29 décembre 2015

Le troisième commandement: «Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal...»

Ce billet s'inscrit dans une série de textes que je publie en réplique à des vidéos de Dennis Prager qui chantent les louanges des dix commandements.

La première partie est ici: Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»

La deuxième partie est ici: Le second commandement: «Tu n’auras pas d’autres dieux que moi...»

Passons maintenant au troisième commandement, que voici dans son intégralité:

"Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal."

C'est probablement le plus vague (et le plus répétitif, quel manque de vocabulaire!) de tous les commandements. Certains y voient une interdiction de blasphémer, d'autres y voient un avertissement contre "l'hérésie". Quoi qu'il en soit, c'est également l'un des commandements qui contient une menace très claire. Même le commandement qui interdit le meurtre n'est pas accompagné d'une telle menace. Il sera fort intéressant de voir quelle interprétation M. Prager lui donnera afin de nous convaincre de son origine divine:



L'interprétation de Prager est donc que le troisième commandement interdit de faire le mal au nom de la religion. Et il nous présente évidemment ceci comme s'il s'agissait d'un concept parfaitement logique. Malheureusement pour lui, ça ne l'est pas.

Voici quelques extraits de ce vidéo:

"But most people intuitively, as well as Biblically, understand that some sins are clearly worse than others. We are confident that God has at least as much common sense as we do."

M. Prager croit que les récits de la Bible se sont vraiment déroulés dans la vraie vie. Il croit que la Bible est un récit fidèle de l'histoire. Et il a le culot de nous dire en pleine face que son dieu a AU MOINS autant de "common sense" que nous...

Vraiment?

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a puni Adam et Ève pour avoir mangé le fruit interdit de la connaissance? Vous puniriez des gens pour leur curiosité, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a décidé d'inonder la terre et de noyer tous les êtres vivants qui y habitaient (hommes, femmes, enfants et bébés naissants) SAUF UNE SEULE FAMILLE? Vous tueriez l'humanité toute entière, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a décidé d'anéantir les villes de Sodome et de Gomorrhe en les bombardant de boules de feu célestes sous prétexte que tous ceux qui y habitaient (hommes, femmes, enfants et bébés naissants) étaient des pécheurs? Vous incinéreriez toute la population d'une ville, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a décidé de faire crever tous les fils aînés d'Égypte? Vous exécuteriez des nourrissons, des bébés, des petits garçons et des jeunes hommes innocents pour punir le chef d'un état, vous? Moi non plus.

Il était où le "common sense" de son dieu le jour où il a ordonné l'extermination des Cananéens et des Amalécites tout simplement parce qu'ils se trouvaient sur les terres qu'il avait promis aux Hébreux? Vous approuveriez du génocide de toute une population dans le but avoué de vous approprier son territoire, vous? Moi non plus.

Comment Dennis Prager, qui croit vraiment que tous ces événements se sont RÉELLEMENT PRODUITS, peut-il oser affirmer que son dieu possède au moins autant de "common sense" que nous? En réalité, un enfant de 5 ans fait preuve d'un meilleur jugement. Seuls les psychopathes et les illuminés génocidaires pourraient prétendre avoir une moralité comparable à celle du dieu de Prager!

"The worst sin is committing evil in God's name. (...) This is the only one of the ten commandments that states that God will not forgive a person who violates the commandment."

Tout d'abord, la seconde partie de cette affirmation est fausse. J'ai déjà expliqué que le deuxième commandement affirme: "chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération"! C'est encore pire que la menace du troisième puisqu'il ne se contente plus de ne pas pardonner le fautif, mais il punit également ses descendants!

Ah, mais seulement les descendants masculins parce que, apparemment, ce dieu parfait et rempli de "common sense" est également un esti de sexiste.

Deuxièmement, réfléchissez un instant à ce qu'affirme Prager ici. Il dit que pour son dieu, le pire des péchés n'est pas de faire le mal, mais plutôt de faire le mal en affirmant qu'on le fait pour dieu.

En d'autres termes, tuer quelqu'un est mal, mais peut être éventuellement pardonné. Toutefois, tuer quelqu'un au nom de dieu, ça c'est pire et ça ne peut être pardonné.

Pourquoi?

Parce que dans le deuxième cas, le tueur ternit la réputation de dieu! Et ÇA, apparemment, c'est pire que tout! Pire que le fait d'assassiner quelqu'un!

Dieu est prêt à te pardonner si tu massacres quelqu'un à coups de hache. Mais si tu le débites en affirmant que tu le fais pour dieu, alors là, ça devient impardonnable parce que tu ternis l'image de marque de dieu. Tu contreviens à sa campagne de marketing. Tu fais du tort à sa réputation! Tu endommages sa marque de commerce!

Oui, rien n'est pire pour dieu que le fait de salir sa réputation.

Dans le second commandement, il t'interdit d'adorer un autre que lui, et dans le troisième, il t'avertit de ne pas faire de tort à son image.

Quel dieu pathétique, superficiel et narcissique! Dans cette version de Prager, on dirait un chef d'entreprise américain qui pique des crises quand ses clients vont ailleurs et qui poursuit en cour les gens qui ternissent l'image de la compagnie! Et on est supposé adorer ce connard?

Non merci, Dennis!

Dans mon "common sense" à moi, tuer quelqu'un est mauditement pire que de ternir l'image de marque de ton ami imaginaire...



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