse, digne des plus gros blockbusters estivaux.
5- Un dessinateur de talent capable d'illustrer des scènes grandioses peuplées de multiples personnages.

Ça peut sembler simple, vite de même, mais ça ne l'est pas. Plusieurs ont essayé, peu ont réussi avec brio.

Mais on peut définitivement ajouter le duo de Bendis et Romita Jr à cette illustre liste. Car l'histoire qu'ils nous servent ici est épique. L'action n'arrête pas une seconde, les surprises sont imprévisibles et multiples. Le coefficient de danger et la tension ne font qu'augmenter à mesure que l'histoire progresse. J'ai lu ça avec un gros sourire fendu jusqu'aux oreilles du début à la fin.

En gros, les Avengers se retrouvent confrontés à de graves problèmes spatio-temporels causés par Kang, le redoutable conquérant futuriste. Lorsque de multiples menaces issues de réalités alternatives et de mondes parallèles se retrouvent projetées dans notre présent, les Avengers doivent à la fois tenter de contenir celles-ci tout en trouvant un moyen de voyager dans le futur afin de stopper l'événement qui est à l'origine de cette catastrophe. Or, c'est un avenir sombre qui les attend, un monde dévasté par une guerre opposant l'humanité à un être monstrueux que les Avengers se sont avérés incapables de stopper: Ultron!

Quelle lecture divertissante! Je me suis amusé comme un fou du début à la fin. Je ne suis pas un grand mordu des dessins de Romita Jr, en particulier lorsqu'il dessine Iron Man. Mais je suis forcé d'admettre qu'il livre ici certaines de ses plus belles planches en carrière.

L'histoire contient une grande quantité de moments savoureux. Citons entre autre l'affrontement entre les Avengers et Apocalypse, les tripodes martiens qui se matérialisent en plein centre-ville de Manhattan ou encore la rencontre entre le Iron Man contemporain et sa version futuriste. D'innombrables clins d'oeil aux différentes versions futuristes de nos héros sont disséminés à travers les pages, du bonbon pour les lecteurs de longue date tel que moi.

C'est bien simple, je viens de le finir et déjà, j'ai envie de le relire!

22 février 2011

Christchurch en ruines...




Quelle horreur. Nous sommes sous le choc. Pour moi, la Nouvelle-Zélande est une seconde patrie. Ça brise le coeur de voir ça...

Images trouvées ici.

20 février 2011

apnée


Géniale... tout simplement géniale...

Ceux qui lisent ce blogue régulièrement savent que je n'utilise pas ce mot à la légère. Mais dans ce cas-ci, je l'écris sans la moindre hésitation.

J'aime beaucoup Zviane. J'ai bien aimé Le Point B et j'aime lire ses blogues quand j'ai un peu de temps libre. Je la trouvais déjà talentueuse, drôle et brillante. Mais cette fois-ci, c'est carrément du génie.

Apnée, c'est un voyage dans la détresse humaine. Sophie, le personnage principal, est une jeune femme dépressive qui vit de très pénibles moments. Elle souffre... en silence. De l'extérieur, tout semble aller pour le mieux. Mais le lecteur a le privilège de voir ce qui se passe dans sa tête. Sophie ne va pas bien... du tout.

Le génie de cette BD ne réside pas seulement dans la capacité de Zviane de nous présenter un personnage profondément réaliste, crédible et touchant, ce qu'elle réussit à merveille. Et ce n'est pas seulement les dessins qui sont absolument magnifiques et poignants. C'est tout ça et plus encore. C'est l'utilisation de symboles à certains moments-clés du scénario. C'est le visage des personnages, des visages horriblement vides, dénués de regards... les cruels visages de l'indifférence. C'est le narrateur, qui s'adresse à Sophie (à elle-même?) et au lecteur à la deuxième personne. C'est aussi le vide béant qui envahit certaines cases bien choisies et qui menace d'en avaler d'autres, comme pour nous rappeler qu'on est au bord du gouffre. Ce sont ces aperçus sombres (réels ou imaginaires?) de l'avenir des personnages secondaires. C'est tout ça et beaucoup plus.

Cette BD m'a complètement bouleversé, ébranlé... elle a réveillé des souvenirs de moments noirs de ma vie que j'avais cru oubliés. La détresse de Sophie était la mienne. Je lisais et je me noyais avec elle.

De loin l'expérience littéraire la plus intense que j'ai vécue depuis longtemps.

Zviane n'a plus rien à prouver, en ce qui me concerne. C'est une grande artiste, une grande scénariste... une grande bédéiste au sommet de son art.

Géniale, que j'vous dis...

38 ans...


J'ai 38 ans, pas croyable. Je suis à deux ans de la quarantaine! Ce nombre me semble démesuré. Je n'ai pas l'impression d'être si vieux.

Choc supplémentaire, quelqu'un m'a envoyé le journal télévisé français du 20 février 1973. Un gars se trouve vieux en maudit après avoir vu ça! Fascinant... et traumatisant! C'est pas des farces, la régie communique avec le lecteur de nouvelles par téléphone! Sérieux! ;-)

Il semblerait que le cercueil du maréchal Pétain ait été volé le jour de ma naissance. Je n'avais jamais entendu parler de cette histoire...

Pour ce qui est des autres actualités de l'année 1973, rien de bien excitant. Le 20, on note un durcissement de la position des États-Unis en matière de commerce international.


Zzzzzzz... ;-)

19 février 2011

Le plan Legault

Ma grand-m'man disait: "Dans vie, on n'a jamais rien pour rien."

J'ai parlé hier du plan Legault en ce qui concerne l'éducation. Je disais qu'à première vue, je trouvais sa proposition très intéressante.

Puis, j'ai trouvé d'autres détails, via le blogue de mon collègue masqué.

Extrait de la p'tite bribe de nouvelle:

Le programme de M. Legault veut faire de l'éducation la priorité absolue des années à venir. À cette fin, le groupe suggère un nouveau pacte avec les enseignants à qui il propose une hausse de salaire en échange de davantage de responsabilités pour favoriser la réussite scolaire de leurs élèves.



Le groupe de Francois Legault propose aussi que les enseignants soient évalués sur leurs résultats. Contrairement aux rumeurs qui circulaient, le document ne fait aucune mention d'une abolition éventuelle des commissions scolaires.

OK... t'sais, j'veux bien garder un esprit ouvert face aux nouvelles idées et je n'ai pas les détails de ce pacte, mais on dirait bien que ça se gâte déjà, là. Et sérieusement.

Davantage de responsabilités pour favoriser la réussite scolaire? Crisse, c'est de liberté, de souplesse et de soutien dont j'ai besoin! Pas de responsabilités supplémentaires! De toute façon, comment pourrais-je être possiblement davantage responsable que je le suis déjà? J'ai déjà toutes les câlisse de responsabilités carrément sur les épaules, et avec la classe que j'ai cette année, je suis crissement bien placé pour le savoir! Je suis responsable de tout: la préparation et la livraison de cours aussi clairs et intéressants que possible, le contrôle des travaux, la création, le pilotage et l'éxécution des projets, l'amélioration et l'adaptation du matériel pédagogique mis à ma disposition, l'enseignement de l'orthographe, de la lecture et de la communication orale, l'établissement d'une atmosphère agréable et propice à l'apprentissage, la grammaire et la syntaxe, la valorisation du français et l'ouverture à la culture québécoise, la valorisation de l'histoire de façon dynamique et vivante (envers et contre le programme de merde) et la création d'un sentiment d'appartenance au Québec chez les élèves d'origine immigrante (la majorité), l'évaluation et l'interminable correction, les mathématiques, les sciences, les arts, la géographie, l'éthique et la tabarnak de culture religieuse, la culture générale et l'entretien de la curiosité intellectuelle, la discipline et les punitions, la récupération, l'aide aux élèves en difficulté, les récompenses et privilèges, l'écoute des états d'âmes et le soutien psychologique, la résolution des conflits, la communication avec le CLSC et la DPJ pour dénoncer les cas (de plus en plus nombreux) de négligence et d'abus, le renforcement de l'estime de soi parallèlement à une prise de conscience réaliste des difficultés et des faiblesses, le traitement des petis bobos, les questions et réponses sur la puberté et l'hygiène, l'enseignement de la politesse et des bonnes manières, la communication avec la famille qui souvent s'en câlisse parce qu'elle considère que c'est ma job d'élever leurs enfants, le ménage et l'époussetage de la classe, les surveillances aux récréations et aux autobus, sans parler des réunions stupides, des formations inutiles et des comités à la con... quelle esti de responsabilité supplémentaire voulez-vous m'ajouter? Voulez-vous que je leur prépare à dîner? L'entretien du local et la peinture des murs tant qu'à y être, câlisse?

Pis l'évaluation des profs selon les résultats? Esti d'câlisse...

J'ai une classe épouvantable cette année. La pire de ma carrière, et de loin. Plus de la moitié de la classe est en grande difficulté ou se câlisse éperdument de l'école et refuse de fournir le moindre effort. Je me défonce pour ces jeunes-là, je me démène comme un diable, je me réinvente, tout ce que j'ai été capable de concevoir, je l'ai essayé. J'ai discuté avec des collègues, j'ai lu, j'ai consulté, j'ai sorti tous les tours de mon sac, je travaille plus fort que jamais! Je me fends en dix pour essayer de piquer leur curiosité, de leur donner le goût de fournir quelques efforts dans le cadre de projets excitants et motivants, d'apprendre quelque chose... Mais la réalité, c'est que je suis un prof, pas un magicien. Sans support et sans soutien, ni de l'école, ni de la C.S., ni de la communauté, ni de la famille, je ne peux pas faire grand-chose.

Crisse, c'est pas des câlisse de farces, j'ai travaillé DEUX problèmes de maths intensivement pendent DEUX semaines avec ma classe. J'ai même réussi à avoir l'orthopédagogue DANS ma classe pendant QUATRE périodes (un tour de force) pour m'aider avec le soutien et les explications. J'ai expliqué, réexpliqué, répété, illustré, mimé, chanté, y'a rien que j'ai pas fait! Pis le résultat? Après ces deux semaines, j'ai donné un petit test dans lequel les élèves retrouvaient exactement les deux mêmes problèmes. Crisse, j'avais même pas modifié un seul chiffre ni une seule donnée, comme je le fais d'habitude! C'était exactement les mêmes DEUX problèmes. Et 17 élèves ont coulé le test. DIX-SEPT!

Pis c'est là-dessus que M. Legault veut m'évaluer? Pas sur tout ce que j'ai fait, pas sur les efforts et le temps investi? Sur le RÉSULTAT final?

Sais-tu quoi, mon Frank? Une classe, c'est pas une usine de montage de toasters. Une école, c'est pas une PME.

Pis j'vais te dire une autre affaire. Dans ma carrière, j'ai eu des classes époustouflantes, des classes qui réalisaient des projets grandioses, qui remportaient des compétitions diverses, qui absorbaient les apprentissages comme des éponges, qui s'amélioraient à grande vitesse, qui produisaient des travaux incomparables, qui donnaient des RÉSULTATS à se jeter par terre. Mais tu sais quoi? Cette année, je travaille câlissement plus fort, dans des conditions câlissement plus plates et difficiles que je l'ai fait dans le passé avec mes classes de rêve.

Le résultat ne veut rien dire, mon Frank. Rien.

18 février 2011

Valentin


Je suis tombé là-dessus totalement par hasard, l'autre jour. Je n'en avais pas du tout entendu parler. En voyant le nom de l'auteur sur la couverture, je me suis d'ailleurs demandé s'il s'agissait du gars de RBO ou non. Yves Pelletier? Où est passé le "P"?

Ben oui, c'est lui. Humoriste, cinéaste et maintenant, bédéiste. Ce gars a tous les talents.

Valentin est une BD très réussie et divertissante. Elle nous plonge dans le quotidien de Fanny, une jeune femme qui verra sa vie complètement chamboulée lorsqu'elle rencontrera un petit chat particulièrement attachant et affectueux sur son chemin. En effet, l'arrivée du sympathique félin aura des répercussions majeures autant dans sa vie amoureuse que professionnelle...

J'ai été accroché dès les premières pages. Les dessins de Girard sont simples, mais très efficaces. J'ai beaucoup aimé le fait qu'il n'utilise pas les cases traditionnelles. Ses dessins sont libres et on en devine les frontières grâce à la couleur des décors. Ses pages respirent plus, elles sont moins encombrées et le récit semble plus fluide, plus organique.

Les personnages sont complexes, attachants, bien définis et parfaitement crédibles. À plusieurs reprises, j'ai souri en me disant que tel ou tel personnage me rappelait des gens que je connais.

Je ne savais pas à quoi m'attendre en ouvrant cette BD et je n'avais donc aucune attente spécifique, mais je n'osais pas espérer de si agréables moments. Au début, j'ai même pensé en acheter une copie pour ma classe, mais il y a une scène pendant laquelle un des personnages regarde un film porno... bof, on ne voit absolument rien, on ne fait qu'entendre (et c'est vraiment tordant) mais c'est quand même trop salé pour mes p'tits papoutes de sixième année...

Mais la plupart des lecteurs ados et adultes y trouveront leur compte, pas seulement les mordus de BD. Et pour une rare fois, je suis convaincu que les filles auront autant de plaisir à la lire que les gars, peut-être même plus! Espérons que ceci n'est que le début de la coopération entre Pelletier et Girard!

Legault et l'éducation

Depuis le temps que les médias nous gossent avec ça, il était temps qu'on apprenne enfin ce que mijote François Legault. Mais je dois vous avouer que, contrairement à plusieurs, je ne comptais pas les minutes, t'sais? Un ancien péquiste qui essaie de faire comme si la question nationale québécoise n'existait pas et qui veut se positionner plus à droite, ça me semble davantage être un éteignoir qu'autre chose.

Mais je suis obligé d'admettre que les bribes d'informations rendues publiques aujourd'hui sont très, très, très intéressantes.

Extrait de la nouvelle:

Dans son programme, la «gauche efficace» de M. Legault s'articulerait autour de quatre thèmes: l'éducation, la santé, l'économie ainsi que la langue et la culture. Pour améliorer le réseau d'éducation, il proposerait une rémunération incitative. Le salaire des enseignants serait haussé de 20% à 30%. Il essayerait de récupérer cette somme en haussant les tarifs d'hydroélectricité et en rationalisant les commissions scolaires. Des économies de quelques centaines de millions pourraient ainsi être faites.

À première vue, c'est très prometteur comme vision. On n'a pas entendu un politicien québécois dire que l'éducation est sa priorité depuis André Boisclair. J'ai déjà dit qu'un meilleur salaire permettrait d'attirer plus d'hommes dans ce métier et plus de gens de qualité, alors c'est une excellente initiative à mon avis, tant que cette hausse de salaire n'est pas accompagnée d'un alourdissement de la tâche qui viendrait nous brûler complètement.

Rationaliser les commissions scolaires, ce n'est pas aussi merveilleux que les abolir complètement, mais c'est un maudit bon début...

Bref (et je suis le premier à en être surpris), vous avez mon attention, M. Legault. Je vous écoute.

17 février 2011

Le crucifix de l'état


«Le crucifix n'a pas sa place au Salon bleu, ça m'apparaît tellement évident. Il est au-dessus de la tête du président de l'Assemblée. Et il est connu historiquement que ce crucifix a été donné par l'archevêque de Québec à Maurice Duplessis pour sceller l'alliance entre l'Église et l'État. Pourquoi le laisse-t-on là? Si c'est un objet patrimonial, on peut le mettre ailleurs.»

-Françoise David, présidente de Québec solidaire, à propos de la présence d'un crucifix au Salon bleu de l'Assemblée nationale.

Un fana bien de chez nous

C'est facile de rire des Américains, mais on a des beaux coucous fanatiques chez nous aussi, ne l'oublions pas:

«Ce combat-là, je le fais parce que j'adore le Christ. Quand je vais arriver de l'autre bord, je vais pouvoir être un peu orgueilleux. Je vais lui dire: "Je me suis battu pour vous; je suis même allé en procès pour vous." Il n'y a pas de plus bel argument.»



«C'est probablement la première fois de l'Histoire qu'un maire est arrêté de faire la prière et est puni pour l'avoir récitée.»

--Jean Tremblay, maire de Saguenay, en réaction à la décision du Tribunal des droits de la personne du Québec d'ordonner à la Ville de Saguenay de cesser la prière avant les réunions du conseil municipal et de verser 30 000$ à un citoyen qui s'était élevé contre cette pratique, au nom de sa liberté de conscience et de religion.


Trouvé ici.

15 février 2011

Épidémie de détresse chez les enfants

Je l'observe depuis quelques temps, à la petite échelle de ma classe... il semblerait qu'il s'agit malheureusement d'une tendence beaucoup plus large:

La dépression frappe les enfants de plus en plus jeunes et de plus en plus fort. À tout moment, près de 20 000 petits Québécois n'ayant pas encore fait leur entrée à l'école secondaire en souffrent déjà.

Garderies

Des petits de la garderie qui pleurent tout bas dans les toilettes ou sur leur petit matelas. D'autres qui réclament d'aller dormir bien avant la sieste, ou qui ne veulent plus rien avaler. D'autres encore qui ne quittent plus des yeux l'horloge ou la fenêtre. Ou qui barbouillent et déchirent tous leurs dessins dans des accès de rage. (...) Selon une étude de l'Université de Montréal publiée en 2009, près de 15% des Québécois de moins de 6 ans souffrent de degrés atypiques de dépression (pas nécessairement majeure) et d'anxiété.


Épidémie

Des cas isolés? Pas vraiment. Dans une entrevue accordée à La Presse, le psychologue américain Michael Yapko, auteur du livre Depression Is Contagious, parle carrément d'épidémie. «Chaque enfant vit son propre enfer: éclatement de sa famille, intimidation à l'école, parents qui le poussent sans lui laisser de temps libre, trop d'ordinateur et de télévision... On soumet les jeunes à des pressions auxquelles les générations précédentes n'ont jamais été exposées.»


J'ai plusieurs petits visages qui me viennent à l'esprit en lisant ça. Je me fais toujours un devoir de dépister des enfants qui semblent souffrir en silence... et pas seulement de mettre toute mon énergie sur les (trop nombreux) élèves perturbateurs ou en difficulté sévère d'apprentissage.

Les deux causes principales qui reviennent le plus souvent? D'abord et avant tout l'abandon, l'aliénation et le désintéressement de la famille. Deuxièmement, l'intimidation à l'école. Ce dernier problème, je le règle facilement, le défi est de faire parler la victime.

Mais pour les familles... on a beau brasser les parents, quand ceux-ci ont "mieux à faire" et ne considèrent pas l'éducation de leurs enfants comme une priorité, que faire?

Encore la semaine dernière, la directrice et moi avons ramassé une mère, pas à peu près, parce qu'elle nous a carrément dit qu'elle n'avait pas de temps à consacrer à son fils de 12 ans, qu'elle est trop occupée et qu'elle a décroché (ses mots exacts).

T'sais, quand t'es rendu à menacer une mère d'appeler la DPJ si elle ne prend pas le temps de s'occuper de son gars...

Hydro-Loser

Comme si je n'étais pas encore assez en crisse après Hydro-Québec d'avoir manqué le bateau en n'investissant pas dans le moteur électrique de l'ingénieur Pierre Couture (imaginez une auto électrique québécoise!)

Voilà maintenant que, sur l'ordre du gouvernement libéral, Hydro aurait vendu des droits d'exploitation à une compagnie privée, laquelle viendrait de découvrir d'importantes réserves de pétrole dans le sous-sol de l'île d'Anticosti:

Mais après la prise du pouvoir par les libéraux, Hydro-Québec a opté dès 2005 pour un changement de cap (...) La division Pétrole et gaz d'Hydro-Québec a finalement été éliminée en 2007, et les permis détenus par la Société d'État ont été cédés au secteur privé. On sait aujourd'hui qu'à eux seuls, ceux d'Anticosti pourraient valoir des milliards de dollars. Dans une thèse de doctorat datant de 1987 et portant sur le potentiel en hydrocarbures d'Anticosti, Rudolf Bertrand avait déjà établi que la plus grosse île du Québec recelait probablement le plus important potentiel pétrolier de la province, avec des réserves en place dépassant les 30 milliards de barils.

(...) Bernard Landry n'en juge pas moins que le retrait de la Société d'État de toute forme d'exploration a été une «catastrophe». «Nous aurions pu vendre nos terrains à un prix plus cher. Et aussi, nous aurions pu avoir des participations dans des projets futurs», a-t-il souligné. L'ancien premier ministre a déjà évoqué des retombées pouvant atteindre des milliards de dollars annuellement.

Pauvre petit Québec sans vision et sans ambition...

Canada schizophrène

Cyberpresse publiait les résultats de ce sondage cette semaine. Les résultats n'ont rien de surprenants, mais confirment un certain nombre de choses.

Premièrement, contrairement à ce que prétendait Maxime Bernier la semaine dernière:

79% des Québécois - et 90% des Québécois francophones - estiment que la loi 101 est une nécessité au Québec.


Deuxièmement, les vieux masques usés tombent. Le Québec, officiellement unilingue français, s'avère être très anglophile, tandis que le Canada, qui se drape dans la vertu et qui se prétend bilingue, se câlisse complètement du français dans la réalité:

Ainsi, 84% d'entre eux (les Québécois) jugent important de maîtriser les deux langues officielles. Au Manitoba et en Saskatchewan, au contraire, seulement 8% estiment important de parler français, tandis que seulement 10% des Albertains pensent qu'il est bon d'être bilingue. Fait amusant, alors même que les Canadiens anglais du reste du pays n'estiment pas important de parler français, ils sont quand même 62% à répondre qu'ils ont l'impression de vivre dans un pays bilingue (...) De façon générale (...) la préoccupation des Québécois francophones pour le fait français est très manifeste de question en question. «En même temps, ils sont beaucoup plus ouverts à apprendre l'anglais que ne le sont les Canadiens anglais à apprendre le français.»

Troisièmement, en plus des menaces traditionnelles d'anglicisation du Québec, s'ajoute une nouvelle inquiétude:

Au total, 57% des Québécois francophones se sentent toujours menacés par la puissante culture américaine, et 51% par la culture canadienne-anglaise. Voilà qui est tout de même nettement moins élevé que les 66% de Québécois francophones qui ont peur du multiculturalisme.


Une fois de plus, la dichotomie Québec-Canada crève les yeux. Deus nations, deux visions du monde, deux opposés irréconciliables.

Superman: Flower Child

OK, pour la comprendre celle-là, il faut savoir qu'une mini-série Elseworlds, intitulée Superman: Red Son, a déjà été publiée. Elle racontait ce qui se serait passé si la fusée transportant le bébé Superman s'était écrasée en Union soviétique plutôt qu'au Kansas. La première image est de cette série. La deuxième est la parodie. Je vous laisse imaginer le contexte de cette dernière!

Trouvé ici.


13 février 2011

Superman, enfin libre...


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Superman Classic



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Les 80s sur ton t-shirt


Je croi être capable d'identifier tous les éléments, à part peut-être quelques-uns. Le gobelet dor. j'imagine que c'est le Graal d'Indiana Jones, mais les pièces d'or? Et les trois triangles jaunes, ça me dit quelque chose, j'ai déjà vu ça quelque part, mais je ne les replace pas. Mais bref, très cool...

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«J'ai été 34 ans dans une secte. Tout le monde le voyait, sauf moi.»

Imaginez qu'un des évêques les plus importants du Vatican démissionne et raconte aux médias les dessous cachés de l'Église catholique. Ou encore qu'un imam influent claque la porte de l'Islam en déclarant que c'est de la foutaise.
 
Je sais, je sais, on peut toujours rêver... mais c'est pourtant ce qui vient de se passer avec la Scientologie. Extraits de la nouvelle:
 
Haggis, qui ne parle pas aux médias depuis la sortie de l'article, a dit avoir commencé à s'intéresser à la scientologie au milieu des années 70. À l'époque, l'Église de scientologie était encore peu connue. «Je me suis toujours identifié aux opprimés. J'avais une fierté perverse à faire partie d'un groupe que les gens essayaient d'éviter.»


(...) Membre prestigieux de l'Église, Haggis est devenu, avec John Travolta, Tom Cruise et Juliet Lewis, l'un des visages publics de la scientologie. Il finançait aussi l'organisation, à qui il estime avoir donné 500 000$ au fil des ans.


(...) En 2009, choqué par la position de l'Église contre le mariage gai en Californie, Haggis a rompu avec les scientologues. Cet été-là, il apprend que l'Église de scientologie gère des camps appelés Sea Org, où des milliers d'enfants de 12 à 18 ans étudient les préceptes de la religion. Ils y vivent coupés du monde extérieur et travaillent à temps plein pour l'Église pour 15$ dollars en moyenne par semaine. Le FBI enquête actuellement sur l'Église, qui pourrait contrevenir aux lois sur l'exploitation et la séquestration des mineurs.


L'auteur de l'article, Lawrence Wright rapporte aussi que des actes de violence sont tolérés au plus haut niveau de l'organisation. Selon ses sources, David Miscavige, le chef des scientologue, n'hésite pas à frapper ses assistants. Il se déplace en jet privé et a deux chefs à sa disposition. Il collectionne aussi les voitures de luxe et les motos.


«J'ai été 34 ans dans une secte, a résumé Haggis. Tout le monde le voyait, sauf moi.»


(...) Quant à Paul Haggis, il a dit s'attendre à être victime de représailles de la part de l'Église pour avoir osé salir publiquement la réputation de la «secte», comme il surnomme désormais l'organisation. «Je parie que, d'ici deux ans, vous allez lire une histoire sur moi. Je serai impliqué dans un scandale quelconque et, au premier coup d'oeil, cela n'aura rien à voir avec l'Église de scientologie», a-t-il dit.

Autre détail intéressant, l'auteur Lawrence Wright (gagnant d'un prix Pulitzer en 2007) vient de mettre à jour un (autre) mensonge du fondateur de la secte:

Pour son enquête sur la scientologie, il a obtenu 900 pages de documents militaires au sujet du fondateur de l'Église de scientologie, L. Ron Hubbard, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale.



Dans ses écrits, Hubbard prétend avoir été rendu aveugle et invalide durant la guerre, des handicaps dont il se serait lui-même guéri grâce à la scientologie. Or, les documents militaires montrent qu'Hubbard n'a pas été blessé, et que ses performances étaient «inférieures aux normes».


L'Église de scientologie affirme posséder des documents qui prouvent le contraire, et soutient que les accusations proviennent d'ex-membres frustrés contre l'organisation.

12 février 2011

Don't you want me baby?



Mélancolique des années 80? Le film Take Me Home Tonight est pour vous. L'histoire se déroule en 1988 et met en vedettes Topher Grace, Anna Faris, Dan Fogler et Teresa Palmer. Pour faire la promo du film qui sortira en mars, les acteurs ont créé ce vidéo dans lequel ils font de multiples clins d'oeil aux films qui ont marqué cette décennie.

Vous reconnaîtrez:

Alien, Say Anything, Dirty Dancing, Ghostbusters, Weird Science, Ghost, Sixteen Candles, Pee Wee’s Big Adventure, The Karate Kid, E.T., The Empire Strikes Back, When Harry Met Sally, Poltergeist, Top Gun, Splash, Teen Wolf, Back to the Future, Risky Business, Indiana Jones, The Shining, Weekend at Bernie’s, Fast Times at Ridgemont High, Rambo, Big, Cocktail, Fletch, Flashdance, A Nightmare on Elm Street, Friday the 13th, Twins, Terminator, Little Shop of Horrors, The Blues Brothers, The Breakfast Club, Fatal Attraction, Can’t Buy Me Love, Caddyshack, Norma Rae, Ferris Bueller’s Day Off


La nouvelle version de la toune de Human League (par Atomic Tom) est également très réussie...

Trouvé ici.

Parallels



Excellente cette pub mettant en vedette Willem Dafoe dans une douzaine de rôles différents...

Trouvée ici.

Change...


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Le cadeau de St-Valentin le plus cool de la galaxie...


Mesdames, prenez des notes.

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En mémoire de Reagan...


Trouvée ici.

L'art de complimenter une femme


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9 février 2011

Multiculturalisme: l'Europe se réveille!

D'abord, Angela Merkel, la chancellière allemande:

Attempts to build a multicultural society in Germany have "utterly failed", Chancellor Angela Merkel says.



She said the so-called "multikulti" concept - where people would "live side-by-side" happily - did not work, and immigrants needed to do more to integrate - including learning German.


In her speech in Potsdam, however, the chancellor made clear that immigrants were welcome in Germany.

(...) Mrs Merkel said: "We should not be a country either which gives the impression to the outside world that those who don't speak German immediately or who were not raised speaking German are not welcome here."

Et maintenant, David Cameron, le premier ministre britannique:

David Cameron has criticised "state multiculturalism" in his first speech as prime minister on radicalisation and the causes of terrorism.



At a security conference in Munich, he argued the UK needed a stronger national identity to prevent people turning to all kinds of extremism.


He also signalled a tougher stance on groups promoting Islamist extremism.


(...) A genuinely liberal country "believes in certain values and actively promotes them", Mr Cameron said.



"Freedom of speech. Freedom of worship. Democracy. The rule of law. Equal rights, regardless of race, sex or sexuality.


"It says to its citizens: This is what defines us as a society. To belong here is to believe these things."


He said under the "doctrine of state multiculturalism", different cultures have been encouraged to live separate lives.

Je me demande si je vais vivre assez vieux pour entendre des propos semblables sortir de la bouche d'un premier ministre canadien...

Permettez-moi d'en douter!

Where are your balls, Mr. Bernier?


Depuis des jours que j'ai envie de répondre, ici, aux propos de Maxime Bernier. Mais voilà, semaine de fou oblige (fin d'étape combinée à un croisade contre ma C.S. dont je vous parlerai peut-être un jour), je manque de temps pour le faire.

Mais Patrick Lagacé s'en donne à coeur joie dans sa dernière chronique et ça vaut vraiment le détour. Extraits du savoureux papier:

Je ne veux pas dire de M. Bernier qu'il n'est pas un vrai Québécois. Toute personne qui choisit de vivre ici est un Québécois, point. Mais je me demande parfois dans quel Québec il vit. Ce Québec où la loi 101 est inutile va peut-être plaire aux adeptes du libertarisme et à quelques Prix Nobel de la radio de Québec, mais sinon, c'est difficile d'être aussi divorcé du réel.



M. Bernier est un Québécois. Mais c'est un peureux. Aller dire que la loi 101 est inutile à Halifax, à un auditoire qui va évidemment vous applaudir, c'est déjà dans le sous-sol de la bravoure. Mais après, en voyant la tempête, refuser de s'expliquer en entrevue sur des tribunes nationales, c'est un sommet dans le rayon du manque de couilles.


(...) Bref, il ne faut pas regarder du côté de Ludwig von Mises et autres chantres du libertarisme pour comprendre l'allergie de Maxime Bernier à la loi 101.


Je suggère de regarder du côté de Sigmund Freud.

Lagacé publie également ce billet à propos de Bernier. La caricature de Chapleau provient d'ici.

6 février 2011

Le petit monde de Maxime

«C'est comme au Québec, nous n'avons pas besoin de la loi 101 pour protéger la langue française. Ils savent que nous parlons français au Québec et que nous parlerons français encore longtemps, je crois bien.»


--Maxime Bernier, député conservateur

Trouvée ici. La photo provient d'ici.

The life of Pi

J'ai longtemps hésité avant de lire ce roman...

J'ai d'abord cru à une espèce de livre New Age, t'sais le genre de truc quétaine qui a pour but avoué de "uplift your spirit"... le genre de niaiseries de bonnes femmes qu'on retrouve sur la liste du club de lecture d'Oprah à côté de "The Secret"...

Malgré cela, je demeurais intrigué. Puis finalement, je me suis dit qu'il s'agissait peut-être d'un livre plus près de Paulo Coelho que de "Eat, Pray Love". Sans oublier qu'un livre écrit par un Québécois qui reçoit tant de prix internationaux, c'est quand même pas banal...

Et le moins qu'on puisse dire à propos de ce roman, c'est qu'il n'est pas banal du tout.

Martel réussit à créer et à prêter vie à un personnage d'une rare complexité. On croit totalement à l'existence de ce garçon qui est pourtant étrange, marginal et atypique. Mais il est tout de même parfaitement crédible, ce qui constitue, à mon avis, un véritable tour de force. On aurait pu très facilement tomber dans le ridicule et la caricature, mais ça ne se produit pas. Le livre prend même parfois la forme d'une entrevue, ce qui ajoute encore plus de crédibilité au récit. Je suis certain que plein de gens qui ont lu ce roman se sont demandés si ce n'était pas une histoire vraie...

Bref, ce singulier personnage d'origine indienne se retrouve éventuellement seul dans un canot de sauvetage avec... un tigre adulte. Son récit est donc celui de sa longue dérive, de sa survie, de ses péripéties et de sa relation ténue avec le tigre en question.

Je vais être honnête, j'ai trouvé qu'il y avait de sérieuses longueurs à certains moments. Les élucubrations du personnage à propos de la religion m'ont semblé particulièrement longues. Mais ça, c'est juste moi... je suis allergique à ce genre de truc.

Mais je suis content de ne m'être pas découragé et d'avoir continué ma lecture. Parce vraiment, définitivement, le meilleur du livre, c'est sa fin. Et je ne peux pas vous en parler, de crainte de la gâcher... mais elle est extraordinaire. Quand je pense à mes romans préférés, je suis contraint d'admettre que j'ai toujours eu plus de plaisir à les lire qu'à les terminer. La fin d'un roman est souvent une déception, un anti-climax. Mais pas ici. Vraiment pas. La fin justifie tout, nous force à  réfléchir et à revoir sous un éclairage différent tout ce que l'on a cru comprendre pendant la lecture du roman. J'ai adoré.

OK, je vais me la fermer avant de vendre le punch.

Ce roman n'a pas été pour moi une révélation, mais définitivement une lecture agréable avec un dénouement dont je me souviendrai longtemps...

Avengers: the Origin


Le premier numéro de la série Avengers a été publié en septembre 1963. Je ne possède pas de copie originale de ce numéro, évidemment. Aux dernières nouvelles, il valait environ 9200$ US. Mais il a été réédité à plusieurs reprises, alors je l'ai lu et c'est une expérience fascinante. Ce qui frappe d'abord, c'est la vision de ses créateurs. Bien qu'il s'agisse d'une BD clairement destinée à des jeunes des années 60, le concept de base est là: des héros extraordinaires qui tentent tant bien que mal de coopérer ensemble avec d'énormes difficultés. La vision est là, les fondations de la légende sont jetées... mais ça reste un truc plutôt enfantin.

D'où l'idée de la mini-série Avengers: the Origin. Le scénariste, Joe Casey, reprend l'histoire originelle dans ses grandes lignes tout en la rendant plus sophistiquée, plus actuelle, plus complexe, plus riche... bref, plus intéressante. Les événements qui s'étaient déroulés à grande vitesse dans le premier numéro sont étirés et étoffés pour une mini-série de cinq numéros, ce qui laisse beaucoup plus de place pour explorer les convictions, les doutes et les motivations des différents personnages. Casey s'amuse beaucoup à nous faire découvrir des "détails inconnus et insoupçonnés" qui entourent la fondation de l'équipe.

Entre autres choses, la participation de Hulk à un cirque ambulant (qui semble plutôt étrange au lecteur moderne) est expliquée et devient plus crédible. La raison du départ de Thor pour confronter Loki à Asgard est illustrée par une vision horrifique dans laquelle Hulk massacre plusieurs civils et... Iron Man! La scène finale, pendant laquelle les héros décident de s'unir officiellement et de fonder une équipe dure 8 pages (plutôt que 4 cases dans la version 1963) et est rendue particulièrement intéressante par l'utilisation de "flashes" qui laissent entrevoir divers moments-clé et points tournants de la série.

J'ai bien aimé, mais en même temps, j'ai été agacé à quelques reprises. Casey respecte l'idée générale du comic-book de 1963, mais se permet plusieurs largesses. Je ressens toujours un malaise lorsqu'on décide de modifier le passé des personnages pour les rendre plus actuels. Mais en même temps, je comprends que ce soit parfois nécessaire. Après tout, si les Avengers avaient vraiment débuté leur carrière dans les années 60, ils seraient tous des vieillards aujourd'hui. Il faut donc actualiser, injecter un peu de modernité. Et je dois dire qu'en général, Casey a réussi à le faire tout en demeurant respectueux de l'original.

Mais c'est plus fort que moi, j'avais du mal à ne pas voir certraines détails comme de grossiers anachronismes, comme l'utilisation d'ordinateurs portables, par exemple.

L'une des raison principales qui m'avaient donné envie de lire cette mini-série, c'étaient les dessins de Phil Noto. J'adore cet artiste. C'est d'ailleurs lui qui a réalisé les couvertures de la série et elles sont absolument magnifiques. À l'intérieur, toutefois, on est loin d'un désastre  mais ce ne sont pas les plus belles planches produites par Noto. Je crois qu'il aurait été préférable qu'on le laisse aux crayonnés et qu'on lui trouve un encreur de talent pour paufiner son travail. Mais bon, je le répète, ça ne fait quand même pas mal aux yeux, loin de là!

Bref, une belle lecture. Mais dans le même genre, une autre mini-série intitulée Earth's Mightiest Heroes, publiée en 2004 et également écrite par Casey, était nettement meilleure. Moins révisionniste, elle se contentait de boucher les trous autour des dix premiers comics de la série, d'ajouter un peu de complexité et de réalisme... en d'autres termes, elle mettait de la viande sur l'os. Et c'était très, très réussi.

5 février 2011

Darth Athée


Trouvé ici.

Quand le prof de bio est un créationniste...



Ça semble complètement dément, quasiment impossible... t'sais, c'est comme dire qu'un prof de géographie croit que la Terre est plate, qu'un prof de chimie croit à la pierre philosophale ou qu'un prof de physique croit à la magie blanche... c'est ridicule! Et pourtant...

Je regarde le vidéo ci-dessus et les bras me tombent... je vous avertis, assoyez-vous bien au fond de votre chaise avant de regarder ça, autrement, vous risquez de vous blesser en tombant en bas de ladite chaise. Préparez-vous à un cirque...

"I believe I give the creation view a fair shake!"

Tabarnak! T'es un prof de science! Tu ne devrais même pas PRONONCER le mot "création" dans tes cours!!! Le simple fait de le mentionner dans le contexte de ton cours, c'est donner l'impression aux jeunes que c'est une théorie scientifique qui se tient et qui est aussi crédible que la loi de l'évolution! C'est comme mettre la chimie et l'alchimie sur un pied d'égalité! C'est comme parler de l'influence des planètes selon ton signe dans un cours d'astronomie! Ça n'a aucun maudit bon sens!

"I don't think God has to have evolution to make a world."

Non mais, t'es-tu un pasteur ou un prof de science? C'est pas possible. C'est un cours de S-C-I-E-N-C-E! Qu'est-ce que "God" vient foutre là-dedans? Ta job, c'est d'enseigner la pensée critique, la méthode scientifique, l'observation objective, les faits et les preuves tangibles! Pas la mythologie et les contes de fées! Et comptez le nombre de fois que ce gars-là prononce le mot "believe"... qu'est-ce que les croyances viennent câlisser dans un cours de science?

"How could I say to a student: "Your ideas are trash, keep 'em out of this room. I don't wanna hear 'em. We don't wanna discuss that. Don't you know you're one of those hick hillbillies believin' all that religious stuff?" I mean, how could I say all that to a student and look that student in the eye the next day and say: "I respect you as a person." I mean, I couldn't do it."

Ce gars-là est tellement dans le champ gauche... c'est tragique.

Il est parfaitement possible d'expliquer à un élève qu'on vit dans une société libre et qu'il a le droit de croire tout ce qu'il veut, mais que ses croyances ne reposent sur aucune preuve, aucune observation et aucun phénomène scientifiquement vérifiable et qu'en fait, toutes les études sérieuses qui existent dans tous les domaines de la science démontrent que sa croyance est inexacte. Tu n'as pas besoin de le traiter de hillbilly, personne ne parle de l'insulter. Expliquer à un élève comment fonctionne la RÉALITÉ, ce n'est pas lui manquer de respect! Dire à un élève qui croit que 2+2 égale 5 qu'il se trompe, est-ce que c'est l'insulter? NON! C'est ta câlisse de job!

Pis si tu ne veux absolument pas garder les arguments créationnistes à l'extérieur de ta salle de cours, ben fais-le ton esti de débat. Mais dans le cadre du débat, ne joue pas à l'avocat du diable, ne mélange pas la science et la pensée magique! Fais ta job, prends le parti de la raison, de la science, de la biologie, de la botanique, de la paléontologie et de la génétique qui prouvent toutes, à leur façon, la réalité de L'ÉVOLUTION. C'est ça ta job.

Mais tu choisis de ne pas la faire et ton cours de science est une grosse joke monumentale. Une farce. Un cirque. Une foire où n'importe quelle crisse d'imbécilité a le droit d'être déclamée à haute voix sans être contredite par le prof, parce qu'il ne veut pas "manquer de respect" à ses élèves (ou qui, au fond, est d'accord avec eux!) C'est scandaleux...

Et n'allez pas croire que ce type-là est un cas isolé aux USA! Extrait de la nouvelle:

Près de 75% des Américains n'apprennent pas -ou mal- la théorie de l'évolution à l'école secondaire, révèle une enquête publiée par le magazine Science.



Un vaste sondage mené auprès des professeurs de biologie américain indique qu'à peine 28% d'entre eux incluent la théorie de l'évolution de manière systématique dans leurs plans de cours, contre 13% qui optent plutôt pour le créationnisme.


Mais les auteurs de l'étude s'inquiètent surtout des quelque 60% restant, qui pourraient jouer un rôle encore plus important dans la désinformation des élèves que les créationnistes affichant clairement leurs croyances. En misant plutôt sur les controverses soulevées par les différentes théories, «ces professeurs minent la crédibilité des théories avérées par la communauté scientifique et les expériences. Ces professeurs échouent à expliquer la nature de la recherche scientifique, plombent la crédibilité des experts établis et légitiment les arguments des créationnistes, même de manière non intentionnelle.»

D'autres détails ici.

Penser positif...

Il y a quelques jours, je me suis servi de ce blogue pour déverser mon débordement de frustrations. J'ai écrit que la classe que j'ai cette année est la pire des pires. Et c'est vrai.

Ça m'a fait beaucoup de bien.

Mais l'écoeurantite aigue dont je souffre m'a poussé à exagérer à une ou deux reprises. J'ai décrit les pires élèves de la classe, mais j'ai occulté ceux qui sont intéressants. Mon but n'était pas d'offrir un portrait objectif de ma classe... le volcan avait juste besoin de sauter.

Maintenant, la deuxième étape dans mon cheminement thérapeutique, c'est de tourner mon regard vers les élèves intéressants, ceux qui progressent et qui travaillent. Parce qu'il y en a. Ils sont peu nombreux, mais ils sont là. Et je pense que c'est sur eux que je devrais braquer les projecteurs. Pas sur Abou qui m'a fait encore sauter ma coche hier parce qu'on l'a surpris à donner des coups de pieds dans les portes des cabines des toilettes pour terroriser les petits de première année (et qui a ensuite tenté d'éviter sa punition). Ou Nicéphore, qui a terminé sa journée en faisant des menaces de mort à une élève. Ou Sara qui ne manifeste aucun intérêt envers rien (sauf Justin Bieber et Twilight) et qui m'ignore avec un mépris total lorsque je lui demande de faire quelque chose. Ou Jean-Stéphane qui n'écoute pas ce qui se passe et qui déraille TOUS mes cours systématiquement avec des questions qui n'ont absolument aucun rapport avec le sujet dont nous discutons. Ou Serenade qui se lève et se promène pendant que je parle, qui me fait répéter sans cesse parce qu'elle ne porte aucune attention à ce qui se passe et qui crie des insultes aux autres à travers la classe. Et j'en passe...

Toutes mes interventions, tous mes efforts, toutes mes initiatives et toute l'énergie que j'ai investi dans ces jeunes-là n'a eu absolument aucun effet. Et après tout, je ne suis pas un psychiatre, crisse, je suis un prof de primaire. Il est peut-être temps que cessent les interminables évaluations et négociations (que souhaitent la directrice, la psychologue, la psychoéducatrice et les éducatrices spécialisées) et que tombe le couperet de la punition. Il y en a des jeunes auprès de qui j'ai un impact positif et il est plus que temps que je me concentre sur eux. Ils méritent le meilleur de mon temps et de mon énergie.

Comme Sina, fillette absolument adorable, qui vient de remporter le concours de la dictée P.G.L. Sa curiosité est tellement rafraîchissante. Elle a soif d'apprendre. Ou Lewis qui écoute mes cours avec des grands yeux ronds et qui est toujours fasciné par tout ce qui se passe. Ou Cristobal, considéré élève problématique en 5e année, qui saute presque de joie quand c'est le temps du cours d'histoire et qui me bombarde de questions intéressantes. Ou Tony qui est supposément irrespectueux avec tout le monde, sauf moi (mais je n'ai pas de mérite, c'est juste parce que je suis un gars). Ou Bob l'intello silencieux, jadis rejeté, timide et isolé, qui s'épanouit dans ma classe et qui a de plus en plus d'amis... il rayonne ce p'tit gars-là. Ou Kadisha, petite francophile d'origine tamoule qui vit des moments difficiles, sa mère se bat contre le cancer du sein. C'est donc elle qui doit s'occuper de son petit frère et de sa petite soeur, puisque son père est la seule source de revenue, il travaille donc beaucoup. Je suis le seul à qui elle peut se confier, le seul qui prend le temps de l'écouter, de l'encourager. Le seul qui la fait sourire. Elle m'appelle "mon ami". Ou encore Mohamed, d'origine palestinienne mais qui est très critique face à l'Islam et qui se dit fièrement QUÉBÉCOIS (depuis qu'il est dans ma classe), qui est très faible et qui en arrache, mais qui VEUT travailler, qui VEUT apprendre.


Le temps est venu de me concentrer sur eux. Évidemment, c'est plus facile à dire qu'à faire. Les autres sont tellement désagréables, tellement bruyants et tellement perturbateurs... mais ces jeunes-là n'ont pas à en souffrir. Ils méritent mieux qu'un prof qui passe ses journées à intervenir auprès des morons et qui n'a plus de temps ou d'énergie pour eux. Ils méritent mieux que ça.

Ça me prendrait peut-être une paire de lunettes roses...

3 février 2011

"C'est parce que t'es un gars!"

Esti que je suis écoeuré de me la faire servir, celle-là. On me la répète depuis le début de ma carrière.

Pas plus tard qu'aujourd'hui, la directrice vient me voir à propos d'un élève que nous appellerons Tony.

Directrice: J'ai décidé de punir Tony cet après-midi, il a frappé un élève au visage. Pis en plus, les enseignantes et les dames du service de garde se plaignent et me disent qu'il est arrogant, irrespectueux et baveux.

Moi: Il n'est pas baveux avec moi. Il ne fait pas grand-chose en classe, mais il ne me manque pas de respect.

Directrice: Ben c'est sûr, t'es un gars.

C'est toujours pareil.

C'est jamais "t'es un bon pédagogue", "tu sais créer une relation avec tes élèves qui n'est pas uniquement axée sur la discipline et la confrontation", "ton approche est efficace", "comment t'y prends-tu" ou "tu es un bon prof"...

Non... jamais...

C'est toujours: "c'est normal, t'es un gars."

Traduction: T'as pas de mérite, mets n'importe quel être humain à deux couilles devant la classe et il va faire aussi bien que toi sans effort, simplement parce qu'il a une grosse voix et de la barbe.

Font chier, crisse... pas moyen d'avoir la moindre reconnaissance dans ce foutu métier d'merde...

Mais j'ai fini de fermer ma gueule. Voici la fin de ma conversation avec la directrice, aussi fidèlement que je me rappelle:

Directrice: Pour ce qui est de Nicéphore, je suis fière de la façon avec laquelle on a piloté ce dossier, j'ai reçu un coup de téléphone très encourageant de la DPJ. Je suis très fière du dénouement de l'affaire. Ça fait un an et demi que je suis là-dessus et enfin, ça bouge.

Moi: Bah, t'as pas de mérite, t'es une fille!

2 février 2011

Survol des années 80 en musique

Sti qu'chu tanné...

C'est vraiment la pire classe que j'ai vue de ma vie.

Insupportable.

Si j'avais eu une classe pareille au début de ma carrière, j'aurais crissé mon camp en courant! J'sais pas ce que je ferais aujourd'hui, mais je fuirais les écoles comme la peste...

Chu pu capable, crisse... ma motivation est dans la cave, j'ai jamais été aussi éteint. Et paradoxalement, j'ai jamais été aussi vidé. Je me démène, je me défonce, je me réinvente, je sors tous les trucs de mon sac, rien n'y fait. Ils me sucent chaque iota de mon énergie, mais ils ne produisent rien en retour. Absolument rien. Enseigner à ces jeunes-là, c'est comme essayer de faire pousser des tomates sur du béton, jour après jour, avec comme seul outil un verre d'eau pis un p'tit rateau de plage en plastique...

Immatures, étroits d'esprit, incapables de la moindre réflexion, ignorants et FIERS de l'être, paresseux, allergiques à toute forme d'effort, complètement indifférents face à leurs propres échecs, teflon jusque dans la moelle des os, experts à faire dérailler toutes mes leçons et tous mes projets, incapables de toute initiative, dépourvus de la plus élémentaire des curiosités, bruyants, bavards, belliqueux, irrespectueux et vulgaires, manipulateurs, menteurs, hypocrites, immoraux, carrément détestables...

Je ne peux pas leur faire confiance, ne serait-ce qu'une minute. Je me tourne le dos, crisse, et je sais avec certitude que le bordel va pogner dans la classe. C'est inévitable. J'peux même pas aller pisser...

J'ai sauté ma coche aujourd'hui. C'était les deux plus insupportables p'tits crisses qui me faisaient chier depuis le matin (que dis-je, depuis des mois!) avec leurs commentaires idiots qui dérangent la classe, quand ils ne sont pas assis à leur place comme des cadavres, incapables de même prendre un crayon pour entamer le travail qui est devant eux. Un des deux, appelons-le Nicéphore, me harcèle de questions stupides à longueur de journée, m'agresse de commentaires impertinents, m'interrompt sans cesse quand je parle, me tape sur l'épaule quand je discute avec quelqu'un d'autre, rit quand il m'annonce qu'il n'a pas fait ses devoirs, contourne sans cesse mes consignes, trouve tous les moyens de briser toutes mes règles de fonctionnement, systématiquement, une par une... va même jusqu'à me bousculer physiquement, sacramant! Et l'autre, appelons-le Abou, sombre petit crétin sexiste qui tient des propos révoltants envers les p'tites filles de la classe, qui passe ses journées à provoquer des conflits interminables avec tout le monde et à me demander pour aller aux toilettes. Ça fait des mois que je leur parle patiemment, que je leur explique en long et en large ce que j'attends d'eux, que je les réfère aux différents intervenants, que j'écris dans l'agenda sur une base régulière, que je remplis des formulaires, des grilles d'évaluation, des courriels, que j'implante des systèmes de récompenses et de punitions, que je multiplie réunions et rencontres avec directrice, psychologue, travailleuses sociales, psychoéducatrice, éducatrices spécialisées, gna gna gna... des mois que je me fends en dix sans voir l'ombre d'une amélioration.

Ce midi, j'essayais de discuter avec ma collègue, j'ai réussi à placer deux phrases quand j'ai aperçu mes deux morons en train de courir, de bousculer tout le monde et de se battre à coups de pieds dans mon dos.

J'ai sauté ma coche. Je les ai ramassés comme j'ai rarement ramassé des élèves dans ma vie. J'élève rarement la voix, mais là je criais à en devenir aphone. Je les ai expulsés de ma classe pour tout l'après-midi (ben, en fait, jusqu'à temps que ma merveilleuse tache de directrice me les renvoie parce que les problèmes, elle n'en veut pas). Pis le pire, c'est qu'un peu plus tard, j'ai vu un de mes deux bozos (Abou) se promener dans l'école et rire avec une éducatrice spécialisée (la même tarte qui croit que la fin du monde arrive en 2012)! Je suis allé la voir pour lui expliquer qu'il est sensé être PUNI! Sa réponse: "Ah mais tu aurais dû le voir, il pleurait, il faisait tellement pitié! Tu es trop permissif et après, tu te fâches pour un rien."

Elle me dit ça en pleine face! Juste à côté du p'tit câlisse qui me regarde avec un gros sourire! Pas croyable... peut même plus discipliner des élèves, pis en plus, tu te fais dire que c'est de ta faute, ciboère...

Chu plus capable...

Je ne sais plus quoi faire pour me motiver d'aller travailler le matin. Je ne sais plus.

J'essaie de me concentrer sur la poignée d'élèves qui ont de l'allure, mais les autres sont tellement pénibles à supporter, c'est pratiquement impossible...

Je pense que ce qui me tue le plus, au fond, c'est de constater ma propre impuissance à faire quoi que ce soit avec ce groupe. T'sais, j'suis un gars perfectionniste, engagé, dévoué, je ne compte pas mon temps, je ne baisse pas les bras facilement, je suis foncièrement optimiste et je m'investis totalement dans ce que je fais. Ma job me tient vraiment à coeur. Mais quand ça fait des mois que tu te démènes comme un diable dans l'eau bénite... pour ab-so-lu-ment rien! C'est tuant. Je me trouve nul, plate, inefficace, inutile, incompétent, poche, incapable... c'est ça le plus difficile.

Esti que j'ai hâte qu'ils décrissent au secondaire... je vais fêter ce jour-là, pas à peu près! Je vais arrêter à la SAQ après l'école, c'est certain...