10 septembre 2014

Le grand chantier de déconstruction des libéraux

Mathieu Bock-Côté:

Si le resserrement des finances publiques est une nécessité, et si chacun devra y contribuer, on commence à comprendre qu’il servira de grossier prétexte à ceux qui veulent en profiter pour saccager l’État québécois. Ils s’exaspèrent du fait qu’il ne s’agit pas d’une administration provinciale parmi d’autres, mais bien de l’expression politique d’une nation, le cadre politique par lequel s’exprime un peuple. Ils en ont assez de cet État qui ne se voit pas qu’à la manière d’une des dix administrations provinciales de la fédération canadienne. C’est un peu comme si notre différence nationale était de trop et qu’il était temps de normaliser la situation du Québec en ramenant à la baisse ses prétentions. Le Québec s’est pris trop longtemps pour un presque pays. Il est temps de le rapetisser à ses justes dimensions: une province canadienne qui doit cesser de s’imaginer, même de temps en temps, être un peu plus que cela.

(...) La question nationale se disloque, l’idéal du Québec français s’éclipse devant celui du Québec bilingue, la culture québécoise est appelée à se noyer dans le multiculturalisme canadien, et aujourd’hui, la prétention du Québec à avoir sa propre politique internationale est tournée en ridicule. Parler de sa propre voix dans le monde, avec un ministère dont c’est la mission et la vocation, un ministère qui incarne justement la prétention du Québec à ne pas être qu’une province mais d’abord une nation, cela coute apparemment trop cher. La déconstruction libérale est en fait une déconstruction nationale. C’est ce qu’on appelle la régression. Elle ne sera pas tranquille. Mais brutale.


2 commentaires:

Guillaume a dit…

Mathieu Bock-Côté, il a bien des défauts, mais j'aime souvent ses analyses. Il passe trop souvent comme un pestiféré parce qu'il se dit conservateur.

Prof Solitaire a dit…

Entièrement d'accord. Au Québec, dès que quelque chose reçoit l'étiquette "à droite", ça devient immédiatement diabolique.