23 septembre 2014

Le féminisme selon Emma Watson

Je ne suis pas du genre à m'exciter le poil des pattes quand les soi-disant "stars" s'expriment sur leurs sujets de prédilection. Surtout quand il s'agit d'acteurs! Principalement parce que je ne vois pas en quoi le fait de savoir réciter des lignes pré-apprises et de simuler différentes émotions devant une caméra confère quelque légitimité que ce soit aux opinions d'un individu.

Mais je vais faire une exception cette fois-ci parce qu'il s'agit d'une allocution à propos du féminisme et qu'elle a été faite devant les représentants des Nations Unies. Pas banal.

Mme Watson a donc livré un vibrant plaidoyer en faveur du féminisme, appelant même les hommes à rejoindre les rangs de ce mouvement. À la première écoute, ses propos peuvent sembler inoffensifs ou même vertueux, mais décortiquons un peu ses propos ici afin de voir ce qu'ils signifient réellement.



"We want to end gender inequality."

Ah! Si seulement c'était vrai! Si seulement il s'agissait là de ses réelles intentions! Malheureusement, comme on le voit clairement dans tout le reste du discours, les inégalités qui intéressent vraiment Mme Watson, ce sont celles dont sont victimes les filles et les femmes. Lorsqu'elle aborde les discriminations dont sont victime les hommes, elle leur fait porter le blâme de leur propre malheur. Cette perception est au coeur du dogme féministe: seules les femmes peuvent êtres des victimes des hommes. Le phénomène contraire n'existe pas. On n'en parle pas. Elle est là, la faillite de l'idéologie féministe.

"The more I have spoken about feminism, the more I have realised that fighting for women's rights has too often become synonymous with man hating."

C'est vrai, je suis le premier à l'affirmer. Malheureusement, Mme Watson, vous ne semblez pas avoir poussé votre réflexion un peu plus loin afin de déterminer quelle est la cause de cette adéquation.

Regardez un peu les déclarations de vos consoeurs féministes! Comme ces nombreuses féministes qui affirment que toute relation sexuelle avec pénétration constitue un VIOL! Comme ces 88 000 féministes qui aiment la campagne "Girls are smart, boys are stupid"! Comme cette fameuse féministe, Jessica Valenti, qui affirme que les femmes doivent être "plus égales" que les hommes! Comme par exemple Anita Sarkeesian qui ment pour tenter désespérément de démontrer non seulement que les jeux vidéo sont sexistes, mais qu'ils rendent les joueurs misogynes, rien de moins! Comme la première dame des États-Unis qui affirment que les femmes sont plus intelligentes que les hommes? Comme ces détraquées qui souhaitent soumettre la science elle-même à leur idéologie tordue avec des cours débiles comme la "biologie féministe"! Comme le Conseil du statut de la femme au Québec qui voudrait forcer l'élection de femmes en politique même si elles ne sont pas élues au suffrage populaire! Comme cette véritable paranoïa féministe qui s'est emparée de plusieurs campus nord-américains à propos de cette imaginaire "culture du viol" qui fait de tous les hommes de potentiels agresseurs! Traitez tous les hommes comme s'ils étaient venimeux! Comme ces féministes qui affirment que tous les étudiants qui sont l'objet d'allégations de viol devraient être expulsés sans même attendre le verdict d'innocence ou de culpabilité. Comme ces féministes déjantées qui affirment que tout ce qui est doté d'un pénis est "pro-viol". Comme ces féministes qui considèrent que seules les femmes peuvent être considérés comme étant des victimes innocentes dans une guerre! Comme ces féministes qui voudraient voir la Fête des pères devenir la "Fête de la Castration". Comme ces féministes hystériques qui hurlent comme des folles afin d'empêcher les gens de débattre et de s'exprimer librement! Comme cette chroniqueuse féministe qui affirme dans un quotidien à grand tirage que le monde serait bien meilleur si les hommes n'existaient pas! Comme cette féministe monstrueuse qui affirme qu'il ne faut pas allaiter les bébés garçons afin d'avantager les petites filles et qu'il faut les circoncire pour limiter leur plaisir sexuel! Comme la Femitheist génocidaire qui affirme que la paix sur Terre ne sera atteinte qu'en éliminant 90% de la population masculine! Comme ces féministes qui appellent au meurtre de tous les hommes!

Et après tout ça, Mme Watson, vous vous étonnez que des gens considèrent le féminisme comme l'expression d'une haine des hommes? Vraiment?

"Feminism, by definition, is the belief that men and women should have equal rights and opportunity."

Faux. Le féminisme est basé sur la théorie du patriarcat qui fait de tous les hommes des êtres au mieux privilégiés, au pire de dangereux prédateurs / exploiteurs / violeurs. Si le rôle de la victime n'est pas occupé par une femme et que celui de l'agresseur n'est pas occupé par un homme, le féminisme ne voit absolument pas de problème. Il niera même que le problème existe!

"When I was 8, I was confused at being called 'bossy' because I wanted to direct the plays that we would put on for our parents."

Évidemment, en bonne féministe, Mme Watson prend immédiatement pour acquis que, si elle a été qualifiée de "bossy", c'est parce qu'elle était une petite fille. La possibilité que son comportement ait véritablement été "bossy" et qu'elle méritait bien le qualificatif ne lui effleure même pas l'esprit. Pour une féministe, une petite fille ne peut être qu'une victime en tout temps et en tout lieu. Pourtant, il est tout à fait possible qu'elle ait vraiment été "bossy". Beaucoup d'enfants de 8 ans s'y prennent bien maladroitement pour tenter d'imposer leurs désirs aux autres enfants et c'est ce type de comportement que décrit le qualificatif "bossy". Les garçons peuvent être appelés "bossy" eux aussi, mais dans ces cas-là, bien sûr, ce n'est pas grave!

De plus, Mme Watson, lorsque je regarde le brillant succès qu'a connu votre carrière, je ne vois pas très bien en quoi ce mot ait pu vous causer un sérieux préjudice. Et même si vous l'avez trouvé vaguement déplaisant, je doute qu'il ait été la cause de souffrances psychologiques suffisamment graves qui valideraient sa mention devant les représentants des pays de la planète. Croyez-moi, Mme Watson, ces gens doivent faire face à des problèmes infiniment plus sérieux et périlleux que l'utilisation du mot "bossy". Si vous n'aviez pas eu une vie aussi privilégiée, vous le réaliseriez vous aussi.

"I decided that I was a feminist and this seems uncomplicated to me."

Exactement, Mme Watson. Le fait que vous ne perceviez pas toute la complexité que comporte la question de l'égalité entre les sexes démontre bien pourquoi vous êtes féministe. D'ailleurs, il s'agit d'une idéologie parfaite pour vous: simpliste, manichéenne et naïve.

"Women are choosing not to identify as feminists."

Elle dit ça avec le trémolo dans la voix, comme s'il s'agissait d'une ignominie innommable. Ça, c'est la pilule qui est impossible à avaler pour une féministe. Que ces salopards d'hommes ne soient pas féministes s'explique bien, mais que des FEMMES rejettent leur sacro-sainte idéologie? C'est incompréhensible. Elles doivent avoir mal compris. Elles doivent avoir été brainwashées par le patriarcat... il est tout simplement impensable que des femmes décident de tourner le dos à ce mouvement insipide qui diabolise les hommes, qui les blâme pour tous les maux de la terre et qui milite pour la supériorité féminine.

À votre défense, Mme Watson, j'ai été heureux de vous entendre nommer quelques-unes (pas assez) des situations discriminatoires dont sont victimes les hommes. Vous avez affirmé que l'importance d'un père est aussi grande que celle d'une mère et que le rôle des papas n'est pas valorisé dans notre société. Vous avez raison et je vous en remercie.

"I've seen young men suffering from mental illness, unable to ask for help, for fear it would make them less of a man. In fact, in the UK, suicide is the biggest killer of men."

Vous parlez des taux de suicide plus élevés et de l'hésitation masculine de demander de l'aide. Vous expliquez ces phénomènes en disant qu'il s'agit d'une perception tordue que les hommes ont à propos du succès. Mme Watson, seriez-vous en train de blâmer les victimes? Les femmes n'ont-elles pas une part de responsabilité dans cette situation? Après tout, la majorité des hommes ne sont-ils pas élevés par des femmes? Les femmes ne font-elles pas la promotion de cette "perception tordue" dans leur choix de partenaires? Dites-moi, Mme Watson, fréquentez-vous beaucoup de jeunes hommes qui n'ont ni voiture sport, ni fortune personnelle, ni notoriété et ni carrière prestigieuse? Vous sortez avec beaucoup de livreurs de pizza et de soudeurs? Peut-être devriez-vous vous regarder dans le miroir avant de venir faire la leçon au monde entier, Mme Watson.

Si vous souhaitez vraiment vous intéresser au sort des hommes, Mme Watson, je vous suggère fortement de retirer vos lunettes de féministe. Elles ne vous aideront pas à mieux comprendre ce qui se passe, bien au contraire.