6 décembre 2016

Le Québec, pionnier de la philosophie pour enfants

Extrait de l'étonnant article:

Le saviez-vous ? Au Québec, cela fait plus de 30 ans que l'on mène, ici et là, diverses expériences philosophiques avec les enfants.

Selon Frédéric Lenoir, philosophe français, nous sommes même des « pionniers » en la matière.

C'est Michel Sasseville, professeur de philosophie de l'Université Laval, qui a été l'un des premiers à s'intéresser à la question.

« J'enseignais la logique à l'université. Mais je trouvais que c'était trop tard, se souvient-il en entrevue. Je me disais qu'on pourrait peut-être commencer plus tôt. Au secondaire ? Pourquoi pas au primaire ? »

C'est là qu'il a découvert Matthew Lipman, un philosophe américain qui travaillait précisément sur la pratique de la philosophie avec les tout petits. « J'ai été renversé complètement. »

Michel Sasseville s'est donc rendu au New Jersey pour être formé par celui que l'on considère aujourd'hui comme le maître de la philosophie pour enfants, à l'Institute for the Advancement of Philosophy for Children (IAPC).

De retour au Québec au milieu des années 80, il a testé cette nouvelle pratique dans une école primaire de Sainte-Foy. Pendant un an, à raison d'une heure de philo par semaine. « Et j'ai constaté que ça fonctionnait ! Ce qu'on attendait des enfants : avoir un raisonnement, penser par eux-mêmes, donner des exemples, des contre-exemples, c'est ce qu'ils font ! »

« La philosophie, c'est un moyen de penser par et pour soi-même ! »

À partir d'un texte lu en groupe, les enfants sont amenés à réfléchir, donner leur avis, écouter celui des autres. « On les pousse à aller plus loin, à trouver d'autres enjeux, des valeurs, résume le philosophe. Cela permet aux enfants de devenir plus critiques, d'avoir un raisonnement, d'évaluer d'autres raisonnements, et d'être sensibles aux différences contextuelles. »

D'après les recherches réalisées depuis les années 60, cela permet en prime d'avoir des impacts dans les autres matières scolaires. En français, en mathématiques, « les enfants deviennent plus organisés mentalement. Ils apprennent à rechercher le sens, le sous-entendu, ce que ça implique ».

Ils développent ici leur sens critique (et autocritique), leur pensée créative (ou l'art de penser par soi-même) et leur pensée « attentive », dans un « climat de respect et de confiance que l'on ne retrouve pas dans d'autres contextes ».

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