11 mars 2015

Conversation avec une collègue

Ceci est la fidèle transcription d'une conversation que j'ai eue ce matin avec une collègue. Je l'apprécie beaucoup, en passant, et mon objectif en reproduisant notre conversation ici n'est pas de la diaboliser, mais plutôt de montrer à quoi ressemble le petit sexisme quotidien.

Moi: Tu devrais te lancer en politique.

Elle: Ha! Il ne faudrait pas, je brasserais trop de choses.

Moi: Comme quoi?

Elle: Par exemple, j'exigerais que tous les hommes soient derrière leur femme.

Moi: Derrière leur femme?

Elle: Absolument, les femmes décident tout à l'intérieur du foyer de toute façon.

Moi: Heu, je regrette, mais non.

Elle: Qui prend les décisions chez vous? Qui planifie la semaine?

Moi: Ça dépend pour quoi, il y a un partage équitable des tâches.

Elle: Qui planifie le budget?

Moi: C'est ma femme qui s'occupe des finances, mais je m'occupe d'autres choses. Par exemple, ma femme n'a pas touché à un aspirateur depuis une quinzaine d'années. C'est moi qui époussette et je participe à toutes les corvées de nettoyage, quand je ne me les tape pas tout seul. Le soir, c'est moi qui m'occupe des devoirs, qui donne le bain au plus jeune, qui lit les histoires avant dodo, qui brosse les dents du plus vieux, etc. Je passe beaucoup de temps avec mes enfants. Je joue avec eux, je leur apprends plein de choses, je réponds à leurs questions, je soigne les bobos. Je suis aussi impliqué dans l'éducation de mes enfants que ma femme, parfois même davantage.

Elle: Ok, mais toi tu es une exception. C'est probablement parce que tu passes tes journées à travailler avec des femmes.

On touche ici à la base de la pensée féministe: les hommes sont des cons et les femmes sont si merveilleuses que par le seul fait de travailler avec elles, je suis moins con.

C'est là que je me suis contenté de sourire et de changer le sujet. Parce que ma réponse honnête ne lui aurait pas plu.

Ma réponse honnête aurait été: Pas du tout. Je suis impliqué parce que ma femme n'est pas une control-freak tyrannique et chiâleuse qui se croit parfaite, qui n'est jamais satisfaite et qui critique inlassablement tout ce que je fais. Je suis impliqué parce qu'elle est respectueuse, elle ne me ridiculise pas et ne m'infantilise pas. Je suis impliqué parce qu'elle apprécie que je le sois.

J'ai préféré me la fermer parce qu'il y a des vérités comme ça qu'il est préférable de taire si on souhaite des relations harmonieuses dans un milieu de travail féminin...



3 commentaires:

PJ a dit…

Dans Le Devoir aujourd'hui.

Prof Solitaire a dit…

Wow, génial, merci!

Pierre Vachon a dit…

Excellent article, effectivement bien des femmes se croient parfaite , mais sont plutôt des narcissiques qui se surestiment grandement.