21 décembre 2015

"Madame, vous parlez anglais, vous n'avez pas besoin d'un interprète francophone".

Le bilinguisme canadien a toujours été un mythe:

À Toronto, une francophone dit s'être fait insulter par un juge quand elle a demandé en cour les services d'un interprète en français, ce à quoi elle avait légalement droit. 

(...) Roseline Dorcin parle bien anglais, mais elle a demandé à avoir accès à un juge francophone pour son audience en cour le mois dernier, de façon à comprendre tous les détails.

Or, quand elle s'est rendue devant la Cour des petites créances, on lui a dit qu'il n'y avait pas de juge qui parlait français aux dates qui lui convenaient. Par contre, on lui a promis un interprète.

Roseline avait le droit d'exiger un juge francophone. Toutefois, la femme a accepté la solution proposée par la cour. 

Mais le jour de son audience, il n'y avait pas d'interprète sur place.

Elle est allée voir la greffière pour lui demander où était son interprète. Celle-ci lui a dit que c'était à elle, Roseline, d'amener - et donc de payer- son propre interprète. 

Après la greffière, le juge s'en est mêlé. 

«Il m'a dit : "Madame, vous parlez anglais, vous n'avez pas besoin d'un interprète francophone".»

En vertu de la loi, Roseline n'avait pas à justifier pourquoi elle voulait obtenir ce service en français. 

Elle a quand même expliqué au juge que c'était une question d'aisance, de rapidité, qu'elle ne connaissait pas bien les termes juridiques en anglais. 

Mais selon Roseline Dorcin, le juge n'était pas convaincu. 

«Le juge m'a dit que je faisais perdre de l'argent aux contribuables.»



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