29 février 2016

Randonnée dans l'esprit d'un fédéraliste québécois

Si je vous demandais qui est l'ultime défenseur du fédéralisme canadien au Québec, qui nommeriez-vous?

Pour moi, l'über-fédéraliste sera toujours André Pratte, l'éditorialiste de La Presse. Personne n'a consacré autant de temps et d'énergie à pourfendre le projet souverainiste depuis aussi longtemps que lui. Les politiciens passent, mais Pratte demeure. Sa foi est de béton armé et ses initiatives sont applaudies dans le Canada anglais.

Allons donc jeter un coup d'oeil à quelques-uns de ses arguments afin d'en vérifier la validité:

Être fédéraliste, c'est d'abord être convaincu que ce système est la meilleure façon de gouverner les grands ensembles complexes (le Canada, les États-Unis, l'Europe...). 

Les fédéralistes comme M. Pratte aiment bien comparer la fédération canadienne à l'Union européenne afin de démontrer que cette forme de gouvernement est la formule gagnante qui est adoptée dans le reste du monde et qu'elle est la voie de l'avenir.

Le problème avec cet argument, c'est qu'il fait fi de la réalité et de l'histoire de ces "grands ensembles complexes".

L'Union européenne n'a pratiquement rien à voir avec la fédération canadienne. Il s'agit d'une association politico-économique entre pays souverains qui acceptent d'octroyer certains pouvoir à un gouvernement central sans pour autant se défaire de leur souveraineté. Le Québec, lui, n'a jamais été souverain. Ici, c'est donc la dynamique contraire qui s'observe: le gouvernement central accepte d'octroyer certains pouvoirs aux gouvernements provinciaux (et ne se gêne jamais pour s'immiscer en toute impunité dans les compétences dites "provinciales"). Le rapport de force est donc complètement inversé.

De plus, l'Union européenne est une association d'états qui diffèrent beaucoup les uns des autres tant au niveau de la langue, de l'histoire ou de la culture. Ainsi, le peuple français est représenté par l'état français, le peuple polonais est représenté par l'état polonais, le peuple portugais est représenté par l'état portugais, etc. Aucun état membre n'est considéré comme étant intrinsèquement inférieur aux autres.

Au Canada, les dés sont pipés. En effet, NEUF des dix provinces sont majoritairement anglaises et partagent essentiellement la même langue, la même culture, la même histoire et la même identité (à quelques détails près). C'est comme si, en Europe, les Allemands et les Autrichiens possédaient un représentant pour chacune de leurs régions, ce qui leur permettrait de dominer démocratiquement tous les votes au détriment des autres nations qui ne posséderaient qu'un seul représentant par état. L'injustice d'une telle pratique saute aux yeux.

S'il avait suivi le même modèle que l'Union européenne, le Canada aurait pu fonctionner de manière acceptable pour le peuple québécois. En effet, s'il avait été une fédération de deux états: le Canada anglais et le Canada français, chacun possédant un poids politique identique à l'autre, nous nous serions alors retrouvé dans une fédération équitable. Or, ce n'est pas le cas. La comparaison avec l'Union européenne est donc inadéquate et malhonnête.

Finalement, je ne sais pas sur quoi M. Pratte se base pour affirmer que les fédérations constituent la meilleure façon de gouverner. Bien sûr, certaines fédérations survivent longtemps et prospèrent, mais de nombreuses fédérations ont échoué dans l'histoire ou ont mené à des désastres. Mentionnons la guerre de sécession américaine, la guerre du Sonderbund en Suisse, l'expulsion de Singapour de Malaisie, sans parler des fédérations qui se sont tout simplement sabordées (la fédération du Nigeria, la Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, la Grande-Colombie, la République fédérale d'Amérique centrale et la Fédération des Indes occidentales). Bref, le fait qu'on adopte le modèle fédératif n'est pas garant du succès d'une union.

L'Union européenne elle-même, que les fédéralistes aiment citer en exemple, est loin d'avoir fait ses preuves. Après le Grexit, qui menaçait de chasser la Grèce de la zone euro, il est maintenant question du Brexit, la menace du Royaume-Uni de claquer la porte à l'Union. L'affluence récente de réfugiés du Moyen-Orient a également créé d'importantes tensions entre les pays membres. Les frustrations sont nombreuses dans les populations européennes et il serait hâtif de décrire cette expérience comme un succès exemplaire.

N'en déplaise à M. Pratte, la fédération n'est pas le seul modèle qui existe. En fait, les États dits "unitaires" sont la forme la plus répandue d'États dans le monde. C'est le cas de la France, par exemple. Si ce modèle est le plus utilisé, c'est peut-être parce qu'il n'est pas dépourvu de mérites!

La formule fédérale permet aux communautés de régions, de langues, de religions différentes d'unir leurs forces pour atteindre leurs objectifs communs, tout en préservant chacune leur caractère propre.

Si c'est selon ces critères que l'on doit évaluer le succès ou l'échec des fédérations, alors M. Pratte devrait admettre qu'il s'agit d'une preuve probante de leur échec!

Aux États-Unis, le massacre des population autochtones, l'assujettissement des Noirs et l'éradication des francophones de Louisiane démontre bien que la formule fédérale n'atteint pas l'objectif de "permettre aux communautés de préserver leur caractère propre".

À cet égard, l'échec canadien saute aux yeux. Les populations francophones des neuf provinces anglophones s'assimilent rapidement, sont traitées comme des citoyens de seconde zone et doivent sans cesse se battre pour que soient respectés leurs droits les plus fondamentaux. En guise d'exemple, notons simplement l'absence d'université francophone en Ontario, l'effacement du français des documents officiels, l'impossibilité d'obtenir des services en français, l'imposition officielle de l'unilinguisme, l'expulsion de passagers de vols commerciaux, j'en passe et des meilleures...

Et même au Québec, pourtant majoritairement francophone, le français recule un peu plus à chaque recensement, une majorité d'immigrants adoptent l'anglais et l'assimilation poursuit son oeuvre lente et inexorable.

Alors si on se base sur les critères de M. Pratte pour évaluer le succès de la fédération canadienne, on ne peut qu'y voir un énorme échec. En effet, le caractère propre des francophones du Canada est en voie d'extinction et celui du Québec est menacé. Pour ce qui est "d'unir nos forces pour atteindre des objectifs communs", on n'a qu'à penser au présent conflit à propos du pipeline Énergie Est pour voir que les intérêts du Québec sont sans cesse subjugués à ceux des provinces anglophones de la fédération.

Au Québec, on oppose souvent «fédéralisme» et «nationalisme». Pourtant, le fédéraliste n'est pas contre la préservation des identités nationales, au contraire. Le fédéralisme existe précisément parce que des nations ont voulu s'unir sans sacrifier leur personnalité.

Cela est sans doute vrai dans plusieurs fédérations, comme l'Union européenne, mais ce n'est pas vrai au Canada, surtout depuis l'adoption de la nouvelle religion d'état: le multiculturalisme. Ici, le mot "nationaliste" est devenu un mot sale, synonyme de "repli sur soi", de "haine de l'autre" et de tribalisme xénophobe. M. Pratte le sait pertinemment d'ailleurs.

Tous les efforts pour préserver la personnalité spécifique québécoise ont toujours été très, très mal vus au Canada anglais et c'est certainement toujours le cas de nos jours.

Le fédéralisme est l'incarnation politique de valeurs profondes: l'appréciation de la diversité; 

La véritable appréciation de la diversité, c'est celle qui ne place pas l'autre au-dessous ou au-dessus de soi, mais sur un pied d'égalité. Ce n'est pas ce qui se passe au Canada. Le Québec est une minorité, une province comme les autres, sans reconnaissance véritable et sans statut particulier. Le peuple québécois est vu soit comme un sous-groupe du peuple canadien (par des gens comme M. Pratte), soit comme une étrange tribu qui doit être dominée ou, encore mieux, assimilée. Elle est où l'appréciation de la diversité là-dedans?

la conviction que le compromis est une vertu plutôt que signe de faiblesse; 

Le problème avec le Canada, c'est que ce sont toujours les mêmes qui doivent faire des compromis! Ce sont les Québécois qui doivent accepter tous les compromis. Les anglophones ne font jamais de même. On n'a qu'à regarder le rapatriement de la constitution! Le Québec a demandé des modifications, alors les provinces anglophones et de gouvernement fédéral, plutôt que de faire un compromis, ont signé la constitution en plein milieu de la nuit, plaçant le Québec devant le fait accompli le lendemain matin.

la certitude qu'en travaillant ensemble, les individus et les collectivités s'enrichissent mutuellement; 

Le Canada et les États-Unis travaillent ensemble et s'enrichissent mutuellement en demeurant souverains et sans être unis dans une fédération! Pourquoi ceci ne pourrait-il pas être une solution envisageable pour le Québec?

et l'idée que des communautés proches en termes de valeurs et de mode de vie ont le devoir moral de vivre ensemble de manière pacifique, de donner exemple au monde. 

Le Canada et les États-Unis vivent ensemble, côte à côte, de manière pacifique, tout en demeurant souverains et sans être unis dans une fédération! Pourquoi ceci ne pourrait-il pas être une solution envisageable pour le Québec?

Si les anglophones et les francophones du Canada ne peuvent coopérer pour le bien commun, comment espérer que les Israéliens et les Palestiniens y parviennent? Les musulmans et les chrétiens en Centrafrique? Les alaouites et les sunnites en Syrie?

Hum... M. Pratte quitte le sentier du pragmatisme et de la raison et s'enfonce dans le délire. Pour lui, la fédération canadienne jouerait un rôle messianique dans le monde? On n'est plus dans la politique, on est dans le fanatisme religieux hallucinatoire, là!

Vous croyez vraiment que la fédération canadienne est une source d'inspiration pour Israël, la Palestine, le Centrafrique ou la Syrie? Vous croyez que les Palestiniens, en regardant le Canada, auront soudain la folle envie de s'unir dans une fédération avec Israël? Vous croyez vraiment que le Québec doit absolument demeurer dans la fédération canadienne pour que soit possible "l'espoir" de voir la paix s'installer au Moyen-Orient ou en Afrique? Hahahahahahaha! C'est tout simplement ridicule... on croirait entendre une espèce de gourou déjanté!

On reproche aux systèmes fédéraux de donner lieu à d'incessants tiraillements entre les deux ordres de gouvernement. Cela n'a rien d'étonnant, les relations entre nations sont souvent difficiles. Le fédéralisme ne fait pas disparaître les conflits; il permet de les gérer pacifiquement et de les régler efficacement.

Des conflits surviennent parfois entre les États-Unis et le Canada. Les deux états parviennent toujours à les gérer pacifiquement et à les régler efficacement sans former une seule et même fédération. Pourquoi ceci ne pourrait-il pas être une solution envisageable pour le Québec?

D'ailleurs, on pourrait affirmer que les conflits entre le Canada et les USA se règlent de manière beaucoup plus satisfaisante PARCE QUE les deux états sont souverains et qu'aucun des deux n'est subjugué politiquement à l'autre. À l'intérieur de la fédération canadienne, le gouvernement fédéral n'a pas à négocier avec le Québec puisque ce dernier n'est qu'une province parmi d'autres, sans réel rapport de force significatif. En bout de ligne, que le Québec accepte ou non a bien peu d'importance puisque le Canada pourra lui enfoncer sa solution dans la gorge de toute manière.

Les indépendantistes ont beau jeu de mettre tous les problèmes du Québec sur le dos du système fédéral, des accommodements déraisonnables à l'usure du pont Champlain. Ces arguments sont des caricatures. 

Et les fédéralistes comme M. Pratte ont beau jeu de mettre tous les succès du Québec sur le compte du système fédéral, ce qui est tout aussi caricatural et ce qu'il s'empresse d'ailleurs de faire dès les phrases suivantes:

Aucune forme de gouvernement n'est parfaite. Si l'indépendance est la clé de la prospérité et de la justice sociale (et des ponts bien construits...), comment expliquer que le Québec, province du Canada, est plus riche et plus égalitaire que la grande majorité des pays souverains de la planète?

Pour M. Pratte, le Québec serait plus riche et plus égalitaire que la grande majorité des pays de la planète PARCE QU'IL APPARTIENT À LA FÉDÉRATION CANADIENNE!

Si l'histoire du Québec s'était déroulée autrement et que notre nation n'avait jamais été soumise à la domination britannique, notre pays serait donc aujourd'hui moins riche et moins égalitaire?

Sur quoi se base-t-il pour l'affirmer?

Sur rien d'autre que sa foi aveugle, évidemment.

En réalité, il faut être ignare ou profondément malhonnête pour affirmer que la fédération canadienne a instantanément apporté la richesse et la prospérité au Québec! Dans les faits, pendant un siècle, ce fut plutôt le contraire! La pauvreté de nos aïeux fut telle qu'environ un million de nos compatriotes ont dû s'exiler aux États-Unis, créant ainsi une diaspora qui affaiblit le Québec de manière dramatique! Les francophones d'ici vivaient dans des conditions misérables, exploités sans vergogne par des entrepreneurs anglophones qui les traitaient comme des êtres inférieurs et des demeurés. Le taux de mortalité infantile à Montréal était épouvantable! Au tournant du siècle, un enfant montréalais sur quatre mourait avant l'âge d'un an. Cela faisait de Montréal la deuxième ville la plus malsaine du monde après Calcutta! Des milliers d'enfants de 14 à 16 ans étaient exploités dans les usines comme la «Dominion Textiles» où ils recevaient 10$ pour 55 heures de travail hebdomadaire.

La prospérité, ce n'est pas la fédération canadienne qui nous l'aura apporté! C'est notre révolution tranquille!

Vous voyez, à mon humble avis, on a sous les yeux un bel exemple du travail d'André Pratte. Cet homme-là ne base pas ses opinions sur la réalité, il tente plutôt d'interpréter et de modeler la réalité afin que cette dernière soit en harmonie avec ses opinions. Son affirmation selon laquelle le fédéralisme ne s'oppose pas au nationalisme est un bon exemple. Celle selon laquelle le fédéralisme permet de préserver le caractère propre des communautés en est un autre.

Ce qui m'enrage, c'est que je ne pense pas qu'André Pratte soit un zigoto. Je pense au contraire qu'il est un homme extrêmement intelligent et qu'il choisit sciemment d'agir ainsi: de déformer la réalité, d'omettre des faits qui contredisent ses thèses et de faire des amalgames douteux pour appuyer ses arguments. Je pense qu'il exploite à fond l'ignorance de ses lecteurs et qu'il le sait.

Mais je peux me tromper. Peut-être est-il réellement et fanatiquement fédéraliste au point d'accorder au Canada un rôle messianique dans le monde...

Qu'en pensez-vous?



L'art de se mépriser soi-même

Ou, si vous préférez: Expédition dans un cerveau colonisé.

Extrait de l'article de Bock-Côté:

Parmi celles-là, il y a le désir morbide qu’ont certains Québécois de se sentir comme des minables. Ils répètent sans cesse : sans la péréquation, nous serions pauvres, sans elle, nous ne sommes rien – ils détachent la péréquation de tout le système canadien pour en faire la vérité ultime de notre rapport de dépendance au Canada. Nous devons conséquemment nous soumettre au projet de pipeline, à la fois par gratitude à l’endroit du Canada, et pour lui permettre de continuer à accumuler les pétrodollars dont nous bénéficierons ensuite.

Ils répètent aussi très : nous ne serions pas capables d’être un pays. Ils ne disent pas : le Canada est une meilleure option, un meilleur cadre, plus adapté au rayonnement d’une petite nation francophone en Amérique du nord. Non. Ils répètent : sans lui, nous serions condamnés à la tiers-mondisation et à une forme de médiocrité congénitale. Plus encore: ils se font un plaisir de donner raison aux leaders politiques du Canada anglais qui entretiennent un rapport néocolonial à notre endroit. On nous traite comme une minorité dépendante sans fierté accrochée aux mamelles de la fédération? Ils reprennent le propos et s’en enorgueillissent, à la manière d’une forme supérieure de lucidité. Eux, au-moins, regardent la réalité en face.

Ce discours s’exprime grossièrement avec une certaine frange de la droite de Québec qui semble persuadée que la société québécoise est fondamentalement incapable de quoi que ce soit et que sans la béquille canadienne, nous serions condamnés à la faillite collective. Il est souvent repris, bien que plus subtilement, par certains ténors fédéralistes qui entretiennent aussi notre sentiment d’incapacité. Il témoigne de cette espèce de mépris de soi qui est inscrit dans les replis les plus intimes de la conscience collective québécoise et qui nous fait trop souvent considérer notre culture comme un fardeau qui nous empêcherait d’accéder à la modernité et de goûter pleinement aux délices de la prospérité nord-américaine. Il laisse entendre une chose: si nous nous débarrassions du sentiment exaspérant de notre différence collective, en nous alignant sur le modèle de nos voisins canadiens ou même de nos voisins américains, nous progresserions enfin.

C’est le vieux syndrome de la Conquête providentielle, qui en a amené plusieurs, au fil de notre histoire, à chanter la Conquête parce qu’elle nous aurait délivré de l’empire français (et nous aurait épargné aussi la Révolution française, mais fondamentalement, c’est la rupture avec la France, qui est célébrée, comme s’il s’agissait d’une nation incapable et décadente) pour nous annexer à l’empire britannique, le plus évolué du monde, qui nous aurait apporté la démocratie, la liberté de presse, le capitalisme et la modernité. Au fil de l’histoire, ce syndrome a évolué, il s’est métamorphosé.

Chez certains, il s’est formulé ainsi : les Québécois, laissés à eux-mêmes, seraient tentés d’établir une ethnocratie autoritaire, contraire aux exigences élémentaires de la démocratie. Le Canada nous civiliserait démocratiquement de l’extérieur. Il y aurait au cœur de la culture québécoise un réflexe déshonorant qu’il faudrait inhiber par une puissance extérieure. Le fédéralisme canadien, de ce point de vue, nous aurait éduqués à la démocratie, vers laquelle nous ne serions jamais parvenus par nous-mêmes, d’autant que nous ne l’aurions jamais vraiment désirée. C’était la conviction de Pierre Elliot Trudeau.

Chez d’autres, le syndrome de la Conquête providentielle trouvait une autre formulation : nos retards, au moment d’amorcer la Révolution tranquille, s’expliquaient moins par la relation de domination établie dans la Conquête et inscrite dans les institutions qui en héritaient mais par la persistance, chez nous, d’une mentalité d’ancien régime qui nous aurait handicapés dans notre aventure dans la modernité. Et cette mentalité, évidemment, serait un héritage de la colonisation française. Encore une fois, notre sous-développement s’expliquait par les failles intimes de la culture québécoise. Le fédéralisme d’hier aurait au moins eu le génie de nous délivrer de nous-mêmes et de nous inscrire dans un contexte de civilisation propre à l’émancipation de l’individu.

En fait, pour ceux qui pratiquent compulsivement l’autoflagellation, la culture québécoise, entendue comme une réalité historique, est moins une culture qu’on doit défendre et à partir de laquelle on doit s’inscrire dans le monde qu’une culture dont on doit le plus possible se libérer. On peut croire qu’ils sont traversés par ce que Jean Bouthillette a déjà appelé la tentation de la mort, une tentation qui refait surface à mesure où le peuple québécois s’éloigne de son indépendance. C’est normal : la défaite défait, et un peuple qui a échoué sa libération sera tenté par le nihilisme et l’automutilation. Sa part sombre remonte à la surface. C’est ce qui se passe en ce moment.



Quand l'anglais s'inspire du français





28 février 2016

Les Québécois sont raciiiiiiiistes!!!

Extrait de cet excellent papier de Gilbert Turp:

Si je commence par traduire Blackface par Facenoire, c’est pour souligner une évidence : le mot n’existe pas en français. Cela devrait sonner une cloche à quiconque a pour la vérité historique un minimum de considération.

Le Blackface est bel et bien un phénomène américain, circonscrit au monde du music-hall et du burlesque. Un acteur blanc se mettait du cirage à chaussures sur le visage et se dessinait en blanc de grosses babounes. Quand il parlait, l’acteur de Blackface prenait un accent débile. Il est capital de bien comprendre que le Blackface personnifiait un être générique sans identité, sans personnalité, sans dignité humaine. Bref, une caricature de foire grotesque d’idiot désoeuvré, analphabète tantôt bougon, tantôt imbécile heureux, mais toujours dégénéré. Du pur racisme, clair et net.

Le phénomène naît aux États-Unis vers 1830 et se répand au point d’évincer les acteurs noirs des scènes (à tel point que lorsqu’ils reprendront pied sur les planches des music-halls au XXe siècle, ils joueront eux-mêmes dans un style Blackface). Le phénomène essaime ainsi pendant un siècle sans que personne ne bronche. Puis, il commence à tomber en désuétude et à être critiqué à partir des années 1930 pour disparaître graduellement en deux décennies.

J’ajoute que le Blackface est cantonné à la scène burlesque. On ne parle pas de dramaturgie. Ainsi, à ma connaissance, personne aux États-Unis ou chez nous n’aurait l’idée de parler de Blackface parce qu’Orson Welles s’est noirci le visage en jouant le rôle d’Othello dans son propre film. Le même Orson Welles qui, au Group Theater de New York, montait au milieu des années 1930 des tragédies classiques avec des distributions noires ou mixtes.

Au Québec, toutes les traces documentées de Blackface sur lesquelles j’ai réussi à mettre la main indiquent très clairement qu’il s’agit de simples résidus de la culture américaine : il est question de troupes burlesques en tournée qui s’arrêtent quelques soirs à Montréal pour divertir le public en anglais. La langue de ces spectacles compte ici : les producteurs, les auteurs des sketchs et les acteurs se barbouillant le visage de cirage noir étaient américains. Montréal était alors pour eux un domestic market (ce qu’il est encore pour les majors d’Hollywood). Quant au public qui assistait à ces spectacles, compte tenu du bas niveau de bilinguisme du temps, on peut supposer qu’il était plutôt anglophone ou qu’il s’identifiait à la culture de l’Empire anglo-américain. Ceci dit, il se peut que ces compagnies de tournée aient engagé des artistes « locaux » pour attirer un public francophone, mais je n’ai pas trouvé de documents indiquant cela.

Fin de l’histoire ? Oui et non, car il aura suffi d’une phrase d’une critique de la Gazette il y a un an pour que le terme Blackface resurgisse avec une nouvelle signification, décollée de la vérité historique. À l’occasion d’une revue du Rideau Vert où un acteur jouait successivement P.K. Subban et Julie Snyder (passant d’un fond de teint foncé à une perruque de femme et des seins postiches), on a littéralement traîné dans la boue Denise Filiatrault en toute ignorance de qui elle était, elle qui a tant fait dans sa vie et ses productions pour ouvrir la scène à des artistes cantonnés ou marginalisés pour des raisons tant raciales que sexuelles. Tout cela s’inscrivant dans un contexte sociopolitique où le Québec bashing est devenu monnaie courante, permis et toléré par les plus hautes instances du pays de Justin le Compassé. Bref, il m’arrive de penser qu’on a le droit de noircir le Québec dans ce pays en toute bonne conscience, sans doute pour s’arroger ensuite le droit de le salir à coups de pipelines.

Mais mon amour de la culture et des cultures ne me permet pas d’accepter qu’on salisse la mienne : propager l’idée que le Blackface fait partie de la culture québécoise est tout simplement une fausseté. Pourtant, la cause derrière cette affaire est bonne, mais la cible est mauvaise et ne fait que perpétuer de l’injustice: le Québec a ses propres problèmes, mais il n’a pas à porter sur ses épaules le racisme de l’Empire anglo-américain. Il l’a lui-même subi, faut-il rappeler. De même, la culture québécoise n’est pas un résidu de la culture américaine. Elle est le fruit de nos créations et de notre regard singulier sur ce continent. Elle existe en elle-même, de plain-pied, et c’est ainsi qu’il faut la considérer et la réfléchir. On peut détester des politiques et des idéologies, mais jamais — jamais ! — salir des cultures.



«Office québécois de la langue anglaise»


Extrait de cet article de Josée Legault à propos de la propagande et de l'intimidation des militants francophobes de l'Ouest de l'île de Montréal:

On y parlait de militants anglophones qui «passent à l’offensive» pour «convaincre les commerçants d’implanter des écriteaux bilingues et d’envoyer des circulaires bilingues dans les secteurs majoritairement anglophones de Montréal».

(...) le même jour, j’ai entendu en entrevue un des militants cité dans l’article -  un avocat de Hampstead du nom de Harold Staviss. 

(...) Dans ces deux entrevues, Harold Staviss – de même que pour sa collègue militante, Ruth Kovac, une conseillère municipale de Côte-Saint-Luc également citée dans La Presse -, le mot «respect» revenait tel un leitmotiv  pour justifier, disaient-ils, leur campagne soutenue pour la «bilinguisation» de l’affichage commercial.

Jurant la main sur le cœur qu’ils «respectent la loi 101», ces militants disent vouloir simplement exiger le «respect» qui, selon eux, serait dû à la langue anglaise dans l’affichage commercial – une des deux «langues officielles» du Canada, répètent-ils aussi. 

D’où mon impression de déjà vu - le mot «respect» ayant abondamment servi dans les années 1990 à un certain Howard Galganov – activiste anglophone renommé de catégorie «angryphone», comme on les appelait à l'époque. Lequel, après le référendum de 1995, avait fondé à Montréal son fameux «Quebec Political Action Committee» (QPAC) .

En 1996, après s’être fait connaître pour ses attaques stridentes contre la loi 101 et le nationalisme québécois qu’il prenait plaisir à représenter sous toutes ses formes comme l’expression d’un mouvement essentiellement raciste et xénophobe, Howard Galganov organisait aussi des manifestations d’anglophones en colère. Lesquels menaçaient de boycotter les commerces qui n’affichaient pas aussi en anglais. Y compris lors d’une manif mémorable de plusieurs milliers d'anglophones fâchés au centre commercial Fairvew de Pointe-Claire.

D’où un autre air de déjà vu dans ce même article de La Presse lorsque j’ai lui ce passage sur une pétition en ligne demandant aussi que le gouvernement ferme carrément l’Office québécois de la langue française (OQLF): «Gary Shapiro, président de l’Office québécois de la langue anglaise et l’un des instigateurs de la pétition contre l’OQLF, propose en parallèle de doter Montréal d’un «statut spécial». Cela permettrait d’isoler la métropole du «débat fatigant sur la langue et de l’incessante menace de séparation», a-t-il écrit dans une lettre ouverte récente à The Gazette. Murray Levine, l’autre instigateur de la pétition, (...) s’est fait connaître en 2013 pour avoir lancé un appel au boycottage du centre commercial Fairview Pointe-Claire, qui ne faisait, selon lui, pas assez de place à l’affichage en anglais.»

(...) Eh oui, soit dit en passant, il existe en effet un petit groupe militant d’anglophones auto-baptisé «Office québécois de la langue anglaise»...

(...) Rappelons aussi qu’en juillet 2013,  dans le cadre d’une manif qu’il avait organisée sous le thème «I AM CANADIAN», le même Howard Galganov prenait la peine ici de remercier un certain avocat nommé Harold Staviss pour s’être gentiment occupé sans frais de toute la correspondance et de tous les arrangements avec le SPVM.

(...) Le problème est que pour ces «militants» anglophones, la langue anglaise serait au contraire en constant état de siège... Y compris à Montréal!
Revenons à Harold Staviss et à Ruth Kovac.

(...) lorsque Me Staviss et d’autres font campagne pour un affichage commercial bilingue anglais-français sous prétexte que cela «respecte» la loi 101 et les clients, ils jouent sur les mots.

La vérité est que rien dans la loi 101 n’oblige un commerçant à ajouter une autre langue au français dans son affichage public. La loi lui donne l’entière liberté, s’il le veut, de ne PAS le faire.

Donc, lorsque Harold Staviss demande un affichage bilingue anglais-français sous prétexte, pour reprendre ses mots, qu’il veut tout simplement que ces commerçants «respectent la loi», il sait pourtant pertinemment que «respecter la loi 101» comprend aussi le droit de ne PAS afficher dans une langue autre que le français.

Qui plus est, lorsque l’animateur Alain Gravel lui demande pourquoi il ne laisse pas tout simplement les commerçants «afficher comme ils le veulent», l’avocat répond alors ceci : «parce qu’ils ont PEUR de l’Office (québécois) de la langue française qui les harasse  beaucoup et aussi, beaucoup des détaillants ne connaissent pas la loi. Ils pensent que ils peut /sic/ pas faire les enseignes bilingues. Alors, Ruth Kovac et moi, on les encourage de respecter la loi et dit que la loi vous donne le droit d’avoir les deux langues. (...) C’est juste pour avoir le respect.»

Tout une envolée, avouons-le. Y compris sur cette supposée «peur» face à un organisme chargé simplement d’appliquer une loi. Une peur alimentée par ailleurs depuis des décennies par certains médias et activistes anglophones qui prennent plaisir à qualifier l’OQLF de «language police». Sans compter, encore une fois, cette confusion entretenue entre un «droit» et une «obligation»...

Bref, on croirait réentendre la rhétorique de Howard Galganov, mais en version, disons, moins criarde. Ce qui, par contre, ne la rend ni plus fondée, ni plus intelligible.

(...) dans la mesure où cette «campagne» propage la confusion entre un «droit» et une «obligation», la frontière ici est très mince entre l’incitation et l’intimidation.

Pour des commerçants qui, dans les faits, respectent tout à fait la loi 101 lorsqu’ils choisissent d’afficher en français seulement,  se faire talonner par des militants anglophones pour qu’ils ajoutent de l’anglais est plus qu’une simple incitation.

D’autant plus, comme le note aussi La Presse, lorsque Ruth Kovac, conseillère municipale de Côte-Saint-Luc, se servait aussi pour le faire de sa propre adresse courriel de la ville pour contacter des commerçants. Et ce, allant même jusqu’à envoyer le tout au journal anglophone The Suburban. Ajoutons ici que même sur son fil twitter, en plus de ses nombreux «retweets» de la campagne du Parti libéral du Canada et de son candidat Anthony Housefather, Mme Kovak se permet aussi de «retweeter» des références à des commerces qui se font exiger d’afficher aussi en anglais.

En plus d’être le candidat du PLC dans Mont-Royal,  rappelons que M. Housefather, entre autres choses, est également le maire de Côte-Saint-Luc depuis 2005 , là où Mme Kovak est conseillère municipale.

Ce serait donc intéressant de savoir aussi ce que le chef libéral, Justin  Trudeau, pense de tout ça.

(...) Harold Traviss (...) participait néanmoins à une micro-manifestation devant les bureaux montréalais de l’OQLF avec un autre groupe militant anglophone du nom de «Unity Group Quebec».

(...) Pour ce qui est du Unity Group Quebec – dont la «mission» comprend aussi son appui à la partition du Québec s’il devenait indépendant -  posté sur son site web, on y retrouve également ceci.

Soit trois vidéos, trois épisodes d’une fiction se voulant sarcastique et intitulée «Language Police», lesquelles racontent l’histoire fictive d’une escouade fictive dans le Québec du futur fictif, de ce qui semble être deux policiers en civil – un «Sgt. LaJoie» et un «Sgt. Bourgignon» /sic/ -, deux personnages de francophones anglophobes, racistes, morons, vulgaires, grossiers, criards et à l’accent québécois exagérément prononcé lorsqu’ils parlent anglais. Un genre de 19-2 au quotient intellectuel inexistant.

Dans la première vidéo, les deux inspecteurs débiles et anglophobes procèdent à l’arrestation musclée d’anglophones juste parce qu’ils parlent anglais...

Dans la seconde, un des deux débiles prépare une descente avec l’autre dans un bar et lui dit avant qu’ils attendront d’entendre quelqu’un y parler en anglais tout en promettant qu’ils vont alors «punch them in the face».

Dans la troisième vidéo, les mêmes deux débiles s’«amusent» à arrêter un homme noir - encore une fois parce qu’il parle anglais -, tout en le plaquant sur un mur. Dans le même épisode, on les voit ensuite répondre à un appel pour «violence conjugale». Mais la «violence» est celle d’une femme francophone qui, parce que son mari ou son chum lui a parlé anglais, l’a tout simplement frappé à la tête en lui criant «Hey! T’es au Québec! Faque /sic/ apprend à parler français!»...

(...) L’humour est bien sûr une chose fort subjective et à chacun ses marottes. Je laisse donc à chacun de juger du caractère de l’exercice et de la manière dont on y représente les deux «sergents» francophones comme des personnages affreux, grossiers, méchants, violents, primaires, anglophobes, racistes, etc. Le tout face à des anglophones qui, doit-on même le préciser, n'en sont que de pauvres victimes...



Un homme meurt tous les 13 jours tué par sa compagne

Ce que les féministes ne vous diront jamais:

7136. C'est le nombre d'hommes en souffrance victimes des violences volontaires de leur conjointe en 2013, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Ce qui représente 11 % des cas de violences conjugales. D'ordinaire plus suspects que victimes, ils sont en moyenne 26 à mourir chaque année sous les coups de leur femme, soit environ un tous les treize jours. Souvent, les hommes battus restent murés dans le silence, trop honteux d’être dominés par des femmes. D'ailleurs, ils ne représentent que 2,5 % des 13.834 personnes à avoir composé le numéro d'urgence (3919) en 2013. 

Et puis, il y a ceux qui arrivent à partir, à porter plainte et à se donner une chance de vivre à nouveau normalement, de se réinventer loin de leur bourreau. C'est le cas de Maxime Gaget, qui a raconté son calvaire dans le livre Ma compagne. Mon bourreau. Son ex-compagne comparaît jeudi au tribunal correctionnel de Paris pour « violences, menaces, intimidations et escroqueries ». Des hommes battus comme lui, l'avocate Samira Meziani en a défendu une dizaine devant le tribunal ces deux dernières années. Si leurs histoires permettent de mieux comprendre le système de soumission psychologique des victimes de violences conjugales, les hommes se heurtent à une justice pas toujours impartiale à leur égard. 



Les trois principaux mensonges féministes

Voici les trois principaux mensonges féministes selon Milo Yiannopoulos:





Shaun Hughes

27 février 2016

SEULS de Vehlmann et Gazzotti

J'ai une confession à faire.

Je dépense la quasi-totalité de mes budgets de classe en livres.

Et de ces achats, les BD reçoivent la part du lion.

À mon humble avis, il n'y a pas de meilleur moyen pour transmettre le goût de la lecture aux jeunes de l'âge de mes élèves.

Il y a quelques mois, je suis entré dans une librairie locale à la recherche de nouveaux livres pour ma classe et j'ai aperçu le premier tome d'une série intitulée "Seuls". Je n'en avais jamais entendu parler, mais comme il était à moitié prix, j'ai décidé de lui donner sa chance.

Je l'ignorais alors, mais il s'agissait là de la meilleure décision que je prenais de l'année!

Je l'ai lu et j'ai été complètement emballé. J'ai donc acheté les quatre tomes suivants et la réaction des jeunes a été au-delà de tous mes espoirs les plus fous. Ils se les arrachent! Ils les dévorent! Ils veulent les relire et les relire! C'est tout simplement phénoménal. J'ai rarement vu ça.

En gros, la série Seuls raconte l'histoire d'une poignée d'enfants qui sont plongés dans une situation complètement délirante. Dans le premier tome, ils se réveillent un matin pour constater que la quasi-totalité des habitants de leur ville sont tout simplement... disparus! Leurs parents, leurs voisins et leurs amis se sont tous volatilisés. C'est en errant dans les rues désertes, que les personnages principaux se rencontrent pour la première fois et deviennent ainsi, par la force des choses, compagnons d'infortune.

Le plus jeune doit avoir environ 5 ans et les plus vieux sont probablement des pré-ados d'environ 13 ou 14 ans. Privés de l'autorité des adultes, les voilà livrés à eux-mêmes. Ivres de liberté, leurs décisions ne sont pas toujours très sages, mais très rapidement, ils doivent mieux s'organiser pour survivre car les dangers sont nombreux. Comme par exemple, ce rhinocéros agressif, échappé d'un cirque, qui patrouille les rues de la ville et n'hésite pas à foncer sur tout ce qui bouge.

Dans les tomes suivants, notre petite bande s'aventurera à l'extérieur des limites de la ville, rencontrera un autre clan d'enfants à la tête duquel trône un garçon sinistre et inquiétant et découvrira un phénomène inexplicable au coeur de leur ville d'origine. Les mystères sont nombreux et chaque réponse entraîne des dizaines de nouvelles questions.

Ce que j'apprécie particulièrement dans cette série, c'est l'authenticité des personnages qui se comportent véritablement comme le feraient des jeunes de cet âge. Visiblement, mes élèves se reconnaissent aussi dans ces jeunes-là. Et à mesure que l'histoire progresse, le lecteur est interpellé et poussé à se demander comment il aurait agi dans telle ou telle situation ou si la décision prise par nos jeunes survivants est la bonne.

L'action est incessante et à tout rompre. Les scènes d'action sont nombreuses et à couper le souffle. La relation entre les personnages est parfaitement crédible et touchante. Plusieurs moments cocasses font éclater de rire. D'autres font grimacer de terreur. Cette BD est un vrai petit chef-d'oeuvre.

Si le lecteur aguerrit ne manquera pas de reconnaître quelques similitudes avec des séries comme Walking Dead ou des films tels que Children of the corn, Super 8 ou The sixth sense, ces influences ne gâchent pas le plaisir et n'enlèvent rien à l'originalité de la série.

Et quel plaisir de lire une BD française qui, au lieu de fuir la tradition du dessin franco-belge, l'adopte sans réserve! Le résultat est une oeuvre fraîche et originale qui ne manque pas d'éveiller la nostalgie pour les BD de notre jeunesse.

Tout ça pour dire que je ne saurais trop vous recommander la série Seuls.



Louis CK

J'ai récemment découvert cet humoriste que je ne connaissais pas du tout et j'ai adoré. Le spectacle ci-dessous, intitulé One Night Stand, m'a fait rire à en pleurer. Et le sketch à propos de l'église catho était hallucinant.

Si vous ne le connaissez pas, vous manquez quelque chose.







Habits traditionnels?



Scandale!

Jakub Rozalski

25 février 2016

Témoignages franco-ontariens

La décision du gouvernement ontarien de "s'excuser" d'avoir banni le français de ses écoles (dont j'ai parlé ici, ici et ici) aura au moins eu pour effet d'attirer temporairement l'attention sur la pénible réalité des francophones de l'Ontario.

Dans cet article, on raconte quelques témoignages:

Dolores Roberge a enseigné à une soixantaine d'élèves francophones de 1914 à 1916 à Lavigne dans le nord-est de l'Ontario. À l'époque, le gouvernement exigeait que l'enseignement dans les écoles de la province se fasse uniquement en anglais, mais Dolores Roberge a refusé de se plier au Règlement 17.

«Elle enseignait le français et faisait faire la prière le matin et le soir, mais elle n'avait pas le droit», raconte sa fille Léonie Gareau. «Quand l'inspecteur arrivait, elle cachait le crucifix et cachait les livres français.»

(...) Le règlement a cessé d'être appliqué en 1927, mais le système scolaire de l'Ontario en a longtemps gardé des marques.

Ainsi, Éveline Arbour n'a pas eu accès à une éducation en français, alors qu'elle a commencé l'école après cette date. «J'ai passé toute ma vie à entendre ma mère s'excuser du fait qu'elle ne pouvait pas écrire en français», se rappelle son fils, Denis Constantineau.

(...) Pour honorer la mémoire de sa mère morte en mars dernier, Denis Constantineau a décidé de demander des excuses au gouvernement ontarien.

(...) «On lui a fait un tort à son insu, à elle et à toute sa génération, et ça a été fait à dessein. Ce n'est pas quelque chose qui est arrivé par le jeu du hasard. On a systématiquement décidé qu'on voulait adresser la question de la présence francophone en Ontario en assimilant les élèves », rappelle-t-il.

Également d'intérêt, voici quelques extraits de cette entrevue avec Jean Poirier, ancien député de la circonscription Glengarry-Prescott-Russel, de 1984 à 1995:

"Tu es trop francophone. Tu es trop militant. Tu es trop puissant. Tu es trop populaire. La majorité anglophone n'accepterait jamais qu'on nomme quelqu'un comme toi ministre en Ontario."

"Cette francophobie existe, elle est réelle, mais des fois, elle est très sournoise et très bien cachée."

"C'est une des rares phobies qui est socialement acceptable chez nous, ici, en Ontario, au Canada."

"Je me rappelle le Toronto Sun (...) avait fait un éditorial où on offrait: "On devrait donner 800$ à chaque francophone en Ontario qui redéménage au Québec." (...) Est-ce qu'on peut s'imaginer qu'un journal anglophone de l'Ontario ou du Canada anglais puisse faire un éditorial, le même éditorial mais qu'on enlève le mot "francophone" et "Québec" et qu'on dise: "On doit donner 800$ à chaque Noir pour qu'il retourne en Afrique, à chaque membre des premières nations pour qu'il retourne dans ses réserves, à chaque Chinois qui retourne en Chine." Est-ce qu'on peut s'imaginer ça? Non!"



23 février 2016

"Les étranges excuses aux Franco-Ontariens"

J'en ai déjà parlé (ici et ici), mais une fois de plus, l'intelligence et le sens aigu d'analyse de Mathieu Bock-Côté est une coche au-dessus. Ce gars-là est décidément très, très fort.

Extraits de son article:

(...) Il s’agissait de proscrire l’enseignement en français dans les écoles de la province. Il fallait parachever la Conquête et éradiquer un peuple qui rappelait que le Canada n’a pas toujours été anglais. Ce règlement n’avait rien d’exceptionnel, en un sens. Partout au Canada, on a cherché, d’une manière ou d’une autre, à effacer la culture canadienne-française et on ne lui a reconnu ses droits qu’une fois devenue agonisante et condamnée à vivoter. Le Canada français devait être réduit au folklore et les Canadiens français transformés en minorité inoffensive pour enfin s’attirer un regard compatissant.

Mais il est intéressant de voir à partir de quelle vision de l’histoire s’excuse le gouvernement Ontario. Car le récit fonde l’action politique et c’est à partir d’un certain prisme de lecture historique qu’on sent le besoin de revenir vers le passé avec un air pénitent. Et je note une première chose: c’est qu’on parle essentiellement des Franco-ontariens. Il y a là un terrible anachronisme. Car il ne s’agissait pas, à l’époque, de la part du gouvernement ontarien, de brimer un élément parmi d’autres de la diversité ontarienne mais d’en finir avec un des deux peuples fondateurs du Canada. À l’époque, si on préfère le dire autrement, l’identité franco-ontarienne n’existait pas: on devait plutôt parler des Canadiens français de l’Ontario. Ce n’est pas du tout la même chose. Autrement dit, c’est en tant que membres d’un peuple que les francophones de l’Ontario furent agressés dans leurs droits nationaux. L’identité franco-ontarienne telle qu’on l’entend aujourd’hui est postérieure à la fragmentation du Canada français, suite aux États généraux en 1967.

On nous dira que la thèse des deux peuples fondateurs n’a jamais existé ailleurs que dans l’imaginaire politiques du peuple canadien-français, alors que les Canadiens anglais nous voyaient comme des conquis appelés à accepter leur sort de vaincus dans un pays qui ne leur appartenait plus. Ce n’est pas complètement faux. Nous n’avons jamais été capables d’habiter le Canada tel qu’il est, c’est-à-dire un pays anglophone où nous ne serons jamais qu’une minorité plus ou moins bien traitée. Nous avons besoin de mythes et de fantasmes pour nous raccrocher à un Canada imaginaire qui devient mentalement habitable pour notre peuple. Il n’en demeure pas moins qu’à travers ce mythe, nous avons fait valoir nos droits nationaux et nous sommes parvenus, collectivement, à survire et asseoir nos revendications. La thèse des deux peuples fondateurs rappelait, en quelque sorte, que les Canadiens français ne sont pas une minorité parmi d’autres au Canada. On notera qu’aujourd’hui, plus personne n’y croit vraiment.

Kathleen Wynne dit d’autant plus de mal de l’Ontario d’hier que cela lui permet de célébrer l’Ontario d’aujourd’hui: «En l'espace de seulement quelques générations, l'Ontario est passée d'un endroit résistant à la diversité à un endroit qui exploite pleinement les cultures et ses langues différentes». Notons bien les mots: il y a plusieurs cultures et plusieurs langues. Justin Trudeau ne disait-il pas récemment du Canada qu’il s’agit d’un pays polyglotte? Le grand récit des deux peuples fondateurs n’existe tout simplement plus. Il est évacué. Il n’a plus de place qu’au musée des antiquités idéologiques. Ces excuses s’inscrivent dans le paradigme du multiculturalisme d’État canadien, où les francophones ne sont qu’une communauté parmi d’autres. Le Canada ne s’excuse pas de ne pas avoir respecté les droits nationaux d’un de ses peuples fondateurs: il s’excuse de ne pas avoir été assez ouvert à la diversité. Il ne s’agit pas là que de querelles de vocabulaires. C’est de la vision du pays dont il est question. Faut-il rappeler, par ailleurs, que les francophones du Canada s'assimilent à grande vitesse et qu'ils sont condamnés, quoi qu'on en dise, à l'extinction historique, ce qui ne veut pas dire que leur lutte pour survivre n'est pas admirable. 

Quelle pudeur, aussi, dans les termes employés par la première ministre ontarienne. Kathleen Wynne parle «d’insensibilité» alors qu’il s’agissait tout simplement d’une tentative d’en finir avec un peuple – accessoirement, le nôtre, parce qu’à ce moment, les francophones, même s’ils savaient déjà leur destin lié au Québec, conservaient à certains égards une conscience pancanadienne. Cette pudeur donne une allure paradoxale à ces excuses.  En refusant de nommer les choses clairement, on efface un peu l’histoire, on la réécrit et on relativise la vraie nature de cette entreprise assimilatrice. Ces excuses tournées vers le passé ont la singularité de dissoudre l’histoire réelle. Elles fabriquent une mémoire rassurante pour le Canada contemporaine. Mais telle est l’histoire du Canada : il ne reconnaît finalement le fait français qu’après l’avoir désamorcé politiquement. C’est un bibelot linguistique. Sans plus.

(...) Néanmoins, si ces excuses peuvent rappeler aux Québécois francophones d’aujourd’hui que le Canada a fait ce qu’il pouvait pour les faire disparaître comme peuple, elles n’auront pas été complètement inutiles.



21 février 2016

Excuses ontariennes II

Dans mon dernier billet, j'ai parlé des excuses faites par la première ministre de l'Ontario pour l'interdiction du français dans les écoles de cette province de 1912 à 1927.

N'allez pas croire que ces excuses sont perçues favorablement dans la population anglophone!

On le constate facilement en regardant les réactions des lecteurs du site CTV News. Certains vont même jusqu'à affirmer que c'est le Québec qui devrait s'excuser! Voyez par vous-mêmes:




Quelle mauvaise foi.

L'anglais n'est pas interdit dans les écoles du Québec et ne l'a jamais été. Les anglophones du Québec ont leurs propres commissions scolaires, leurs propres écoles primaires et secondaires, leurs propres cégeps et TROIS universités. Sans parler de leurs propres hôpitaux, leurs stations de radio, leurs journaux, leurs postes de télé, leurs théâtres, etc.

Il est profondément malhonnête de comparer la situation des Franco-Ontariens, une minorité historiquement désavantagée et menacée, aux Anglo-Québécois, une "minorité" (qui est en fait une majorité à l'échelle du pays) historiquement privilégiée, riche et nullement menacée.

À ce jour, l'Est de Montréal francophone demeure désavantagé comparativement à l'Ouest anglophone! On apprenait même récemment que "l'espérance de vie des citoyens qui habitent certains quartiers de l'est de Montréal est inférieure de jusqu'à neuf ans à celle des citoyens de l'ouest de l'île!"

De plus, l'objectif de la charte de la langue française (oups, pardon, je veux dire de la "language police", sorry!) n'est pas d'éradiquer l'anglais, mais plutôt d'assurer la survie de la langue française, ce qu'elle ne parvient même pas à faire efficacement, en passant!

Quel extraordinaire malhonnêteté...

Les commentaires que j'ai trouvés ailleurs sont tous essentiellement les mêmes. Par exemple, sur Northern Life:


Sur Reddit:


Sur le site de la CBC:



Partout, les mêmes commentaires dans lesquels se lisent clairement un désintérêt complet pour la lutte historique des francophones et un mépris hostile à l'égard du Québec.

C'est ça, le vrai visage du Canada.




20 février 2016

Excuses ontariennes

Extrait de la nouvelle:

Kathleen Wynne va présenter des excuses officielles de la part du gouvernement de l'Ontario à la communauté franco-ontarienne pour le Règlement 17 en chambre, lundi en après-midi.

Ce règlement, qui a été appliqué de 1912 à 1927, interdisait l'enseignement et l'utilisation du français dans les écoles élémentaires de la province.  La loi a contribué à l'assimilation de nombreux francophones, notamment en privant une génération d'une éducation en français.

Ça me fait toujours rigoler quand un gouvernement offre ses excuses pour une écoeuranterie commise... il y a 100 ans!

Et le plus pitoyable dans tout ça, c'est que ces bêtes excuses ne sont accompagnées d'aucun geste concret pour améliorer la situation actuelle des francophones de l'Ontario:

Excédés par l’inaction du gouvernement de Kathleen Wynne, des étudiants et élèves ont tenu jeudi une première journée d’action pour réclamer la création d’une université de langue française en Ontario. Parce que l’époque des compromis a assez duré.

Avec une population de taille similaire, la minorité anglo-québécoise peut se targuer d’avoir trois universités bien à elle. Les francophones de l’Ontario, eux, ont bel et bien accès à des programmes en français, mais dans huit établissements bilingues seulement, pas dans toutes les disciplines ni dans toutes les régions.

La situation est telle qu’encore en 2016, dans le centre-sud-ouest de la province, six élèves francophones sur dix feront leurs études universitaires en anglais plutôt que de s’exiler à Ottawa, Sudbury ou au Québec, selon la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO).

(...) Dans un rapport dévastateur sur la question, le commissaire aux services en français de la province, François Boileau, rappelait à l’ordre le gouvernement. « Il est urgent d’agir », écrivait-il. C’était en 2012. Depuis, mis à part la création de groupes de travail, bien peu de choses ont changé.

(...) Laisser la majorité anglophone prendre des décisions pour la minorité s’est rarement soldé par des résultats heureux dans le milieu scolaire. « Quelle est l’incidence de l’offre quasi inexistante de programmes postsecondaires en langue française ? La réponse est simple : pas d’avenir sans accès. En d’autres mots, pour la communauté francophone, il s’agit d’une mort lente.»

(...) France Gélinas y connaît quelque chose. « J’étais là quand on n’avait pas d’écoles secondaires francophones, dit la députée néodémocrate de Nickel Belt. J’ai des amis qui ne parlent plus le français parce qu’ils n’ont pu étudier dans leur langue. Et j’en ai d’autres qui ont pu la conserver parce qu’on en a finalement eu, des écoles francophones à Sudbury. On a dû se battre pour les écoles primaires, secondaires, nos conseils scolaires. On a dû se battre pour nos collèges francophones, il y a vingt ans. La communauté franco-ontarienne sait ce qu’elle veut. Elle parle d’une seule voix. On est rendus là. »

(...) À la tête de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Denis Vaillancourt n’en croit pas ses oreilles. « Comment expliquer en 2016 que la plus importante population de francophones des Amériques après le Québec n’ait pas son université ? Il est urgent que les choses évoluent, et nous refusons de voir ce dossier de nouveau repoussé. »

Mais ne vous en faites pas trop, en 2116, le gouvernement de l'Ontario n'aura qu'à présenter ses excuses aux trois ou quatre francophones qui subsisteront dans cette province!



19 février 2016

La guerre au français en Louisiane

Vous avez déjà entendu parler des efforts déployés en Louisiane pour éradiquer le français?

Extrait de l'article:

The older folks in Cajun country recall the sting of corporal punishment — of the pain inflicted on their knees, knuckles and elsewhere by teachers working to beat the French out of them.
Rita Dautreuil Marks was smacked with a ruler on her fingertips for speaking the forbidden tongue. She remembers kids being left in a dark room, sometimes deprived of lunch.

Merlin Fontenot, 92, recalls the penalty for a first offence: writing lines on the blackboard, 100 times, "I WILL NOT SPEAK FRENCH." Another violation brought a ruler across the knuckles.

Their teachers were enforcing the law. French was prohibited in Louisiana schools for a half-century under a 1921 state constitution, amid an aggressive push to modernize and integrate poorer communities.

Some teachers were particularly vicious in upholding the constitution, George Arnaud recalls.

"They put us on our knees if they caught us," said Arnaud, 66.

"Sometimes (they placed us) on corn or rice — so it would hurt a lot more."
The beatings had an impact. Arnaud entered school speaking only French; by adulthood he'd almost forgotten the language. Marks failed a grade; later to spare her children similar punishment, she refused to teach them French.

The decline in the number of French-speakers in Louisiana has been dramatic, as the oldest die off. It has plunged to 115,000 from 194,000 in just over a decade, in this former French territory that's home to a mix including Acadians expelled from Canada; Haitian Creoles; and European immigrants.

Tales of assimilation frequently transpire over four generations: many baby boomers describe how their grandparents spoke just French, their parents mostly French, while they speak mostly English, and their kids only English.

The culture had survived a more brutal disruption, two centuries earlier. One parish commemorates the 1755 expulsion from Atlantic Canada in its name, "Evangeline." Today, just under one-fifth of residents still speak French in this parish, named for the heroine of an epic poem about the diaspora.

(...) "It was considered an ignorant, backward language," said Cheramie.

(...) When older folks speak, they sound a bit like New Brunswickers or coastal Quebecers. But the kids speak a scrubbed-down French, stripped of old idioms and accents — closer to how English-Canadians sound after a few years' French immersion.

"French as we know it — probably, that's over," Marks said.



Le cerveau autiste

Une étude révèle des différences observables dans le cerveau des hommes autistes.

Extrait de l'article:

The study, published in the journal Brain, used a novel brain imaging method to identify altered brain connections in people with ASD. The researchers used diffusion tensor imaging (DTI), a magnetic resonance imaging technique, to compare networks of white matter in 61 adults with ASD and 61 controls. White matter consists of large bundles of nerve cells that connect different regions of the brain and enable communication between them.

The scans revealed that men with ASD had differences in brain connections in the frontal lobe, a part of the brain that is crucial to developing language and social interaction skills.

Specifically, these men had altered development of white matter connections in the left side of the brain, the arcuate bundle, which is involved in language. The differences in the arcuate bundle, which connects areas of the brain involved in understanding words and regions related to speech production, were particularly severe in those who had a significant history of 'delayed echolalia'. Delayed echolalia is very common in ASD and manifests in the parrot-like repetition of words or sentences.

ASD was also associated with underdevelopment of white matter in the left uncinate bundle, which plays a significant role in face recognition and emotional processing. This also correlated with observations of 'inappropriate use of facial expression' in childhood.

(...) "It is worth noting that the brain differences are visible only with the special research techniques we now have at our disposal. These differences are very subtle and potentially reversible. Thanks to neuroimaging studies like this, it may one day be possible to stimulate the development of these faulty brain connections, or to predict how people with autism respond to treatment."



Ekaterinya Vladinakova

Jon Troy Nickel

Ivan YAKUSHEV

18 février 2016

MISOGYNE!

Le présent billet fait suite à celui-ci dans lequel j'ai déconstruit l'article de Marilyse Hamelin qui suggérait d'enseigner aux petits garçons, dès le plus jeune âge, à ne pas agresser les filles. Veuillez le consulter afin de bien saisir le contexte.

Comme je le racontais, c'est une de mes cousines (surnommons-la ACG) qui a publié sur sa page Facebook un lien vers cet article. L'échange qui a suivi est aussi instructif que l'article lui-même.

Vous le savez, je ne parle pas souvent de ma famille et quasiment jamais de ma famille élargie, mais dans ce cas-ci, je trouve ça tellement révélateur du zeitgeist actuel que j'ai décidé de le documenter dans ce billet.

La première personne qui a réagi à la publication de cet article est une personne que je ne connais pas. D'après ce qu'elle a écrit, on comprend qu'elle travaille dans une école primaire. Nous l'appellerons CG.

Elle écrit: C'est tellement vrai!! Jai du faire une intervention sur un petit garçon en 2eme Année qui insistait bcp pour qu'une petite fille soit son amoureuse et quand elle disait non il agissait avec violence!! En plus il disait devoir embrasse sur la bouche et quand elle a dit non il la pousse!!! C'est terrible!! Un enfant de 8 ans!!!

Je ne remets pas la parole de cette femme en doute. L'anecdote qu'elle raconte est probablement arrivé. Mais ce qui me dégoûte, ce n'est pas l'événement lui-même, c'est l'interprétation qu'elle en fait. En établissant un lien entre ce qui s'est passé et l'article de Hamelin, elle semble voir dans les actions de cet enfant une preuve de la culture du viol et de la nature dangereuse des hommes.

Or, c'est absurde. J'enseigne dans des écoles primaires depuis 20 ans et je puis vous affirmer sans hésiter que ce genre de comportement n'est ni répandu, ni exclusif aux petits garçons. En fait, j'ai plus souvent vu des petites filles qui agissaient ainsi avec des petits garçons, qui tentaient de les câliner ou de les embrasser contre leur gré, qui déclaraient qu'il était "leur chum" sans même lui demander son avis et qui piquaient des crises de jalousie.

Selon mon expérience, ce sont plus souvent les petites filles qui initient ces histoires d'amourettes de primaire. Généralement, les petits garçons s'intéressent très peu à ce genre de choses. Il veulent jouer avec leurs potes dans la cour d'école, c'est tout.

Lorsqu'il était en maternelle, mon fils aîné m'a raconté qu'il avait "une blonde". Lorsque je l'ai questionné, j'ai bien vite compris qu'il n'avait aucun intérêt particulier pour cette fillette qu'il ne trouvait ni particulièrement gentille, ni particulièrement sympa. C'est elle qui lui a demandé pour être son amoureux et comme il ne voulait pas lui faire de la peine, il a accepté. Tout ceci avait visiblement bien peu d'importance à ses yeux. Ce qui l'intéressait vraiment, c'était ses potes masculins avec qui il jouait sur la cour d'école.

Tout ça pour dire que l'anecdote que raconte CG est sans doute vrai, mais il n'est pas du tout représentatif du comportement habituel d'un petit garçon de 8 ans. Le lien qu'elle établit entre les actions posées par cet enfant et l'article haineux de Marilyse Hamelin en dit plus long sur ses propres préjugés que sur la réalité. Je ne connais pas cette femme et je ne veux rien présumer à propos d'elle, mais je peux toutefois témoigner que les sentiments d'hostilité envers les petits garçons ne sont pas rares dans les écoles primaires. Je sais malheureusement de quoi je parle.

C'est suite à son commentaire que j'ai réagi, expliquant très succinctement qu'il était inacceptable de traiter tous les garçons comme des violeurs potentiels, de leur enseigner à se diaboliser eux-mêmes et de les rendre responsables des crimes d'une infime minorité d'individus.

CG a été la première à réagir à mon commentaire. Elle écrit: Desole mais je ne comprend pas du tout votre opinion.. Donc si je vais dans le même sens que vous je dois dire à mes filles qu'elles sont des victimes et que si quelque chose leur arrive ce sera de leur faute?!?!? Expliquez moi en quoi la prévention fait avec les garçons sur le respect et quoi faire lorsqu'on se fait dire non est une chose négative??? Donc ce que je comprend cest que la prévention est négative et catégorise les personnes négativement.... Je suis en totale désaccord avec vous et pour moi qui travaille dans les écoles avec des enfants et des adolescents je peux vous dire que la prévention est très très importante et l'objectif est de faire véhiculer le respect comme valeur principale et que tout le monde comprenne ce qui est bien et ce qui l'est pas!!!

Soulignons d'abord que, malgré son opposition, CG demeure tout de même polie et je n'ai pas manqué de la féliciter de sa civilité dans ma subséquente réplique. Il est assez rare de nos jours de voir des gens être capables de rester respectueux lors de désaccords sur les médias sociaux. Cela étant dit, décortiquons son intervention.

Tout d'abord, elle écrit: "je dois dire à mes filles qu'elles sont des victimes et que si quelque chose leur arrive ce sera de leur faute?"

Ce commentaire est assez étonnant et j'ai du mal à comprendre comment CG peut en arriver à une telle conclusion. On dirait que pour elle, il n'existe que DEUX possibilités: soit on enseigne aux garçons à ne pas violer OU BIEN on apprend aux filles qu'elles sont des victimes et que tout est de leur faute! Bizarre. Remarquez que cette fausse dichotomie est typique de la pensée manichéenne féministe. Avec elles, c'est souvent blanc ou noir. Le Bien d'un côté, le Mal de l'autre.

Évidemment, sa conclusion est complètement fausse, je n'ai jamais dit une chose pareille et jamais il ne me viendrait à l'esprit d'enseigner quelque chose d'aussi idiot à des filles.

Ce que je dis, c'est qu'il faut conscientiser les jeunes, TOUS les jeunes, aux dangers qui existent et leur apprendre à avoir des comportements sécuritaires. Il faut faire ceci sans cibler seulement les garçons ou seulement les filles, car n'importe qui peut être victime de harcèlement ou d'agression sexuelle. Il ne faut pas non plus diaboliser les hommes lorsqu'on parle des dangers, tout d'abord parce que des femmes pédophiles ou agresseurs, ça existe, mais aussi parce que la vaste majorité des hommes ne représentent pas un danger. Il faut également dresser un portrait honnête de la situation afin de ne pas créer de la paranoïa et pour ne pas nourrir une haine ou une peur des hommes. Il faut expliquer que la vaste majorité des hommes et des femmes sont des gens bons et respectueux qui ne violeront jamais personne de leur vie.

Une approche calme, raisonnable, réaliste, équilibrée, non-sexiste et donc anti-féministe permettrait de bien sensibiliser TOUS les jeunes aux dangers, sans tomber dans la paranoïa, sans victimiser les filles et sans diaboliser les garçons. Voilà l'approche que je privilégierais.

De plus, j'aimerais vous ramener à l'article original de Marilyse Hamelin. Vous vous souvenez qu'elle avait affirmé, d'un seul souffle, qu'il ne fallait pas dire aux filles d'être prudentes (pour ne pas les culpabiliser) mais qu'il fallait plutôt "enseigner" aux garçons "à ne pas agresser, et ce, dès la tendre enfance"? DANS LA MÊME PHRASE! Cette absence évidente d'empathie à l'égard des petits garçons devrait sauter aux yeux! Mais à travers les lunettes féministes de CG, rien ne sonne faux dans cette phrase.

Culpabiliser les petits garçons pour éviter de culpabiliser les petites filles? Ben oui, pourquoi pas? Génial!

Pas étonnant dans le contexte d'une idéologie qui diabolise et déshumanise sans cesse les hommes et les garçons!

CG continue: "Expliquez moi en quoi la prévention fait avec les garçons sur le respect et quoi faire lorsqu'on se fait dire non est une chose négative???"

La réponse est très simple. TOUS les enfants doivent apprendre certaines règles de base, comme le respect. Les petits garçons n'ont pas à être la cible d'un enseignement féministe spécifique qui viserait à leur apprendre à ne pas agresser les filles, comme le propose Hamelin dans son article. C'est aussi simple que ça. Arrêtez de cibler les garçons, arrêtez d'affirmer qu'ils sont les seuls qui sont capables d'être irrespectueux et violents! Arrêtez de leur enseigner la honte! Enseignez le respect à tout le monde sans diaboliser les garçons et les hommes et alors, je n'aurai rien à redire.

Il me semble qu'il n'y a rien de particulièrement difficile à comprendre là-dedans.

C'est à ce moment qu'un de mes oncles, que j'appellerai simplement DG (il est le père de ma cousine ACG qui a initialement publié l'article de Hamelin sur sa page FB) se joint à la conversation. Un peu de contexte. DG était un de mes oncles préférés quand j'étais plus jeune. J'ai toujours aimé le côté intello et un peu marginal du bonhomme. Il a pas mal de vécu, est très instruit et intéressant. Il ne cadrait pas avec les autres membres de la famille, particulièrement ses deux frères, et je l'aimais beaucoup quand j'étais jeune. J'irais même jusqu'à dire qu'il a été une inspiration, à plusieurs égards.

C'est probablement pour cette raison que ce qui suit est aussi profondément blessant.

DG écrit: Malgré une lecture attentive de ton approche, je ne comprends pas pourquoi cet article te révolte autant. Je me trompe peut-être mais ton point de vue me semble comporter encore plus de subjectivité que ce que tu supposes à ce propos. 

DG entrouvre la porte à la possibilité qu'il se trompe "peut-être", mais il balaie ensuite du revers de la main mon argument sous prétexte qu'il est "subjectif".

Revenons à l'article de Mme Hamelin. Elle écrit, et je cite: "Alors, au lieu de leur répéter ad nauseam d'être prudentes, une stratégie visiblement inefficace - en plus d'être culpabilisante pour les victimes -, il serait grand temps d'agir à la source en enseignant aux garçons à ne pas agresser, et ce, dès la tendre enfance."

Pour éviter de me répéter, je vous réfère à mon précédent billet et je vous laisse juger par vous-même si mon interprétation de cette phrase est "subjective". En ce qui me concerne, il me semble évident que cette affirmation est indissociable du sentiment anti-masculin duquel elle s'inspire.

DG poursuit: À mon sens, il ne s'agit pas d'apprendre aux garçons à ne pas agresser mais bien plutôt à respecter.

Ce n'est pas ce que propose Hamelin, on n'a qu'à relire la citation ci-dessus pour le constater. DG ne voit pas ce qui est écrit, il voit ce qu'il veut bien voir. Et après ça, il a le culot de me dire que c'est mon interprétation qui est "subjective"?

Pourquoi DG considère-t-il qu'il faut enseigner seulement aux garçons à respecter?

La réponse est dans la suite de sa réponse: Ignominie, sexisme, misandrie, dis-tu ? Quand je consulte les statistiques ou, plus encore, quand je me rappelle ce que j'ai moi-même vécu - ou ce dont j'ai été témoin au cours de ma longue vie - je constate que la violence ' physique et psychologique masculine ' existe bel et bien. 

Tout d'abord, si les statistiques de DG sont les mêmes que celle de Marilyse Hamelin, alors j'ai déjà démontré dans mon précédent billet qu'elles sont malhonnêtes et trompeuses.

Oui, DG a vécu plus longtemps que moi. Et à quelle conclusion l'ont mené ses observations et ses souvenirs? Que la violence physique et psychologique masculine EXISTE?

WOW! Quelle révélation! Mais évidemment qu'elle existe! Personne ne le nie et certainement pas moi!

L'objectif de mon intervention n'est pas de nier l'existence de la violence masculine et il faut être doté d'une folle imagination ou d'une mauvaise foi colossale pour trouver un tel déni dans mes propos!

Ironiquement, c'est DG lui-même qui semble nier implicitement la violence physique et psychologique des femmes! Car oui, ne lui en déplaise, elle existe elle aussi!

DG ajoute: Enseigner le respect n'a à mon sens rien de 'diabolisant'. Il ne s'agit aucunement d'inculquer aux garçons qu'ils sont des êtres de nature dangereuse ni de saper leur dignité.

Encore une fois, DG semble ne pas avoir lu l'article de Hamelin que nous sommes en train de discuter. Elle ne parle pas d'enseigner "le respect", elle parle d'enseigner "aux garçons à ne pas agresser, et ce, dès la tendre enfance."

Ce n'est pas la même chose du tout.

DG: Au cours des dernières années, combien de femmes ont été tuées par leur conjoint? Et combien d'hommes?

Ah? Il veut jouer à ce petit jeu-là? Très bien. Répétons le petit exercice de calcul du dernier billet!

La Fondation canadienne des femmes (une source que DG ne saurait accuser de malhonnêteté) nous apprend que: En 2009, 67 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur petit ami, ou leur ex-conjoint ou ex-petit ami. 

Ça, c'est pour la Canada au complet. Mais juste pour le fun, supposons que TOUS ces tueurs étaient des Québécois. En d'autres termes, gonflons le chiffre à bloc, les féministes vont adorer.

Les statistiques officielles nous apprennent que la population du Québec était estimée à 7,87 millions de personnes au 1er janvier 2010. Si la moitié sont des hommes, cela fait environ 3 935 000 hommes. Si 67 de ces hommes se sont rendus coupables du meurtre de leur conjointe ou ex-conjointe en 2009, cela ne représente donc que 0,002% de la population masculine du Québec. 

En d'autres termes, 99,998% des hommes québécois n'ont pas tué leur conjointe ou leur ex-conjointe en 2009.

Ce pourcentage justifie-t-il qu'on décrive LES HOMMES en général comme des êtres dangereux physiquement et psychologiquement? 

Ce pourcentage justifie-t-il qu'on décrive LES HOMMES en général comme des agresseurs violents? 

Ce pourcentage justifie-t-il qu'on cible TOUS les petits garçons, dès la plus tendre enfance, et qu'on leur enseigne à ne pas agresser les filles?

Ah! Mais j'entends d'ici DG déclarer, le coeur sur la main, qu'un seul meurtre est un meurtre de trop!

Vraiment? Alors que pense-t-il d'Armande Côté qui a tué son mari d'une balle à la tête en 2006? Et malgré le fait qu'elle a ADMIS le meurtre, elle a été acquittée par la Cour suprême du Canada! DG connaît-il beaucoup d'hommes qui ont été acquittés après avoir ADMIS le meurtre de leur conjointe? 

Si un seul meurtre est un meurtre de trop, celui-ci justifierait-il que nous enseignions spécifiquement aux petites filles à ne pas agresser les garçons et ce, dès la tendre enfance? Ce meurtre justifierait-il qu'on fasse comprendre aux petites filles qu'elles sont potentiellement dangereuses? Cet assassinat justifierait-il qu'on dépeigne les femmes comme des êtres violents? 

Et si non, à partir de combien de meurtres cela devient-il une mesure raisonnable?

Un seul ne suffit pas? Il en faut plus?

Alors que pense-t-il de Sylvie Minoia, qui convoitait les contrats d'assurance-vie ouverts au nom de son époux et qui avait promis 30 000 euros à ses tueurs à gages? Son mari, préalablement drogué à son insu, a alors reçu quinze coups de couteau à la tête de la part des deux inconnus. L'enquête a révélé que l'homme avait survécu, sans le savoir, à une demi-douzaine d'autres tentatives d'assassinat commanditées par son épouse au cours des dix années précédentes.

Que pense-t-il de Nicole Doucet, une femme qui voulait payer un tueur à gages pour assassiner son mari? Elle a menti à son procès en affirmant que son ex-mari était violent. La police sait qu'elle a menti mais ils n'ont pu rien dire, le juge ne leur a jamais demandé de témoigner. Mme Doucet a été acquittée.

Que pense-t-il de Sherrie Marie Densing qui a aussi essayé d'engager un tueur à gages pour assassiner la maîtresse de son mari qui était enceinte?

Que pense-t-il de Maria De Lourdes Sosa qui a également tenté d'engager un tueur à gages pour faire la peau à son mari?

Que pense-t-il de Tiffany Stevens qui a également engagé un tueur à gages pour tuer son mari? Même si elle a été trouvée coupable de complot de meurtre, elle ne fera pas de prison et ne perdra pas la garde de ses enfants.

Comment expliquerait-il que lorsqu'un homme est coupable du même crime, il est condamné à 40 ans de prison?

Que pense-t-il de Danielle Laborde, une ancienne cantatrice qui a persuadé son jeune amant de tuer son mari... elle a finalement été jugée non responsable de ses actes et a échappé à la prison. L'amant écope de 12 ans de réclusion criminelle pour tentative d'assassinat.

Ah, mais je connais les arguments féministes! DG me dira que dans tous ces cas-là, les femmes ne voulaient pas commettre le meurtre elles-mêmes! Les femmes sont des êtres doux complètement incapables de violence! C'est pour cette raison qu'elles avaient besoin d'un salopard d'homme pour tuer à leur place! Jamais une femme ne serait capable de tuer! Tous les féministes savent ça!

Alors comment expliquez-vous Tamara Samsonova qui a TUÉ ET MANGÉ au moins 11 personnes, dont une vieille amie, des chambreurs et son mari! Devant le juge, elle a déclaré: «Je suis coupable, je mérite d'être punie», avant de souffler un baiser en direction des journalistes présents.

Comment expliquez-vous cette femme qui tué son mari avant de le dépecer et de l'éviscérer? La suspecte a ensuite cuisiné dans une casserole le coeur, le nez et les organes génitaux de son époux. On ignore cependant si la meurtrière présumée est allée jusqu’à les consommer.

Comment expliquez-vous Barvetta Singletary, une employée de la Maison Blanche, qui était violente avec son conjoint et qui a ouvert le feu sur lui?

Comment expliquez-vous Nancy Lane qui a drogué et tué son mari pour son assurance vie en ayant parallèlement une liaison avec un détenu dominicain?

Comment expliquez-vous cette femme qui a utilisé une grosse pierre pour frapper son mari à sept reprises à la tête alors qu'il dormait? Elle souhaitait vivre avec son amant.

Comment expliquez-vous Audrey Hingston qui a poignardé son mari à mort en prétendant qu'il s'agissait de l'oeuvre de cambrioleurs?

Comment expliquez-vous cette femme qui a massacré son mari à coups de hache, car il se moquait de ses convictions religieuses? On est plutôt loin des inoffensifs gros mots, vous ne trouvez pas?

Comment expliquez-vous Sarah Gilpatrick Venable qui a abattu son mari avec une arme semi-automatique?

Comment expliquez-vous cette femme qui a battu son mari à mort?

Comment expliquez-vous cette femme qui reconnait avoir tué et emmuré le corps de son mari dans le grenier?

Comment expliquez-vous Monica Jordan qui a abattu son petit ami?

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari de deux coups de couteau dans la poitrine parce qu'elle avait entendu des voix lui demandant de tuer son mari, son chien et son chat.

Comment expliquez-vous cette femme qui a abattu son mari après une dispute?

Comment expliquez-vous cette femme de 22 ans qui a abattu par balles son conjoint et un autre voisin venu lui porter secours? Apparemment, elle avait demandé à son mari si elle n’avait pas trop grossi ces derniers temps et il a fait l’erreur de lui répondre. Il l'avait donc bien chercher, n'est-ce pas?

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari en le frappant à la tête?

Comment expliquez-vous cette femme qui a porté plusieurs coups de couteau à son mari en pleine nuit? Le couple était connu des services de gendarmerie pour des faits de violences "intraconjugales" sur fond d'alcool.

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari à coups de couteau après une dispute?

Comment expliquez-vous cette femme qui a poignardé son mari malgré la présence de leurs deux enfants, avant de s’en prendre aux policiers arrivés en menaçant de «tous les tuer»?

Comment expliquez-vous cette femme qui a assassiné son mari de 318 coups de couteau? La légitime défense pourrait expliquer les 10 premiers coups, mais qu'en est-il des 308 autres à votre avis?

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari à coups de couteau? La scène du crime a été décrite comme étant «un carnage, du sang plein les murs.»

Comment expliquez-vous cette femme qui, après une dispute, a tué son mari en lui tordant violemment le sexe? J'entends les féministes rigoler jusqu'ici. You go girl!

Comment expliquez-vous cette enseignante qui a tué son mari à coups de couteau?

Comment expliquez-vous cette femme qui a avoué avoir abattu son mari avec un pistolet? «J’ai un scoop pour vous! J’ai tué mon mari, je viens de Genève.»

Comment expliquez-vous Isabel Duthoit qui a assassiné son mari, puis qui a vécu avec le corps dans le congélateur pendant un an? Elle a reconnu avoir drogué son mari avec des somnifères afin de l'étrangler ensuite. Elle se dit victime de violences qui l'ont conduite au meurtre, la défense classique, mais ses connaissances la qualifient d'"instable et pas digne de confiance".

Comment expliquez-vous cette femme qui a tranché la gorge de son mari avec un couteau pendant qu’il dormait dans le salon? 

Comment expliquez-vous Charlene Mess qui a tué son mari et qui a enterré le corps dans le fumier?

Comment expliquez-vous cette femme qui a assassiné son mari pour ne pas s'être lavé les mains après son passage aux toilettes?

Comment expliquez-vous cette jeune femme qui a poignardé son époux parce qu'elle ne supportait plus les arrivées tardives de son mari au domicile familial?

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari à coups de couteau au niveau de sa poitrine, après une longue dispute?

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son époux pour l’avoir privé de sommeil en regardant des matchs de la Coupe du monde durant la nuit? 

Comment expliquez-vous cette femme qui a empoisonné le café de son mari? C'est finalement un des enfants du couple qui a avalé le breuvage et qui est décédé.

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari en le frappant au crâne? Elle avait déjà été condamnée en 2004 et emprisonnée pour avoir tenté d'écraser son mari en voiture. C'est leur fille adolescente qui a fait la macabre découverte.

Comment expliquez-vous Marie Ochine qui a assassiné son ex-mari à coups de couteaux avant de le voler?

Comment expliquez-vous cette femme qui a tué son mari en le frappant à l’aide d’un pilon de mortier à épices?

Comment expliquez-vous cette jeune femme qui, dans un accès de jalousie, n’a pas trouvé mieux que d’ébouillanter son mari, causant dans la foulée la mort de son fils de 9 mois?

Comment expliquez-vous cette femme qui a poignardé son conjoint à l'abdomen après une dispute?

Comment expliquez-vous Michèle Savary qui a tué son mari après une dispute? La retraitée aurait mûri son plan. Après avoir tué son époux, la sexagénaire attendait les policiers avec une valise, se disant prête à aller en prison.

Comment expliquez-vous Katherine Knight qui a poignardé son mari 37 fois avant de l'écorcher, de suspendre son cadavre à un crochet à viande, de le démembrer, de le faire suire et de le servir à manger à ses enfants?

Comment expliquez-vous Stacey Castor qui a empoisonné son deuxième mari avec de l'antigel? On la soupçonne également d'avoir assassiné son premier mari.

Évidemment, je connais bien les féministes et leurs explications tordues. Ils diraient inéluctablement que les femmes qui tuent leur mari sont des héroïnes qui tentent de se libérer d'une relation abusive! Il s'agissait de légitime défense! Et le pire, c'est que plus souvent qu'autrement, les tribunaux les croient!

Pourtant, ce n'est pas toujours vrai. Dans mes recherches pour ce billet, j'ai d'ailleurs immédiatement exclus les tueuses qui semblent avoir vraisemblablement agi par légitime défense contre des conjoints violents.

Malgré tout, certaines meurtrières deviennent immédiatement des héroïnes dans les médias! Comme Çilem Doğan qui affirme avoir tué son mari violent en lui tirant dessus à maintes reprises à l'aide d'un pistolet. Elle a été immédiatement crue, sans enquête et sans preuves. Pas grave! Comme le disent si bien les féministes, les hommes sont des êtres violents de toute façon, alors pourquoi ne pas croire cette tueuse sur parole? Elle agissait sûrement en légitime défense! C'est l'évidence même!

Pourtant, si on applique la merveilleuse logique "Marilyse Hamelin" à tous ces meurtres, cela signifie-t-il qu'il faut enseigner aux petites filles, dès la tendre enfance, à ne pas tuer des garçons?

DG serait-il encore d'accord avec cette proposition? Affirmerait-il n'y voir rien de choquant ou de sexiste?

La triste vérité, c'est que des êtres humains, hommes ET femmes, commettent des gestes monstrueux. Des êtres humains, hommes ET femmes, sont capables des pires violences. Le meurtre n'est pas exclusif à l'un des sexes et il est inacceptable de blâmer TOUS les hommes pour les gestes d'une infime minorité. Tout comme il serait injuste de faire porter la responsabilité des actes de ces meurtrières sur TOUTES les femmes.

Ou, encore pire, de s'en servir pour culpabiliser des petits enfants.

Mais DG poursuit: Pour ce qui est du viol, dans la plupart des pays du monde, plus de 90% des victimes sont des femmes. Est-ce là de la "généralisation"?

Absolument. La vérité, c'est que la vaste majorité des hommes n'ont jamais violé et ne violeront jamais qui que ce soit. DG utilise les statistiques avec la même malhonnêteté que Marilyse Hamelin.

De plus, comme je l'ai expliqué dans mon précédent billet, le fait que plus de femmes que d'hommes portent plainte à la police pour ce genre d'offense ne signifie pas nécessairement qu'ils en sont moins souvent victimes. C'est un fait documenté que les hommes qui sont victimes de viol portent beaucoup moins souvent plainte que les femmes pour de multiples raisons. Dans les faits, les hommes sont aussi souvent victimes de viol que les femmes. Allez lire mon précédent billet pour en savoir plus à ce sujet.

DG poursuit: Je suis un homme et je suis fier de l'être. Je ne porte aucune violence ni dans mes gestes ni dans mes écrits. Franchement, j'observe de la violence plus fréquemment chez mes frères les hommes que parmi mes soeurs les femmes. 

Les observations d'UNE personne ont une valeur très limitée si elles ne s'appuient pas sur des statistiques solides ou si elles ne sont pas corroborées par de nombreux témoignages fiables.

Je recommanderais également à DG de changer de cercle d'amis. Moi, les gens violents, je ne les fréquente pas.

C'est pourquoi je pense qu'il est fondamental que tous les parents (mères et pères), enseignent le respect de l'autre à leurs garçons et à leurs filles, qu'ils les informent sur le droit à l'intégrité de leur corps et de leur droit au respect. 

Encore une fois, DG semble ne pas avoir lu l'article de Hamelin que nous sommes en train de discuter. Elle ne parle pas d'enseigner "le respect", elle parle d'enseigner "aux garçons à ne pas agresser, et ce, dès la tendre enfance."

Ce n'est pas la même chose du tout.

Toutefois, je constate que plus de petites filles (mais pas nécessairement toutes) courent le risque d'être violentées et que plus de petits garçons (mais pas nécessairement tous) doivent être orientés pour ne pas utiliser la violence comme moyen de se tailler une place. 

Marilyse Hamelin ne parle pas d'interventions ciblées envers des petits garçons qui manifestent des comportements violents! Elle parle d'enseigner à TOUS les garçons "à ne pas agresser, et ce, dès la tendre enfance."

Ce n'est pas la même chose du tout.

Elle existe vraiment la meute des hommes violents et manipulateurs qui, bien que n'appartenant pas à pas la majorité des hommes, ne représente pas une infime partie de la population masculine sur notre planète. 

Laissons de côté les pays musulmans et les pays du Tiers Monde.

Au Québec et en Occident, la "meute" des hommes "violents et manipulateurs" représente ABSOLUMENT une infime partie de la population masculine. Je l'ai démontré dans mon précédent billet, et je l'ai démontré à nouveau dans celui-ci.

Je suis particulièrement fier que ma fille, mère de deux garçons, ait publié cet article. Je sais combien elle aime et respecte ses deux fils et est habitée par un profond souci de leur bien-être et de leur équilibre. J'ai la conviction que jamais elle n'a perçu ses enfants comme, pour utiliser tes termes, des violeurs potentiels aux désirs malsains. Elle ne va pas leur enseigner " à ne pas faire " en les culpabilisant mais bien plutôt " à faire " en les informant. 

Je critique l'article de Marilyse Hamelin, pas l'éducation que ma cousine donne à ses fils. Détournement de sujet.

Je trouve que nous faisons un pas en avant grâce à des femmes qui ne font pas qu'accuser les hommes mais se responsabilisent pour bien éduquer leurs fils. Cet article n'est pas une déclaration de guerre de féministes aguerries mais bien une tentative d'améliorer la qualité des humains des deux sexes.

Encore une fois, j'invite mes lecteurs à aller consulter mon précédent billet à propos du texte de Marilyse Hamelin.

Son utilisation malhonnête et trompeuse des statistiques afin de donner l'impression que les femmes sont les victimes des agressions DES HOMMES, ce n'est pas une accusation des hommes, ça?

Son affirmation que les hommes ne se sentent pas concernés lorsque des femmes sont violées, ce n'est pas une tentative de déshumaniser les hommes, ça?

Lorsqu'elle affirme qu'il est inutile d'enseigner aux filles d'être prudentes, ce n'est pas un plaidoyer contre "l'éducation" responsable, ça? Ce n'est pas une affirmation irresponsable et dangereuse qui aurait pour effet de rendre les petites filles encore plus vulnérables?

Pire que tout, lorsqu'elle affirme qu'il faut ENSEIGNER AUX GARÇONS À NE PAS AGRESSER ET CE, DÈS LA TENDRE ENFANCE, ce n'est pas une généralisation haineuse qui ne se satisfait pas de diaboliser les hommes, mais les petits garçons également?

Seule une personne aveuglée par ses lunettes roses féministes peut arriver à ne pas voir la haine qui est juste là, sous son nez!

Ce n'est pas en diabolisant les garçons, en les dépeignant tous comme des agresseurs potentiels, à leur enseigner à avoir honte de ce qu'ils sont, à leur enseigner qu'ils sont dangereux et que, contrairement à eux, les petites filles sont complètement incapables de la moindre forme de violence que nous allons arriver à "améliorer la qualité des humains des deux sexes."

DG termine ainsi: Si jamais tu décides d'avoir un autre enfant, j'espère que ce sera une fille très jolie et habitée par un grand besoin d'amour. Pour ma part, la conscience en paix, je mets de côté cette diatribe et n'y reviendrai plus.

L'implication de ce qu'il écrit ici est tout simplement odieuse. Ce qu'il est en train d'affirmer implicitement, c'est que PARCE QUE je n'ai pas eu de filles, je ne peux pas comprendre. Et donc, mes arguments sont sans valeurs. Apparemment, un homme ne peut pas éprouver de compassion ou d'altruisme à l'égard des filles et des femmes s'il n'est pas le père d'une fille!

Parce que, évidemment, le fait de dénoncer un article qui dépeint tous les petits garçons comme des êtres sinistres à qui il faut apprendre à ne pas agresser signifie nécessairement que JE NE RESSENS PAS DE COMPASSION POUR LES FILLES? 

Quelle affirmation ridicule.

Et voulez-vous savoir ce qui est le plus absurde dans son affirmation? DG est le père de... trois filles. Il n'a pas de fils. Hum.

Alors qui de nous deux est dépourvu d'empathie ici?

Moi, qui m'indigne de voir les petits garçons être la cible d'une campagne qui vise à les diaboliser et à les dépeindre comme des agresseurs potentiels?

Ou DG qui n'y voit rien de mal?

Mais bon, inutile de répondre à DG puisqu'il "met de côté cette diatribe" et qu'il n'y reviendra pas. Ça a le mérite d'être clair. C'est plus prudent ainsi, puisque se lancer dans un débat signifie ouvrir la possibilité de réaliser qu'on se trompe! Il ne faudrait surtout pas que cela se produise! Il est préférable de se prélasser dans ses petites convictions sans jamais les remettre en question!

Mais si la conversation s'arrête ici pour DG, le cirque, lui, continue.

JKG, une cousine (et fille de DG) écrit: Wow! Merci papa. Je tentais de réfléchir à une réponse douce, mesurée et sans jugement, je n'aurais pu si bien dire. Respect!

Oui, comme réponse douce, mesurée et dépourvue de jugement, il se fait difficilement mieux!

Non seulement DG a systématiquement choisi d'ignorer ce que Marilyse Hamelin a écrit dans son article, il a également affirmé que mon point de vue était "subjectif", il a dénoncé la "violence physique et psychologique masculine" sans même mentionner celle des femmes, il a mis de l'avant des statistiques malhonnêtes et trompeuses pour donner l'impression qu'un nombre élevé d'hommes tuent leurs conjointes et violent les femmes, il a affirmé que les hommes sont plus souvent violents que les femmes, que les hommes "violents et manipulateurs" ne constituent pas une infime minorité et termine en affirmant à mi-mot que je suis dépourvu d'empathie envers les femmes et que le fait d'être père d'une fille réglerait le problème.

Il n'y a pas à dire, comme réplique douce, mesurée et dépourvue de jugement, il se fait difficilement mieux!

Et voilà l'autre fille de DG, celle qui a posté l'article de Hamelin sur son mur Facebook, qui saute dans la mêlée.

ACG: Papa, homme de plume fascinant, merci ! Merci d'avoir si bien synthétisé ma pensée ; un peu comme ma soeur JKG, je tentais de réfléchir à une réponse sans aliénation ni manichéisme, et teintée de respect. 

Oui, les hommes sont des êtres agressifs qui violent et tuent des femmes et que l'on doit "éduquer" dès la tendre enfance pour qu'ils apprennent à ne pas agresser les filles. Aucune aliénation là-dedans. Aucun manichéisme là-dedans. On nage dans le respect!

ACG: Je ne ressortirai pas ici l'éventail de mes lectures effectuées durant mes années d'études à l'École de criminologie. Entre autres, sur la traite des femmes/ filles dans le monde, la prévalence des hommes membres de gangs de rue ou organisées (dont l'une des sources de revenu est, rappellons-le le proxénétisme), des hommes tueurs pour ne citer que les tristes évènements de la Polytechnique. Je pourrais même porter cet échange (afin d'élargir le spectre du type de victimes) jusqu'aux porteurs de flambeaux des guerres à travers le monde, du recrutement tentaculaire de l'EI et d'autres groupes terroristes dont les cibles sont majoritairement des hommes, mais les victimes des hommes et des femmes. Pourquoi les assaillants sont-ils plus souvent du genre masculin ? Pourquoi tant de hargne, d'agressivité et de violence (pouvant aussi se matérialiser chez la femme). L'objectif ici n'est pas de faire une compétition des genres, ni d'en rabaisser un par rapport à l'autre, mais bien d'élever le réflexion à un autre niveau, tenter de comprendre et trouver des solutions durables pour maintenir la paix, le respect d'autrui. 

HAHAHAHAHAHAHAHAHA!

Le but n'est pas de faire une compétition des genres ni d'en rabaisser un par rapport à l'autre?

HAHAHAHAHAHAHAHAHA!

Récapitulons: Selon ma chère cousine, les hommes sont responsables de la traite des femmes et des filles dans le monde, des gangs de rue, du proxénétisme, ils sont des tueurs (elle mentionne Polytechnique au passage, question de bien enfoncer le clou, la tactique classique), ils sont les "porteurs de flambeaux des guerres" à travers le monde, ils sont responsables du recrutement de l'EI et d'autres groupes terroristes, les hommes sont "des assaillants" remplis de "hargne, d'agressivité et de violence"... les seules fois où elle mentionne les femmes, c'est dans le rôle de perpétuelles victimes des hommes... MAIS ELLE NE VEUT PAS FAIRE UNE COMPÉTITION DES GENRES NI EN RABAISSER UN PAR RAPPORT À L'AUTRE?

HAHAHAHAHAHAHAHAHA!

ACG: Je n'excluerai jamais l'existence des victimes masculines d'abus de tout acabit qui doivent recevoir de l'aide au même titre que les filles, les femmes. Comment pourrais-je les exclure? 

Apparemment, elle n'éprouve absolument aucun scrupule à exclure les femmes de la liste de toutes les horreurs perpétrées sur la surface du globe! Seuls les hommes en sont responsables!

Mais, dans sa grande mansuétude, elle accepte d'inclure quelques hommes dans la liste des victimes. C'est trop aimable, merci, je suis ému!

ACG: Comment pourrais-je favoriser des propos misandres ayant moi même un père monoparental qui a pris soin de mes soeurs et moi, un conjoint, des fils que j'aime profondément et que je veux protéger inconditionnellement? 

Ben voilà, elle aime son père, son conjoint et ses fils, alors comment pourrait-elle possiblement être misandre?

Elle diabolise la quasi-totalité des hommes de la planète, les rend exclusivement responsables de tous les maux de l'humanité et considère raisonnable qu'on enseigne aux petits garçons à ne pas agresser les filles, mais ça, ça ne compte pas!

ACG: Je suis contre toute forme de radicalisme. 

Oui, parce que, apparemment, affirmer que les hommes sont les uniques responsables de tout le mal, de toute la hargne et de toute la violence à la surface du globe, il n'y a rien de radical là-dedans!

Croire que tous les petits garçons (et seulement eux) ont besoin de se faire enseigner qu'il est mal d'agresser des petites filles dès la tendre enfance, il n'y a rien de radical là-dedans!

Tout ça est parfaitement modéré et raisonnable!

Ma cousine s'arrête ici, mais ce n'est que le début de l'avalanche.

La prochaine féministe à me tomber dessus est une femme politique assez bien connue. Je ne la nommerai pas ici, car je ne suis pas une personne revancharde et j'ai horreur des vendettas. Appelons-la simplement "Ève". Voici donc son commentaire:

J'ai lu ce texte avec attention. Depuis la Conférence des Femmes de Beijing, rien n'a changé, où nous avions demandé à Ed Broadbent, alors Président du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, de lancer cette phrase en conférence de presse: «Dans la problématique et la violence faite aux femmes où sont les hommes qui s'impliquent pour les soutenir dans leur lutte?» Cette phrase a fait le tour du monde car, à la conférence, des milliers de femmes y assistaient, dénonçaient alors qu'une soixantaine d'hommes y participaient. 

Je vais passer rapidement là-dessus parce que c'est n'importe quoi. Je soupçonne qu'il s'agit simplement d'une politicienne qui se pète les bretelles et qui tente de se donner de l'importance. Peu importe, ceci n'a rien à voir avec le contenu de l'article de Marilyse Hamelin. Mais attendez de voir la suite:

Sans la présence autour de nous d'hommes lucides et amoureux des femmes nous n'avancerons pas. Nous reculerons en présence de misogynes - comme un certain commentaire sur ce mur, à la suite de la publication de ce post. Ce post, il se reconnaîtra : tant de hargne envers les femmes! Tant de colère! Tant de haine! Le genre de haine qui se traduit malheureusement trop souvent par de la violence physique... 

Oui, oui, vous avez deviné, le "misogyne" dont elle parle, c'est moi!

C'est tout simplement inévitable. Quand un homme OSE remettre en question les propos d'une féministe, il est immanquablement qualifié de misogyne.

Je vous rappelle que tout ce que j'ai dit sur Facebook, c'est que le fait de diaboliser les petits garçons comme le propose Hamelin, de les dépeindre comme des êtres dangereux à qui il faut "apprendre à ne pas agresser les filles" et ce "dès la tendre enfance" était une proposition ignoble et sexiste puisque la majorité des hommes n'ont jamais agressé et n'agresseront jamais qui que ce soit.

C'est essentiellement tout ce que j'ai écrit. J'ai OSÉ critiquer un article féministe et parler en bien des petits garçons et des hommes!

Il n'en faut évidemment pas plus pour que je me fasse traiter de misogyne. Je m'oppose à la diabolisation des petits garçons, alors forcément, je dois détester les femmes! Ça tombe sous le sens!

Et elle ne se contente pas de me traiter de misogyne! Elle va jusqu'à affirmer que j'ai de la "hargne" envers les femmes! Que je suis rempli de colère! DE HAINE! Et que c'est ce genre de haine qui se traduit TROP SOUVENT par de la VIOLENCE PHYSIQUE!

Cette femme ne me connaît absolument pas. Tout ce qu'elle sait de moi, c'est ce court commentaire publié sur Facebook. Un commentaire qui dénonce la diabolisation des petits garçons. Mais c'est tout ce dont elle a besoin pour affirmer que je suis un être misogyne, hargneux, colérique, haineux et probablement violent!

Remarquez que cette réaction est digne des fanatiques religieux. En effet, lorsqu'on critique son dogme, l'esprit tordu par le fanatisme religieux associera inévitablement la critique qui est formulée au "diable", à "Satan" et au "Mal".

De la même façon, dès qu'un homme ose critiquer les propos d'une féministe, il est immédiatement diffamé et qualifié de sale misogyne hargneux, colérique et violent.

Dans les deux cas, on a à faire à des gens qui croient si aveuglément à leur idéologie, qui y souscrivent avec une telle ferveur, qu'ils y associent tout ce qu'il y a de "bon". Par conséquent, tout ce qui s'y oppose ou le critique ne peut être le le "mal absolu".

On est dans la pensée binaire manichéenne la plus primaire. On se croirait dans la tête d'un enfant de 8 ans qui croit que le monde se divise entre les "gentils" et les "méchants".

À mon humble avis, dans un débat d'idées, lorsque quelqu'un fait appel à des attaques personnelles mesquines et à la diffamation, c'est qu'il est à court d'arguments. Cela est la preuve la plus déterminante de sa propre faillite intellectuelle.

Mais ce qui me blesse le plus, ce n'est pas les propos de cette féministe fanatique hystérique que je n'ai jamais rencontrée de ma vie! Ce qui m'a fendu le coeur, c'est la réaction de ma famille.

Voyez-vous, si à ce stade-ci de la conversation, une tierce personne était entrée dans la conversation et avait balancé des insultes aussi outrancières à l'égard des membres de ma famille, je n'aurais pas hésité à les défendre.

Par exemple, si quelqu'un les avait qualifiés de "misandres hargneux et colériques" qui battent probablement leurs conjoints, je n'aurais pas hésité à le contredire. J'aurais répondu que je ne suis pas d'accord avec leurs arguments, mais que ce n'est pas une raison pour les diffamer de la sorte. Qu'on est en désaccord sur des idées, c'est tout. Que si on prenait le temps de se parler calmement, on pourrait s'entendre. Et que même dans le cas contraire, ce désaccord ne lui donne pas le droit de les diffamer de la sorte, qu'il ne les connaît pas et que son jugement est hâtif et exagéré.

Croyez-vous que les membres de ma famille ont su me faire preuve de cette courtoisie?

Voyez par vous-mêmes la réaction de mon oncle DG aux propos de cette Ève qui vient de me traiter de sale misogyne hargneux, haineux, colérique, haineux et probablement violent:

DG: Excellent commentaire de la part d'une femme qui lutte pour la libération de l'écrivain et blogueur saoudien Raif Badawi, un 'homme' fait prisonnier pour avoir écrit que les musulmans, les chrétiens, les juifs et les athées sont égaux, que les femmes et les hommes ont les mêmes droits.

Oui, pour cet homme qui est dans ma vie depuis que je suis aux couches, pour cet oncle qui me connaît depuis plus de quatre décennies, le commentaire de cette femme qui me traite de misogyne haineux, hargneux, colérique, haineux et probablement violent est UN EXCELLENT COMMENTAIRE.

Selon lui, cette femme ne peut pas être sexiste puisqu'elle lutte pour la libération "d'un homme".

Selon cette même logique, comment peut-on me qualifier de misogyne, moi qui ai dédié 20 années de ma vie à enseigner aux enfants, à aider les élèves en difficulté et à éduquer des jeunes, dont la moitié était des filles?

Comment cet homme peut-il applaudir en voyant cette femme diffamer de la sorte, dans des termes aussi terribles, son propre neveu qu'il connaît depuis plus de 40 ans et qu'il sait être un enseignant altruiste et dévoué qui n'a jamais fait de mal à une mouche de sa vie?

C'est cette immonde trahison qui me blesse plus que tout.

Voilà le résultat du fanatisme idéologique féministe. Voilà le résultat de cette diabolisation systématique de tous les hommes qui ne se soumettent pas complètement aux diktats de la Sainte Vérité féministe. Dans la logique de cette idéologie abominable, la moindre des objections est suffisante pour qualifier un membre de sa propre famille de monstre.

Jamais je n'aurais cru que DG, cet oncle que j'aimais tant, pouvait être une personne aussi ignoble.

D'autres merveilleux membres de ma famille se sont joints au bombardement. Mentionnons au passage MA, cette cousine qui avait affirmé que "les Patriotes étaient sexistes" (ma réplique à ce mensonge est ici). Voici quelques extraits de son gentil commentaire:

Désolé cousin, mais la phrase de l'auteur est juste. Je sais que tu sautes sur chacune des occasions qui t'est offerte pour chercher des poux aux féministes.... souvent là où il n'y en pas. En fait, c'est le mot féministe qui t'horripile. Il faudra un jour que tu comprennes que de défendre et promouvoir les droits des femmes ne veut pas dire être contre les hommes ...... svp..... ça veut dire de cheminer ensemble vers des buts communs et que..... tout le monde est dans la même équipe quoi. 

Ben oui, je ne suis qu'un débile qui "cherche des poux" aux féministes. C'est tout. Dénoncer leurs affirmations sexistes, c'est "chercher des poux".

Je devrais simplement être raisonnable et fermer ma gueule. Arrêter de chercher des poux. Une féministe affirme qu'il faut apprendre aux petits garçons à ne pas agresser les filles et ce, dès la tendre enfance? Pas grave... il n'y a rien de méchant là-dedans! C'est simplement une noble tentative de "promouvoir les droits des femmes", c'est tout?

Au fait, de quel droit s'agit-il exactement? Le droit de dépeindre tous les mâles comme des êtres dangereux, sinistres et violents et ce, dès leur naissance? C'est vrai que je ne suis pas très respectueux de ce droit-là.

Ou s'agit-il plutôt du droit des féministes de dire absolument N'IMPORTE QUOI, de faire un usage malhonnête et trompeur des statistiques et de blâmer LES HOMMES pour tous les maux de l'univers sans jamais être contredites? C'est vrai que je ne suis pas très respectueux de ce droit-là non plus.

Ou peut-être fait-elle référence à ce droit qu'a une femme de s'exprimer sans qu'un salopard d'homme n'émette d'idée contraire? J'ai tendance à le transgresser celui-là aussi! Il m'arrive encore à croire qu'il est possible d'avoir un débat d'idées sans tomber dans les attaques mesquines et la diffamation. Je suis si naïf...

Si seulement je fermais ma gueule, et que je me soumettais une bonne fois pour toute, on pourrait former une belle équipe et cheminer ensemble vers un but commun!

MA: Pour revenir au texte et à ce qu'il veut dire: En plus de montrer le respect à nos enfants, bien sûr, il faut aussi mentionner que certains commettent des gestes qui ne sont pas acceptables. Il faut le dire et il faut en parler. Et il faut le dire que ce n'est pas acceptable. C'est ce que veut dire l'auteur: de ne pas juste prévenir du danger pour se défendre si l'éventualité se présente, mais aussi d'expliquer que ça pourrait exister mais que ce n'est pas acceptable, que ça ne devrait pas être, ce qui pourrait tuer l'idée dans l'oeuf de tout cerveau et faire ... que ça n'arrivera justement pas. c'est évident que c'est ce que l'auteur veut dire et tu m'énerves à percevoir toujours des démons , ...... en fait des démones, partout. Tu as tort. Point. 

Ben voilà. J'ai tort, point. On n'est pas dans un débat, là! Non, non, on est dans une session de remontrances!

On n'est pas là pour confronter nos idées, on est là pour remettre le sale petit misogyne haineux et possiblement violent à sa place.

Ma cousine, voyez-vous, est capable de déceler quelle est LA RÉELLE INTENTION de l'auteure de cet article! C'est-y pas extraordinaire? Elle ne fait pas que lire les mots que Hamelin a écrits, non! Elle est capable de lire dans ses pensées et de déterminer très précisément quelles étaient ses intentions en écrivant son texte! C'est mirobolant!

Par exemple, lorsque Marilyse Hamelin écrit qu'il faut enseigner "aux garçons à ne pas agresser, et ce, dès la tendre enfance", ce n'est pas du tout ce qu'elle veut dire. Ben non! Elle veut tout simplement dire exactement le CONTRAIRE de ce qu'elle a écrit! Voilà!

Elle écrit qu'il faut cibler les petits garçons pour leur enseigner à ne pas agresser, mais elle veut dire qu'il faut "montrer le respect à nos enfants"! Voilà tout!

Comme j'aimerais être doté de ce pouvoir magique, moi aussi! Malheureusement, j'imagine que seules les féministes le possèdent.

MA: Il faut nommer et dénoncer les choses. A tous nos enfants. Prévenir les filles que malheureusement ça existe la violence, que non ce n'est pas correct, ....et les garçons aussi! Point. 

Ce n'est pas ce que l'article de Marilyse Hamelin affirme.

Toutes les personnes qui sont intervenues dans ce débat ont donné au texte original une signification imaginaire qui est souvent contraire au texte qui est écrit noir sur blanc. C'est ahurissant. N'y a-t-il donc aucune limite à l'aveuglément volontaire?

Ces gens sont-ils capables de lire objectivement ce qui est écrit sans y ajouter leur propre interprétation?

Et après ça, c'est moi qu'on accuse de subjectivité?

Après tout ça, Ève, la grande politicienne, est revenue à la charge avec ce commentaire:

«Perçue comme source de déséquilibre — jupe courte, risque de séisme — elle n’est respectée que lorsque définie dans un rapport de propriété, comme épouse de X ou fille de Y.» Et ceci se passe dans un pays arabe. Il faut croire qu'en chaque homme M. (mon nom) sommeille un misogyne. Réveillons-le ou plutôt anesthésions-le.

Ce commentaire était accompagné d'un lien vers cet article à propos de l'oppression des femmes dans le monde arabe. Ne me demandez pas quel est le rapport.

Le dérapage était désormais total. Il n'était même plus question de l'article d'origine ou de la proposition de son auteure, à qui l'on accolait des intentions contraires à ce qu'elle avait écrit. Il n'était même plus question de ma réaction. Plus personne ne s'intéressait à un sain débat. On nageait dès lors dans le délire le plus complet.

J'ai donc effacé mes commentaires du fil de discussion et banni tous ces gens odieux de mon compte Facebook.

À vous, chères lectrices et chers lecteurs, d'interpréter tout cela à votre guise.

En ce qui me concerne, je suis trop blessé par la cruelle diffamation de membres de ma famille que j'estimais tant pour ajouter quoi que ce soit d'autre. À part, peut-être, cette perle de sagesse: