21 mai 2016

THOR: Goddess of thunder vol. 1

Ce recueil réunit les cinq premiers numéros de la nouvelle série Thor de 2014 et raconte l'origine de la femme qui remplace l'original.

Je dois dire que je suis vraiment déchiré à propos de celle-là. Si certains moments m'ont emballé, d'autres m'ont carrément fait grincer des dents.

Je tiens d'abord à spécifier que, de prime abord, je n'ai pas d'objection à ce qu'un personnage féminin occupe le poste. Au contraire, l'idée a du potentiel et pourrait mener à des histoires très intéressantes. Malheureusement, Marvel semble plutôt avoir opté pour faire de cette série un pamphlet propagandiste.

En effet, l'idéologie féministe qui imprègne cette oeuvre est parfois difficilement supportable. Non satisfait de nous présenter la nouvelle héroïne, il faut qu'on déconstruise... que dis-je... qu'on anéantisse complètement son prédécesseur masculin.

On nous dépeint donc un Thor faible, geignard, stupide, querelleur et arrogant. Fini le noble héros viking qui fait rêver depuis des décennies! Ici, nous avons droit à un être pitoyable et puérile qui, lorsqu'il se voit incapable de soulever son marteau, se couche par terre en position fœtale et pleurniche comme un gamin. Il est sale, mal rasé et ne porte qu'une vieille cape souillée et des braies retenues par un bout de corde. Bref, il est tout simplement méconnaissable et n'éveille que notre mépris.

Lorsqu'il se retrouve face à face avec la nouvelle Thor, malgré le fait que cette dernière soit entourée de ses ennemis traditionnels, c'est à ELLE qu'il s'attaque, tel un mioche jaloux qui exige qu'on lui rende son jouet. Pathétique...


Évidemment, sa remplaçante, elle, n'a que des qualités! Elle est belle, scintillante, courageuse, honnête et tout simplement extraordinaire! Elle arrive même à manier Mjolnir, le marteau de Thor, mieux que ce dernier ne l'a jamais fait après des millénaires! Et ce, sans entraînement, ni instructions! Comme Rey dans le dernier épisode de Star Wars qui est devenue une spécialiste absolue du duel au sabre laser simplement en touchant cette arme pour la première fois! Les femmes sont vraiment des êtres divins...

Le scénariste Jason Aaron va encore plus loin lorsqu'il met en opposition Odin à son épouse, Freyja. Encore une fois, l'homme se comporte en despote autoritaire, revanchard, acariâtre, teigneux et égoïste. Pour une peccadille, il fait foutre en prison ses proches conseillers qui lui déplaisent. Bref, le personnage est complètement méconnaissable.

Freyja, elle, est l'incarnation de toutes les vertus contraires. Elle est douce, judicieuse, compréhensive et démocrate. Mais elle est soumise à son tonitruant mari qui refuse de lui reconnaître une quelconque autorité et qui rejette ses suggestions du revers de la main, avec mépris. Même à Asgard, ces pauvres femmes sont écrasées par le MAUDIT PATRIARCAT!

La propagande féministe atteint son paroxysme lors d'une scène de combat qui oppose la nouvelle Thor à l'Absorbing Man. J'ai déjà parlé de cette séquence ici. Pendant le combat, Thor casse la gueule du super-vilain, non pas parce qu'il vient de dévaliser un camion blindé et qu'il terrorise le centre-ville! Non! Elle le met plutôt K.O. parce qu'il a OSÉ "utiliser le mot féministe comme s'il s'agissait d'une insulte!"

Les cases suivantes sont encore pires. La femme et complice de l'Absorbing Man, Titania, assomme son mari afin de se rendre pacifiquement à Thor, en signe de "respect", dit-elle. Debout aux côtés du corps inanimé de son époux, elle accepte d'être jetée en prison sans offrir la moindre résistance sous prétexte que le fait d'endosser le rôle de Thor "ne doit pas être facile" pour une femme! Oui, le sisterhood féministe passe avant tout, même sa propre liberté! Ahurissant.


En passant, imaginez si c'était le mari qui avait frappé sa femme. Imaginez le scandale. Mais si c'est une femme qui défonce la gueule d'un homme, alors c'est juste amusant.

Bref, la thématique de cette BD est claire comme de l'eau de roche: les hommes sont des tarés de salopards et les femmes sont des êtres extraordinaires qui doivent se battre pour se faire respecter dans ce maudit système patriarcal qui n'a de cesse de les humilier et de les mépriser. C'est aussi peu subtil et aussi épais que ça.

Dans ce contexte, difficile d'apprécier les bons moments. Car il y en a. La séquence de l'attaque des Frost Giants sur une base sous-marine de la Roxxon Oil est vraiment géniale et digne d'un film hollywoodien. Les scènes de combat sont généralement dynamiques et très réussies. De plus, on s'attache à cette jeune super-héroïne qui apprend (trop rapidement) à manier Mjonir et qui doute de sa compétence à remplir ce rôle mythique. J'ai toujours aimé ces histoires où le personnage principal doit subit une espèce de rite de passage afin de mériter un titre ou un rôle quelconque.

Si seulement il n'y avait pas toute cette saleté de propagande féministe qu'on nous enfonce dans la gueule à grosses cuillerées!

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