31 octobre 2015

Joyeuse Halloween!

Et lorsque vous choisirez votre costume, attention à la police multiculturaliste! Vous ne voudriez pas vous faire traiter de raciste xénophobe islamophobe redneck! ;-)








Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»



C'est via une de mes Youtuber préférée que je suis tombé sur la chaîne de cette institution appelée "Prager University". Il ne s'agit pas du tout d'une véritable université, mais essentiellement d'un organe de propagation de la rhétorique conservatrice américaine. Si quelques vidéos ici et là offrent occasionnellement des perspectives intéressantes sur des enjeux politiques et sociaux, d'autres me font dresser le poil sur les bras.

La pire série de vidéos est probablement celle qui parle des dix commandements. J'ai vu beaucoup de propagande religieuse dans ma vie, mais rarement beurrée aussi épais (dans tous les sens du mot). La série est narrée par nul autre que Dennis Prager, le fondateur en personne, bien connu aux États-Unis. Si vous êtes curieux d'en apprendre davantage à propos de ce bonhomme, cliquez ici. Si vous voulez écouter une discussion entre Prager et Christopher Hitchens, cliquez ici. J'utilise le mot "discussion", mais c'est seulement vrai lorsque Prager laisse Hitch parler.

Pour le plus pur plaisir de la chose, je vais donc m'efforcer de déconstruire l'argumentaire du narrateur de ces vidéos, un commandement à la fois. Ça commence sur les chapeaux de roues avec l'intro:

"No document in world history so changed the world for the better as did the ten commandments."

T'sais quand je vous disais que le bonhomme beurre épais? La première phrase établit déjà le ton! Prager a ensuite le culot d'affirmer que la déclaration des droits de l'homme, l'abolition de l'esclavage et la DÉMOCRATIE découlent des dix commandements. Ben oui... fuck la Grèce antique, apparemment ce sont les Hébreux qui ont inventé la démocratie. Sans parler du fait que les propriétaires d'esclaves se sont servis de passages de la bible pendant des siècles pour se justifier. Quel culot quand même.

Mais bon, passons l'intro puisque la plupart de ses arguments seront répétés ad nauseam dans les vidéos suivants et attaquons-nous au vidéo qui traite du premier commandement dont voici quelques extraits.

"It asserts that God is giving these commandments, not Moses and not any other human being."

Oui, c'est effectivement ce que cette phrase affirme. Mais au-delà de ce qu'elle affirme, il faut regarder quelle est sa crédibilité.

Tout d'abord, pour ce qui est de l'origine divine, mentionnons simplement au passage que, selon des études, la véritable origine des dix commandements pourrait être les traités des Hittites qui empruntaient une formulation très similaire:

The Decalogue, he argues, was modeled on the suzerainty treaties of the Hittites (and other Mesopotamian Empires), that is, represents the relationship between God and Israel as a relationship between king and vassal, and enacts that bond.

"The prologue of the Hittite treaty reminds his vassals of his benevolent acts.. (compare with Exodus 20:2 "I am the LORD your God, who brought you out of the land of Egypt, out of the house of slavery"). The Hittite treaty also stipulated the obligations imposed by the ruler on his vassals, which included a prohibition of relations with peoples outside the empire, or enmity between those within." (Exodus 20:3: "You shall have no other gods before Me"). Viewed as a treaty rather than a law code, its purpose is not so much to regulate human affairs as to define the scope of the king's power.

Pourquoi un être suprême et parfait aurait-il eu besoin de s'inspirer de la phraséologie des traités mésopotamiens pour s'exprimer? Hum...

De plus, cet être suprême allégué qui manifeste sa présence affirme du même souffle qu'il a libéré les Juifs de l'esclavage en Égypte. Or, comme l'affirme Hareetz, le plus ancien quotidien israélien:

The reality is that there is no evidence whatsoever that the Jews were ever enslaved in Egypt. Yes, there's the story contained within the bible itself, but that's not a remotely historically admissible source. I'm talking about real proof; archeological evidence, state records and primary sources. Of these, nothing exists.

It is hard to believe that 600,000 families (which would mean about two million people) crossed the entire Sinai without leaving one shard of pottery (the archeologist's best friend) with Hebrew writing on it. It is remarkable that Egyptian records make no mention of the sudden migration of what would have been nearly a quarter of their population, nor has any evidence been found for any of the expected effects of such an exodus; such as economic downturn or labor shortages. Furthermore, there is no evidence in Israel that shows a sudden influx of people from another culture at that time. No rapid departure from traditional pottery has been seen, no record or story of a surge in population.

Bref, AUCUNE preuve ne vient étayer le mythe de l'exode des Juifs d'Égypte. Absolument aucune. Ce qui signifie que cela ne s'est fort probablement jamais produit. Quelle crédibilité doit-on alors accorder à un dieu qui affirme son existence et qui, du même souffle, tente de s'accaparer tout le crédit pour un événement... qui n'est jamais arrivé? Ça commence plutôt mal!

Mais évidemment, M. Prager, comme tous les croyants, n'est pas particulièrement intéressé par des choses aussi mondaines que des preuves scientifiques objectives. Il poursuit donc:

"This is the beginning of what is known as Ethical Monotheism, the greatest world-changing innovation of the Hebrew bible."

Supposons un instant que ce concept soit effectivement une grande innovation sans précédent (ce qu'il n'est pas, j'y reviendrai). Une question inévitable doit être posée: pourquoi Dieu aurait-il attendu aussi longtemps avant de livrer ses commandements?

On estime que l'évolution de nos ancêtres aurait finalement menée à notre espèce dans sa forme actuelle, homo sapiens, il y a environ 200 000 ans. Les estimations de l'âge des dix commandements les placent entre le 14e et le 7e siècle avant notre ère. Cela signifie que ce cher Dieu aurait attendu au moins 198 700 ans avant de daigner se manifester aux humains. Qu'est-ce qui pourrait justifier une telle attente? Pourquoi un dieu tout-puissant, doté d'une sagesse indiscutable et supposément rempli d'amour pour la race humaine aurait-il laissé toutes ces générations de gens vivre et mourir dans l'immoralité, l'ignorance, le vice et le péché sans jamais se manifester et sans jamais leur communiquer la bonne voie à suivre?

Et finalement, après 200 MILLÉNAIRES, lorsqu'il se décide finalement à communiquer avec l'humanité, pourquoi aurait-il choisi une obscure petite tribu insignifiante du fin fond de la Palestine? Son message aurait été diffusé beaucoup plus rapidement et efficacement s'il s'était manifesté dans l'un des grands centres civilisés! Ou encore mieux, en se révélant à tous les humains simultanément! En choisissant spécifiquement les Hébreux, il s'assurait que ses commandements demeureraient largement méconnus du reste de l'humanité pour plusieurs siècles encore.

Ça n'a, bien évidemment, absolument aucun sens.

"Morality, an objective code of right and wrong, does not emanate from human opinion, it emenates from God and therefore transcends human opinion."

Il s'agit là d'une des affirmations préférées des croyants. Malheureusement pour eux, comme à peu près tout le reste, elle est manifestement fausse.

Plusieurs théologiens, pasteurs, rabbins, imams et prêtres avancent l'argument que, sans Dieu, il n'y a plus de définition universelle du "bien" et du "mal". Sans Dieu, arguent-ils, rien ne nous empêche de voler, violer et tuer sans ambages et les lois humaines deviennent des constructions sociales aléatoires. Cela démontre de toute évidence une méconnaissance profonde de ce qu'est un être humain ou, devrais-je dire, un mammifère social.

En effet, les études ont démontré que beaucoup d'animaux possèdent ce qui pourrait être qualifié de "sens moral" rudimentaire. Ce dernier est même très développé et sophistiqué chez les primates qui sont nos cousins les plus rapprochés dans le grand arbre de la vie terrestre.

Prenez par exemple cet article:

(...) many animals have a moral compass, and feel emotions such as love, grief, outrage and empathy, a new book argues. (...) Some research suggests animals have a sense of outrage when social codes are violated. Chimpanzees may punish other chimps for violating certain rules of the social order (...) 

And there are many examples of animals demonstrating ostensibly compassionate or empathetic behaviors toward other animals, including humans. In one experiment, hungry rhesus monkeys refused to electrically shock their fellow monkeys, even when it meant getting food for themselves. In another study, a female gorilla named Binti Jua rescued an unconscious 3-year-old (human) boy who had fallen into her enclosure at the Brookline Zoo in Illinois, protecting the child from other gorillas and even calling for human help.

(...) All those examples suggest that animals have some sense of right and wrong, Rowlands said.

Ou encore celui-ci:

You might think of "morality" as special for humans, but there are elements of it that are found in the animal kingdom, says de Waal -- namely, fairness and reciprocity. His latest study, published this week in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences, suggests that chimpanzees may show some of the same sensibility about fairness that humans do.

(...) Mammals such as wolves, orcas and elephants need their groups to survive, and empathy and cooperation are survival mechanisms. (...) "We think that empathy evolved to take care of others that you need to take care of, especially, of course, between mother and offspring, which is universal in all the mammals," de Waal said.

(...) Like children, the monkeys feel they "need to get the same thing as somebody else," de Waal said.

Ou celui-ci:

Some animals are surprisingly sensitive to the plight of others. Chimpanzees, who cannot swim, have drowned in zoo moats trying to save others. Given the chance to get food by pulling a chain that would also deliver an electric shock to a companion, rhesus monkeys will starve themselves for several days. Biologists argue that these and other social behaviors are the precursors of human morality. They further believe that if morality grew out of behavioral rules shaped by evolution, it is for biologists, not philosophers or theologians, to say what these rules are.

(...) Dr. de Waal, who is director of the Living Links Center at Emory University, argues that all social animals have had to constrain or alter their behavior in various ways for group living to be worthwhile. These constraints, evident in monkeys and even more so in chimpanzees, are part of human inheritance, too, and in his view form the set of behaviors from which human morality has been shaped.

(...) He found that consolation was universal among the great apes but generally absent from monkeys — among macaques, mothers will not even reassure an injured infant. To console another, Dr. de Waal argues, requires empathy and a level of self-awareness that only apes and humans seem to possess. 

(...) Dr. de Waal sees human morality as having grown out of primate sociality, but with two extra levels of sophistication. People enforce their society’s moral codes much more rigorously with rewards, punishments and reputation building. They also apply a degree of judgment and reason, for which there are no parallels in animals.

Religion can be seen as another special ingredient of human societies, though one that emerged thousands of years after morality, in Dr. de Waal’s view. There are clear precursors of morality in nonhuman primates, but no precursors of religion. So it seems reasonable to assume that as humans evolved away from chimps, morality emerged first, followed by religion.

On voit bien que la moralité humaine n'est pas apparue comme par enchantement grâce à ce "document le plus important de l'histoire" comme le prétend M. Prager, mais plutôt qu'elle a évolué, comme tout le reste. En effet, dans le cas d'animaux sociaux comme les primates, des comportements dits "moraux" sont essentiels à la survie du groupe et de l'espèce. La religion n'est donc pas la source de la moralité humaine, mais l'un de ses dérivés.

Les dix commandements ne marquent pas l'apparition de la moralité, mais représentent simplement une des nombreuses tentatives humaines de la codifier. Tout en ajoutant une divinité au sommet de la hiérarchie sociale pour ajouter du poids à nos arguments, une stratégie qui s'est avérée follement efficace à l'époque mais qui devrait éveiller la méfiance chez tout citoyen contemporain qui a échappé à l'endoctrinement religieux et qui est doté d'un modicum d'esprit critique.

"Pre-ten commandments religions all believed that people must do a lot "for" their gods. For example feed them and even sacrifice people to them. But now, thanks to the ten commandments, mankind learned that what God wants is that we be good to our fellow human beings."

Cette affirmation est malhonnête à bien des égards.

Premièrement, le judaïsme et le christianisme ne sont certainement pas dépourvus de règlements auxquels les croyants doivent obéir afin de plaire à leur dieu et qui n'ont absolument rien à voir avec le fait d'être bon envers les autres. L'ancien testament chrétien est rempli de ces anciennes règles farfelues comme par exemple celles qui dictent ce que l'on peut ou pas manger, quels tissus on peut ou pas porter, quelles coiffures sont appropriées, comment les hommes peuvent porter la barbe, ce qu'on peut planter ou pas dans nos champs, ce qu'on peut toucher ou pas, etc. Ces règles ne font pas partie des dix commandements à proprement parler, mais elles sont présentes au coeur des religions qui en ont découlé.

Deuxièmement, le judaïsme et le christianisme affirment clairement que le croyant doit être "bon" et obéir à Dieu non pas parce que cela est la bonne chose à faire, mais plutôt parce qu'il subira les pires sévices à perpétuité s'il refuse de se soumettre. L'ancien testament est rempli de ces menaces de feu, de torture et de souffrances éternelles. Or, le fait d'obéir à des règlements par peur de représailles divines est clairement beaucoup moins admirable que de choisir des actions morales motivées par une véritable empathie qui est, rappelons-le, présente dans notre ADN depuis nos lointains ancêtres primates. À cet égard, l'introduction de telles menaces ne représente pas un pas en avant, mais plutôt un RECUL!

Troisièmement, les religions qui existaient avant le judaïsme ne pratiquaient pas toutes le sacrifice humain. Il s'agit d'une généralisation profondément abusive. Il est toujours amusant de voir les croyants parler avec tant de dévotion de leur foi et, du même souffle, vomir leur mépris pour les autres fois qui sont pourtant très similaires à la leur.

Quatrièmement, contrairement à ce qu'affirme M. Prager, il était tout à fait entendu pour les croyants de l'époque que ces règlements ne s'adressaient pas à l'ensemble de l'humanité, mais bien spécifiquement AUX JUIFS, le peuple élu de Dieu. Cela est vrai de TOUS les commandements, comme le démontre clairement l'allusion à la libération des Juifs d'Égypte. Ainsi, lorsque son dieu commande de ne pas tuer, la signification originale est qu'il est mal de tuer UN JUIF. Tuer les autres, ça, c'est parfaitement correct dans un paquet de contextes variés. On est bien loin d'une grande moralité universelle d'inspiration divine!

Si son dieu avait véritablement voulu nous commander d'être bon envers les autres êtres humains, alors pourquoi aucun des dix commandements ne dit simplement: "Sois bon envers les autres êtres humains"? Pourquoi a-t-on besoin d'un théologien moderne pour réussir, grâces à toutes sortes d'entourloupes, à extirper cette interprétation du texte?

Bref, cette tentative d'universaliser les dix commandements constitue un détournement du sens initial du texte qui n'aurait pas manqué de choquer profondément les Hébreux de l'époque.

"Note that God is not saying in this introduction to the ten commandments that he created the world, it surely would have made a lot of sense for God to introduce the ten commandments with this statement. (...) The one thing God declares is that he took the children of Israel out of slavery and into freedom. That's how much God hates slavery."

Oui, apparemment, son dieu déteste vraiment l'esclavage lorsque ceux qui sont enchaînés sont Juifs. Ah, mais lorsque ce sont des membres d'autres peuples qui sont enchaînés, ça n'a pas trop l'air de le déranger parce qu'il n'intervient jamais pour les libérer!

Rappelons que, selon toutes les études sérieuses qui ont investigué la question, absolument RIEN ne vient étayer la thèse d'un esclavage massif de Juifs en Égypte. Nothing. Nada. Zip. Eu-rien. Quelle sorte de dieu commencerait un texte aussi important en faisant référence à un événement qui ne s'est jamais produit?

"Je suis le Seigneur ton Dieu, qui se vante d'avoir fait quelque chose qui n'est jamais arrivé!"

En d'autres termes, quiconque est doté d'un minimum de sens critique réalisera facilement que l'esclavage et l'évasion des Juifs d'Égypte n'a fort probablement jamais eu lieu, que les dix plaies d'Égypte sont du plus pur mumbo-jumbo mythique qu'on retrouve dans toutes les religions et qu'il est impossible pour quiconque d'ouvrir la mer en deux avec un bâton afin de permettre à des gens de la traverser à pied... et il conviendra aisément que tout ceci ne fait absolument rien pour apporter de la crédibilité aux origines divines des commandements mais que, au contraire, il en démontre l'invraisemblance.

De plus, cette interprétation de M. Parger est profondément moderne et américaine. En effet, dans l'imaginaire collectif de nos voisins du Sud, la plus grande tache honteuse de leur histoire est l'esclavage des Noirs. c'est donc pour cette raison qu'il interprète cette phrase sous cet angle. Mais c'est, encore une fois, une déformation du sens original du texte.

Finalement, il est toujours extrêmement amusant de voir une religion parler de "liberté". Ces mêmes religions qui prêchent la soumission à l'autorité divine, l'obéissance aux lois religieuses, qui prodiguent d'innombrables menaces et dictent des punitions terribles à quiconque se montre désobéissant... vont venir nous faire des leçons de LIBERTÉ?

Risible.

"You cannot be a free people if you do whatever you want."

Ben oui, c'est clair. Tu ne peux pas être libre si tu es... libre. Ça tombe sous le sens.

"By telling us that he liberated the Hebrew slaves, God made clear that he cares deeply about human beings."

Non, non, non, encore une fois, M. Prager déforme le texte. Le sens original du texte est que Dieu aime LES JUIFS, point final. D'ailleurs le mépris des humains du dieu de l'Ancien testament s'exprime à de multiple reprises dans la bible. Est-ce qu'un dieu qui aime les humains aurait provoqué un grand déluge qui a noyé la quasi-totalité de la population du monde? Est-ce qu'un dieu qui aime les humains aurait ordonné aux Hébreux de massacrer les peuples qui occupaient leur "Terre Promise"? Est-ce qu'un dieu qui aime les humains aurait incinéré hommes, femmes et enfants des villes de Sodome et Gomorrhe?

J'en passe et des meilleures.

M. Prager, si votre dieu avait voulu nous dire ce que vous prétendez, pourquoi n'aurait-il pas introduit ses commandements avec:

«Je suis le Seigneur ton Dieu, qui déteste toute forme d'esclavage et qui aime profondément tous les êtres humains.»

Quoi? C'est trop simple?

Ou est-ce plutôt parce que dans l'esprit des véritables auteurs de ces commandements, des habitants superstitieux de l'âge de bronze, la solidarité ne s'étendait pas à toute l'humanité, mais seulement aux membres de la tribu, dans ce cas-ci aux autres Hébreux? Ça ne vous semble pas beaucoup plus vraisemblable, M. Prager?

À suivre...



30 octobre 2015

Les notes des garçons

Les tendances inquiétantes qui avaient été observées dans de précédentes études semblent se confirmer. En effet, ils semble de plus en plus évident que les élèves masculins sont victimes d'évaluations discriminatoires à l'école.

Il y a eu cette étude du Centre for Economic Performance, qui a trouvé que les enseignantes donnent des notes plus basses aux garçons:

Ground-breaking research shows that boys lower their sights if they think their work is going to be marked by a woman because they believe their results will be worse. It also shows their suspicions are correct – female teachers did, on average, award lower marks to boys than unidentified external examiners. Male teachers, by contrast, awarded them higher marks than external examiners.

Puis, il y a eu celle-ci, réalisée par des chercheurs des universités de Georgie et Columbia, qui révèle que même lorsqu'ils obtiennent les mêmes résultats que les filles dans leurs tests, les garçon reçoivent des notes de bulletin plus basses afin de les punir de leur "mauvaise attitude":

A new study on gender disparities in elementary-school performance (...) found that boys were given lower grades than girls, even in cases (such as math and science) where their test scores were either equal to or higher than the girls’ test scores.

Et maintenant, cette récente étude de l'OCDE révèle que les filles bénéficient de plus de clémence que les garçons lorsqu'elles sont évaluées:

An OECD report on gender in education, across more than 60 countries, found that girls receive higher marks compared with boys of the same ability. Researchers suggest girls are better behaved in class and this influences how teachers perceive their work. Differences in school results can sometimes "have little to do with ability", says the study.

Selon cette étude, à compétence égale, les garçons recevraient de moins bonnes notes que les filles parce que leur "comportement" influence la perception des profs. Les notes, qui sont supposées évaluer objectivement la performance d'un élève dans une matière spécifique, seraient injustement influencées par le "comportement" de l'élève. Un petit garçon aussi compétent qu'une fillette, mais plus turbulent qu'elle, verra donc ses notes baisser. Choquant.

Les révélations de cette étude sont profondément troublantes:

But it also reveals that teachers can be biased towards giving girls higher results than boys, even when they have produced the same quality of work.

The researchers suggest that this reflects expectations about girls being positive towards learning and less disruptive.

In contrast, boys are more likely to be hostile towards school and likely to do fewer hours of homework, says the OECD study.

"From a young age, boys are less likely to raise their hand in class to ask to speak, they are worse at waiting their turn to speak or engage in an activity, they are less likely to listen and pay attention before starting a project," says the study.
And as they get older, boys are more likely to "start withdrawing in class and becoming disengaged".

When it comes to teachers' marking, the study says there is a consistent pattern of girls' work being "marked up".

It suggests that "teachers hold stereotypical ideas about boys' and girls' academic strengths and weaknesses".

Teachers are said to reward "organisational skills, good behaviour and compliance" rather than objectively marking pupils' work.

Léa verra sa note finale rehaussée parce qu'elle est mieux organisée, calme et obéissante.

Léo, lui, même s'il a démontré qu'il est aussi compétent que Léa, recevra une note finale plus basse parce qu'il n'aime pas l'école, qu'il perturbe parfois la classe et qu'il n'attend pas toujours son tour pour parler. 

Quand on dit que le système scolaire est biaisé en faveur des filles, qu'il est hostile aux garçons et que les dés sont pipés, c'est de ça qu'on parle.

Et après ça, face à cette discrimination institutionnalisée à leur égard, on s'étonnera que plus de gars décrochent et soient complètement écoeurés de l'école.



29 octobre 2015

CLASH OF EAGLES de Alan Smale

Nous sommes au 13e siècle dans un monde où l’empire romain d'Occident ne s’est jamais écroulé. Au contraire, il est plus puissant que jamais suite à la conquête des terres scandinaves. Grâce aux explorations antérieures des Vikings, les Romains apprennent qu’une terre inconnue se situe à l’ouest, au-delà de l’Atlantique. Ils baptisent ce nouveau continent «Nova Hesperia» (Nouvelle-Hespérie) et c’est un nouvel âge de conquête impériale qui s’amorce. Mais les peuples qui habitent ce nouveau continent s’avéreront être un adversaire de taille pour les cohortes romaines.

Difficile d’imaginer une prémisse plus prometteuse pour une uchronie, n'est-ce pas?

Gaius Marcellinus, vétéran de plusieurs campagnes, est nommé à la tête de l’armée romaine qui met pied à terre dans la baie de Chesapika. Les natifs de la région, rapidement soumis, leur parlent d’une grande ville située plus à l’intérieur des terres, une grande cité nommée Cahokia. Les légions romaines se dirigent donc vers l’Ouest, à travers les contrées sauvages du nouveau continent.

Si les premiers peuples qu’ils ont rencontrés, les Powhatans, sont facilement vaincus, les seconds, les Iroqua, s'avèrent être des adversaires considérables. Ces derniers suivent furtivement les légions, s’attaquant seulement aux légionnaires qui s’éloignent de leurs congénères pour trouver du bois ou pour répondre à l’inévitable appel de la nature. Mais rien de tout cela ne les prépare pour Cahokia, une grande cité parsemée de tertres imposants et qui compte plus d’habitants que la plupart des villes européennes de l'époque! Le résultat de l'affrontement épique entre autochtones et Romains ne manquera pas de vous surprendre!

Ce qui importe d'abord et avant tout dans une uchronie, à mon humble avis, c’est que la réalité qui est décrite demeure vraisemblable et crédible. Personnellement, lorsque j’en lis une, je veux être en mesure de me dire: «Ceci aurait vraiment pu se passer.» Or, malheureusement, dans ce cas-ci, on bascule rapidement dans la fantaisie. En effet, l’auteur dote les guerriers de Cahokia d’espèces de deltaplanes. Pire, il leur donne l’usage du «liquid fire», une substance qui rappelle le feu grégeois des Byzantins et qui peut être lâchée du haut des airs. Inutile de dire que rien ne permet de croire que les Amérindiens aient pu maîtriser de telles technologies. Je n’aurais pas eu d’objection dans le contexte d’un roman fantaisiste, mais dans celui d’une uchronie, c’est une autre histoire. Il s’agit d’un choix très malheureux qui vient saper la crédibilité du récit.

Malgré cette source d'irritation, j’ai généralement bien aimé ce roman. C’est bien écrit et le suspense est très fort. L’auteur a une bonne connaissance des tactiques militaires romaines et les scènes de combat sont étonnamment bien décrites. Smale nous dépeint une société cahokienne qui est généralement vibrante de vie et crédible dans son organisation et ses moeurs quotidiennes. Marcellinus est un personnage fascinant à travers lequel le lecteur vit intensément cette grande aventure. Les personnages secondaires sont attachants, complexes et bien définis.

Bref, si des deltaplanes amérindiens au 13e siècle ne vous font pas tiquer autant que moi, vous risquez de beaucoup apprécier ce roman qui est le premier d’une trilogie. Malheureusement, dans mon cas, cela a été un irritant suffisamment considérable pour sérieusement compromettre mon intention de lire la suite...



28 octobre 2015

Sacs de patates et multiculturalisme

Je vous ai déjà parlé de mes jeunes amis multiculturalistes dans ce billet. Il s'agit pour la plupart d'anciens élèves à moi, maintenant jeunes universitaires brillants et à l'avenir prometteur. J'apprécie toujours les conversations que j'ai avec eux car ils me me poussent à raffiner mes positions et à ne pas m'ankyloser dans la facilité qui vient avec le fait de parler uniquement à des gens qui pensent comme soi.

Le sujet sur lequel nos opinions divergent le plus, vous l'aurez deviné, c'est le multiculturalisme. Comme la plupart des jeunes, mes amis souscrivent sans réserve à cette idéologie, ce qui donne lieu à des débats intéressants entre eux et moi.

L'événement déclencheur de nos derniers échanges a été la controverse du niqab aux dernières élections. Le contexte? En septembre dernier, la cour d'appel fédérale a accordé à une femme le droit de participer à la cérémonie d'assermentation des nouveaux citoyens canadiens en portant le niqab, c'est-à-dire ce voile intégral qui couvre de la tête aux pieds et qui cache le visage. Appelés à se prononcer en pleine campagne électorale, les partis étaient divisés sur la question. D'un côté, les multiculturalistes libéraux et néo-démocrates ont affirmé qu'ils n'y voyaient aucun problème et que "l'état n'a pas à dicter à une femme ce qu'elle peut porter ou pas!" De l'autre, les conservateurs et le Bloc ont manifesté leur désaccord citant, entre autres choses, le principe de l'égalité entre les hommes et les femmes.

Le jour du vote, en guise de protestation, plusieurs citoyens se sont rendus voter avec des masques. L'idée était évidemment de se moquer de cette décision de la cour fédérale. Certaines personnes ont d'ailleurs enfilé des sacs de patates vides sur leur tête, celles qui sont munies d'un grillage qui n'est pas sans rappeler celui du niqab. L'humoriste québécoise Nabila Ben Youssef s'est rendue à un bureau de scrutin en portant un niqab très spécial qui était muni de deux grillages: un pour ses yeux et l'autre pour ses fesses!



Personnellement, j'ai trouvé ces initiatives follement amusantes. Tout d'abord, parce que j'adore toute manifestation d'irrévérence envers les autorités religieuses! Quel bonheur de voir des libres penseurs qui refusent de respecter leurs élucubrations!

De plus, je suis toujours rassuré lorsque je vois des citoyens manifester leurs opinions de la sorte. Par exemple, j'étais fier de voir les étudiants prendre la rue en 2012 pour protester contre la hausse des frais de scolarité et j'ai ressenti la même fierté il y a deux semaines en voyant ces citoyens exaspérés qui allaient voter en portant des masques. Il me semble que ces démonstrations de dissidence sont le signe d'une démocratie saine et ils font tellement de bien au milieu du cynisme, de la grisaille et de l'indifférence qui caractérise le climat politique actuel au Québec.

Évidemment, mes amis multiculturalistes, eux-même d'anciens "carrés rouges", ne le voyaient pas du tout de cet oeil. Pour eux, il s'agissait carrément d'une manifestation de racisme et de xénophobie! L'un d'eux a partagé l'image de droite sur son compte Facebook et je n'ai pas pu m'empêcher d'y réagir en écrivant:

"Sur quoi te bases-tu pour affirmer que les gens qui ont la question du niqab à coeur ne s'intéressent à aucun autre enjeu? De plus, je te signale que les libéraux et le NPD sont en faveur du niqab aux cérémonies d'assermentation et que ce qu'ils proposent dans le cas de tous ces autres enjeux n'est pas particulièrement inspirant ni même pertinent. Ne faites pas preuve du même mépris que celui que les gens aux valeurs conservatrices vous ont servi lors du printemps étudiant de 2012. Des citoyens qui se mobilisent pour leurs convictions, c'est sain dans une démocratie."

Un ami de mes amis que je ne connais pas, appelons-le Mathias, a répondu et voici la conversation qui en a résulté.

Mathias: Même si cette conviction est à la limite du racisme et de la xénophobie?

PS: Premièrement, l'Islam n'est pas une race ni une origine ethnique, alors ces deux termes ne sont pas adéquats. Deuxièmement, il est possible de critiquer les idéologies et les pratiques religieuses sans que cela soit motivé par la haine. Moi, je trouve ridicule que les prêtres cathos ne puissent pas se marier et que les Sikhs puissent porter le kirpan à l'école, est-ce que cela fait de moi un xénophobe et un raciste?

Mathias: Premièrement, je trouve que tu rationalises très bien cette conviction afin d'essayer de montrer que ce n'est pas une conviction raciste/xénophobe. Deuxièmement, l'interdiction de prêter serment à visage couvert vise uniquement les femmes musulmanes, qui par hasard, sont plus souvent qu'autrement non-caucasiennes et viennent principalement d'une certaine région du monde. Selon l'UNESCO la xénophobie est «la peur de ce qui vient de l’extérieur». Donc, cette conviction est raciste et xénophobe puisqu'elle vise des gens qui viennent d'une région très spécifique du monde et qui sont différent des québécois dit "de souche".

PS: Fascinant... alors avant de critiquer une idéologie, il faudrait toujours que je m'informe d'abord sur l'origine ethnique des gens qui la véhiculent. Si ce sont des caucasiens, alors pas de problème, je peux critiquer jusqu'à plus soif! Ah! mais si ce ne sont pas des caucasiens, alors cette idéologie doit être protégée de toute critique et les gens qui s'en moquent ou qui manifestent un désaccord sont automatiquement étiquetés comme des xénophobes! En d'autres termes, la valeur de l'idéologie elle-même a moins d'importance que la couleur de la peau des gens qui la véhiculent! Bienvenue dans le monde du multiculturalisme superficiel où les apparences ont plus d'importance que le contenu! Misère...

Mathias: En effet, il est important de considérer quel groupe discrimine envers quel(s) autre(s) groupe(s). Ça s'appelle un biais pro endogroupe et c'est un concept de base nécessaire à la compréhension de la discrimination envers toutes sortes de groupes (équipe de hockey, femme, homosexuel, handicapé, noir, musulman, etc.). Je vais même prendre les devants et te dire que l’un de mes projets de doctorat en psychologie vise à comprendre la discrimination envers les immigrants. Bref, je sais de quoi je parle.

PS: Mais je ne nie pas que la discrimination existe et je suis convaincu que votre thèse de doctorat sera des plus pertinentes et des plus intéressantes. Mais je ne parle pas de discrimination, je parle du fait de critiquer ou de se moquer des préceptes d'une religion. Ce que je dis, c'est qu'on ne doit pas s'empêcher de critiquer une idéologie sous prétexte qu'elle est véhiculée par un groupe ethnique minoritaire. Il est illogique qu'une personne soit qualifiée de "libre-penseur" lorsqu'il s'oppose aux délires de la religion catholique, mais qu'il soit taxé de "xénophobe raciste" s'il s'oppose aux délires de l'Islam, du sikhisme, du judaïsme ou de n'importe quelle autre religion minoritaire. Une société libre et moderne ne devrait pas avoir peur de critiquer les idéologies obscurantistes. D'ailleurs, la seule discrimination que je vois dans toute cette histoire, c'est celle que subissent certaines femmes musulmanes en étant forcées (dans certains cas) à porter un niqab pour quitter la maison. Je suis loin d'être le seul à l'affirmer, de nombreuses femmes issues de groupes ethniques minoritaires le font également! Vous connaissez Ayaan Hirsi Ali? Djemila Benhabib? Nabila Ben Youssef? Maryam Namazie? Sont-elles xénophobes et racistes elles aussi? Ou sont-elles à l'abri de telles accusations parce qu'elles sont elles-mêmes issues de groupes ethniques minoritaires?

Mathias: Le but de mon argumentaire était de te montrer que ta croyance que "[d]es citoyens qui se mobilisent pour leurs convictions c'est sain dans une démocratie", est erronée quand il s'agit d'une conviction visant à limiter les droits d'une minorité. Puisque tu ne fais aucun effort pour comprendre mon argument (ou l'attaquer), que tu ne fais que détourner le sujet avec chacune de tes réponses, ceci est mon dernier commentaire.
Bonne journée.

Comme vous pouvez le voir, on peut dire que la conversation s'est terminée assez abruptement. Je vous laisse le soin de juger par vous-mêmes si Mathias avait raison d'affirmer que je n'ai fait "aucun effort" pour "comprendre ou attaquer" son argument et que je ne faisais que "détourner" le sujet ou s'il n'a tout simplement pas apprécié d'être mis face à ses propres contradictions.

Une chose est certaine, on peut affirmer sans hésiter que sa position est purement multiculturaliste. On est dans le relativisme le plus complet.

Selon lui, il ne faut pas manifester son désaccord avec une idéologie si cette dernière émane d'un groupe minoritaire. Quiconque enfreint cette règle est un xénophobe raciste redneck.

Selon lui, le contenu d'une idéologie a moins d'importance que l'origine ethnique de la personne qui la véhicule. Si une idée est mise de l'avant par un caucasien natif, alors pas de problème, cette idée peut être débattue, opposée et tournée en dérision sans le moindre problème. Mais si l'idée est véhiculée par des gens qui constituent une minorité quelconque ou qui sont nés ailleurs, alors elle devient complètement intouchable. Quiconque ose en débattre, s'y opposer ou la tourner en dérision doit être automatiquement taxé de xénophobe raciste redneck.

Selon lui, le fait d'interdire aux nouveaux citoyens de se présenter à la cérémonie d'assermentation en se voilant le visage n'est rien de moins que l'imposition d'une "limite" aux droits d'une minorité, et cela ne peut être motivé que par la xénophobie et le racisme des rednecks.

On est dans l'idéologie multiculturaliste la plus dogmatique et la plus intransigeante qui soit. Et, comme toute idéologie qui se respecte, elle s'accompagne de la traditionnelle diabolisation de tous les gens qui pensent autrement. Dans ce cas-ci, ce sont des xénophobes racistes rednecks.

Moi, ce que j'avance, c'est qu'il est légitime dans certaines situations d'exiger qu'un citoyen porte un vêtement ou encore qu'il retire un vêtement inapproprié. Je crois que, dans certains cas, il est légitime d'exiger qu'un citoyen retire un masque afin que son identité puisse être confirmée. Je crois que la cérémonie d'assermentation, la prise de photo du permis de conduire, la comparution en cour et le vote constituent des situations (parmi d'autres) où il est clairement essentiel que le citoyen se démasque. Ça me paraît être une évidence des plus élémentaires.

Ce que je dis également, c'est que TOUTES les idées peuvent être débattues, confrontées, critiquées et tournées en dérision! TOUTES! La valeur d'une idée n'est ni accentuée et ni affaiblie selon que la personne qui la véhicule soit issue d'un groupe minoritaire ou non. L'idée que la terre est plate est ridicule, peu importe que la personne qui l'affirme soit caucasienne, noire ou asiatique! L'idée que les hommes et les femmes doivent posséder les mêmes droits et les mêmes obligations est juste et équitable, peu importe que la personne qui l'affirme soit chrétienne, musulmane, bouddhiste ou athée! Une idée est une idée et il est important de la juger selon ses propres mérites en faisant complètement abstraction des caractéristiques physiques ou de l'appartenance religieuse de la personne qui la met de l'avant. La religion ne devrait JAMAIS être un argument magique qui donne le droit d'affirmer n'importe quoi, de se soustraire au débat et d'être à l'abri de toute critique.

À mon avis, lorsqu'une personne se sert de son apparence physique, de son origine ethnique ou de sa religion pour faire la démonstration de la validité d'une idée, c'est que cette idée ne peut pas tenir sur ses propres mérites intrinsèques. Elle a besoin de béquilles artificielles pour tenir debout. Et donc, elle ne vaut rien et mérite toutes les moqueries qui sont dirigées contre elle.

Pour Mathias, une société non-raciste est une société où les idées des minorités bénéficient d'une protection spéciale qui les met à l'abri de la critique. Pour moi, une société non-raciste est une société dans laquelle on fait abstraction de l'origine ethnique des citoyens et qu'on les considère tous également. C'est aussi une société dans laquelle toutes les idées sont débattues et critiquées librement, sans considération pour l'origine ethnique des gens qui les véhiculent. À mon humble avis, sa vision mène au totalitarisme et la mienne mène à la liberté.

Pour moi, les citoyens qui allaient voter avec des masques étaient des citoyens engagés qui ont le droit d'exprimer leur désaccord, de manifester leur opposition et leur dissidence librement. Pour Mathias, il s'agit de gestes honteux et répréhensibles qui ne devraient pas se produire et qui justifient qu'on traite ces gens de xénophobes racistes rednecks.

Finalement, remarquez comment Mathias passe complètement sous silence ma remarque à propos de Ayaan Hirsi Ali, Djemila Benhabib, Nabila Ben Youssef et Maryam Namazie. Les multiculturalistes sont complètement incapables de répondre à cet argument-là parce qu'il vient complètement court-circuiter leur vision dogmatique du monde. C'est un cas classique de dissonance cognitive.

Pour un multiculturaliste, la majorité caucasienne occidentale est source d'oppression dont les pauvres minorités ethniques vulnérables doivent être protégées. Malheur aux membres de la majorité qui OSENT formuler la moindre critique à l'égard des idéologies, des traditions ou des valeurs de la minorité! Ils seront immédiatement taxés de sales xénophobes racistes rednecks. Pour un multiculturaliste comme pour tous les idéologues, c'est très très clair: tu as les gentils d'un côté et les méchants de l'autre.

Mais que faire lorsque les mêmes critiques émanent de membres de la minorité? Que faire quand des femmes musulmanes émettent les mêmes critiques à l'égard des idéologies, des traditions ou des valeurs de la minorité dont elles sont issues? Doit-on les taxer de xénophobes racistes rednecks envers elles-mêmes? Does not compute, does not compute, does not compute! Court-circuit total. C'est pour cela que les les multiculturalistes préfèrent ignorer ces femmes-là et faire comme si elles n'existaient pas. C'est plus simple que de remettre en question leur propre idéologie ridicule.

Après Mathias, ce fut au tour d'un autre ami de mes amis de réagir.

Simon: Je trouve que Xénophobe va pas mal bien à la situation moi. Le fait d'avoir une opinion ne signifie pas être xénophobe. Même si aller voter avec un sac de patates sur la tête peut être une forme de critique sociale, elle se classe à mon avis au même niveau que de chier dans un sac en papier, y mettre le feu et le laisser devant l'Assemblée Nationale ou le Parlement. Cela ne propose rien pour faire avancer le débat, simplement une incompréhension profonde et une peur de l'inconnu caractéristiques de la xénophobie. par ailleurs, même s'il est possible que les gens qui se mettent des sacs de patates sur la tête (ou autre objet masquant partiellement ou totalement leur identité) aient d'autres enjeux à coeur, c'est celui-là qu'ils ont choisit comme cheval de bataille pour aller voter. Ç'aurait tout aussi bien pu en être un autre, mais force est de constater que cet individu n'a pas un chandail pronant ces autres valeurs. Finalement, quand tu dis ''les gens'', sache que tu es le seul qui ait explicitement décidé qu'il s'agissait d'une généralisation et non simplement d'un commentaire visant l'homme que l'on voit sur la photo (bien qu'en toute bonne foi, j'admette que je les mettrais volontiers tous dans le même panier).

Le premier reproche que formule Simon à l'égard des protestataires du niqab, c'est qu'ils "ne proposent rien pour faire avancer le débat." Or, de toute évidence, c'est complètement faux. Je trouve, au contraire, que ce qu'ils proposent est d'une clarté aveuglante. Ces protestataires s'opposent à ce que des gens puissent porter un masque lors de certains événements importants tels que la cérémonie d'assermentation des nouveaux citoyens ou encore pour aller voter. Ils y voient une aberration. On peut donc facilement conclure qu'ils proposent assez clairement que cette pratique ne soit pas tolérée. C'est l'évidence même.

Simon affirme ensuite que les protestataires sont motivés par "une incompréhension profonde et une peur de l'inconnu caractéristiques de la xénophobie." C'est tout de même fascinant de voir comment il se croit capable de dresser un portrait fidèle des opinions de gens qu'il n'a jamais rencontrés et à qui il n'a jamais parlé en se basant uniquement sur... des photos!

Fort à parier que, il y a quelques années, Simon et Mathias faisaient partie de ces jeunes étudiants qui sont descendus dans la rue pour manifester contre la hausse des frais de scolarité. À l'époque, certains individus aux valeurs conservatrices n'ont pas hésité à les qualifier de bébés gâtés, d'enfants-rois, de petits cons jamais satisfaits, de maudits fauteurs de trouble et ce, sans jamais leur parler et en se basant uniquement sur des images aperçues à la télé. Apparemment, Simon et Mathias n'ont tiré aucune leçon formative de cette expérience car voilà qu'ils réservent exactement le même traitement aux citoyens qui manifestent leur opposition au niqab.

Est-il possible que le type sur la photo avec le sac de patates sur la tête soit motivé par des considérations racistes et une haine des musulmans? Bien sûr! Peut-on toutefois l'affirmer sans l'ombre d'un doute avec une simple photo? Absolument pas!

De plus, que dire de Nabila Ben Youssef qui est allée voter avec son niqab à deux fenêtres? Est-elle raciste? Xénophobe? Redneck? Si c'est bon pour les uns, c'est bon pour les autres, non?

Simon affirme également que "les gens qui se mettent des sacs de patates sur la tête (ou autre objet masquant partiellement ou totalement leur identité)" ont peut-être "d'autres enjeux à coeur", mais que "c'est celui-là qu'ils ont choisit comme cheval de bataille pour aller voter" et que le type sur la photo "n'a pas un chandail prônant ces autres valeurs." Je veux bien, mais le problème avec l'affirmation de Simon c'est qu'elle est extrêmement réductrice de l'opinion des autres. Il choisit de réduire le message des protestataires à une déclaration de haine envers les musulmans. Moi, j'y vois de nombreux enjeux de société importants et fondamentaux: l'égalité entre les sexes, les limites de la tolérance religieuse, la liberté d'expression, l'intégration à la société d'accueil, la séparation de la religion et de l'état, le prosélytisme religieux, le mérite du respect des croyances, la justice sociale, etc. Tous ces enjeux sont présents à mon avis et je crois que Simon a tort de réduire tout ça à une bête question de haine raciale.

Ce fut ensuite au tour de mon bon ami Frank de réagir:

"Les appuis au NPD ont dégringolé de près de 20% à partir du moment où les conservateurs ont sorti la "question" du niqab sur la place publique et que le NPD ne s'est pas montré favorable à légiférer là-dessus. Changer son intention de vote sur cette question-là, surtout considérant les enjeux de l'élection de cette année, me semble être le signe d'un manque de jugement. C'est exactement ce que les stratèges conservateurs voulaient, c'était calculé, et ça n'aurait pas pu mieux marcher pour eux. Ils ont dû bien rire dans leur barbe. C'est un non-enjeu, C'est de la poudre aux yeux. On aurait dû en parler 30 secondes puis passer à autre chose, peu importe la conclusion. Ça c'est sans compter que les gens ONT à se dévoiler pour l'assermentation...c'est seulement pour la cérémonie après qu'ils peuvent s'habiller selon leur désir. (...)  Je ne méprise pas les citoyens qui se mobilisent pour leurs convictions, je méprise le "short-sightedness" qu'on voit ici."

C'est ce cher Frank qui est sans contredit l'auteur du commentaire le plus pertinent jusqu'à maintenant, à mon humble avis. Toutefois, son raisonnement n'est pas sans failles.

Tout d'abord, beaucoup de gens ont affirmé que les conservateurs avaient prévu que la décision de la cour fédérale serait rendue publique pendant la campagne électorale et qu'ils avaient planifié s'en servir pour détourner le débat et marquer des points dans l'électorat. Ce n'est pas impossible, les conservateurs ont certainement prouvé dans le passé à quel point ils peuvent être d'impitoyables stratèges. Toutefois, sans preuve concrète, ceci n'est rien de plus qu'une supposition plausible.

De plus, même si cela s'avérait véritablement être une stratégie conservatrice, cela n'enlèverait rien à la valeur de l'enjeu. Supposons, par exemple, que le parti vert soit au pouvoir et qu'il déclenche des élections en sachant qu'un rapport important à propos du réchauffement climatique sera publié en plein milieu de la campagne électorale. On peut bien sûr se questionner à propos de l'honnêteté d'une telle manoeuvre, mais est-ce que cela signifie que le réchauffement climatique n'est pas un enjeu valable? Bien sûr que non! Alors, dans la même logique, on ne peut pas affirmer que la question du niqab est un "non-enjeu" et rien de plus que "de la poudre aux yeux" simplement sous prétexte qu'elle est exploitée par les stratèges conservateurs!

Finalement, lorsque Frank écrit que le fait de prioriser cet enjeu face aux autres est "le signe d'un manque de jugement", c'est là son opinion, rien de plus. À chacun de choisir quel enjeu il considère prioritaire ou non. Tout dépend des critères de chacun. Selon mes propres critères, l'enjeu du niqab est très important. Le seul enjeu qui m'a semblé nettement plus important dans la dernière campagne fédérale, c'est la question de l'oléoduc Énergie Est et du réchauffement climatique.

Pourquoi est-il important? Pour plusieurs raisons.

Premièrement, une société occidentale laïque et moderne ne devrait pas compromettre ses valeurs pour éviter de froisser les convictions et les superstitions obscurantistes de groupes religieux. Ce qui devrait être valorisé, c'est ce qui a fait la grandeur de la civilisation occidentale depuis les Lumières: la science, la raison, la démocratie. Notre pays devrait être une oasis pour les gens progressistes de toutes origines, pas un refuge pour des sectes de fanatiques intolérants.

Deuxièmement, les religions tentent constamment de s'immiscer dans les affaires de l'état et dans la vie des citoyens et elles doivent être combattues sans relâche. On doit combattre la religion catholique qui souhaite nous priver de la liberté de mourir dans la dignité (encore et encore et encore) ou qui prêche la discrimination envers les femmes et les homosexuels. On doit combattre les sectes orthodoxes juives qui endoctrinent et maltraitent leurs enfants et qui réduisent les femmes à l'état de bétail reproducteur qui n'a même pas le droit d'emprunter le même trottoir que les hommes. On doit combattre le sikhisme qui veut nous forcer à accepter le port du couteau cérémonial dans nos écoles et dans nos rues. On doit combattre les cérémonies de mutilations des hindouistes. On doit combattre toutes les religions qui persistent à circoncire les bébés sans aucune raison médicale et sans le moindre respect du droit à l'intégrité physique des enfants. On doit combattre les religions qui insistent pour que des animaux soient abattus dans des conditions inhumaines et souffrantes pour satisfaire les exigences de leurs dieux imaginaires. On doit combattre la scientologie qui exploite et détrousse les naïfs et les personnes vulnérables. On doit combattre pour que la raison triomphe sur les croyances et les superstitions.

Troisièmement, les multiculturalistes auront beau le nier, mais les islamistes tentent bel et bien d'infiltrer les démocraties occidentales et d'utiliser leurs propres institutions à leur avantage. C'est la stratégie établie par les Frères musulmans et qui a inspiré de nombreux groupes d'islamistes radicaux. Nous avons le devoir de protéger nos jeunes et nos concitoyens vulnérables contre l'endoctrinement religieux de ces fanatiques. Nous avons le devoir de protéger la laïcité de nos institutions contre l'infiltration religieuse. Nous avons le devoir d'empêcher que des capitaux québécois soient acheminés à des groupes fanatiques à l'étranger. Il faut rester vigilant et ceci ne relève pas de la paranoïa, la preuve:

La femme au niqab qui a fait dévier la campagne électorale œuvre au sein d’un organisme lié au Jamaat-e-Islami, un parti islamiste pakistanais que plusieurs pays occidentaux considèrent comme une organisation terroriste. (...) Les spécialistes considèrent cette organisation comme une filiale nord-américaine du Jamaat-e-Islami, un parti islamiste pakistanais dont le bras armé est considéré comme une organisation terroriste, notamment par l’Union européenne. (...) L’organisme a donné 633 000$ aux projets de la fondation Al-Khidmat, le bras de bienfaisance du Jamaat-e-Islami au Pakistan.

Quatrièmement, le niqab est une aberration totale et les pays occidentaux ne sont pas les seuls à ressentir un profond malaise face à cet accoutrement. Tout récemment, l'Égypte a interdit aux femmes de porter le niqab au moment de voter et le recteur de l’université du Caire interdit le niqab pour les enseignantes! Est-ce à dire que les Égyptiens sont des xénophobes racistes islamophobes rednecks? Ben voyons! Toute personne progressiste devrait dénoncer le niqab sans la moindre hésitation! Mathieu Bock-Côté le fait d'ailleurs beaucoup mieux que moi:

Il faut appeler un chat un chat et une offensive islamiste une offensive islamiste. Le combat pour porter le niqab à tout prix participe à cette dernière, consciemment ou inconsciemment. Celle qui veut le porter à tout prix au moment de prêter son serment de citoyenneté envoie un message clair: elle ne veut rien savoir de sa société d'accueil. Le politiquement correct empêche pourtant les élites médiatiques et intellectuelles de constater cela. Elles sont persuadées que «l’intolérance» occidentale devant la diversité est le grand problème de notre époque. Et lorsqu’elles consentent à nommer l’islamisme comme problème, elles n’y voient souvent qu’une réaction malheureuse mais inévitable devant le refus de la différence. Le commun des mortels n’a pas de telles œillères. Il peut lui arriver de parler maladroitement. Mais il veut surtout qu’on lui parle franchement.

Bref, je considère que toute tentative des religions de s'immiscer dans les affaires de l'état et dans le quotidien des gens doit être condamné et combattu. Cela me semble être d'une importance capitale et primordiale pour la survie même de ce qui reste de nos démocraties.

Les jeunes Québécois n'ont pas connu la dictature théocratique catholique de l'avant-Révolution tranquille, ils n'ont pas connu l'endoctrinement religieux et ils sous-estiment le danger.

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Saïd Jaziri
Un imam controversé et interdit de territoire au Canada pour le reste de sa vie a toujours la mainmise sur sa mosquée montréalaise à partir de la Tunisie, a conclu la Cour supérieure dans un récent jugement.

Financer les fondamentalistes
Deux organismes religieux fondamentalistes qui ont financé des organisations terroristes ont reçu un cadeau fiscal de 500 000$ de la part des villes de Montréal, Trois-Rivières et Sherbrooke l’an dernier.

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Il faut critiquer l'Islam
Qui de mieux pour remettre Aslan à sa place que les deux co-fondateurs de l'organisme Ex-Muslims of North America, c'est-à-dire Muhammad Syed and Sarah Haider.

Arrêtons de marcher sur des oeufs lorsqu'il faut critiquer l'Islam
Voici une extraordinaire lettre qui a été adressée à Ben Affleck par une auteure et blogueuse musulmane suite à son intervention et ce n'est pas pour le remercier

Aveuglement volontaire
L'exercice d'aveuglement volontaire auquel s'adonnent les médias et les politiciens, au nom de la tolérance et du multiculturalisme dogmatique, est exaspérant.

Le droit de critiquer la religion
On veut interdire juridiquement le dénigrement des religions, comme si chacune était en droit d’inscrire ses tabous et ses dogmes dans le droit et d’obliger ceux qui n’y croient pas à s’agenouiller devant eux.



26 octobre 2015

La cruauté des filles

Le narratif habituel des féministes est le suivant: les mâles sont des êtres privilégiés par le patriarcat, ils sont de potentiels prédateurs violents et il faut leur apprendre à respecter les femmes.

Et les filles, elles, sont les éternelles victimes des mâles (sources de tout le Mal de la société) et elles sont des êtres purs, doux et merveilleux qui rendraient le monde tellement meilleur si seulement les hommes se résignaient à leur donner toute la place une bonne fois pour toute.

Sauf que, dans la réalité, les filles sont capables de la même cruauté que les gars. En fait, après 20 ans à enseigner à de nombreuses filles pré-ados et à travailler avec de nombreuses collègues féminines, je puis vous affirmer que souvent, c'est encore bien pire:

Elles se traitent de «putes», de «bitchs», de «salopes». Elles se jalousent, lancent des rumeurs, manipulent, intimident. Les adolescentes sont plus violentes que jamais, conclut Jasmin Roy, qui a visité des centaines d’écoles au Québec.

(...) «C’est une violence sociale, indirecte. Du mémérage, de la cyberintimidation, des attaques à la réputation. Ça se passe en groupe, parce que les filles ont besoin de convaincre avant d’attaquer», rapporte l’auteur.

(...) «Il est grandement temps que l’on se penche sur le problème. Les filles souffrent plus de détresse psychologique que les garçons; socialement, elles sont plus violentes et elles s’automutilent de plus en plus», résume-t-il.

(...) L’intimidation féminine peut survenir n’importe quand et dans tous les milieux, aisés comme défavorisés. Les filles les plus à risque sont celles qui font partie d’un groupe, mais qui sont peu encadrées par leurs parents, obser­ve l’auteur. «Je suis tanné d’entendre que c’est la faute aux médias, à l’internet, aux vidéoclips... Nous sommes tous responsables et nous pouvons tous changer les choses», tranche-t-il.

Évidemment, impossible au Québec de véhiculer un message comme celui-là sans s'empresser de faire une belle profession de foi féministe:

Pour «éveiller les consciences», Jasmin­­ Roy propose d’éduquer les garçons et les filles. Les cours d’éducation à la sexualité peuvent contribuer à développer des relations plus égalitaires, mais il faut aussi revenir aux luttes qu’ont menées les femmes.

«À quand un cours qui intégrerait l’histoire des femmes dans les programmes d’enseignement? J’ai l’impression que les jeunes filles pensent qu’elles n’ont plus besoin du féminisme. La transmission de ce savoir se fait difficilement», déplo­re-t-il.

Ben voilà... d'un premier souffle il dit que ce n'est pas de la faute des médias, de l'internet ou des vidéoclips...

Et d'un second souffle, il dit que c'est parce que les filles ne connaissent pas assez bien l'histoire des luttes féministes. C'est tout de même hallucinant... c'est quoi le rapport?

Ce serait comme affirmer qu'on peut régler les problèmes de la violence dans la communauté noire en leur parlant de l'histoire de l'émancipation des esclaves. Ou encore qu'on peut régler les problèmes des communautés autochtones en leur enseignant la révolte de Pontiac. C'est absolument n'importe quoi.

Ah! Le féminisme! Quelle belle pilule magique qui guérit tous les maux!

De son propre aveu, Roy s'en sert sans ambages dans ses conférences:

J’enchaîne avec l’histoire de ma grand-mère, Clémence, qui se faisait traiter de pute et de salope par son mari. Celui-ci la battait et n’avait aucun respect pour elle. J’insiste sur le fait que, dans les années 1940, il n’y a même pas un siècle, battre et insulter une femme n’était pas un crime grave, car l’homme était maître en la demeu­re. Ma mère m’a souvent raconté que, dans sa jeunesse, lorsque les policiers débarquaient au domicile familial, ils n’intervenaient pas.

Alors si je comprends bien, il dit qu'il veut s'attaquer à la violence qui existe entre filles... et pour y arriver, il se sert d'un exemple de violence conjugale? À moins que sa grand-mère ait été mariée à une autre femme, cet exemple n'est pas pertinent. Où veut-il en venir? Qu'une adolescente qui se fait insulter par ses camarades, c'est la même chose qu'une femme qui se fait battre par un mari violent?

Est-ce que c'est juste moi qui ne voit pas le rapport?

Ne serait-ce pas comme dire: "Il faut faire cesser la violence au hockey! Laissez-moi vous raconter l'histoire de mon grand-père chauffeur de taxi qui s'est fait agresser par un client violent!"

Sérieusement, là... c'est quoi le rapport?

Quand je rappelle cette triste histoi­re, les rires cessent toujours instantanément dans la salle. J’enchaîne ensuite avec la phrase suivante qui secoue mon auditoire à tout coup: «Vos mères et vos grands-mères se sont battues pour ne pas se faire traiter de putes et de salopes, et aujourd’hui, vous utilisez ces mots pour rire. C’est une insulte aux générations de femmes qui ont lutté, souffert et souvent payé très cher pour s’en affranchir.»

Je lis ça et les bras m'en tombent.

Il y a d'abord cette diabolisation des hommes, encore une fois, même dans un contexte de dénonciation de la violence entre filles.

Soulignons ensuite l'usage de la honte comme outil pédagogique, une méthode très familières à l'Église catholique d'ailleurs. Personnellement, je trouve que la honte n'est pas constructive...

Le message de Roy, essentiellement, c'est: "Quand vous insultez une fille, vous êtes comme mon grand-père qui crissait des volées à sa femme!" Ce n'est pas parce que les rires cessent instantanément que cela signifie que tu viens de mettre de l'avant une comparaison valide!

Ensuite de ça, regardez l'image que ce type-là transmet aux jeunes à propos de la société de nos aînés! Nos grands-pères étaient des salopards violents qui INSULTAIENT les femmes en les traitant de SALOPES et ces dernières, ces extraordinaires héroïnes, ont dû SE BATTRE pour que les hommes cessent de les INSULTER!

Ce n'est pas de l'histoire, ça! C'est du fantasme féministe à l'état pur!

N'en déplaise à M. Roy, toutes les familles québécoises du dernier siècle n'étaient pas comme la sienne! Mon grand-père n'a jamais battu ou insulté ma grand-mère de sa vie, je peux vous le garantir! Il la vénérait, crisse! Il lui a toujours tenu la porte, il l'a couvert de cadeaux, il s'est tué à l'ouvrage afin de subvenir à tous ses moindres besoins, il en est mort dans la cinquantaine d'une crise cardiaque!

Mon père n'a jamais eu la moindre parole déplacée à l'égard de ma mère! En fait, c'est plutôt le contraire, c'est elle qui n'a eu de cesse de l'humilier, de l'invectiver, de le ridiculiser et de l'émasculer depuis aussi longtemps que je me souvienne, devant ses propres enfants, cirque infernal qui se poursuit encore à ce jour d'ailleurs! Lui, il ne répond plus depuis longtemps. Il baisse la tête comme un chien battu!

Mais voilà, au Québec, le discours féministe est tellement omniprésent que même dans un contexte de dénonciation de la CRUELLE INTIMIDATION DES FILLES, il faut tout de même chanter les louanges des féministes et diaboliser les hommes cruels et méchants. C'est pas croyable...

À ce moment précis, plus personne, tous sexes confondus, ne semble prendre plaisir à utiliser ces mots. Je leur explique que les vocables «pute», «salope» et «bitch» dévalorisent la femme, même si elles les utilisent sans intention malveillante. Bien souvent, sans le savoir, ils mettent en danger la personne qu’ils désignent ainsi. En effet, ces termes peuvent être interprétés dans leur sens premier par des témoins malveillants, des prédateurs aux aguets à la recherche de nouvelles victimes.

Quoi? Des prédateurs malveillants? Mais de quoi il parle, calvaire? Des agresseurs (mâles, évidemment) qui n'attendent qu'une fillette se fasse traiter de "bitch" par son amie pour lui sauter dessus? Mais il débloque complètement ce type!

Au lieu de parler de compassion et d'empathie, il parle de prédateurs malveillants qui guettent dans l'ombre? Bref, encore une fois, son discours ce n'est pas que les filles sont le véritable problème, mais plutôt les dangereux prédateurs masculins tapis dans l'ombre et qui n'attendent qu'une nouvelle opportunité pour frapper!

C'est pas croyable...

Et si on parlait du véritable problème? Si on décrivait et analysait la cruauté des filles? Si on décortiquait leurs tactiques d'intimidation? Si on tentait d'expliquer ce qui peut bien pousser des gens à se comporter ainsi? Ce qu'ils en retirent? Si on parlait des effets dévastateurs sur les victimes qui subissent cette intimidation? Si on essayait d'offrir des alternatives et des façons plus constructives de régler des conflits?

Si on parlait de la réalité, au lieu de fantasmer à propos de grands-pères violents et de prédateurs qui guettent dans l'ombre? Ça ne serait pas plus constructif, ça, calvaire?



Sargon croque Trudeau

L'un de mes Youtubers préférés est sans contredit Sargon of Akkad. Ses vidéos ne sont pas tous intéressants et je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais ça ne veut rien dire parce que je ne suis jamais complètement d'accord avec personne! ;-)

Sargon est un vidéaste britannique qui s'attaque à tout ce qui peut être couvert par le terme générique de "la bêtise humaine". Ses cibles de prédilection sont les menteurs, les fanatiques religieux, les politiciens véreux et les féministes. Il est impitoyable et il lui arrive de manier habilement sa verve comme un scalpel, s'attaquant à la connerie comme un chirurgien le ferait pour extraire une tumeur cancéreuse. Bref, je l'apprécie beaucoup.

Et à son crédit, il a eu besoin de moins d'une semaine pour se rendre compte que Justin Trudeau est un parfait imbécile. Souvenez-vous, il habite au Royaume-Uni et n'avait probablement jamais entendu parler de Trudeau de sa vie. De plus, les seuls articles dont il a été bombardé depuis lundi dernier sont des torchons dithyrambiques qui chantent les louanges du nouveau PM. Mais malgré cela, il a tout de même eu suffisamment de lucidité et de clairvoyance pour le voir pour ce qu'il est vraiment. En moins d'une semaine. Je suis impressionné.

Dans la dernière édition de sa chronique hebdomadaire "This week in stupid", Sargon s'emploie donc à déconstruire Justin Trudeau.

Il aborde également un sujet dont je voulais parler ces derniers jours mais que je n'ai pas eu le temps d'aborder à cause d'un manque chronique de temps et d'une grippe qui m'a mis sur le cul pendant quelques jours. En effet, Sargon nous parle de toutes ces allusions dans les journaux au fait que Trudeau serait beau et sexy. Imaginez s'il s'agissait d'une jeune politicienne qui venait d'être élue. Imaginez les hurlements des féministes si les médias OSAIENT parler de son apparence physique. Elles ne tarderaient à hurler au sexisme, à la misogynie et à l'objectification. Mais voilà, lorsque de tels commentaires sont formulés à propos de l'apparence d'un homme, non seulement les féministes ne s'en indignent pas, mais certaines vont même jusqu'à affirmer que dans ce cas-là, ce n'est pas pareil et que c'est même parfaitement acceptable.

Voyez par vous-mêmes, c'est du grand Sargon!




"Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle spermatozoïdes?"

Le merveilleux ministre de la santé, Gaétan Barrette, souhaite que la vasectomie ne soit plus payée par le régime public:

«La vasectomie, est-ce que ça doit être payé par le public? [...] Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle spermatozoïdes?» a-t-il dit.

J'ai juste quelques questions pour M. Barrette.

Si le gouvernement ne paie plus pour les vasectomies, alors pourquoi paierait-il pour les femmes qui se font ligaturer les trompes? Et pourquoi le régime d'assurance-médicament public paierait-il pour la pilule anticonceptionnelle? Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle menstruation? Et tant qu'à y être, pourquoi le régime public paierait-il pour les avortements? Est-ce qu'il y a une maladie qui s'appelle grossesse?

En passant, soyons clair, je ne suis pas en train de dire que je serais en faveur d'un tel désengagement de l'état dans ces interventions qui touchent les femmes. Ce que je dis, c'est qu'il est discriminatoire de couper l'un sans toucher l'autre.

Imaginez la réaction des féministes si le gouvernement osait la moindre remise en question de la gratuité de ces services destinés aux femmes. Mais est-ce qu'elles montent aux barricades quand ce sont les services aux hommes qui sont menacés? Bien sûr que non.

Pourtant, je croyais qu'elles étaient en faveur de l'égalité? Comme c'est étrange!



La dilapidation de nos ressources

C'est maintenant confirmé: Charest et Couillard supervisent la dilapidation des ressources minières québécoises à des prix dérisoires depuis des années.

Extrait de la nouvelle:

(...) le gouvernement du Québec continue de percevoir une très faible portion de la valeur des ressources non renouvelables exploitées chaque année. Selon les données compilées par Le Devoir, les minières ont versé un milliard de dollars de redevances depuis 2009, tandis que la valeur des minerais tirés du sol dépasse les 54 milliards. Cela équivaut à un taux beaucoup plus faible que la moyenne canadienne.

(...) Fait à noter, le montant des redevances payées en 2014-2015 est similaire à celui de 2009-2010. Pourtant, la valeur brute des ressources minérales a connu entre-temps une hausse considérable. Les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) indiquent en effet que la valeur du minerai tiré du sol s’élevait à 5,6 milliards de dollars en 2009, puis à 7,1 milliards en 2010. Elle a ensuite atteint un sommet de 8,5 milliards en 2011.

(...) Cela signifie que le taux moyen de redevances, par rapport à la valeur brute des ressources, se situe à 1,9%. Le taux de redevances perçues au Québec est nettement inférieur à la moyenne canadienne. Cette moyenne avoisine les 4,5%, selon des données du dernier rapport du Entrans Policy Research Group.

(...) Le gouvernement Couillard a déjà fermé la porte à un nouveau débat sur le régime de redevances minières. 

(...) Le régime actuel devrait pourtant être révisé, selon la Coalition Québec meilleure mine. «Le régime de redevances n’est pas bon, parce qu’il ne s’applique toujours pas à la valeur brute produite, mais plutôt aux profits que les entreprises déclarent», fait valoir son porte-parole, Ugo Lapointe, en soulignant que les minières peuvent bénéficier de déductions fiscales.

Il rappelle ainsi qu’en 2012, le Parti québécois avait proposé d’imposer une redevance obligatoire de 5% sur la valeur brute. Il s’agissait d’une bonne idée, selon Ugo Lapointe. « Quelle que soit la valeur des profits, il faut tenir compte du fait qu’il s’agit de ressources non renouvelables. Cette richesse ne reviendra jamais, donc il faut s’assurer d’en tirer un bénéfice pour la société. »

(...) Parallèlement aux sommes perçues à travers les redevances, l’État québécois doit payer pour la décontamination et la restauration de plus de 700 sites miniers abandonnés au fil des décennies. La facture pour cet héritage toxique a déjà été évaluée à 1,2 milliard de dollars. Les redevances perçues depuis 2009 ne permettraient donc pas de payer la totalité de la facture.

Pire, le gouvernement assume les coûts de la construction des infrastructures et des services dans ces régions éloignées, ce qui vient dévorer la maigre marge de profit qu'il reste. Bref, le Plan Nord de Charest était une supercherie et Couillard poursuit son oeuvre.

Une fois qu'on sait cela, on est en droit de se demander pourquoi les libéraux persistent dans cette voie si cela ne bénéficie à personne. Connaissant la légendaire éthique libérale, il y a fort à parier qu'ils ont trouvé le moyen de se graisser la patte au passage et qu'ils obtiennent des postes pour leurs tinamis... si seulement un vrai journaliste se donnait la peine de fouiller, imaginez les horreurs de corruption qu'il y trouverait!


Une p'tite leçon pour Charest...

Êtes-vous étonné d'apprendre que même le gouvernement de l'Afrique du Sud a plus de respect pour ses étudiants que le gouvernement libéral de Jean Charest? En effet, après seulement une semaine de manifs, le président annule déjà les hausses de frais de scolarité.

Extrait de la nouvelle:

Les étudiants sud-africains ont obtenu vendredi du gouvernement l’annulation de l’augmentation de leurs frais de scolarité pour l’année 2016 après plusieurs jours de manifestations qui ont paralysé le fonctionnement des universités dans tout le pays.

Dans une allocution télévisée, vendredi après-midi, le président Jacob Zuma a annoncé qu’il n’y aurait «aucune augmentation des frais de scolarité en 2016», à l’issue d’une réunion avec les leaders de la contestation et les dirigeants des universités.

«Les discussions se poursuivront sur des problèmes plus larges que les frais de scolarité. De nombreux problèmes ont été soulevés et devront être suivis, comme l’éducation gratuite, l’indépendance des universités et le racisme», a-t-il poursuivi.

Tu vois mon Johnny? Traiter tes concitoyens avec un minimum de respect, ça ressemble à ça.



25 octobre 2015

Statistiques féministes

L'assaut des féministes aux Nations Unies se poursuit sans relâche.

Après l'intervention d'Emma Watson (ma réplique est ici), après ce rapport de U.N. Women qui affirme que l'égalité ne suffit plus et après le pitoyable témoignage d'Anita Sarkeesian et de Zoe Quinn qui sont venues pleurnicher que les gens ne sont pas gentils avec elles sur Internet...

Voici un autre rapport féministe à propos de la VIOLENCE que subiraient les femmes lorsqu'elles naviguent en ligne.

Le problème avec ce rapport, c'est que les statistiques qu'il cite sont complètement bidons, comme le souligne habilement Christina Hoff Sommers, la Factual Feminist:



On voit bien ici que l'objectif n'est pas de décrire fidèlement la réalité, mais plutôt de convaincre à tout prix de la validité de ses arguments. De vendre son idéologie. Et pour y arriver, les féministes vont habituellement utiliser deux tactiques:

1- Choisir les statistiques et les faits qui renforcent leur thèse tout en ignorant celles qui la contredisent;

2- En l'absence de statistiques favorables, tripatouiller ou carrément inventer des chiffres.

La fin justifie les moyens. C'est la malhonnêteté intellectuelle la plus abjecte qui soit.



23 octobre 2015

Trois jours du règne Trudeau

Justin Trudeau est premier ministre depuis seulement trois jours et il a réussi à faire une connerie extraordinaire à chaque jour. Oh! Les médias (sociaux et traditionnels) ne nous parlent que de ses cheveux, de son tatou, de sa vibrante jeunesse, de sa merveilleuse femme, de ses adorables enfants et de ses poignées de main dans le métro. Mais derrière ce pitoyable cirque médiatique superficiel et servile, qu'est-il vraiment en train de se passer?

20 octobre: JOUR UN

Élu depuis à peine quelques heures, on apprenait que Trudeau a informé le président Obama de l'arrêt des frappes canadiennes contre les fanatiques de l'État islamique (EI).

Non seulement on peut se questionner à propos d'un premier ministre qui informe un chef d'état étranger de ses politiques militaires avant même de s'adresser à ses propres troupes, mais en plus, on peut également se questionner à propos de cette décision elle-même. Comme les médias sont trop obnubilés pour nous en parler, tentons nous-mêmes l'exercice.

Depuis un an, le Canada participe aux frappes militaires contre l'EI en Irak et en Syrie. Sa contribution se limite à six chasseurs CF-18 et à 600 militaires basés au Koweït en soutien logistique. Trudeau veut que ça cesse.

Les atrocités qui ont été perpétrées par ces fanatiques religieux sanguinaires ont pourtant été bien documentées et continuent de l'être: Torture, décapitation et immolation de prisonniers, exécution de femmes jugées "trop éduquées", excision de filles, torture et exécution de citoyens surpris à fumer, assassinat d'homosexuels, exécution d'enfants pour avoir regarder un match de football, exécution de masse de garçons (décapitations, crucifixions et ensevelissements d'enfants vivants), destruction de livres et de monuments historiques, publication d'un livre sur l'esclavage sexuel, etc.

Pire, on apprend également que, loin de s'essouffler, l'EI est plus agressif et violent que jamais:

L'étude publiée par le Centre de terrorisme et d'insurrection IHS Jane dit que le groupe djihadiste a revendiqué 1086 attaques à travers le monde entre le début juillet et la fin septembre, soit une hausse de 42% du nombre d'attaques perpétrées quotidiennement par l'organisation.

Trudeau décide donc que le Canada ne participera plus aux bombardements internationaux contre l'EI. À la place, il veut envoyer des Casques bleus. Oui, oui, parce que cette stratégie s'était avérée tellement efficace au Rwanda, vous vous souvenez?

Étrange coïncidence, le même jour, ce bon vieux Adil a exprimé sa joie et son bonheur:

«C’est un jour historique pour les Québécois et les Canadiens, lance Adil Charkaoui à l’autre bout du fil, au lendemain de la victoire des libéraux de Justin Trudeau.»

(...) Demeuré discret au cours de la plus longue campagne électorale fédérale de l'histoire du Canada, le porte-parole du Collectif québécois contre l'islamophobie s’est dit satisfait de la tournure des élections, marquée par la défaite du premier ministre Stephen Harper.

«C’est un retour vers la tradition canadienne, la tradition Pearsonienne, affirme-t-il en référence à l'ancien premier ministre du Canada, Lester B. Pearson. C’est la tradition des Casques bleus, celle du Canada qui est pour une paix dans le monde, pour une justice internationale.»

(...) Le nom d’Adil Charkaoui est revenu à l’avant-plan en février 2015 après que de nombreux médias eurent révélé que l’imam aurait pu avoir des contacts avec des étudiants montréalais soupçonnés de s'être rendus en Syrie pour joindre le groupe armé État islamique.

(...) il croit que la défaite du parti de Stephen Harper est une belle illustration du fait que «les conservateurs ne se souciaient pas des droits des minorités».

Et ce bon vieux Adil qui y va de ses recommandations pour la suite des choses:

«M. Trudeau est le descendant d’un père qui nous a donné et légué la Charte des droits et libertés, et dans la question des droits des minorités, celle-ci a toujours été un carrefour contre les injustices.» Ainsi, le regroupement demande au nouveau gouvernement de mettre en place une loi qui criminaliserait l’islamophobie.

Oui, au diable les victimes civiles de nos braves justiciers de l'État islamique, il faut plutôt s'attaquer à la liberté d'expression au Canada afin de combattre "l'islamophobie"!

T'sais, quand tu as un type comme Adil qui applaudit l'élection de quelqu'un, c'est un signe qu'il faut peut-être se poser de sérieuses questions...

21 octobre: JOUR DEUX

Avec la grande conférence de Paris sur le climat qui approche à grands pas, on apprend que, contrairement aux autres pays du monde, le gouvernement Trudeau n'a aucune intention de s'y présenter avec des objectifs chiffrés.

Notre rongeur préféré, Stéphane Dion, le probable prochain ministre de l'environnement et grand défenseur du pipeline Énergie Est qui traverse le Québec, est allé jusqu'à déclarer que: "le Canada a déjà des cibles: celles fixées par le gouvernement Harper, soit une réduction de 17 % d'ici 2020 et de 30 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005."

En d'autres termes, le parti libéral, le parti du "VRAI" changement selon Justin, va se contenter d'adopter exactement les mêmes objectifs qui avaient été établis par les conservateurs!

Faut-il s'en étonner? Pendant la campagne électorale, les libéraux avaient été obligés de remercier Daniel Gagnier, le co-directeur de la campagne libérale, ancien membre du gouvernement Charest soupçonné de corruption et également lobbyiste pour TransCanada Pipeline, la compagnie responsable du projet Énergie Est.

Évidemment, ils l'ont uniquement limogé parce que les médias l'avaient démasqué. On apprend d'ailleurs que Gagnier n'était pas le seul libéral dans cette position de conflit d'intérêt:

Comme s’ils n’avaient rien appris, les Libéraux ont toléré un deuxième lobbyiste de TransCanada Pipeline, Phil Fontaine, dans l’entourage de Justin Trudeau pendant la campagne électorale. M. Fontaine, ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations, se tenait même tout près du chef libéral pendant qu’il livrait son discours de la victoire lundi dernier. Son collègue lobbyiste et stratège libéral  avait pourtant été expulsé de la caravane libérale quelques jours plus tôt lorsque la Presse Canadienne a dévoilé qu’il donnait, lui aussi, des conseils à la société pétrolière pendant la campagne.

Oui, le parti libéral est vraiment l'incarnation même du "VRAI" changement!

22 octobre: JOUR 3

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Mise à jour: cette visite dans une mosquée n'a apparemment pas eu lieu hier mais il y a plusieurs mois. Désolé de cette erreur et merci au lecteur vigilant qui me l'a signalée!
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Trudeau se rend dans une mosquée afin de célébrer avec la communauté musulmane et les clichés fusent de toutes parts pour souligner la grandeur de l'homme qui est qualifié à gauche et à droite de "grand leader"! On salue son "ouverture" et sa "tolérance"!

Sauf que... regardez de plus près un petit instant... où sont les femmes?


Même le p'tit gars sur la photo a eu le droit de manger en compagnie du premier ministre, mais les femmes, elles? Non.

Mais il ne faut surtout pas le souligner ou le critiquer! Non! Non! Non! Justin est un GRAND LEADER qui fait preuve d'OUVERTURE et de TOLÉRANCE, c'est-y assez clair?

Et si vous osez remettre ça en question, ben vous êtes juste des maudits racistes xénophobes islamophobes!

Et d'ailleurs, Justin accepte peut-être la ségrégation des femmes musulmanes sans broncher, mais ce n'est pas grave parce qu'il est un "VRAI" féministe:


Oui, bienvenue dans l'ère de Justin Trudeau!

Quelle nouvelle esti de niaiserie nous réserve-t-il aujourd'hui?

Ne vous inquiétez pas, vous n'en entendrez pas parler dans les médias, ils sont trop occupés à nous parler de choses VRAIMENT importantes! Comme par exemple, ce merveilleux article de fond qui nous apprend que:

1- Justin Trudeau est sexy
2- Justin Trudeau peut jouer au meneur de claques
3- Justin Trudeau sait construire des châteaux de sable
4- Justin Trudeau sait conduire un unicycle
5- Justin Trudeau se débrouille bien dans un ring
6- Justin Trudeau a aussi un certain talent pour le rugby
7- Justin Trudeau ressemble à un prince de Disney
8- Et d'autres fois, à un mousquetaire
9- Justin Trudeau est capable de débouler des escaliers
10- Justin Trudeau s'est dévêtu pour une bonne cause
11- Justin Trudeau s'est mis un casque de bain en plastique sur la tête
12- Justin Trudeau est affectueux.
13- Justin Trudeau fait le clown.
14- Justin Trudeau est capable de sortir ses meilleurs mouvements de danse lorsque nécessaire
15- Justin Trudeau sait tenir sa fille debout en équilibre dans ses mains

Ou encore cet autre article tout simplement passionnant qui nous apprend qu'un "clairvoyant" avait prédit l'élection de Justin en 1971! WOW!

Ou encore cette révélation-choc: Justin Trudeau et Max Pacioretty ont des ancêtres en commun! In-cro-ya-be-le!

Oui, dormez sur vos deux oreilles, chers amis, nos valeureux médias veillent au grain et gardent à l'oeil notre nouveau premier ministre avec une objectivité et une rigueur exemplaire!