13 septembre 2014

Et maintenant, la Catalogne...


Les fédéralistes aiment bien dire que les souverainistes québécois sont des espèces d'idiots arriérés, des gens obsédés par une lointaine histoire qui n'a plus aucune importance, des racistes tribaux et xénophobes, des gens qui ne comprennent pas la modernité. Bref, des êtres anormaux. Des anachronismes nationalistes qui n'ont pas leur place au XXIe siècle.

Or, rien n'est plus faux. En réalité, nous avons été des pionniers. Notre époque voit d'autres peuples minoritaires se lever et réclamer leur liberté.

Il y a bien sûr l'Écosse qui va voter dans quelques jours.

Mais il y a aussi la Catalogne:

Dans une forêt de drapeaux rouge et or, des centaines de milliers de nationalistes ont manifesté jeudi à Barcelone pour réclamer le droit de se prononcer par un vote sur l’avenir de la Catalogne dans l’Espagne, à l’instar de l’Écosse.

Contrairement au gouvernement britannique, qui a autorisé le référendum écossais sur l’indépendance le 18 septembre, le gouvernement espagnol refuse tout référendum régional d’autodétermination. Invoquant la Constitution, il veut interdire celui que la Catalogne prépare pour le 9 novembre.

(...) À l’heure dite, les colonnes de manifestants portant des chandails rouges ou jaunes se sont alignées en longues files, sur deux grandes avenues de la seconde ville d’Espagne, pour former une immense oriflamme humaine aux couleurs du drapeau catalan et en forme de V, pour Voter.

«Nous avons réussi. Nous avons rempli les rues et le 9 novembre nous remplirons les urnes», s’est écriée Carme Forcadell, présidente de l’Association nationale catalane, la principale organisation indépendantiste qui organisait cette démonstration de force pour la «Diada», la «fête nationale» de la Catalogne.

Dans des roulements de tambour et au son grêle des «grallas», les hautbois catalans traditionnels, les manifestants étaient arrivés en groupes ou en famille, brandissant des drapeaux catalans ou indépendantistes — un triangle bleu frappé d’une étoile blanche.

Par endroits, ils formaient les pyramides humaines traditionnelles, les «castells», en montant sur les épaules les uns des autres, tandis que montait la clameur: «In, Inde, Independencia». Le slogan «Ara es l’hora» (l’heure est venue) était omniprésent.

(...) Cette Diada marque le 300e anniversaire de la prise de Barcelone en 1714 par les troupes du roi Philippe V, qui abolit les lois et les institutions catalanes. Symboliquement, le temps fort de la manifestation avait été fixé à 17h14.

Et si le mouvement souverainiste québécois n'était pas qu'un stupide mouvement de demeurés anachroniques, xénophobes et idiots? Et si l'histoire d'un peuple avait de l'importance, plutôt que d'être quelque chose dont il faut se débarrasser à tout prix? Et si la cause du Québec s'inscrivait dans celle de la liberté des peuples du monde?



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