6 mars 2015

La violence conjugale, c'est aussi ça...

N'en déplaise aux féministes, les victimes de violence conjugale ne sont pas toutes des femmes et les agresseurs ne sont pas tous des hommes.

Extrait de l'entrevue:

Maxime Gaget incarne l’autre visage de la violence conjugale. Pendant plus d’un an, cet homme a subi les coups de sa compagne. Réduit à l’esclavage, il s’en est sorti grâce à ses proches mais aussi à l’écriture. Dans "Ma compagne, mon bourreau", il revient sur son cauchemar et tente de briser un tabou.

(...) Maxime Gaget: "L’écriture de ce livre m’a aidé à mettre des mots sur ce que j’avais vécu mais également à prendre conscience du tabou qui entoure ce sujet. Avant la sortie de mon livre, il n’y avait pas de témoignage complet d’hommes ayant été battus par leur conjointe. Il y a un véritable tabou.

Planet: Pourquoi selon vous ?

Maxime Gaget: Il y a, je pense, une grande part de honte chez ces hommes. Ce n’est pas facile pour un homme d’admettre qu’il a été battu par une femme, aussi musclée soit-elle. Dans ces cas-là, la fierté et la virilité prennent une sacrée dérouillée… Mais surtout, c’est l’image d’épinal que beaucoup de gens ont et selon laquelle l’homme est fort quoiqu’il arrive qui facilite l’existence de tabou. Ce qui est assez fou car cette image n’est plus du tout d’actualité.

Planet: Vous écrivez avoir été réduit à l’état d’esclave. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Maxime Gaget : Cette femme avait une emprise psychologique très forte sur moi. C’est d’ailleurs un point commun à tous les victimes de violences conjugales, hommes ou femmes. Comme avec les sectes, tout le monde peut se retrouver englué dans ce genre de situation, peu importe son caractère.

Mon bourreau était une perverse narcissique. Elle a réussi à ‘s’emparer’ de moi en suivant 5 étapes. D’abord, il y a eu ‘l’acquisition par séduction’. Elle m’a séduit, ou piégé, en veillant bien à dissimuler sa deuxième, voire sa troisième personnalité. Ensuite, elle est entrée dans la phase ‘d’acquisition de mes biens’. Elle s’est attachée à mettre la main sur mes moyens de paiement, mes papiers d’identité et à faire un nettoyage de ma vie sociale. Puis, elle a exploité toutes les pièces qu’elles m’avaient subtilisées. Dans cette phase, elle a aussi commencé à m’attaquer verbalement et physiquement. Quand toutes ces ressources ont été utilisées, elle s’est intéressée à mes ‘autres ressources’ et m’a réduit en esclavage. C’était une étape très dangereuse car la violence y a atteint son paroxysme. Enfin, il y a eu la dernière phase : la fin, la mort, que j’ai frôlée à plusieurs reprises.

Planet : Comment vous en êtes-vous sorti ?

Maxime Gaget : Grâce à un miracle. Personne dans notre entourage ne pouvait imaginer ce qu’elle me faisait subir. Elle avait mis comme une chape de plomb autour de notre appartement. Nos proches ont parfois soupçonné que quelque chose n’allait pas mais ils étaient à mille lieux de la vérité. Le frère de ma compagne vivait sur le même palier et il a fini par tout découvrir. Il a été alerté par le comportement de ses enfants qui vivaient avec nous et qui, après plusieurs mois, sont devenus violents. Ils s’étaient adaptés à leur univers, c’est un concept psychologique bien connu. C’est grâce à eux qu’il a compris que quelque chose n’allait pas. Dès lors, il a alerté mes proches. C’était un dimanche et le lendemain, le lundi 2 mars 2009, ils sont venus me secourir, accompagnés des gendarmes. Le soir-même j’étais hospitalisé.

Planet : Dans quel état étiez-vous ?

Maxime Gaget : Dans un très mauvais état… J’avais perdu près de 30 kg, mes cheveux et ma barbe étaient partiellement brûlés, j’avais 8 phalanges cassées aux mains, je portais encore des fils de suture qui auraient dû être retirés deux mois plus tôt, j’avais un œil tellement poché qu’il m’a fallu des dizaines de jours avant de pouvoir l’entrouvrir, j’étais déshydraté, j’avais des carences…

Planet : Vous pouviez parfois sortir, pourquoi ne vous êtes-vous pas enfui ?

Maxime Gaget : J’avais peur ! Mon bourreau m’avait insufflé un sentiment de peur panique. Je vivais dans une psychose permanente : elle affirmait avoir des contacts à la police et connaitre des gens prêts à espionner mes moindres faits et gestes quand je sortais. Elle me menaçait aussi d’aller raconter à la police que ses enfants étaient victimes d’attouchements sexuels de ma part. C’était complètement faux mais elle me tenait comme ça.

On voit encore la plus grande vulnérabilité des hommes refaire surface dans cette histoire sordide. Malgré toutes les agressions violentes que subissait cet homme, il savait que si sa conjointe l'accusait d'abuser de ses enfants, sa réputation serait automatiquement anéantie et le système de justice serait irrémédiablement biaisé contre lui.

Parce que tous les hommes sont des pédophiles, n'est-ce pas?



3 commentaires:

fylouz a dit…

https://www.youtube.com/watch?v=ivPxDm6LXyI

Prof Solitaire a dit…

Wow... est-ce que ceci est considéré humoristique ou dramatique en France? Parce que moi je suis horrifié...

fylouz a dit…

Ma foi, honnêtement je l'ignore. Tu noteras toutefois que cette version est nettement plus lente et dramatique que celle sur son album.