8 septembre 2014

Première rencontre de parents

Je sors de ma première rencontre de parents dans ce nouveau milieu qui ne me connaît pas.

Je dois dire qu'en général, je crois que ça s'est bien passé. Les gens ont eu l'air d'apprécier ma philosophie, mon approche et mon franc-parler. Plusieurs souriaient et opinaient du chef en m'écoutant. J'ai eu droit à plusieurs bonnes poignées de mains à la fin. Un père m'a dit qu'il n'avait jamais vu son fils aussi motivé. Après seulement deux semaines, je dirais que c'est plutôt encourageant.

J'aime bien ces rencontres. Avec des enseignantes, je marche constamment sur des oeufs mais avec des parents, c'est beaucoup plus simple et relax. Je sens moins que chacune de mes paroles est susceptible de provoquer un ouragan parce que ce que mes propos rejoignent leurs préoccupations. Ils veulent des enfants motivés et heureux de venir à l'école et c'est ce que je veux aussi. Je peux abaisser ma garde un petit peu et être plus naturel. Je me sens beaucoup plus à l'aise.

Tout ça pour dire que sur le coup, j'étais plutôt fier et satisfait.

Toutefois, je suis soudainement rongé par le doute. C'est que, voyez-vous, j'avais oublié que la mère d'un de mes élèves est une enseignante à l'école. Comme je suis nouveau et que je ne connais pas tout le monde, je ne l'ai pas reconnue. Bref, maintenant que je le réalise, je repasse la réunion avec angoisse dans mon esprit à la recherche de paroles ou d'affirmations qui pourraient me sauter à la gueule.

Qu'est-ce que j'ai bien pu dire qui pourrait être interprété comme une attaque ou une critique? Mon fonctionnement n'est tellement pas traditionnel, j'ai dû l'offenser mille fois sans même m'en rendre compte...

J'ai utilisé un ton moqueur en disant que les enseignantes avaient mille affiches et tableaux de règlements sur leurs murs, mais je crois m'être racheté en ajoutant qu'avec des enfants plus jeunes, c'est nécessaire.

Je suis allé dire que les dictées étaient des pertes de temps à mon avis. Si j'avais été plus prudent, j'aurais été moins catégorique dans mon affirmation et j'aurais dit que je préfère mon système, sans nécessairement anéantir celui qui est employé par les autres. Ça a été un manque de tact majeur. Si ça se sait dans l'école, ça va être perçu comme une attaque en règle contre les méthodes de mes collègues et je vais encore une fois me retrouver dans la merde.

Avec un peu de chance, cette mère/enseignante est suffisamment ouverte d'esprit et ne s'offensera pas de mes propos.

Autrement, je suis foutu. Encore une fois. Et si mon passé est indicatif de l'avenir, ceci risque d'être le début d'une nouvelle douche de merde.

T'sais, si je finis habituellement par être détesté de mes collègues, c'est en partie à cause de leur rigidité, de leur intolérance aux opinions contraires et de leur incapacité à se remettre en question. Mais il me faut bien admettre que c'est aussi parce que je manque totalement de tact et que je dis naïvement ce que je pense sans filtrer mes propos. J'ai définitivement une part de responsabilité à cet égard.

Dans ce milieu de femmes enseignantes, je crois que je serai toujours comme un chien dans un jeu de quilles.



7 commentaires:

Guillaume a dit…

Je ne m'en ferais pas trop. On dit toujours des trucs à l'emporte-pièce, même si c'était resté dans sa mémoire, tu peux toujours lui expliquer après.

Prof Solitaire a dit…

Espérons-le... mais si je me fie à mes collègues passées, elles sont davantage adeptes des vendettas et des poignards que de la compréhension...

fylouz a dit…

Et si... Et si cette collègue se trouvait épatée par l'enthousiasme de son fils à ton enseignement ? Et si elle allait dire à ses collègues : "Ce gars n'est pas ce que vous pensez" ?

Prof Solitaire a dit…

Quoi? Que vois-je? Une tentative de me faire entrevoir autre chose que l'inévitable hécatombe destructrice qui viendra finalement à bout de mon équilibre mental? Comment oses-tu? ;-)

Blague à part... on peut toujours rêver. Mais ce que tu décris là relève presque de la SF à mes yeux et à la lumière de ce que j'ai vécu par le passé...

Anonyme a dit…

Et si elle avait cette même vision de l'enseignement ?

Je suis une femme. Je suis une enseignante. Et je pense pas mal comme toi.

Oui, il y a des folles en éducation... Comme dans n'importe quel milieu, de même que des fous.

Laisse leur l'occasion de te connaître ! ☺

Marâtre

Prof Solitaire a dit…

Oui, j'en ai connu des enseignantes comme toit dans ma carrière... mais trop peu. Vous me semblez être des perles bien rares...

Loulou a dit…

Don't be less than you are! Tu es là pour les bonnes raison.