22 juin 2015

Québec solidaire est un obstacle à la souveraineté

Bock-Côté résume merveilleusement bien le noeud du problème de Québec solidaire:

La gauche solidaire se dit souverainiste. En un sens, c’est vrai. S’il y a un référendum, on devine que ce parti se retrouvera dans le camp du Oui même si une partie de la gauche radicale, aujourd’hui comme au moment du référendum de 1980, est tentée de renoncer à l’indépendance par internationalisme. Les arguments ont changé mais la logique demeure la même : la souveraineté nationale représenterait un repli ethnique contraire à la nécessaire solidarité des dominés abolissant les frontières. Mais l’essentiel est là: Françoise David votera oui et entrainera avec elle l’essentiel de ses fidèles.

Mais il y a là aussi une immense duperie. La coalition souverainiste ne sera pas seulement nécessaire pour gagner le référendum, mais pour s’y rendre. Autrement dit, l’existence d’un bloc électoral d’un peu plus de dix pourcent attirant vers lui un électorat souverainiste mais non-péquiste (et quelquefois antipéquiste) rend de plus en plus difficile la prise du pouvoir nécessaire à la tenue d’un référendum. La gauche solidaire embrasse la souveraineté comme idéal mais l’enrobe de tant de conditions qu’on peut se demander à quel point elle la souhaite vraiment.

La question est en effet très pertinente, comme l'a souligné Jean-François Lisée dans cet article:

Soyons de bon compte. Amir Khadir s'est mis les deux pieds dans le plat lorsqu'il a voulu flatter son auditoire anglophone dans le sens du poil en affirmant à la chaîne canadienne CTV qu'il ne proposait pas «la séparation» mais le «renouvellement de l'unité canadienne». Eh ben !

(...) Si Amir Khadir avait un brin d'humilité, il aurait reconnu avoir gaffé, être allé trop loin, et aurait retiré ses paroles. Mais, ayant refusé en début de semaine de s'excuser d'avoir comparé Pauline Marois au dictateur iranien misogyne Khomeini, il n'allait pas commencer maintenant à faire amende honorable.

Non. Dans une entrevue surréaliste avec Benoit Dutrizac, il a entremêlé des propos sensés (sur les peuples indépendants qui font des ententes) et des propos insensés comme ceux-ci:

«On ne veut se séparer de personne»

«Nous voulons négocier sur une nouvelle base d'unité » avec le Canada, car notre souveraineté est «un projet inclusif» (comme s'il incluait le Canada)
D'ailleurs, a-t-il conclu, les élites veulent diviser, mais «les peuples veulent s'unir».

Il est allé jusqu'à dire que les peuples d'Asie «s'unissent». Qu'il en parle aux Japonais et aux Chinois, pas très portés sur l'unité par les temps qui courent.

À quoi sert ce charabia ?

Mais c'est peut-être Pierre Falardeau qui l'a dit le plus clairement:




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