9 décembre 2012

Procès d'intention et trahison


Le Prof Solitaire...

Ce titre n'a jamais été plus vrai que maintenant, puisque  j'ai décidé de bloquer tout accès au blogue, afin de me protéger. Je parle donc tout seul. J'écris pour moi-même. Mais au fond, c'est correct, c'est comme ça que ce blogue a commencé. Je boucle la boucle. 

Donc, voici le récit de la dernière semaine que je circonscris ici pour ma propre mémoire et pour m'aider à y voir clair.

Après la dernière lettre de convocation, l'angoisse et le stress étaient très élevés, évidemment. Comme à chaque fois, je n'avais aucune espèce d'idée à quoi m'attendre. La pression était terrible, étouffante. Le manque de sommeil avait un effet dévastateur. Comme je ne recevais que très peu de soutien de mes collègues de cycle (à part les deux profs de 5e année qui, franchement, ont su faire preuve  de sollicitude et d'empathie), un matin je suis allé jaser avec une enseignante de 2e année que j'ai toujours trouvée extrêmement sympathique. On n'est pas toujours d'accord, mais j'apprécie habituellement ses points de vue. Je lui exposai donc la situation et lui expliquai ce qui s'est passé avec la directrice et les plaintes de parents. Sa réaction a été pour le moins inattendue. Elle a d'abord concédé que les lettres de convocations, qui ne disent rien du motif, sont des "tentatives de te détruire" et que "même les criminels convoqués à la cour sont informés du motif de leur convocation". Elle a également dit que la directrice avait tourné le bouton à "bitch" depuis la rentrée. Mais son soutien s'est arrêté là.

Elle m'a ensuite dit ce que "plusieurs de tes collègues n'osent pas te dire": que je tape sur les nerfs de tout le monde. Que je dois arrêter de faire à ma tête comme "un adolescent" et que je fasse comme les autres. Que ma convivialité avec mes élèves (ce n'est pas le terme qu'elle a utilisé) était source de frustrations pour mes collègues. Que je semblais fragile cette année et que j'avais trop besoin de "l'amour de mes élèves" (apparemment, l'idée que je puisse agir par altruisme en pensant au bien-être d'autres personnes que moi-même ne leur a jamais traversé l'esprit). Que je ne suis pas leur père, que les élèves passent, qu'il ne faut pas trop s'attacher et que je devrais agir comme les autres pour me protéger. Que si j'ai besoin d'affection, j'ai juste à en donner à mes propres enfants. Etc.

En d'autres termes, mes collègues me méprisent, je les fais chier, mais ils ne me disent rien. Et l'opinion qu'ils se sont faite de mon travail, sans jamais me poser la moindre question sur mes motivations, est pour le moins condescendante.

Je soupçonne que mon intervention pour tenter de mettre fin à l'imposition du silence dans les rangs a exacerbé l'antipathie des gens à mon égard. Elle n'en a pas parlé directement, mais c'est ce que j'ai détecté dans la teneur de ses propos. Ça sonnait un peu comme "c'était déjà assez chiant que tu ne fasses pas comme les autres, là tu oses critiquer notre façon de fonctionner collectivement en plus, arrête de faire chier." De toute évidence, me varloper dans les discussion de corridors est maintenant de bonne guerre.

Je n'ai pas eu le temps de répondre à tout ça, la cloche du début de la journée s'est faite entendre. De toute façon, j'étais complètement sonné. 

Mais ma semaine ne faisait que commencer.

Mercredi, une de mes élèves m'a informé que son père qui est déménageur avait trouvé un divan en bon état qu'il pourrait donner à la classe, mais qu'il fallait faire vite. Je suis donc allé au bureau pour demander la permission. La directrice et son adjoint étaient assis. Ils ne m'ont pas salué, ont arrêté de parler et m'ont fixé. Je me suis excusé de les déranger, je leur ai expliqué l'offre du père et je leur ai demandé s'ils avaient une objection. L'adjoint a commencé à répondre qu'il n'en voyait aucune, quand la directrice l'a subitement interrompu et m'a dit sèchement: "Oui, j'ai une objection." J'ai attendu quelques secondes pour voir si elle avait autre chose à ajouter. Rien. Alors j'ai dit "parfait" et je suis parti.

Jeudi après-midi, je me rends donc au siège social de la commission scolaire et, accompagné de mon représentant syndical, j'entre dans une salle de réunion où nous attendent ma directrice et la responsable des relations de travail qui assiste à ces réunions depuis le début. Ma directrice ne me salue pas, elle sert la main du représentant syndical et s'assoit. Ça promet.

OK, c'est trop intense là, je prends une pause et je continue ceci plus tard.

* * * * * *

Bon, ok, je m'y remets.

La réunion débute avec une "récapitulation" de l'année scolaire faite par ma directrice. Elle me remet sur le nez la lettre que j'avais écrite au tout début, plus spécifiquement le passage où j'expliquais le retour de symptômes dépressifs, dans le but de remettre en question ma santé mentale et ma capacité de faire mon travail (elle passe évidemment sous silence le fait que les symptômes en question se sont pointés à cause de ses agressions verbales). Elle rappelle les nombreuses fois où elle a eu à me "rappeler à l'ordre" depuis le début de l'année, à propos de mon "insubordination" et de la plainte des deux mères. Elle m'a ensuite dit qu'elle a rencontré les trois petites filles après que je leur aie parlé et qu'elle souhaitait savoir ce que je leur avais dit lorsque je les ai rencontrées. 

J'ai alors sorti mes notes et j'ai expliqué le déroulement de cette rencontre. La directrice et la bonne femme de la C.S. prenaient fébrilement des notes. J'ai déjà parlé de la teneur de cette rencontre à la fin de ce billet. Quand j'ai eu terminé, les deux bonnes femmes se sont littéralement déchaînées. Et à ma grande surprise, la bonne femme de la C.S. qui était assez réservée dans les rencontres précédentes était encore plus agressive que la directrice. Elle m'a dit qu'elle était "sidérée" par mes propos. Que comme parent, elle était choquée par plusieurs éléments de mon intervention (sans les nommer). Que je rejetais tout le blâme des plaintes sur l'extérieur et que je n'en prenais aucune responsabilité. Elle m'a dit que mon intervention était antipédagogique. Elle m'a dit que la directrice avait été "très claire" lors de la dernière convocation et que j'avais passé outre à ses demandes (sans spécifier à quoi elle faisait allusion). Puis, la directrice s'est jointe à la fête et s'est mise à me déverser un flot de reproches et de faits décousus en établissant des liens pour le moins douteux avec le sujet de la rencontre. Elle a parlé de mon état mental qui, de ma propre admission (dit-elle), l'inquiète. Elle m'a dit que je ne faisais pas ma job et que je devais me concentrer sur l'enseignement du français et des maths, pas à être "chummy-chummy" (ses mots) avec mes élèves (comme si l'un empêchait nécessairement l'autre). Elle a ramené l'anecdote du divan de la veille en guise d'exemple (ridicule) que je n'étais pas concentré sur mes véritables responsabilités. Elle m'a vomi un paquet de trucs du genre, tout ce que j'avais dit ou fait dans les derniers mois devenait soudainement une preuve supplémentaire de mon incompétence. Ça allait dans toutes les directions, comme des tirs de mitraillette, comme si à défaut d'avoir des arguments de qualité, elle me noyait sous la quantité. Comme si l'abondance de "preuves" circonstancielles et impertinentes devient valide de par le fait qu'il y en a beaucoup. Puis, la directrice m'a proféré ce que je considère être une menace voilée, en me disant qu'elle "aurait très bien pu prendre la voie punitive" mais que ce n'était pas ce qu'elle avait choisi.

Ah! oui, j'oubliais presque... elle m'a également reproché des propos que j'ai tenus à propos de la mère, en toute confidentialité, en jasant avec des collègues. Elle s'est d'ailleurs fait un malin plaisir de souligner que ces propos lui avaient été rapportés par DES enseignantes.

J'étais complètement abasourdi. Sans voix. Je ne disais plus rien. J'étais assis là, assommé. Soufflé. Renversé. Physiquement étourdi.

On a pris une pause.

Le représentant syndical m'a regardé. On ne savait plus quoi se dire. On essayait de débroussailler leurs propos, de déchiffrer cette agressivité, de comprendre ce qui était en train de se passer. Il a finalement quitté la salle et est allé parler à la bonne femme de la C.S. pour essayer de comprendre. Il lui a demandé si une mesure disciplinaire était envisagée. Elle a répondu que non.

Après une quinzaine de minutes, elle sont revenues. J'ai essayé tant bien que mal de répondre à leurs allégations, mais j'étais aussi gracieux qu'un canard qui vient de se faire plomber une aile par deux chasseurs. J'ai d'abord dit que le but de ma rencontre avec les filles n'était pas d'assigner du blâme ou de disculper qui que ce soit, que je souhaitais simplement faire une intervention-éclair pour que les débordements d'affection cessent immédiatement et qu'on n'aille pas croire que je  prenais les plaintes à la légère. À ce point de vue, dis-je, l'intervention a été un vif succès.

Ensuite, je leur ai demandé d'exprimer leurs reproches plus lentement afin que je puisse y répondre point par point, mais elles ont immédiatement balayé cette demande du revers de la main en disant que ce n'était pas l'objectif de la rencontre. Je leur ai dit que plusieurs des choses qu'on me reprochait étaient des événements anecdotiques sans réel lien à la situation qui nous intéresse, comme le divan par exemple. On m'a sèchement répondu de laisser tomber l'histoire du du divan, que ce n'était pas l'objet de la réunion. J'ai répondu que ce n'était pas moi qui avait amené cette histoire de divan sur le tapis.

Bref, on me balance n'importe quoi par la gueule, et on ne veut pas que je réponde.

J'ai ensuite tenté, bien maladroitement, d'expliquer mon approche et ma philosophie, que celle-ci avait donné de véritables "success stories" dans le passé, comme cette fois où une jeune fille qui était agressée par son oncle était venue se confier à moi et que nous avions pu lui venir en aide. La directrice a sèchement répondu que cela ne s'était pas produit avec elle. Non, ai-je répondu, c'était à mon école précédente. Elle m'a répondu que le passé ne l'intéressait pas, que le problème était dans le présent et qu'il fallait "regarder en avant".

J'ai terminé en disant que je ne prétendais pas que mon approche était parfaite (la directrice m'a balancé une remarque hyper-méprisante du genre: "Elle est loin d'être parfaite", ce à quoi j'ai rétorqué, avec une certaine impatience: "C'est ce que je suis en train de dire.") J'ai répété que mon approche n'était pas parfaite mais qu'elle n'était pas nulle non plus et qu'il ne fallait pas jeter le bébé avec l'eau du bain. J'ai ajouté que j'étais une personne qui se remet constamment en question et qui essaie toujours de s'améliorer.

Le représentant syndical leur a alors demandé ce qu'elles souhaitaient exactement.

Elles ont répondu que, premièrement, elles souhaitaient que j'entre en contact avec le programme d'aide aux employés afin de parler à un psychologue à propos de mon état mental et de découvrir les raisons qui me poussent à être "trop familier" avec mes élèves (encore une fois, il semblerait que l'altruisme n'existe que dans mon esprit, et donc que le fait de se dévouer aux élèves doit nécessairement être un trouble pathologique). Le représentant a alors dit que cette démarche m'appartenait et que je n'avais pas à rendre de comptes là-dessus, elles ont acquiescé (quelle mansuétude). Leur seconde exigence est que je remette en question ma gestion de classe et que j'apporte les modifications nécessaires afin de "recentrer" mon approche. Elles veulent que je consulte un conseiller pédagogique. Je dois leur donner mon "plan d'action" d'ici Noël et, dans les premiers mois de 2013, rencontrer la directrice à au moins deux reprises afin d'exposer les fruits de ma réflexion et les changements concrets que j'aurai mis en place.

Puis, elles se sont levées. Tout le monde s'est serré la main, sauf la directrice qui ne m'a même pas regardé.

* * * * *

J'ai longuement jasé avec mon représentant syndical après ça et en gros, il m'a dit que du temps qu'il était enseignant, il était très cool et très apprécié de ses élèves, mais que jamais ils ne l'avaient touché. Il m'a donc invité à me questionner sur ce qui aurait pu amener mes élèves à considérer que cela était correct.

Il m'a raconté qu'il n'y a pas si longtemps, une de ses anciennes élèves qui l'avait particulièrement apprécié lui a envoyé un courriel. Ses parents se séparaient et la petite vivait ça très difficilement. Elle lui a demandé de l'aide. Il a répondu qu'il était impossible pour lui de lui venir en aide et qu'elle devait s'adresser aux services d'aide de son école secondaire. "Toi, qu'est-ce que tu aurais fait?" m'a-t-il demandé. "J'aurais essayé de l'aider", ai-je répondu sans hésiter. "Tu vois, il est là le problème" a-t-il tranché.

Il m'a dit croire que la directrice aurait pu facilement me punir si tel avait été son désir, qu'il n'a pas vu de menace dans ses propos et que la thérapie serait bénéfique, ce qui m'a poussé à me questionner sérieusement sur ses capacités à me défendre adéquatement.

* * * * *

Et depuis, je réfléchis.

Évidemment, je ne possède pas l'ombre d'une mauvaise intention et je n'ai rien fait de mal. Mes élèves n'ont subi aucun préjudice. Le seul problème est dans la perception et les apparences. La directrice me bombarde de reproches tous plus impertinents les uns que les autres, avec une mauvaise foi colossale. Mes motivations, ma philosophie et mes intentions n'intéressent personne. La vérité n'intéresse personne.

Tout le monde qui est impliqué de près ou de loin dans ma vie professionnelle (à part les élèves qui m'adorent) semble condamner ce que je fais: la directrice, la C.S., mes collègues, des parents (bien qu'il s'agisse ici de seulement deux mères alors que tous les autres ne trouvent rien à redire, ne l'oublions pas), même le délégué syndical me dit que j'ai besoin de thérapie. Alors il y a définitivement quelque chose qui ne marche pas à quelque part.

Je ne veux pas me mettre la tête dans le sable. Il faut que j'en prenne acte.

La réalité, c'est que j'agis par altruisme et parce que je crois sincèrement que ma façon de faire permet aux enfants de s'épanouir et d'être heureux dans ma classe. Mais de toute évidence, personne n'est prêt à me donner le moindre mérite. Au contraire, on m'insulte, on me méprise, on me malmène, on caricature mon travail, on me traite d'incompétent et on remet même en question ma santé mentale.

Même si je continue de croire que ma façon d'enseigner est dans le meilleur intérêt des élèves, le temps est peut-être venu de mettre mes intérêts avant les leurs. Si je me distancie d'eux, si je suis plus sévère, si je suis plus froid, je me protégerai et en même temps, ça "paraîtra" mieux aux yeux du monde extérieur.

Au fond, c'est ça que je devrai faire.

Leur bonheur et leur épanouissement, ce n'est pas ma job. Les aimer, ce n'est pas ma job. Leur donner l'attention qu'ils ne reçoivent nulle part ailleurs, ce n'est pas ma job.

Ma job c'est d'enseigner les maths, le français et les autres matières. Point.

Reste à voir si j'aurai encore envie de la faire, cette saloperie de job, une fois que j'y aurai extirpé tout ce qu'elle a d'humain. Parce que dédier sa vie à l'enseignement des fractions équivalentes et aux accords de pluriel, ce n'est pas vraiment ce que j'avais en tête quand j'ai choisi cette carrière...

Pis il faut absolument que je change d'école.

Survivre l'année, et changer d'école.



3 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

Mon meilleur pote Frank, qui incidemment est un de mes anciens élèves, m'écrit ceci:

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Ça fait mal de lire ça mon vieux...tu ne mérites vraiment pas ce traitement. Il me semble qu'elles (directrice + femme de la CS) manquent de professionnalisme. Une rencontre comme ça, c'est pas un exutoire pour leur colère...! J'imagine que tu dois te sentir blessé et trahi devant autant d'agressivité.

Je ne sais pas trop quoi en penser pour le moment et c'est sur qu'étant ton ami et n'ayant qu'une version "billet de blogue" de l'histoire, c'est difficile pour moi d'être objectif. Je pense, comme toi, que tu devrais changer d'école dès que possible. Sauf que bon, l'année est pas finie et il faudra faire face à la musique d'ici juin. Dans un de tes premiers billets de l'année, en septembre, tu termines en disant qu'il faudrait que tu sois le plus invisible possible cette année, et que tu te concentres sur ta santé. Je crois qu'il faut miser là-dessus. Ça pourrait vouloir dire que la prochaine fois qu'il y a un sujet comme l'affaire du silence dans les rangs qui émerge, tu ne t'en mêles pas.

Aussi, on dirait que ce qu'elles te reprochent (et certains de tes collègues également, semble-t-il) c'est ta proximité avec tes élèves, enfin, la proximité qui est explicite (physique ou très extravertie). Celle qui est dans leur face et qui les dérange (probablement parce qu'elles aimeraient avoir une aussi belle relation avec leurs élèves mais n'en sont pas capables). N'y aurait-il pas une façon de ne pas trahir tes convictions et principes tout en t'arrangeant pour que ce soit moins visible? Ce n'est pas parce que tu es dans le tort mais là, je pense qu'il ne faut plus sous-estimer ce que les apparences peuvent faire et te causer comme ennuis. Peut-être éviter qu'il y ait des contacts physiques en-dehors de ta classe? Enfin je sais pas là, c'est à toi de voir. Je sais que tu es plutôt idéaliste et le fait de faire des compromis sur tes principes ne t'enchante pas. Mais en même temps je pense que tu peux expliquer un peu tout ça aux élèves sans que ça remettre trop en question leur vision des relations humaines. Les enfants peuvent comprendre qu'il y a des choses qu'on fait et qu'on ne fait pas à cause des autres, d'après moi.

Prof Solitaire a dit…

Suite de la lettre de Frank:

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Pour ce qui est du reste, des implications par rapport à ton propre fonctionnement émotif...je pense que ta philosophie d'enseignement et ta façon de faire est bonne. Et que probablement que ces connasses-là n'ont pas le niveau de maturité pour le comprendre. En même temps, il y a peut-être une façon de garder la même philosophie et les mêmes valeurs tout en étant moins proche émotivement et physiquement des élèves. C'est comme le psychologue, il doit être empathique mais doit éviter de devenir sympathique. Sinon ça l'empêche de bien faire son travail. D'ailleurs, on ne devient pas psychologue pour rien, et une des premières choses avec lesquelles on nous confronte lorqu'on rentre au doc c'est les raisons pourquoi on devient psychologue, ou pourquoi on va dans les professions de relations d'aide en général. Il y a évidemment des raisons émotives de l'ordre de notre propre fonctionnement émotif, de nos propres enjeux émotifs. Pour moi ça a été très déstabilisant, des textes écrits il y a 40 ans par des gens que je n'ai jamais rencontrés et qui me décrivaient très bien...Ils faisaient ça pour nous faire prendre conscience qu'on est pas très altruiste sans raison (comme on est pas plein d'autres choses sans raison non plus, don't get me wrong, tout ça ne s'applique pas seulement aux gens en relation d'aide...c'est relié à des enjeux émotifs de devenir, par exemple, ingénieur aussi). Mais on nous pousse à faire un peu de ménage là-dedans avant de commencer notre profession afin de garder ce qui est bon là-dedans et enlever ce qui peut tomber dans l'excès.

Je ne sais pas si c'est ton cas. Je ne veux pas juger de quoi que ce soit. Je ne veux surtout pas que tu penses que je suis d'accord avec elles ou que je prends leur bord mais, il y a peut-être quelque chose à vérifier là de cet ordre. Mais bon ça, c'est une démarche personnelle que tu feras si ça te tente, pas parce qu'on te met de la pression.

J'écris en pensant, je ne sais pas si ce que j'ai dit t'aide ou non. La dernière partie n'est surtout pas un reproche! Enfin, dis-moi ce que tu en penses si t'en a la force. J'aimerais bien t'aider.

Hang in there!

Loulou a dit…

C’est tellement bizarre tout ça, chez nous ils ne cessent de nous parler de l’importance du rôle du tuteur! On les rencontre, on les consoles, on trouve des solutions puisque l’aide fournie est insuffisante. D’une institution à l’autre, selon les besoins, les urgences les priorités… Faut dire que chez nous, ce qui motive les directions, c’est de freiner jusqu’à enrayer la fuite de nos élèves qui ne poursuivent pas leur formation sous le très pédagogique vocable Persévérance. Par ce que l’argent n’arrive plus de Québec lorsqu’ils abandonnent.

Les bonnes femmes! Si j'n'en étais pas une!