6 septembre 2014

"Le côté humain avait été évacué"

Voici un article fort intéressant qui vient directement rejoindre mes convictions à propos de l'enseignement. Ce qui compte le plus, ce n'est pas la connaissance approfondie des programmes, ce n'est pas l'application fanatique des stratégies, ce n'est pas les manuels... tout ça a une influence, bien sûr, mais rien n'égale la relation que le prof prend le temps d'établir avec ses élèves. J'entends d'ici les bureaucrates, les pédagogues, les conseillers pédagogiques et les directions se vomir sur les pieds.

Quelques extraits:

En ces premiers jours de classe, des milliers de petits Québécois apprennent à partager leur quotidien avec un nouvel enseignant. Ce lien que le prof tentera de créer avec ses élèves aura une influence déterminante dans leur parcours scolaire. À un point tel que pour lutter contre le décrochage, la commission scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup a décidé de revenir à la base en misant sur la relation maître-élève. La recette porte fruit, le taux de décrochage est en baisse. Autopsie d'un projet unique au Québec.

«L'enseignement, ce n'est pas une science exacte. On travaille avant tout avec des humains. Au cours des dernières années, avec l'arrivée de la réforme, on a beaucoup été centré sur les nouveaux programmes, les grilles d'évaluation. On ne connaissait plus nos jeunes. Le côté humain avait été évacué. Maintenant, on revient à l'essentiel. Ce ne sont pas des formations sur le programme de maths dont on a besoin, ce sont des formations sur la façon de travailler avec nos jeunes.»

(...) Il y a quatre ans, la commission scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup a mis sur pied un plan d'action pour diminuer le décrochage. Au coeur de l'opération: la relation maître-élève, le premier facteur qui incite un jeune à rester sur les bancs d'école, selon la recherche en éducation.

«Avant de s'occuper du volet académique, il faut s'occuper du volet affectif. C'est le lien que le prof va tisser avec l'élève qui compte avant tout», affirme Monic Vézina, responsable de ce plan d'action à la commission scolaire.

(...) La recette semble porter fruit, puisque le taux de décrochage, qui était de 18% il y a quatre ans, a chuté à 9%, ce qui place la commission scolaire au troisième rang à l'échelle de la province. Au total, 361 000$ ont été investis dans ce projet.

(...) À l'école primaire Saint-François, à Rivière-du-Loup, des profs partagent quelque chose de précieux avec leurs élèves: du temps.

Chaque semaine, des enfants ont droit à un petit moment privilégié seul à seul avec leur enseignante. Ils en profitent pour jouer aux cartes, parler de la dernière chicane dans la cour d'école ou de ce qu'ils ont fait pendant la fin de semaine. L'objectif: mieux connaître l'enfant qui se cache derrière l'élève.

Évidemment, c'est beaucoup plus facile à faire quand on est une femme. Lorsque les hommes s'attardent à créer des liens avec des enfants, on les soupçonne immédiatement d'avoir des mauvaises intentions. Souvenez-vous des accusations malveillantes dont j'ai été l'objet, des soupçons répugnants qu'on a fait peser sur moi, des vociférations de mon ex-directrice et de mon ancienne commission scolaire qui m'accusait d'être trop amical avec mes élèves, de mes saleté d'ex-collègues qui m'accusaient d'être en manque d'amour et qui me disaient "ce ne sont pas tes enfants."

Encore une fois dans cet esti de métier, ce qui est considéré vertueux pour une femme est considéré déviant pour un homme.


Aucun commentaire: