15 mars 2015

PKP et la parité obligatoire

Wow, bravo à PKP qui a refusé d'endosser une proposition sexiste, discriminatoire et anti-démocratique!

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, la "parité hommes-femmes obligatoire" est une idée féministe débile qui forcerait les partis politiques à présenter un nombre égal d'hommes et de femmes aux élections. C'est une idée pourrie pour plusieurs raisons.

Premièrement, cela ferait en sorte que les députés ne seraient plus choisis uniquement pour leurs aptitudes, mais plutôt pour remplir des quotas. Et comme un moins grand nombre de femmes que d'hommes choisissent de se lancer en politique, plusieurs hommes qualifiés se verraient empêchés de se présenter à cause de ce quota discriminatoire qui forcerait les partis à choisir la première venue simplement parce qu'elle est née avec un vagin.

Deuxièmement, cette mesure délirante postule que les femmes sont présentement empêchées de se lancer en politique pour toutes sortes de raisons fumeuses (plafond de verre, misogynie, patriarcat, etc.) alors que c'est tout le contraire, elles sont généralement accueillies à bras ouverts par des partis qui sont désespérés de démontrer à l'électorat qu'ils ne sont pas machistes.

Troisièmement, c'est une proposition qui est extrêmement insultante pour les femmes car au fond, ce qu'elle affirme, c'est que ces dernières auraient besoin de quotas pour faire aussi bien que les hommes. Cela serait également dévastateur pour l'image des femmes en politique qui seraient alors perçues comme des gens qui ne sont pas là pour leurs qualités personnelles ou leurs aptitudes, mais plutôt parce que les partis doivent se soumettre à des quotas et à des exigences de parité.

Quatrièmement, cette mesure ferait en sorte de substituer le désir des féministes à la volonté populaire. Or, c'est le peuple qui devrait choisir ses représentants et toute mesure qui vise à substituer le désir d'un groupe de pression à la volonté populaire est anti-démocratique.

Cinquièmement, dans la même logique, pourquoi s'arrêter là? Exigeons que les députés de l'Assemblée nationale représentent bien exactement la population! Imposons des quotas pour obtenir un certain pourcentage d'handicapés, d'homosexuels, de gens issus de l'immigration, d'anglophones, de juifs ou de musulmans! Laissons les groupes de pression nous dire qui peut se présenter aux élections ou pas et faisons passer toutes les considérations superficielles de sexe, d'apparence ou d'appartenance à une quelconque minorité AVANT les qualifications de ces personnes!

La parité obligatoire est un délire et il est facile pour chacun de s'en apercevoir en prenant l'exemple des écoles primaires. Comme vous le savez, les hommes n'y sont qu'une infime minorité et d'aucun, sauf les pires misandres, affirmerait que nos école ne bénéficieraient pas d'une plus grande présence masculine. Faut-il pour autant proclamer la parité obligatoire? Faut-il sélectionner des candidats masculins moins motivés, moins qualifiés et moins performants et les faire passer devant les jeunes femmes qui appliquent au nom de la parité? Qui viendrait affirmer qu'une idée aussi saugrenue constituerait une bonne solution? Chacun voit bien que c'est complètement ridicule!

Interrogé à ce sujet devant un parterre plutôt favorable à cette idée, PKP aurait facilement pu courber l'échine et se montrer vaguement favorable à l'idée, ce qui lui aurait valu le support de la foule et des journalistes qui couvraient l'événement. En bon politicien, il aurait pu ensuite faire fi de ses paroles et faire ce qu'il veut. Mais non! Il leur a carrément dit qu'il n'était pas d'accord!

Extrait de la nouvelle:

Pierre Karl Péladeau est contre la parité hommes-femmes obligatoire, tant sur les conseils d’administration qu’à l’Assemblée nationale, une position qui vient à l’encontre de celle de son collègue Alexandre Cloutier.

«Je ne suis pas convaincu que ça soit la meilleure formule», a-t-il dit devant quelque 300 jeunes professionnels dans le cadre des Rencontres Maîtres chez vous de Force Jeunesse.

Il croit qu’en stimulant davantage l’apprentissage de l’économie chez les jeunes dès l’école secondaire, tant les filles que les garçons pourront développer leur fibre entrepreneuriale.

«Je pense que c’est important de mettre en place des mesures pour inciter les élèves à s’engager dans une connaissance économique et éventuellement de tenter de faire disparaître l’idée que les femmes ne sont pas faites pour les affaires.»

Je suis vraiment emballé de sa réponse. Il rejette catégoriquement cette mesure discriminatoire et propose plutôt comme solution L'ÉDUCATION économique "tant pour les filles que les garçons". C'est ÇA l'égalité, c'est ÇA l'équité. Bravo M. Péladeau, vous venez de démontrer votre dégoût pour la discrimination, votre respect de l'égalité, votre refus de mentir ou de tergiverser de façon malhonnête pour obtenir des appuis et votre force de caractère. Je suis très, très impressionné.

Évidemment, plusieurs personnes qui assistaient à l'événement, dont Catherine Lévesque, l'auteure féministe de cet article, n'ont pas apprécié sa réponse franche. Regardez ce qu'elle écrit ensuite:

Le candidat à la direction du Parti québécois reconnaît toutefois qu’il existe encore des fossés entre les hommes et les femmes. «Alors faisons en sorte qu’on puisse les diminuer, les amenuiser, les faire disparaître, ces fossés», a-t-il ajouté.

Vous voyez ça? Il reconnaît "TOUTEFOIS" qu'il existe des "FOSSÉS". Comme si le fait de rejeter la parité obligatoire constitue un déni tacite des inégalités hommes-femmes. Ce n'est pas du tout ce qu'il a dit! Il a simplement dit qu'il ne croyait pas que cette mesure était la bonne solution! Mais c'est toujours pareil avec les féministes, lorsque tu remets en question leurs élucubrations, cela fait automatiquement de toi un sale misogyne qui déteste les femmes. À chaque câlisse de fois.

La journaliste poursuit donc son article en démolissant PKP et en affirmant, entre autres, qu'il "a laissé plusieurs questions en suspens", qu'il "a prononcé un discours décousu", que plusieurs personnes dans l'assistance "s’en sont pris à la crédibilité du député ou ont déploré ses questions floues" et elle termine avec ceci:

Même son de cloche du côté de la journaliste Emmanuelle Latraverse, invitée au panel de clôture, a affirmé que PKP était passé maître dans l’art de répondre à côté.

Et vous savez c'est quoi le pire? Tout ceci est peut-être bien vrai. Je sais que PKP peut être décousu, improvisateur et qu'il manque parfois de clarté. PKP est loin d'être parfait, je ne me suis d'ailleurs pas gêné pour le planter dans ce billet.

Le problème, c'est que dans le SEUL exemple qu'évoque cette journaliste, PKP a été d'une clarté désarmante et d'un courage exemplaire! Mais voilà, cette position lui a déplu et Madame s'engage ensuite dans un assassinat en règle. Ce n'est pas du journalisme, ça. C'est de l'éditorial déguisé en nouvelles!

Moi, je lis les faits relatés dans cet article et PKP fait un bond vertigineux dans mon estime.

Et Cloutier est en faveur de la parité obligatoire? Alors il vient de perdre définitivement mon vote et va rejoindre Céré dans la corbeille.



5 commentaires:

PJ a dit…

Je ne suis pas pour une telle mesure, mais si tu penses que les élus sont choisis pour leurs aptitudes, et non pour l'appartenance à un parti dans le trois quarts des cas, j'ai un pont à te vendre. De même pour les candidats, quand c'est pas des bouche-trous, l'aptitude principale c'est la capacité à aller chercher du cash pour le parti.

Sébastien a dit…

Je ne connais pas l'auteure et je ne suis pas en mesure d'évaluer ses motivations, mais je crois exagéré de ta part d'interpréter ainsi le
"toutefois". Le mot me parait adéquat dans la phrase pour faire le lien avec la citation qui suit.

Lorsque tu dis :
"Mais c'est toujours pareil avec les féministes, lorsque tu remets en question leurs élucubrations, cela fait automatiquement de toi un sale misogyne qui déteste les femmes. À chaque câlisse de fois."

Je crois que c'est toi qui a tendance à mettre toutes les féministes dans le même bateau, sans donner de substance à ton affirmations.

Ceci, je suis d'accord avec tes arguments à propos de la parité obligatoire.

Prof Solitaire a dit…

Merci pour vos commentaires, messieurs.

@PJ: Tu as raison, bien que pour ce qui est de l'argent, c'est clairement plus vrai pour le PLQ que pour les autres. Désolé pour ton pont! ;-)

@Séb: Le mot "toutefois", lorsqu'il est correctement utilisé, marque une certaine opposition entre un premier énoncé et celui qui suit. Le second énoncé est en opposition ou du moins, il ne va pas dans le sens attendu. "C'est un homme froid qui est toutefois capables de gestes généreux."

Son utilisation ici démontre donc fort probablement, à mon humble avis, que la journaliste considère qu'il y a une opposition entre le fait de s'opposer à la parité obligatoire et le fait de reconnaître que des disparités entre les femmes et les hommes existent. Comme si une opposition à la parité devrait nécessairement mener à un déni des disparités. Tu vois d'où vient mon interprétation?

Pour ce qui est de mettre les féministes dans le même panier, tu as raison de me tenir à l'oeil parce que mon antipathie pour cette idéologie pourrait bien m'amener à dire des énormités. Toutefois (oui, je fais exprès), je ne crois pas que ce soit le cas ici.

Il me semble légitime de mettre toutes les féministes dans le même bateau dans certains cas. Le fait que des gens adhèrent à une idéologie signifie qu'ils partagent plusieurs opinions communes. On n'aurait pas tort, par exemple, d'affirmer que les marxistes voient la société comme une guerre des classes. Je ne crois pas que ce soit une généralisation erronée que de l'affirmer.

De fait, je ne crois pas que mon affirmation à propos des féministes soit erronée. Je crois qu'elles ont le réflexe d'apposer l'étiquette de misogyne aux gens qui remettent en question leur idéologie. C'est vrai de plusieurs autres idéologies, d'ailleurs. J'ai souvent entendu des souverainistes et des fédéralistes se traiter mutuellement de "traîtres" et il n'est pas rare de voir les gens qui critiquent l'Islam se faire taxer "d'islamophobes". Ce n'est donc pas une phénomène unique au féminisme.

Quelle substance aimerais-tu que j'apporte à cette affirmation pour la rendre valide à tes yeux?

Sébastien a dit…

Bien que je sois d'accord avec PKP sur ce point, je crois que j'aurais pu écrire la phrase avec le toutefois. L'auteure aurait pu par exemple simplement vouloir souligner aux lecteurs que bien qu'il soit contre la parité obligatoire, ce n'est pas par misogynie, ce que quelqu'un de mal intentionné aurait pu croire et qu'à cet effet il blah blah blah...

Où je crois que ton propos manque de substance, c'est que je ne connais pas du tout l'auteure et que sur la base de ce texte seulement, je ne crois pas qu'on puisse amalgamer ses propos à la pensée féministe extrême.

Je crois d'ailleurs que certaines personnes qui se disent féministes sont suffisamment raisonnables pour ne pas tomber nécessairement et consciemment dans la misandrie.

Prof Solitaire a dit…

La possibilité que tu soulèves n'est pas impossible. Mais considérant le ton général de l'article et l'emphase mise sur la question de la parité obligatoire (qui n'était pas du tout le propos central du discours) et les réactions négatives, permets-moi d'en douter.

Je ne dis pas qu'elle est une féministe extrême, mais je serais prêt à parier qu'elle s'identifie comme féministe. Si non, pourquoi avoir boqué sur la question de la parité? Il a sans doute abordé de nombreux sujets et c'est celui-là qu'elle a décidé de mettre en évidence. Pourquoi?

J'aimerais que tu aies raison à propos des féministes, mais je n'y crois pas. Les plus habiles savent bien habiller leur propos et utiliser des termes comme "égalité", "justice", "respect", etc. Mais quand on gratte un tout petit peu ou quand on essaie d'appliquer leur revendication aux hommes, leur vrai visage transparaît inévitablement. Si tu trouves une exception à cette règle, fais-moi signe.