20 février 2016

Excuses ontariennes

Extrait de la nouvelle:

Kathleen Wynne va présenter des excuses officielles de la part du gouvernement de l'Ontario à la communauté franco-ontarienne pour le Règlement 17 en chambre, lundi en après-midi.

Ce règlement, qui a été appliqué de 1912 à 1927, interdisait l'enseignement et l'utilisation du français dans les écoles élémentaires de la province.  La loi a contribué à l'assimilation de nombreux francophones, notamment en privant une génération d'une éducation en français.

Ça me fait toujours rigoler quand un gouvernement offre ses excuses pour une écoeuranterie commise... il y a 100 ans!

Et le plus pitoyable dans tout ça, c'est que ces bêtes excuses ne sont accompagnées d'aucun geste concret pour améliorer la situation actuelle des francophones de l'Ontario:

Excédés par l’inaction du gouvernement de Kathleen Wynne, des étudiants et élèves ont tenu jeudi une première journée d’action pour réclamer la création d’une université de langue française en Ontario. Parce que l’époque des compromis a assez duré.

Avec une population de taille similaire, la minorité anglo-québécoise peut se targuer d’avoir trois universités bien à elle. Les francophones de l’Ontario, eux, ont bel et bien accès à des programmes en français, mais dans huit établissements bilingues seulement, pas dans toutes les disciplines ni dans toutes les régions.

La situation est telle qu’encore en 2016, dans le centre-sud-ouest de la province, six élèves francophones sur dix feront leurs études universitaires en anglais plutôt que de s’exiler à Ottawa, Sudbury ou au Québec, selon la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO).

(...) Dans un rapport dévastateur sur la question, le commissaire aux services en français de la province, François Boileau, rappelait à l’ordre le gouvernement. « Il est urgent d’agir », écrivait-il. C’était en 2012. Depuis, mis à part la création de groupes de travail, bien peu de choses ont changé.

(...) Laisser la majorité anglophone prendre des décisions pour la minorité s’est rarement soldé par des résultats heureux dans le milieu scolaire. « Quelle est l’incidence de l’offre quasi inexistante de programmes postsecondaires en langue française ? La réponse est simple : pas d’avenir sans accès. En d’autres mots, pour la communauté francophone, il s’agit d’une mort lente.»

(...) France Gélinas y connaît quelque chose. « J’étais là quand on n’avait pas d’écoles secondaires francophones, dit la députée néodémocrate de Nickel Belt. J’ai des amis qui ne parlent plus le français parce qu’ils n’ont pu étudier dans leur langue. Et j’en ai d’autres qui ont pu la conserver parce qu’on en a finalement eu, des écoles francophones à Sudbury. On a dû se battre pour les écoles primaires, secondaires, nos conseils scolaires. On a dû se battre pour nos collèges francophones, il y a vingt ans. La communauté franco-ontarienne sait ce qu’elle veut. Elle parle d’une seule voix. On est rendus là. »

(...) À la tête de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Denis Vaillancourt n’en croit pas ses oreilles. « Comment expliquer en 2016 que la plus importante population de francophones des Amériques après le Québec n’ait pas son université ? Il est urgent que les choses évoluent, et nous refusons de voir ce dossier de nouveau repoussé. »

Mais ne vous en faites pas trop, en 2116, le gouvernement de l'Ontario n'aura qu'à présenter ses excuses aux trois ou quatre francophones qui subsisteront dans cette province!



2 commentaires:

Fred a dit…

"Ça me fait toujours rigoler quand un gouvernement offre ses excuses pour une écoeuranterie commise... il y a 100 ans!"

St'un peu comme une tranche souverainistes qui nous rabâchent le rapport Durham... ça vient long. Je suis convaincu qu'il y a des arguments quelque peu plus contemporain qui peuvent être utilisés.

Prof Solitaire a dit…

Je suis d'accord avec toi dans une certaine mesure. Je pense que l'histoire joue un rôle important dans le débat souverainiste, mais que c'est une erreur de n'utiliser QUE des arguments historiques pour justifier la souveraineté...