13 mars 2015

Rania El-Alloul

Je ne me suis jamais gêné pour croquer du musulman lorsqu'ils déconnent, mais dans ce cas-ci, je suis bien obligé de faire l'éloge de cette dame.

Pour ceux qui l'ignorent, Mme El-Alloul est cette Québécoise à qui un juge avait ordonné de retirer son hijab sous prétexte qu'il était inapproprié dans une cour de justice. Elle a refusé de l'enlever et la juge a donc refusé d'entendre sa cause.

Cette réaction de la juge me semble être un bien triste dérapage qui est malheureusement inévitable dans le climat de confusion actuel. Privés de leaders ou de consignes claires qui guident les gens dans leur réflexion et qui les aident à faire la part des choses, on glisse lentement mais sûrement dans l'improvisation et la paranoïa. Hijab, niqab, terroriste, extrémiste, islamiste, modérés, fanatiques, le commun des mortels s'y perd complètement et n'y comprend plus rien. Loin d'aider à débroussailler tout ça, les politiciens et les médias ne sèment que la confusion.

On perd de vue les évidences, c'est-à-dire que le problème n'est pas la communauté musulmane dans son ensemble, ni l'inoffensif hijab. Le problème, c'est le financement des religions par les gouvernements, c'est l'endoctrinement religieux des enfants dans les écoles religieuses et les centres communautaires, ce sont les discours religieux haineux qui se drapent dans la liberté religieuse pour se justifier, c'est le discours multiculturel relativiste qui refuse de critiquer les religions et qui appose l'étiquette de xénophobe à quiconque ose le faire, etc. Il est là-dedans le noeud du problème, pas dans un putain de foulard!

Je l'ai déjà dit et je le répète, le hijab est un bout de tissus complètement inoffensif. Il ne cache pas le visage, juste les cheveux et me semble donc parfaitement acceptable. Dans l'esprit de beaucoup de gens, c'est un symbole d'oppression de la femme et gna gna gna... je serais porté à accepter cet argument dans le cas d'enfants ou d'adolescentes. Mais c'est d'une femme mature dont il est question ici. Si elle choisit de porter le hijab, ça la regarde. Et si elle le porte contre son gré, ben c'est son problème. Il existe des recours pour faire valoir ses droits lorsqu'on décide de se libérer d'un joug quelconque, mais on ne peut pas libérer des gens contre leur gré.

Bref, je ne vois pas où est le problème, pas plus que dans le cas de la kippa juive ou du turban sikh d'ailleurs. Soyons lucides, le fait que le hijab soit porté par des femmes y est indubitablement pour quelques chose. En effet, personne ne parle de l'oppression des hommes sikhs qui portent le turban. Mais quand il s'agit d'une femme, tout devient subitement un symbole d'oppression. Encore une fois, merci chères féministes!

La décision de la juge était donc, à mon humble avis, discriminatoire, ce qui rend Mme El-Alloul plutôt sympathique à mes yeux.

Les récents développements dans cette histoire ne font qu'amplifier ma première impression:

Une femme du Québec, qui n’a pu être entendue devant un tribunal, car elle portait un hijab, refuse d’accepter un montant de 47 000$ ayant été récolté en son nom dans le cadre d’une campagne populaire de financement. L’argent amassé en ligne devait permettre à Rania El-Alloul de se procurer une voiture.

(...) Mme El-Alloul a souligné qu’elle était reconnaissante pour le soutien financier lui ayant été offert, mais qu’elle ne pouvait pas l’accepter. Elle a mentionné que les fonds devraient plutôt être utilisés pour offrir un coup de pouce à d’autres personnes dont les droits ont été brimés.

Ouais, vous avez bien lu, elle a refusé l'argent. J'sais pas pour vous, mais moi je suis très impressionné.

Non seulement les droits de Mme El-Alloul ont été brimés sans motif valable, mais ce type de décisions irréfléchies de la part d'une juge apporte de l'eau au moulin des extrémistes et des multiculturalistes. Les premiers continueront de jouer les victimes opprimées, les seconds seront plus convaincus que jamais des mauvaises intentions des défenseurs de la laïcité. C'est ce qu'il y a de plus tragique dans toute cette histoire.

Et c'est ce qui arrive lorsqu'à la place de s'attaquer au vrai problème, on grimpe dans les rideaux à cause d'un pauvre petit bout de tissus.



15 commentaires:

Guillaume a dit…

Mauvaise décision de la juge. Le hijab n'était en aucun cas une nuisance dans la cour.

Cela dit, je suis entièrement d'accord à interdire le hijab, le crucifix ou tout signe religieux ou idéologique pour les employés de l'état. Parce que justement les porter est une forme de promotion de la foi qui n'a pas sa place lorsque l'on travaille pour un état laïque.

fylouz a dit…

Prof, je ne te suis pas trop, là. Le hijab est un symbole religieux et, qui plus est, ostentatoire. Si on doit organiser une séparation claire et nette de l'église et de l'état, alors, il est normal d'interdire les symboles religieux ostentatoires dans les administrations, et ce, pour tout le monde. Si on interdisait le port du symbole religieux à l'employé de l'administration et pas au visiteur, cela ne serait il pas vécu comme une discrimination par le premier ?

Et à part ça, la réaction de la juge me semble tout à fait normale. Mis à part le fait qu'elle a toute autorité dans son tribunal, comment veux tu qu'elle porte un jugement impartial dans l'affaire de cette dame, sachant que : a) cette ostentation la dérange et b) la plaignante refuse de l'écouter ?
Ben dans ce cas, audience renvoyée à une date ultérieure et bonjour madame.

"Si fueris Romae, Romano vivito more; si fueris alibi, vivito sicut ibi."

Ambroise de Milan

"Cette citation fait référence au voyage de Saint Augustin à Rome, où, comme il décrit dans la lettre 54 à Januarius, il s'est accoutumé aux usages."

(Source Wiktionary)

Prof Solitaire a dit…

Il y a sûrement des contradictions dans mes positions et je les cherche moi-même, alors merci de m'aider dans mes recherches.

Toutefois, je ne vois pas trop où je me contredis dans ce cas-ci. Je crois avoir toujours été pas mal clair à propos du hijab, c'est-à-dire que si la personne qui le porte est une adulte, je ne vois pas où est le mal. L'idée d'interdire le port du hijab à une personne en position d'autorité comme une juge, une policière ou une enseignant se défend, je crois. Mais dans le cas d'un simple citoyen? L'état a-t-il le droit de dire aux citoyens comment s'habiller?

De plus, n'y a-t-il pas des limites aux pouvoirs d'une juge à l'intérieur de sa salle d'audience? Elle peut me reprocher mon habillement pour n'importe quel caprice? Ça me paraît excessif.

D'un autre côté, il y a une question d'équité qui joue contre mon argument ici. On pourrait argumenter que la tradition veut qu'on se décoiffe dans une cour. Je suis convaincu que si je me présentais devant un juge avec une casquette, il m'ordonnerait de l'enlever et me foutrait à la porte si je refusais. Alors on serait en droit de demander pourquoi cette dame aurait-elle un droit dont je suis dépourvu.

Sauf que ma réponse serait le pécher vers la liberté et de permettre à quiconque de porter le couvre-chef de son choix en cour. Plutôt que d'enlever des droits à tout le monde, j'étendrais les droits de cette dame à tout le monde. Après tout, pourquoi pas?

Il me semble que mes arguments se tiennent, non?

fylouz a dit…

Encore une fois, on ne parle pas d'un simple choix vestimentaire. Ce n'est pas comme si cette dame venait en cour en pantalon ou en mini-jupe et qu'on lui en faisait la remarque. C'est un signe religieux ostentatoire. On pourrait argumenter qu'il s'agit d'un manque de politesse envers les croyants, adeptes des autres religions, mais aussi des athées. La juge, ici, représente la Loi. Non seulement celle-ci est valable pour tous sans distinction d'aucune sorte, mais également neutre. J'estime préférable d'interdire à tous le port de signes religieux ostentatoire plutôt que de l'accorder. Dans un pays comme le Canada, cela reviendrait à accorder une préférence publique : 1) aux chrétiens 2) aux musulmans, 3) aux hindouistes, 4) aux sikhs, 5) aux bouddhistes, 6) aux juifs.
De fait, les athées (ou non-religieux) arrivent en seconde position en terme de statistiques (23,9%) mais dans une telle société, ils seraient les premiers discriminés, vu qu'ils ne portent pas de signes ostentatoires de leur athéisme (et va donc t'amuser à porter un chandail avec une croix inversée, par exemple. BLASPHEMATEUR ! APOSTAT !) et qu'ils sont plutôt isolés les uns des autres.
En refusant le port du voile en cour, on réduit également le risque de partialité de la part des membres de la cour ou des jurés, et on pose également le constat que la Loi est au-dessus de la religion, quelle qu'elle soit. Du reste, si cela pose tellement problème à cette dame, il lui reste la charia, non ? Peut-être suis-je parano, mais il me semble que ça ressemble un peu à du prosélytisme.

Voila, la balle est dans ton camp.

Prof Solitaire a dit…

C'est tellement intéressant comme discussion que j'ai envie d'en faire un billet. Voici ma tentative de réponse. Je me permets de te citer pour être plus clair.

"On pourrait argumenter qu'il s'agit d'un manque de politesse envers les croyants, adeptes des autres religions, mais aussi des athées."

J'ai du mal à imaginer un vêtement qui constituerait un manque de respect, à part peut-être un t-shirt sur lequel serait écrit "Le Prof Solitaire est une grosse merde." Et c'est surtout l'adjectif qui me blesserait! ;-)

Mais plus sérieusement, ton argument ne résonne pas avec moi principalement pour deux raisons. Premièrement, parce que je ne perçois pas du tout le manque de respect dans un hijab. Pour moi, c'est un signe d'appartenance, comme un uniforme. Un soldat hors-service qui porte son uniforme et qui déambule sur le trottoir me manque-t-il de respect? Je ne vois sincèrement pas comment.

Deuxièmement, même si on pouvait démontrer que le hijab constitue un manque de respect patent envers les autres religions et les athées, si je veux être conséquent avec moi-même, je serais obligé de répondre: OK, et alors? Parce que je m'évertue à dire que personne ne devrait se sentir obligé de respecter quelque idéologie que ce soit. Je ne cesse de répéter qu'il faut arrêter de respecter les élucubrations des croyants sous prétexte que notre respect leur est dû. Alors comment pourrais-je condamner un vêtement qui fait exactement ce que je prêche?

Je n'ai pas de problème avec le manque de respect d'un point de vue légal. Ce que je veux dire par là, c'est que bien sûr, le manque de respect est en soi insultant, blessant, impoli et insolent, mais ce n'est pas une raison pour l'interdire.

Je refuse de respecter les religions et je ne souhaiterais pas non plus que le respect de l'athéisme ou de toute autre idéologie à laquelle j'adhère soit rendu obligatoire. Ce qui est bon pour les uns est bon pour les autres. Tu vois ce que je veux dire?

Prof Solitaire a dit…

"J'estime préférable d'interdire à tous le port de signes religieux ostentatoire plutôt que de l'accorder. Dans un pays comme le Canada, cela reviendrait à accorder une préférence publique : 1) aux chrétiens 2) aux musulmans, 3) aux hindouistes, 4) aux sikhs, 5) aux bouddhistes, 6) aux juifs."

Pas si on autorise tout le monde à porter le couvre-chef de son choix. Si j'ai le droit de porter un stetson ou une passoire de Pastafarien, alors on n'a pas de problème. Évidemment, ce n'est pas le cas présentement et je comprends que tu commentes la réalité et pas mon agréable petite utopie imaginaire, mais c'est l'argument que je mettais de l'avant. Ce que je proposais, c'est laissons cette dame porter son hijab et laissons quiconque porter le couvre-chef de son choix, tant que ce dernier n'est pas menaçant, ne cache pas le visage et ne représente pas un risque pour la sécurité. De cette façon, le problème est réglé, non?

Prof Solitaire a dit…

"En refusant le port du voile en cour, on réduit également le risque de partialité de la part des membres de la cour ou des jurés"

Ceci me cause problème pour deux raisons.

D'abord, dans le scénario que tu évoques, une personne voit ses droits restreints en réaction à la partialité et aux préjugés des autres. J'ai de la misère avec ça. C'est comme dire à quelqu'un qu'il devrait teindre ses cheveux en brun parce que les jurés considèrent que les blonds sont stupides.

Secundo, le risque de partialité à cause du hijab existe et je crois qu'il en revient à la dame de juger si elle est prête à encourir le risque ou pas. Et qu'elle accepte les conséquences de son geste. Si je vais en cour, je sais qu'il est préférable de porter le veston et la cravate. Si je décide de porter mon vieux t-shirt troué de AC/DC et mes jeans usés sur les genoux, ben je suis bien conscient que ma tenue vestimentaire créera un préjugé négatif à mon égard. Si je l'assume, ben tant pis pour moi.

Prof Solitaire a dit…

"et on pose également le constat que la Loi est au-dessus de la religion, quelle qu'elle soit."

L'idée me plaît, évidemment, mais je me questionne à savoir si c'est vraiment le sens évident du geste. Si c'est l'objectif, alors qu'on cesse de faire jurer sur la Bible de dire "Toute la vérité, rien que la vérité." Il me semble que ÇA, c'est un exemple scandaleux d'invasion de l'espace public par la religion.

Mais cette dame avec le hijab ne reconnaît-elle pas, de par sa simple présence, l'autorité du tribunal? Si elle ne le reconnaissait pas, serait-elle là? Ou serait-elle plutôt à genoux dans sa mosquée à implorer Allah de lui rendre sa voiture?

Le hijab constitue-t-il un geste de défiance clair envers l'autorité du tribunal civil?

Je ne le vois pas du tout...

Prof Solitaire a dit…

Pour ce qui est de l'argument du prosélytisme, encore une fois, je ne vois pas. J,ai connu plusieurs femmes voilées lorsque je travaillais à Montréal, tant comme mères d'élèves que comme collègues de travail, et leurs hijabs ne m'ont jamais donné la soudaine envie de me convertir à l'Islam.

Alors à moins qu'une étude me donne tort en révélant le rôle prévalant du hijab dans la conversion de non-musulmans en Occident, tu auras beaucoup de mal à me convaincre.

OK, je me tais.

fylouz a dit…

Quand je parle de manque de respect, bon, c'est équivoque, d'accord. Disons que je veux dire par là que ça représente une forme de pression sociale. Je n'ai rien contre les croyants mais j'aimerais juste qu'ils soient un peu plus discret, qu'ils évitent de me jeter leur dieu à la figure. Se balader en affichant ostensiblement sa religion, c'est une façon de l'imposer à la communauté. N'écrivais tu pas dans un billet récent qu'il y eut une époque, en Egypte, ou l'idée de porter le hijab faisait rire ? Et ben maintenant, ça n'est plus le cas et une Égyptienne qui oserait se balader en mini-jupe risquerait sans doute sa vie.

Le hijab ne se compare pas à un uniforme de soldat en permission. J'y vois plutôt un soldat sur le front de la lutte des idées. Le problème, c'est que si cette idée là s'impose, le retour en arrière sera très difficile, voire impossible. Tu peux être sûr que les représentants des autres religions dominantes trouveront soudain des tonnes d'arguments en faveur de la liberté d'expression - tant que ça va dans le sens de plus de religion.

Ta mention de la passoire Pastafarienne est très intéressante. Disons que si je me mettais à porter ce couvre-chef, je passerais pour un fou, on se moquerais de moi, dans le meilleur des cas (alors que porter le hijab, la kippa, le turban, la croix, que sais-je, c'est correct). Et dans le pire, ce serait vu comme une insulte à la vraie foi (quelle qu'elle soit), un blasphème. J'te dis, si on va dans cette direction, ça sera un aller simple, pas moyen de rebrousser chemin, parce que pour les croyants, la liberté d'expression ça ne fonctionne que dans leur sens.

Et encore, je ne veux pas faire interdire les symboles religieux 24/7, seulement dans les lieux publics, en particulier chargés de symboles - ici, un tribunal.

Je reconnais que l'argument de la partialité des jurés ne tient pas vraiment, non seulement pour les raisons que tu mentionnes, mais aussi parce que ceux-ci sont censés passer par un processus de sélection (pas vraiment étanche, cela dit). Je dois reconnaître aussi que ton argument sur la simple présence de la dame, présence valant reconnaissance de l'autorité du tribunal est très bon. Cela dit, j'ai envie d'y voir une tentative d'invasion de la sphère laïque. "OK pour le tribunal, mais selon mes règles".

Quand à jurer sur la bible, on ne peut pas opter pour la constitution à la place ? C'est sûr que pour un souverainiste, c'est pas plus simple.

Enfin, je dirais que la plupart des petits djihadistes partis en Syrie ou en Irak sont attirés par cet aspect rigoriste de l'Islam radical (barbe, hijab, etc.). C'est ça qui les attire, qu'on leur trace la route, qu'on les mette sur des rails, direction la falaise.

Prof Solitaire a dit…

Tu mets d'excellents arguments de l'avant, mon cher. Voyons voir...

"ça représente une forme de pression sociale. Je n'ai rien contre les croyants mais j'aimerais juste qu'ils soient un peu plus discret, qu'ils évitent de me jeter leur dieu à la figure."

Il s'agit peut-être d'une pression sociale, je ne sais pas. Si elle existe, je ne la perçois pas. Il y a clairement une pression à l'intérieur des familles et des communautés religieuses, mais au-delà? Je ne sais pas. Je ne crois pas que plus il y a de femmes voilées, plus les gens seront tentés de se convertir.

Il y a plein de trucs que les gens nous jettent à la figure et qui me font chier. Les saleté de chandails et de fanions du club de hockey Canadiens, par exemple. Les anglos de Montréal qui collent leur petit drapeau canadien sur leur plaque de voiture. Les chrétiens qui collent des stickers de poisson ou de "Jésus t'aime" sur leurs voitures. Ces trucs-là m'énervent, mais je ne serais pas d'accord pour qu'ils soient légalement interdits. Le hijab, pour moi, c'est un peu ça, c'est un signe d'appartenance à un groupe. Ça ne rend pas les gens qui le portent particulièrement sympathiques à mes yeux parce que je devine les valeurs détestables qui motivent probablement le choix de le porter, mais est-ce suffisant pour l'interdire? J'ai de la misère avec ça. Il me semble que ce qu'il y a de plus beau à propos de l'occident, c'est la liberté.

Prof Solitaire a dit…

Les fanatiques religieux se servent-ils de la liberté d'expression à leur avantage? Absolument. S'empresseraient-ils de l'abolir s'ils devenaient majoritaires? Absolument.

Alors tenons-les à l'oeil. Limitons leur emprise sur les enfants et les jeunes. Dénonçons leurs propos haineux ou idiots. Moquons-nous de leurs dogmes et de leur ignorance. Coupons-leur les vivres et les subventions. Tout ça me convient.

Mais légiférer à propos de l'habillement, là, j'ai un malaise. Parce qu'il me semble que c'est ouvrir la porte à des dérapages et de l'abus.

Pourtant, je serais tout à fait d'accord avec l'interdiction du kirpan des Sikhs et de la burqa. Parce que là, clairement, c'est du délire.

Mais le hijab? Je ne vois pas. Ma grand-mère se nouait un foulard sur la tête. Certaines religieuses cathos portent le voile.

Prof Solitaire a dit…

Mes arguments sont probablement plus merdiques que d'habitude en passant parce que je suis malade comme un chien... désolé si mes propos sont décousus ou superficiels, mon cerveau fonctionne encore moins à pleine capacité que d'habitude.

Prof Solitaire a dit…

Ton commentaire à propos de la passoire est excellent. C'est vrai que tu n'aurais pas droit au respect qu'on réserve aux couvre-chefs religieux et tu illustres bien le privilège dont jouissent les religions. C'est ton meilleur argument je crois, c'est celui qui ébranle le plus ma position.

Je suis d'accord pour qu'on prive les religions de tous leurs privilèges. Ne devrais-je pas, dans cette logique, m'opposer au port du hijab en cour?

Il y a comme un choc entre mon opposition aux religions et mon amour pour la liberté... tu me donnes matière à réflexion...

fylouz a dit…

De toute manière, j'avoue être quelque peu gêné par mon propre discours d'interdiction/répression. Je me sens un peu comme un type qui serait pour la liberté d'expression mais qui prônerait la censure à tout va. Et puis tes arguments sont pas mal plus convaincants que les miens, je trouve (et en plus tu as le handicap de la maladie). Je crains aussi que l'exigence d'une laïcité stricte ne soit qu'un prétexte pour ne s'attaquer qu'à une seule religion, à savoir l'Islam. Pour finir, il semble que Sarkozy, en France, se soit prononcé pour l'interdiction du voile à l'université et aux menus halal dans les cantines scolaires :

http://www.liberation.fr/politiques/2015/03/18/menace-par-le-fn-sarkozy-se-rallie-a-la-laicite-punitive_1222882

Démonstration par l'absurde qu'il y a quelque chose de pas très sain dans mon raisonnement.