14 juin 2015

Philippe Couillard, grand propagandiste en chef

Philippe Couillard ne reculera devant rien pour faire triompher son idéologie fédéraliste. Absolument rien. Il considère même que l'endoctrinement de vos enfants est une mesure souhaitable pour y parvenir.

Voici les propos ahurissants qu'il a tenus à Montréal devant ses militants fanatisés:

Devant quelque 1600 militants réunis à Montréal pour le Congrès du Parti libéral du Québec, le premier ministre a livré, samedi, un vibrant plaidoyer pour que les Québécois se réapproprient l’histoire de leur pays, le Canada. «Nous ne renoncerons pas à notre histoire ou notre avenir, à un pays né de la collaboration et du désir d’unité. Une histoire qui a des moments si beaux qu’il faudrait mieux les enseigner à nos enfants.»

Oui mes amis, le Canada n'est pas né d'une conquête et d'un affrontement, il est né de la collaboration et du désir d'unité. Gommons tous les passages qui ne cadrent pas avec notre idéologie fédéraliste, cachons tous les faits qui démentent notre vision angélique de l'histoire et gardons seulement ceux qui viennent démontrer que le Canada est le plus merveilleux pays du monde. Gavons nos enfants de cette propagande!

Ce type-là n'a absolument aucun scrupule. Quant tu en viens à faire ouvertement la promotion de l'endoctrinement idéologique des enfants pour faire avancer tes objectifs politiques, c'est que tu n'as plus aucun scrupule. C'est que tu es aveuglé à un point tel que tu crois vraiment que ton option est la seule option valable. C'est que tu es un fanatique.

Et ce fanatique-ci est le premier ministre du Québec. C'est tout simplement désastreux.

Voyons ce qu'a dit ensuite notre bon propagandiste en chef:

La collaboration entre Louis-Hypolyte La Fontaine et Robert Bladwin inspire le chef libéral. «Par exemple, cette histoire de Baldwin et de La Fontaine qui, ensemble, ont combattu pour le gouvernement responsable et démocratique, chacun de leur côté, mais ensemble également au point où un jour Baldwin a décidé qu’il allait être candidat à Rimouski et La Fontaine a décidé d’être candidat à Toronto parce qu’ils portaient la démocratie et le gouvernement responsable. Ils ont été élus comme ça.» 

Oui, ne conservons que cet exemple et gommons tout le reste! Ne parlons pas du fait que toute sa vie, La Fontaine a été accusé de traître et diffamé par les Anglais pour avoir été membre du parti patriote!

Ne disons pas qu'il a été injustement emprisonné après la rébellion des Patriotes!

Passons sous silence la publication de sa lettre ouverte intitulée Les deux girouettes, ou L'hypocrisie démasquée dans laquelle il dénonce les propos de "crapules" qui l'accusaient de traîtrise, affirmant que leurs accusation étaient "le fruit de la haine, des préjugés et de la mauvaise foi" des Anglais et une "nouvelle preuve de leur habitude constante à dénigrer tout ce qui tient au peuple, et surtout au peuple Canadien" (nom qui était alors attribué au peuple québécois). Des propos qui, tout compte fait, sont tout à fait appropriés pour parler de Philippe Couillard.

Mais il est préférable de ne pas parler de cette lettre, la haine et les préjugés des Anglais n'ont pas leur place dans la belle histoire du Canada que Philippe Couillard souhaite enseigner à nos enfants.

Ne parlons surtout pas de la première allocution de La Fontaine à titre d'élu au parlement! Il choisit de la faire en français, ce qui était illégal à l'époque! Oui, notre langue avait été bannie de l'enceinte du parlement par l'Acte d'union de 1842! Ça aussi, nous éviterons d'en parler. Nous ne mentionnerons pas non plus que La Fontaine a été interrompu par un député anglais qui lui ordonna de s'exprimer en anglais. 

Évitons également de nous attarder sur le contenu de cette déclaration de La Fontaine dans laquelle il affirme: «j'appartiens à cette origine (canadienne-française) si horriblement maltraitée par l'Acte d'Union» avant d'ajouter: «quand même la connaissance de la langue anglaise me serait aussi familière que celle de la langue française, je n'en ferais pas moins mon premier discours dans la langue de mes compatriotes canadiens-français, ne fût-ce que pour protester solennellement contre cette cruelle injustice de l'Acte d'Union qui proscrit la langue maternelle d'une moitié de la population du Canada. Je le dois à mes compatriotes, je le dois à moi-même.»

Oui, il est préférable de passer ce discours sous silence afin de préserver l'illusion de la belle et grande amitié qui a toujours existé entre les francophones et les anglophones de ce pays et de mettre l'emphase sur "la collaboration" et le "désir d'unité" si chères à Philippe Couillard.
  
Il ne faudra surtout pas mentionner non plus la réaction de la population anglophone de Montréal aux deux initiatives législatives de La Fontaine: le Rebellion Losses Bill et l'Amnesty Act qui avaient pour but de pardonner les soi-disant "rebelles" et de dédommager les victimes des agressions anglaises de 1837-38 pendant lesquelles des soldats britanniques et des partisans racistes fanatisés avaient massacré, violé, ravagé, pillé et incendié plusieurs villages québécois. Les Anglais fanatiques racistes de Montréal furent si outrés de ces mesures proposées par La Fontaine qu'une émeute éclata et ils incendièrent le parlement, alors situé à Montréal, et vandalisèrent la maison de La Fontaine.

Cet épisode devra être passé sous silence, lui aussi. Il ne faudrait surtout pas contrevenir à la version de l'histoire de notre premier ministre, version qui tient d'avantage d'un film de Disney que de la réalité!

Revenons aux propos de notre grand propagandiste en chef:

«On voudrait nous faire oublier ces moments», a poursuivi Philippe Couillard en visant ses adversaires indépendantistes. Le chef libéral a aussi parlé (...) de l’alliance entre John A. Macdonald et George-Étienne Cartier, qui a mené à la création de la fédération canadienne en 1867. «On voudrait nous faire oublier cette histoire, renoncer à l’alliance entre Cartier et Macdonald qui a permis de jeter les bases de la fédération, mais également de mettre en place des mesures qui assurent la promotion et la protection du caractère français du Québec.»

Soulignons tout d'abord le culot COLOSSAL de cet homme qui, en plein milieu d'un discours dans lequel il affirme ouvertement que l'histoire doit être utilisée à des fins de propagande politique, ose accuser ses adversaires de vouloir faire de même. En d'autres termes, sa propagande à lui est bonne et juste, mais la soi-disant propagande des autres serait malhonnête.

Philippe Couillard est soit une ordure d'une malhonnêteté intellectuelle épique ou encore un parfait crétin qui est incapable de déceler les aveuglantes contradictions de ses propos. À vous de décider, moi je ne sais plus.

Il veut qu'on parle de Macdonald et Cartier? Parfait, parlons-en! Je crois simplement qu'il faut faire très attention quand on décide de faire des héros de ces deux types-là et je rappellerais à M. Couillard que le premier était un raciste et un alcoolique fini et que le second était un menteur prétentieux qui affirmait faussement descendre de Jacques Cartier.

J'imagine qu'il faudra éviter de mentionner que Cartier était initialement un membre du parti patriote, l'équivalent du parti québécois actuel. En fait, il était si patriotique qu'il travailla aux élections pour Louis-Joseph Papineau. Au banquet donnant naissance à la Société Saint-Jean-Baptiste, il chanta une chanson de sa composition intitulée: «Ô Canada, mon pays, mes amours». Au banquet de 1835, Cartier chanta une autre de ses compositions, «Avant tout je suis Canadien» qui devint le cri de ralliement des Fils de la Liberté, groupe auquel il appartenait.

Les titres de ces chansons ne manqueront pas de titiller la fibre fédéraliste de Philippe Couillard, mais malheureusement pour lui, les termes "Canada" et "Canadien" servaient alors à identifier les entités que nous appelons aujourd'hui "Québécois" et "Québec", c'est-à-dire la population francophone de la vallée du Saint-Laurent. En effet, les anglophones de l'époque ne se considéraient pas du tout "Canadiens". Ils se considéraient alors comme "Britanniques" et auraient jugé séditieuse et traîtresse l'affirmation qu'on puisse être "avant tout Canadien." Éventuellement, les anglophones de ce pays usurperont notre identité même, forçant nos ancêtres à se redéfinir comme "Canadiens français" et, beaucoup plus tard, comme "Québécois". Mais tout ça est sans doute beaucoup trop compliqué ou subtil pour Philippe Couillard.

Je me contenterai donc simplement de rappeler que la Société Saint-Jean-Baptiste existe toujours et qu'elle est encore férocement souverainiste.

Mais revenons à Cartier qui fut impliqué dans la rébellion des Patriotes de 1837 et qui s'est battu à Saint-Denis le 22 novembre. Après la défaite, il est forcé de s'enfuir à Plattsburgh et à Burlington, aux États-Unis.

Philippe Couillard aimera la suite de l'histoire. À son retour, Cartier écrivit une lettre au secrétaire de Lord Durham, expliquant qu'il n'avait jamais trahi son allégeance à la couronne d'Angleterre. Il fut accusé (avec raison) d'être un traître par ses anciens compagnons patriotes, dont plusieurs étaient condamnés à l'exil ou à être pendus. Couillard y verra sans doute la fibre d'un grand héros.

Couillard sera également ravi d'apprendre que la trahison abjecte de Cartier ne s'arrête pas là. Lorsque la reine Victoria décida de placer la capitale du Canada à Ottawa, Cartier, qui avait d'abord favorisé Montréal, s'y plia sans mot dire. En 1858, lors d'un voyage à Londre, il fut reçu par la reine Victoria et c'est à cette occasion qu'il déclara : «an inhabitant of Lower Canada is an Englishman who speaks French.» (un habitant du Bas-Canada est un Anglais qui parle français). Oui, Cartier a été le premier Elvis Gratton. Couillard y verra sûrement un bel exemple pour notre jeunesse.

En 1864, Cartier entreprend de mener à terme son projet fédératif des deux Canadas, et si possible, des Maritimes et des territoires du Nord-Ouest. Il est intéressant de noter que les libéraux du Bas-Canada demeurèrent opposés jusqu'à la fin. Ils furent complètement exclus du processus. Évidemment, à cette époque-là, les libéraux étaient de VRAIS libéraux. C'était avant que le parti actuel de Philippe Couillard, qui n'en a gardé que le nom, se métamorphose en parti conservateur fédéraliste. Il est probablement préférable d'oublier ça aussi.

Pour consolider la fédération et stimuler le développement économique, Cartier encouragea fortement le projet de chemin de fer intercolonial. Cela s'explique par le fait qu'il avait plusieurs relations avec les propriétaires de compagnies de chemin de fer qui étaient les clients de son bureau d'avocat. Difficile de ne pas apercevoir le conflit d'intérêt là-dedans! Mais Philippe Couillard, qui n'est pas reconnu pour son sens éthique très développé, n'y verra que du feu.

Cartier était un membre de la délégation du Canada-Uni qui prit part à la conférence de Charlottetown en septembre 1864. Couillard était en pâmoison lorsqu'il s'y est rendu récemment. Le projet de fédération (faussement appelée "confédération") fut finalement accepté à la conférence de Québec, étrangement tenue à huis clos, du 10 au 27 octobre et dont il n'existe aucun compte-rendu officiel! Ce genre de cachotteries rappellera peut-être à M. Couillard ses propres initiatives également tenues à huis clos.

Prélude à la "bonne entente" qui devrait régner sur les relations entre francos et anglos dans ce nouveau pays, mentionnons le projet de loi de juillet 1866 qui avait pour but de protéger les droits de la minorité protestante du Québec. La réaction des catholiques de l'Ontario fut bien sûr de demander les mêmes avantages. Les représentants du Haut-Canada s'y opposèrent avec véhémence, si bien que les deux projets de loi furent retirés. Suite à ce fiasco, Cartier tenta de sauver les meubles en déclarant que les droits des minorités des provinces seraient toujours respectés, mais il n'offrit aucun détail concret, ni aucune garantie à ce sujet. On reconnaît bien là l'habituelle stratégie fédéraliste.

Lorsque Philippe Couillard nous parle de la belle collaboration entre Macdonald et Cartier, il ignore sans doute que lors de la conférence de Londres, qui mena au British North America Act, ratifié par la reine Victoria et qui donna naissance au dominion du Canada, John A.Macdonald avait tenté de changer les règles du jeu à la dernière minute et de transformer le projet fédératif de la conférence de Québec en une union très centralisée qui aurait fait perdre aux Canadiens-français les quelques pouvoirs que la fédération originale leur accordait. Cartier s'opposa fermement aux manigances de Macdonald, menaçant même de dissoudre le gouvernement. Macdonald n'insista pas et sa tentative de trahison avorta. Quel bel exemple de "collaboration" fraternelle!

Lors de son retour à Ottawa, Cartier apprit de la bouche du gouverneur que Macdonald avait été nommé Knight of the Order of the Bath par la reine Victoria. Cartier, lui, ne recevait que le titre mineur de compagnon. Profondément indigné, il refusa la distinction. Le prétentieux Cartier pouvait bien se faire aller la gueule tant qu'il le voulait. En bout de ligne, il ne demeura rien de plus qu'un sous-fifre secondaire, tout comme le peuple qu'il prétendait défendre serait condamné à l'être dans sa belle fédération.

Pour ensuite expliquer l'arnaque de 1867, je vous réfère à ce texte de Jean-François Lisée dont voici quelques extraits:

(...) les leaders du projet, dont le conservateur George-Étienne Cartier, avaient même promis de tenir un référendum sur le sujet. Mais ayant testé la méthode au Nouveau-Brunswick, et s’étant fait dire non, ils ont renoncé à tenir parole.

Des élections ont eu lieu d’août à septembre 1867, faisant office d’élection référendaire. Le Parti rouge — dont le PLQ est le lointain héritier — s’opposait à la confédération, préférant que le Québec reste une province autonome dans l’empire britannique — une souveraineté-partenariat avant la lettre.

Cette élection fut une des plus divertissantes de l’histoire politique. D’abord, ce qui était normal à l’époque, le vote n’était pas secret: les électeurs signaient leur nom dans un grand livre ouvert. Seuls les hommes de plus de 21 ans détenant une richesse minimale avaient le droit de vote, ce qui réduisait l’électorat à une fraction du nombre d’adultes.

Ensuite, le clergé a annoncé que voter pour le Parti rouge serait un «péché mortel», qui conduirait, pour l’éternité, aux flammes de l’enfer. Les prédécesseurs de Mgr Ouellet ont averti que les prêtres refuseraient même de donner l’absolution aux fautifs, assurant ainsi leur damnation. (L’historien Marcel Bellavance a montré qu’effectivement, moitié moins d’absolutions furent consenties aux Pâques suivantes qu’aux précédentes.) Par mesure préventive, des curés refusaient aussi l’absolution, en confession, aux ouailles qui avouaient lire les journaux de l’opposition.

Résultat: 40% des électeurs ne se sont pas présentés, refusant de commettre ce péché, réduisant d’autant le bassin électoral. D’autres techniques furent mises en œuvre:

L’escamotage: Pour être candidat, il fallait être présent, au jour et à l’heure dits, pour un «appel nominal» des candidatures. Pourquoi ne pas kidnapper le candidat adverse –on disait escamoter — le temps de la procédure? Cela est arrivé dans trois comtés, au profit des conservateurs.

L’achat: Ailleurs, le candidat conservateur, parfois avec l’assistance du curé, proposait au candidat libéral une somme d’argent ou une nomination (les nominations devaient être approuvées par le clergé). En échange, le libéral retirait sa candidature au moment de l’appel nominal, ce qui avait pour effet de faire élire sur-le-champ le conservateur. Ce fut le cas dans deux comtés.

Le défranchisage: Les officiers chargés de l’appel nominal, souvent conservateurs, avaient le pouvoir de «défranchiser» une paroisse, c’est-à-dire d’y annuler l’élection, sous divers prétextes. Les quartiers libéraux du comté de L’Islet -la moitié des électeurs- furent ainsi «défranchisés», comme trois paroisses libérales de Kamouraska, donnant dans les deux cas une courte victoire aux conservateurs.

Dans cette élection, la plus frauduleuse de l’histoire du Québec, même au regard des standards de l’époque, 45% des électeurs (donc une majorité de francophones, car les anglos votaient conservateur) ont quand même bravé les interdits pour voter contre la fédération. L’adhésion du Québec au Canada a donc été décidée par moins de 10% des adultes, moins de 20% des hommes adultes. Les Canayens de l’époque savaient et les historiens d’aujourd’hui savent, que s’il s’était agi d’un vote libre, l’électorat aurait très majoritairement refusé l’entrée au Canada.

Oui, il s'agit bien là des débuts glorieux d'un pays dont il faut chanter les louanges, M. Couillard!

La duplicité et le manque de courage politique de Cartier finit par lui coûter son siège au Québec. Aux élections de 1872, il fut battu par son adversaire libéral Louis-Amable Jetté. Les électeurs étaient totalement indignés suite à la décision du Nouveau-Brunswick d'abolir le droit à l'école française catholique de sa minorité francophone acadienne. Avec l'aide de l'Église, Cartier s'empara d'une circonscription manitobaine et alla jusqu'à affirmer que la décision du Nouveau-Brunswick était regrettable mais valide sous l'Acte de l'Amérique du Nord britannique.

Ses liens occultes avec les compagnies de chemin de fer revinrent éventuellement le hanter. Lorsque le scandale du chemin de fer du Pacifique éclata, Cartier se retrouva dans l'eau chaude. Le contrat de chemin de fer devant relier la Colombie-Britannique à l'Ontario avait été accordé à Hugh Allan, un ami du parti conservateur, un industriel qui avait contribué 350 000$ à la caisse du parti et 85 000$ à Cartier. Des lettres furent rendues publiques dans lesquelles Cartier promettait le contrat à son ami Allan. Macdonald avait trempé dans cette magouille lui aussi mais, ultime trahison, il laissa Cartier porter le blâme et tomber en disgrâce.

À la mort de Cartier, survenue à Londres en 1873, le poste fictif de "co-premier ministre francophone du Canada" disparut également puisqu'il n'était inscrit nulle part dans la constitution. Le Québec ne serait plus jamais qu'une province parmi d'autres et sa spécificité ne sera jamais reconnue légalement. Le Québec n'obtint jamais le statut officiel de peuple fondateur que Cartier prétendait lui avoir assuré. Ces mensonges et ces fourberies constituent sans doute de belles valeurs à enseigner à nos enfants pour Philippe Couillard.

N'en déplaise à notre illustre premier ministre, l'histoire ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques. En gommer des passages pour faire la promotion d'une idéologie auprès de nos enfants est un exercice fourbe, répugnant et tout simplement scandaleux. L'histoire doit être honnête, objective et entière. Elle doit nous permettre de comprendre la réalité. Elle ne doit pas être édulcorée et modifiée afin de servir d'outil de propagande pour le fédéralisme ou pour quelque autre idéologie que ce soit.

Une fois de plus, Philippe Couillard fait la preuve de son absence totale de sens éthique, de transparence, d'honnêteté, d'envergure intellectuelle et de respect le plus élémentaire. Le laisserez-vous embrigader vos enfants?

Pas moi.



1 commentaire:

Prof Solitaire a dit…

Extrait de l'article de Jean-Simon Gagné

http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201501/15/01-4835637-le-syndrome-de-fanfreluche.php

John A. Macdonald méprisait les noirs, les autochtones et les asiatiques, qu'il assimilait à des «races» inférieures. «Les races aryennes ne devraient pas s'amalgamer aux races asiatiques et africaines», avait-il expliqué, à la Chambre des communes. (...) Le croisement de ces races, comme le croisement d'un renard et d'un chien, n'est jamais fructeux.»

Pire, on le soupçonne d'avoir laissé les autochtones des prairies mourir de faim, pour faciliter la colonisation par les Blancs. (1) Sous sa gouverne, même une cérémonie comme la Danse du Soleil a été interdite, sous prétexte qu'elle faisait peur aux blancs!

Si c'est cela, un héro canadien, essayez d'imaginer à quoi ressemble une fripouille...

(...) Présenter John A. Macdonald comme une source d'inspiration politique, à cause de son rôle dans la création de la fédération canadienne, cela apparaît aussi crédible que de présenter Al Capone comme un ancêtre de l'action humanitaire, sous prétexte qu'il faisait de généreux dons à des oeuvres charitables.

Peu importe. Ça n'empêche pas le conte de fées de Stephen Harper de se construire sous nos yeux.

La semaine dernière, M. Harper invitait les canadiens à préserver «l'héritage de patriotisme» de John A. Macdonald».

Pas un mot sur le rôle déterminant joué par Macdonald dans la pendaison de son ennemi juré, Louis Riel.

Pas un mot non plus sur la suppression du droit de vote pour les chinois, en 1885, pour préserver «le caractère aryen» de l'Amérique du nord britannique...

C'est à peine si le premier ministre Harper mentionne parfois l'alcoolisme légendaire de son héros. Comme pour rappeler que Superman reste humain, malgré ses pouvoirs surnaturels. (2)

Un jour, John A. Macdonald avait tellement bu qu'il a vomi sur une estrade, avant un discours. Il s'en était tiré en pointant un adversaire libéral: «Cet homme me rend malade.»

L'épisode le plus gênant survient en juin 1866, lorsque des nationalistes irlandais attaquent le sud de l'Ontario. Pendant des heures, des télégrammes d'appel à l'aide sont expédiées à John A. Macdonald, alors ministre responsable de la défense du territoire. En vain. Monsieur est tellement saoûl, qu'il n'arrive plus à lire!

(...) Rendu ici, il apparaît superflu d'ajouter que John A. Macdonald a trempé dans le scandale du Canadien Pacifique, le pire de l'histoire du Canada. Il aurait touché personnellement des pot-de-vins totalisant 45 000 $, soit environ 1,2 million en dollars d'aujourd'hui.