22 décembre 2014

Aveuglement volontaire

L'exercice d'aveuglement volontaire auquel s'adonnent les médias et les politiciens, au nom de la tolérance et du multiculturalisme dogmatique, est exaspérant.

Le 20 octobre dernier, un fanatique religieux surnommé "Ahmad le converti" happe deux militaires canadiens avec sa voiture à Saint-Jean-sur-Richelieu, tuant l'un d'eux. Peu après, il est abattu par les policiers.

Les médias et les politiciens s'empressent d'affirmer que le problème n'est pas l'Islam, mais que le tueur est simplement un déséquilibré! Le ministre Gaétan Barrette va jusqu'à affirmer: «on est dans le domaine de la psychiatrie, plus que dans celui des guerres de religion (...) Je vous rappellerai ici qu'on est en face d'un citoyen québécois qui, manifestement, a des problèmes; on découvrira sûrement qu'il avait des problèmes particuliers.»

Pourtant, Barrette a-t-il déjà rencontré ce type? Non? Ah! Bon.

Deux jours plus tard, le 22 octobre, à Ottawa, un fanatique religieux converti à l'Islam, ouvre le feu sur un soldat canadien chargé de monter la garde devant un monument. Le tueur est abattu peu après.

Les médias et les politiciens s'empressent d'affirmer que le problème n'est pas l'Islam, mais que le tueur est simplement un déséquilibré! Le ministre fédéral de la Sécurité publique a suggéré qu'un cocktail de «problèmes de santé mentale, de toxicomanie et d'idéologie extrémiste» a mené à l'assassinat. La compagne du soldat tué joint sa voix à la chorale et affirme que les Canadiens devraient se concentrer sur «l'état lamentable de la santé mentale au pays» et la nécessité d'implanter des programmes de traitement qui répondent à la «vraie» cause de la tragédie.

Pourtant, le ministre et cette dame ont-ils déjà rencontré ce type? Non? Ah! Bon.

Le 16 décembre, à Sydney, en Australie, un fanatique religieux islamiste prend en otage les clients et les employés d'un café pendant des heures. Il a obligé ses otages à tenir plaqué contre une fenêtre de l'établissement un drapeau noir sur lequel figurait la "shahada", ou profession de foi musulmane: "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète". La police est forcée de prendre le café d'assaut. Bilan final: 3 morts et 4 blessés.

Les médias et les politiciens s'empressent d'affirmer que le problème n'est pas l'Islam, mais que le tueur est simplement un déséquilibré! Le Premier ministre Tony Abbott a affirmé que le responsable de l'attaque souffrait «d'instabilité mentale». Le spécialiste du terrorisme islamique, Mathieu Guidère va jusqu'à conjecturer que l’auteur de l’attentat avait beaucoup de chances d’être un Australien d’extrême droite «instrumentalisant l’islam pour stigmatiser la communauté (islamique)»! Oui, oui, le type aurait fait ça pour nuire à la communauté musulmane!

Pourtant, le Premier ministre Abbott et M. Guidère ont-ils déjà rencontré ce type? Non? Ah! Bon. 

Le 22 décembre, à Dijon, un fanatique religieux happe 11 personnes avec sa voiture en hurlant «Allahou Akbar», ce qui signifie «Dieu est le plus grand» en arabe. La veille, c’est au même cri d’«Allahou Akbar» qu’un jeune d’une vingtaine d’années a attaqué au couteau des policiers du commissariat de Joué-lès-Tours, blessant trois d’entre eux avant d’être abattu par la police.

Les médias et les politiciens s'empressent d'affirmer que le problème n'est pas l'Islam, mais que les agresseurs sont simplement des déséquilibrés! Cet article de l'AFP à propos de l'attaque de Dijon débute ainsi: «Un automobiliste, probablement déséquilibré...» L'article ajoute encore: «L’homme, né en 1974, présente le profil d’un déséquilibré et serait suivi en hôpital psychiatrique», a cependant déclaré à l’AFP une source policière, estimant que, «pour l’heure, ses revendications semblent encore floues». Floues? Floues? 

Le ministre de l’Intérieur a estimé que l’agresseur de Joué-lès-Tours, qui avait choisi le prénom de Bilâl depuis sa conversion, semblait «à la fois très mystérieux et très déstabilisé, peut-être aussi par des circonstances familiales»

Pourtant, le ministre et les journalistes de l'AFP ont-ils déjà rencontré ce type? Non? Ah! Bon.

Aujourd'hui, il y a quelques heures seulement, une camionnette fonce dans une foule à Nantes, dans un marché de Noël. Le conducteur s'écrit: «Allahu Akbar» avant de tenter de se suicider avec un couteau.

Les médias et les politiciens s'empressent d'affirmer que le problème n'est pas l'Islam, mais que le tueur est simplement un déséquilibré! Moins de 15 minutes après l'événement, la chaîne d'informations BFMTV décrit déjà le conducteur de la camionnette comme étant un «déséquilibré». Lors d’un point de presse sur place, le procureur de la République, Brigitte Lamy, a évoqué un «cas isolé», assurant qu'«on ne peut parler d’acte de terrorisme».

Pourtant, le procureur et les journalistes de BFMTV ont-ils déjà rencontré ce type? Non? Ah! Bon. 

Vous voyez le pattern?

Vous ne trouvez pas ça étonnant de voir tous ces "déséquilibrés" épouser la cause de l'Islam? Pourquoi choisissent-ils TOUS celle-là plus qu'une autre? Vous croyez vraiment que c'est une coïncidence?

Et on veut nous faire croire que la religion musulmane ne joue absolument AUCUN rôle là-dedans! Mais non, voyons! Ça n'a RIEN à voir! C'est strictement une question de santé mentale! Mais qu'est-ce que vous allez donc imaginer?

Et les islamistes pakistanais qui ont pénétré dans une école d'enfants de militaires, tuant 141 personnes dont 132 écoliers, ce sont des déséquilibrés eux aussi? Le problème, ce n'est pas le fanatisme religieux, mais simplement l'absence de soins psychiatriques, c'est bien ça?

Dites donc ça aux 185 personnes qui viennent d'être enlevées et aux 32 autres tuées par Boko Haram dans l'attaque d'un village du Nigeria! Ou encore aux 20 personnes qui ont été tuées et aux 60 autres blessées par une explosion survenue quelques jours plus tard dans une gare d'autobus de Gombe!

Ce n'est pas de leur faute, les pauvres, ce sont simplement des déséquilibrés qui ont besoin de soins psychiatriques!

La religion n'a strictement rien à voir là-dedans! Rien du tout! Et souvenez-vous que quiconque ose affirmer le contraire est un raciste islamophobe et un xénophobe!



8 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

Le délire se poursuit:

Un individu radicalisé arrêté et comparaît à Montréal

http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/affaires-criminelles/201412/22/01-4830284-un-individu-radicalise-arrete-et-comparait-a-montreal.php

Un individu radicalisé ?

http://www.journaldemontreal.com/2014/12/22/un-individu-radicalise

fylouz a dit…

En ce qui concerne l'affaire de Nantes, seule une femme a prétendu avoir entendu le conducteur prononcer ces mots et les messages qu'il a laissé ("Marre de la société") semblent plutôt indiquer la frustration que le fanatisme religieux.

Sinon, la réaction des autorités et des médias me semble plutôt relever de la volonté d'éteindre un foyer d'incendie que d'un respect quelconque pour les religions en général ou l'Islam en particulier. Les musulmans (en France en tout cas) se sentent stigmatisés par les politiques (le "pain au chocolat" de J-F COPE, mise en garde de Rachida DATI contre la tentation de Nicolas SARKOZY de faire "une campagne fondée sur les cantines halal et la burqa") autant que par la presse (qui ne parle des banlieues que pour ses histoires de trafics, de tournantes, caillassage, feux de poubelles ou d'autos, etc.). Il s'agit également de ne pas pousser encore plus de français à rejoindre le djihad (on parle aujourd'hui de plus de 2000) en Irak et en Syrie. Bien sûr que toutes ces personnes n'ont pas rencontré les auteurs des attentats (j'espère !) mais certaines d'entre elles (ministres et autres représentants du gouvernement) ont sans doute eu accès à des analyses des personnalités des auteurs d'attentats dans de précédentes affaires (dans le temps, les profileurs pointaient le fait que la plupart des tueurs en série aux USA étaient des hommes blancs roulant en Cox).

Que de nombreux déséquilibrés rejoignent l'Islam et s'identifient à la lutte armée n'est pas étonnant. C'est dans l'air du temps. C'est triste à dire, mais c'est le combat à la mode. On parle de gens convertis à la va-vite, qui ne connaissent de l'Islam que ce qu'ils ont glané sur Internet (en général le courant salafiste, c'est à dire le plus radical).

Extraits d'un article de l'Express : "Le djihadisme est la forme actuelle d'un espace de radicalisation. Dans les années 1970, ils se seraient tournés vers le maoïsme ou des groupuscules d'extrême gauche. Aujourd'hui, pour faire la révolution, ils ont le choix entre Tarnac et Daech", explique Olivier Roy.

"Le salafisme offre un répertoire où ils peuvent puiser ce qu'ils veulent: un effet de groupe, des 'frères', la réalisation de soi..."

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/pourquoi-y-a-t-il-tant-de-convertis-parmi-les-djihadistes-francais-de-l-etat-islamique_1624282.html

Je ne serai pas étonné d'apprendre, par ailleurs, que bon nombre de ces individus sont passés par d'autres religions et ont été déçus par ce qu'ils auront perçus comme un manque de combativité. Je ne serais pas surpris d'apprendre, demain, qu'on a retrouvé des déçus de Civitas ou de la "Manif pour tous" du côté de Daesh.

Les radicaux catholiques, protestants ou autres sont encore, pour le moment, "sous contrôle, sous nos latitudes. Ce qui leur manque, c'est un leader intelligent et charismatique. En attendant, il y a toujours la possibilité d'aller se faire tuer (et tuer) au nom de la dernière cause à la mode.

Prof Solitaire a dit…

OK. Voyons voir si je te suis...

Selon toi, cette approche des médias et des politiciens a pour objectif d'éteindre un foyer d'incendie. Je peux comprendre cela venant de politiciens, mais cela n'est pas, me semble-t-il, le rôle des médias.

Selon toi, ces types sont d'abord et avant tout des déséquilibrés qui ont choisi l'islamisme parce que c'est dans l'air du temps. En d'autres termes, l'Islam n'aurait pas joué de rôle significatif dans leurs actions violentes.

J'ai beaucoup de mal à voir sur quoi tu te bases pour l'affirmer. Je ne dis pas que tu te trompes, je dis simplement que, comme les médias, tu sembles avoir ta conclusion choisie d'avance.

Je veux bien croire que certains politiciens puissent avoir en main des détails précis sur ces individus à cause de dossiers de la police, mais ce n'est pas le cas des médias ni des quidams comme toi et moi.

Je n'aime pas cet empressement de disculper la religion à tout prix, de l'extirper complètement de l'équation. Fuck les faits, fuck les exclamations religieuses, fuck le drapeau de shahada dans la vitrine, tout ça ne veut strictement rien dire, c'est juste une question de santé mentale.

Ça me semble grossièrement malhonnête.

Prof Solitaire a dit…

D'ailleurs, Bock-Côté met le doigt dessus en imaginant un scénario inversé:

"Imaginons un seul instant si demain matin, un homme décidait de s’en prendre à des musulmans et qu’on découvrait dans sa besace un livre d’un écrivain plus ou moins connu pour sa critique de l’Islam. La gauche médiatique aurait-elle résisté à la tentation de l’amalgame, ou aurait-elle accusé cet écrivain de pousser ses lecteurs au crime? Imaginons encore si l’apprenti-terroriste avait trainé dans son portefeuille une carte d’un parti de droite et s’était fait connaître en multipliant les déclarations incendiaires sur les médias sociaux contre l’immigration? Ce parti ne serait-il pas accusé de tenir un discours haineux encourageant la dérive meurtrière de ses militants?
On comprend dès lors qu’un attentat terroriste sera réduit ou non au crime d’un détraqué mental selon qu’il permet ou non de faire le procès de l’Occident. S’il est commis par un homme associé à tort ou à raison à ce qu’on s’imagine être les catégories dominantes en Occident, on y verra un crime haineux révélateur de l’intolérance globale à l’endroit des minorités. S’il est commis par un homme associé à tort ou à raison à une minorité ethnique ou religieuse, on le réduira plus souvent qu’autrement à l’œuvre d’un détraqué sans grande signification sociale. Rien de plus qu’un fait divers sanglant."

http://www.journaldemontreal.com/2014/12/23/pas-damalgame---sur-lagression-de-la-france-et-ceux-qui-la-nient

fylouz a dit…

Je ne dis pas qu'il faut évacuer la dimension religieuse (ici, l'Islam) mais qu'en d'autres temps, ça aurait pu être le catholicisme, le maoïsme, le nazisme ou une secte quelconque. Il y a toujours des esprits faibles qui sont fascinés par les discours enflammés et les imageries flamboyantes. C'est ça qui nous conduit à la Saint-Barthélémy, aux bûchers, à l'inquisition, aux pogroms, aux camps de la mort, à la révolution culturelle, à l'assassinat de Jaurès, de Gandhi ou de Luther King, aux Khmers rouges, et maintenant à Daech.

Demain, ce sera peut-être Raël ou le Tea Party, qui sait ? On vit dans un monde remplis de zozos et de frustrés qui sont comme des mèches qui ne demandent qu'à s'allumer.

Quand aux médias, il y a ceux qui se contentent de reprendre les déclarations des autorités, ceux qui estiment que leur responsabilité est d'empêcher une possible guerre de religion, et ceux qui prennent sciemment le parti de l'opinion générale parce que c'est plus simple. Maintenant, rassure toi, je suis certain qu'il y en a eu et qu'il y en aura à jeter quelques bidons d'essence sur le foyer (Eric Zemmour, en France, n'a pas encore ouvert sa gueule sur le sujet mais il a d'autres problèmes).

L'analyse de Bock-Côté est tout à fait juste. D'ailleurs, c'est déjà arrivé. Par exemple, l'incendie du Reichstag (soit-disant) par un militant communiste ou la "découverte" d'une VHS du film "Natural Born Killers" dans le squatt de Florence Rey et Audry Maupin en 1994. Le Front National a également été mis en cause à plusieurs reprises suites à des incidents xénophobes et/ou racistes.

Pourquoi pas dans le cas d'une religion ? Parce que c'est un sujet sensible. Tu auras beau avoir mille et mille fois raison de dénoncer ce "deux poids, deux mesures", on évitera encore longtemps (toujours ?) de s'en prendre à elle, d'autant que les religions ont tendance à se serrer les coudes : "les ennemis de mes ennemis sont mes ennemis et inversement mes ennemis deviennent mes amis". J'ai été fort surpris, il y a de cela bien des années, d'apprendre que l'église catholique soutenait la scientologie lorsque celle-ci était attaquée au nom de la liberté de religion. C'est pas qu'ils s'aiment, mais si on s'en prend à l'un, tôt ou tard on s'en prendra à l'autre. Les politiciens veulent être réélus et évitent les sujets qui fâchent sauf quand ils considèrent que les frustrés représentent une excellente base électorale (Sarkozy, Le Pen) et les journalistes tiennent à leurs postes. On a vu en France des journalistes se faire virer pour des motifs totalement débiles, alors... Chat échaudé craint l'eau froide.

Prof Solitaire a dit…

Tu avances plein de très bons points très valides.

Oui, à une autre époque, ça aurait été une autre cause que celle-là.

Oui, je crois que tu décris probablement plutôt bien les motivations des politiciens et des médias.

Oui, tu as raison de dire que la religion est considérée un sujet "sensible". Mais c'est justement ce que je dénonce.

Tu décris très bien, je crois, la réalité. Mais c'est cette réalité qui me fait chier...

fylouz a dit…

Désolé, c'est mon côté cynique (ou réaliste, comme on veut). En fait, je suis une sorte de misanthrope qui méprise la race humaine.

Prof Solitaire a dit…

À ce rythme, je devrais te rejoindre sous peu...