7 décembre 2017

Les propos antiféministes mènent-ils à des tueries comme celle de Polytechnique?

Ça fait 28 ans que ça dure.

Ça fait 28 ans que les hommes du Québec se font dire que le lâche assassinat de 14 jeunes femmes à Polytechnique est de leur faute.

Ça fait 28 ans que les hommes du Québec qui osent remettre en question les dogmes féministes se font systématiquement traiter de Marc Lépine. J'ai raconté ici comment ma propre tante m'a fait le coup il y a quelques années.

Vous ne serez donc pas surpris que 2017 ne soit pas une exception. La tradition féministe se poursuit, avec plus d'arrogance que jamais.

Extraits du délirant article de Dominique Scali:

La récente montée de l’extrême droite au Québec s’accompagne de plus en plus de propos contre les femmes, s’inquiètent plusieurs militantes qui prendront mercredi la parole lors de la commémoration de la tuerie de Polytechnique.

Ah! L'extrême droite! La bibitte noire du moment! Le Bonhomme Sept Heure! Ceux qu'il faut craindre! Ceux qui sont responsables de tout ce qui va mal dans la société! Les monstres! Les abominations! Les déplorables!

Mais qui sont-ils exactement? Pas clair. C'est flou. En fait, le terme "extrême droite" est devenu une expression fourre-tout dans laquelle on peut placer quiconque n'est pas d'accord avec les dogmes multiculturalistes, féministes et marxistes de la gauche. C'est pratique, vous ne trouvez pas?

Prenez moi, par exemple. Je ne suis membre d'aucune organisation, mais je suis ouvertement antiféministe. Alors cela fait automatiquement de moi un membre honorifique de l'extrême droite. Peu importe le fait que je sois en faveur de l'égalité (la vraie) entre les hommes et les femmes et opposé à toute forme de privilège accordé à un sexe plutôt qu'à l'autre, bref que je sois motivé par un profond désir d'équité et de justice... cela n'a absolument aucune importance. Tu es antiféministe? Tu es d'extrême droite. La conversation est terminée.

Mais revenons à l'affirmation de Mme Scali. "L'extrême droite", donc, (whoever the hell that is) tiendrait de plus en plus des propos contre "LES FEMMES". Vraiment? Avez-vous un exemple à nous donner? Juste un seul? Je ne suis pas trop exigeant vous savez, un seul exemple m'aiderait à mieux comprendre. Non? Vous n'avez pas d'exemple? Rien pour appuyer vos propos? Je dois vous croire sur parole? Ah... tiens donc. C'est pratique pour vous, ça!

Et si je suis sceptique, je suis forcément d'extrême droite, c'est ça?

« À partir du moment où on se permet d’alimenter la haine et le dégoût, de tenir des discours discriminatoires et antiféministes, une tuerie comme celle de Polytechnique est encore possible », déplore Gabrielle Bouchard, présidente de la Fédération des femmes du Québec.

Et voilà. C'est reparti pour une 28e année consécutive! Bienvenue au festival annuel de la misandrie ouverte et décomplexée! Bienvenue au carnaval de la victimisation des femmes et de la diabolisation des hommes! Apportez votre vin!

Regardons de plus près l'affirmation de la mascotte de l'événement, voulez-vous?

Une bonne partie de l'affirmation de Mme Bouchard n'est qu'un vil blabla dénué de contenu et de sens. QUI se permet d'alimenter la "haine" et le "dégoût"? QUI tient des propos "discriminatoires"? QUELS SONT ces propos que vous jugez si sévèrement? Avez-vous DES CITATIONS exactes? Des RÉFÉRENCES? Des NOMS? Si le problème est si grave, ça ne devrait pas être bien difficile de nous nommer ou de citer des gens, des publications, des groupes qui sont pro-haine, pro-dégoût et pro-discrimination! Alors, allez-y, faut pas se gêner voyons! Vous êtes la mascotte! Si vous ne le faites pas, alors qui le fera?

Vous n'avez rien, Mme Bouchard? Pas de nom? Pas de citations? Pas de contexte? Il faut encore une fois vous croire sur parole, c'est ça? Ah, bon. Ben je m'empresse de vous croire, alors! Je ne voudrais tout de même pas qu'on m'associe à l'extrême droite, pardi!

Mais dans ce tourbillon de vent et d'affirmations gratuites, il y a une perle. Vous l'avez vue? Non? Alors relisez la citation.

Allez-y, je vous attends. Je suis un gars très patient.

Vous l'avez trouvée?

Mme Bouchard nous dit que si on tolère des discours "antiféministes", alors d'autres tueries comme Polytechnique sont possibles.

C'est pas des maudites farces! Rappelez-vous, on ne parle pas d'une quidam croisée sur le trottoir, on parle de la présidente de la Fédération des femmes du Québec! Hallucinant.

L'horreur de cette abominable déclaration vous échappe? Permettez-moi de vous expliquer.

Je suis un ardent antiféministe. J'ai publié des centaines de billets sur ce blogue pour dénoncer, vilipender et ridiculiser les affirmations mensongères et sexistes de féministes du Québec et d'ailleurs. Est-ce que cela signifie que j'encourage la violence? Bien sûr que non! Jamais vous ne trouverez dans mes propos le moindre encouragement à la violence. Au contraire, j'abhorre la violence. Est-ce que cela signifie que j'encourage la haine? La haine des idées stupides, sans doute, mais la haine des gens? Pas du tout!

Mais pour Mme Bouchard, ces distinctions n'ont aucune importance. Je tiens des propos antiféministes, alors je rends possible d'autres attentats comme Polythechnique et s'ils surviennent, j'en serai responsable. Délirant.

Bref, ce qu'affirme Mme Bouchard, c'est que quiconque critique une idéologie cautionne et encourage les éventuels actes de violence qui pourraient être commis contre les gens qui adhèrent à cette idéologie.

Sur ce blogue, j'ai publié de nombreux billets dans lesquels je dénonce, je critique et je ridiculise les dogmes, les obsessions et les contradictions de la religion chrétienne. Est-ce que cela signifie que si demain matin, un coucou armé décidait d'abattre des croyants dans une église, j'en serais responsable? L'affirmer tient du délire.

J'ai également publié des centaines de billets qui dénoncent, critiquent et vilipendent la religion musulmane et les fanatiques qu'elle engendre. Je DÉNONCE LEUR VIOLENCE! Mais pour Mme Bouchard et les petits gauchistes comme elle, cela n'a aucune importance. Elle n'hésiterait pas à me tenir responsable d'un attentat commis contre des musulmans. Si le petit con qui a attaqué une mosquée à Québec avait consulté mon blogue dans les mois avant de commettre son attentat, ces gens-là n'auraient pas hésité à me tenir responsable! Délirant.

De la même façon, j'ai publié des centaines de billets sur ce blogue qui sont en faveur de la souveraineté du Québec. Je dénonce, vilipende et ridiculise les propos des fédéralistes serviles et des Québec-bashers. Jamais je n'affirme que ces gens-là ne devraient pas avoir le droit de s'exprimer! Je dénonce tout simplement leurs propos. Mais s'il fallait qu'un illuminé décide d'assassiner un politicien fédéraliste, est-ce que je devrais en être tenu responsable pour avoir critiqué la thèse fédéraliste pendant des années? Délirant.

Critiquer des idées, même lorsque ces dernières sont très populaires et répandues dans la population, n'est pas forcément un geste haineux. Au contraire, il s'agit d'un exercice essentiel pour tester la validité de ce qui est affirmé. Si je réussis à démontrer que des propos sont idiots, gratuits, sans fondements et erronés, alors que tu es incapable d'appuyer tes dires sur des faits et de défendre tes arguments, ben c'est peut-être parce que c'est un paquet de conneries! Seul le choc des idées peut permettre de déterminer quelles idées ont de la valeur et lesquelles en sont dépourvues!

Oui, je suis antiféministe! Je considère que l'idéologie féministe est un horreur, une vision du monde misandre, sexiste et toxique qui infecte la société et qui pousse les gens à prendre des décision discriminatoires et à adopter des attitudes et des politiques qui font souffrir beaucoup de petits garçons et d'hommes.

Non, cela ne signifie pas que je hais les femmes! Je ne les aime pas toutes non plus, il y en a qui m'enragent, mais il y en a un plus grand nombre que j'aime bien. La personne que j'aime le plus au monde est ma femme! Je ne suis pas contre les droits des femmes, je suis en faveur des droits humains! Et ça, ça englobe tout le monde, y compris les femmes!

Qu'est-ce qu'il y a de discriminatoire, de haineux et de misogyne là-dedans, je vous le demande! En quoi ceci constitue un cautionnement d'éventuels gestes violents?

Il faut être sérieusement timbré pour affirmer une chose pareille.

Mais voilà, pour Mme Bouchard et ses sbires, l'idéologie féministe a été élevée au rang sacro-saint de dogme divin et béni qu'il ne faut pas critiquer sous peine d'être excommunié ou d'être condamné aux flammes éternelles de l'enfer! Ce sont des fanatiques comme les autres, rien de plus.

(...) Depuis un peu plus d’un an, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence remarque que les propos s’apparentant à l’extrême droite sont de plus en plus décomplexés. Ces groupes tiennent parfois des discours qui cantonnent la femme dans un rôle traditionnel « digne du Moyen Âge », dit le directeur Herman Deparice-Okomba. L’islam et le contrôle des armes à feu sont aussi des thèmes récurrents.

Des groupes qui "s'apparentent" à l'extrême droite? Mais de qui parle-t-il, bordel?

Des groupes qui cantonnent la femme dans un rôle traditionnel? Les seuls groupes que j'entends le faire ouvertement, ce sont les imams musulmans! Et je suis prêt à parier que ce n'est pas de ces gens-là qu'il parle! Faudrait surtout pas! Ce serait "raciste"!

Depuis que j'écris sur ce blogue, il est arrivé UNE SEULE FOIS que quelqu'un tienne ce genre de discours avec moi. Et je ne me suis pas gêné pour le ramasser. J'en ai même fait un billet.

Une personne en presque 10 ans sur des centaines de commentateurs, je trouve ça très peu inquiétant, M. Deparice-Okomba. Alors si vous savez quelque chose que je ne sais pas, pourquoi ne mettez-vous pas les affirmations gratuites de côté pour nous montrer des chiffres, des statistiques et des preuves?

« Oui, je vois une résurgence des propos antiféministes, ce qui va souvent de pair avec les propos racistes », abonde Marlihan Lopez, du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.

Ben voilà! Les gens qui critiquent le féminisme ne sont pas seulement des salopards misogynes qui encouragent les attentats violents contre les femmes, ce sont aussi des racistes!

Ajoutez donc que nous sommes tous des pédophiles de bébés naissants et des violeurs de bébés phoques pendant que vous y êtes! La job de bras sera alors complète!

« On n’a qu’à penser à l’attentat de la mosquée de Québec de janvier. Pour moi, c’est une violence qui est très similaire. »

Effectivement, très similaire.

Vous savez pourquoi?

Parce que dans les deux cas (Poly et la mosquée), les attentats ont été commis par des petits connards qui avaient une araignée au plafond et qui, tenez-vous bien, N'AVAIENT AUCUN LIEN AVEC DES SOI-DISANT GROUPES D'EXTRÊME-DROITE!

Personne ne les a encouragés à commettre ces atrocités! Dans les deux cas, on a affaire à des timbrés solitaires, des idiots inintéressants et incapables de la moindre réflexion valide sur quoi que ce soit, des illuminés qui ont décidé de massacrer des gens innocents parce qu'ils les avaient préalablement totalement déshumanisés.

Et savez-vous qui d'autre fait ça?

Pas un méchant antiféministe comme moi! Ben non!

Ce sont les féministes qui font très précisément la même chose. Depuis le début de cet article, on a droit à une accusation après l'autre! Haineux! Discriminatoires! Sexistes! Extrême droite! Éprouvent du dégoût! Encouragent la violence! Cautionnent les tueries! Racistes!

Que des accusations monstrueuses... et pas une seule preuve, pas un seul fait, pas un seul chiffre!

Mais c'est moi le problème? C'est moi le danger? C'est moi qui sème la haine? Moi qui cite TOUJOURS mes sources, moi qui ne fait pas d'affirmations gratuites, moi qui réplique simplement et civilement à des gens qui disent des énormités? C'est moi qui suis le monstre dangereux qu'il faut faire taire?

Dites-moi, Mme Bouchard, M. Deparice-Okomba, Mme Lopez... si la semaine prochaine, un débile décide d'abattre une personne qui a des opinions antiféministes, en serez-vous responsables?

Si le détraqué qui a proféré des menaces de mort envers Guy Nantel avait décidé de l'abattre, est-ce que ce meurtre odieux serait de votre faute pour avoir diabolisé les antiféministes?

Non? Ça ne tient que pour les autres, ça?

Tiens donc... comme c'est pratique!

« Je crois qu’on s’en va vers une intensification de la violence publique », croit Marie-Pierre Boisvert du Conseil québécois LGBT.

« Lors du dernier défilé de la Fierté gaie, il n’y a jamais eu autant de sécurité que cette année », dit-elle.


Maudit calvaire... si je croyais en un être céleste, je le supplierais de me donner de la patience présentement...

L'intensification de la violence publique n'est pas une question de "CROYANCE" ni une question de FEELING! C'est une question de CHIFFRES!

Or, que disent ces chiffres? Ben ils pointent plutôt vers une baisse de la criminalité!

Et croyez-le ou non, Mme Boisvert, une hausse de la sécurité ne signifie pas nécessairement qu'il y a une hausse de la violence publique. C'est pitoyable que je sois obligé de vous expliquer ça.

En fait, quand on pense aux plus récents incidents de violence publique, ils ont été commis par des groupe de gauche! Des gens qui voulaient s'en prendre physiquement à des manifestants pacifiques dont les opinions à propos de l'immigration feraient supposément d'eux de dangereux monstres "d'extrême droite"!

Quelle ironie!

« Il faut que tout le monde comprenne que les propos misogynes, c’est tolérance zéro », dit-il. Cela doit aussi aller de pair avec une meilleure éducation des jeunes au respect de la différence et de l’égalité hommes-femmes, ajoute-t-il.

Être antiféministe ne signifie pas qu'on soit misogyne, Monsieur.

Le type est directeur d'un organisme qui oeuvre contre la radicalisation... mais il a lui-même une vision caricaturale et manichéenne de la réalité, avec les valeureuses féministes d'un côté et les monstrueux antiféministes misogynes et racistes de l'autre!

Peut-être devrait-il essayer de se déradicaliser lui-même avant de venir nous faire la leçon!



Alicja Rodzik

6 décembre 2017

Une souveraineté-association avec la France?

En cette triste époque où l'avenir politique du Québec semble sombre et sans issue, Yves Capuano nous propose une solution originale... mais est-elle réaliste?

Regardons de plus près. Extraits de l'article:

Je soutiens que le rapprochement politique du Québec avec la France serait souhaitable pour relancer l’idée de la souveraineté du Québec. La France constitue la mère patrie du Québec. Le Canada, lui, est lié à la Grande-Bretagne par la reine d’Angleterre qui n’en est rien de moins que le chef d’État.

J'ai toujours pensé qu'un rapprochement avec la France (à tous les points de vue: politique, économique, culturel, social, etc.) était non seulement souhaitable, mais essentiel pour notre survie comme peuple francophone. Donc jusqu'à date, je ne peux qu'agréer avec enthousiasme.

Pourquoi ne pas rapprocher le Québec de la France dans la politique constitutionnelle d’un Québec souverain dans un contexte de souveraineté-association, par exemple ? Une confédération francophone transatlantique pourrait aussi être envisagée.

Deux propositions très différentes sont mises de l'avant ici.

La souveraineté-association, d'abord. Il s'agit d'un concept un peu flou et qui a été mis de côté depuis longtemps. Si on lit René Lévesque, on voit qu'il s'agissait d'une souveraineté politique accompagnée d'une union économique, d'une espèce de vaste libre-échange avant l'heure. Un tel système avec la France serait-il souhaitable pour le Québec? Je ne sais pas. Sincèrement, je ne suis pas économiste, mais les résultats des accords de libre-échange sur l'économie québécoise ne m'impressionnent pas. Présentement, toutes nos entreprises sont achetées l'une après l'autre par des intérêts ontariens et américains... serait-il préférable qu'elles le soient par des intérêts français et européens? Est-il plus réjouissant de voir Bombardier vendu à des intérêts français que de voir St-Hubert vendu à des Ontariens? Je ne suis pas trop certain de voir comment.

Une confédération francophone est une proposition d'une autre nature. Il s'agit ici d'une union politique, pas seulement économique. D'une part, il me semble évident que le fait d'être un département français serait infiniment plus souhaitable que d'être une province canadienne. Une telle union mettrait fin à l'isolement québécois, encouragerait une immigration francophone, rehausserait le prestige de la langue française et assurerait la pérennité de notre langue. Rien de tout cela n'est possible au sein du Canada.

D'autre part, je trouve l'idée beaucoup moins intéressante que celle de la souveraineté. Au coeur de cette démarche se trouve le désir de voir le peuple québécois s'affranchir et d'enfin faire passer ses intérêts en premier. De briser son statut de sous-peuple pour enfin devenir un peuple souverain à part entière comme les autres peuples de la terre. Or, si notre présente situation nous condamne à n'être qu'un sous-groupe de pseudo-Canadiens, une confédération avec la France ne ferait de nous qu'un sous-groupe de pseudo-Français, des espèces de provinciaux à l'accent bizarre, rien de plus. L'avenir de la langue française serait assuré, ce qui est extraordinaire, mais on peut oublier tout l'aspect de notre affirmation nationale.

Or, cela est un morceau essentiel du projet de souveraineté et je ne crois pas qu'il soit souhaitable d'en faire fi. De plus, l'idée n'est pas vendeuse et je ne vois pas très bien comment elle pourrait rendre l'idée de la souveraineté plus attirante. Beaucoup de Québécois aiment la France, certains ne l'aiment pas, mais peu importe leur opinion de ce pays, aucun d'entre nous ne se considère "Français". Après quatre siècles, nous sommes un peuple entièrement distinct du peuple français. Prétendre le contraire serait ridicule.

Et si la protection et la promotion de la langue française est clairement un intérêt commun de nos deux peuples, cela ne signifie pas que nos autres intérêts soient les mêmes, au contraire. Économie, politique étrangère, rien de cela n'est nécessairement pareil. Imaginez, par exemple, si un important froid diplomatique s'installait entre la France et les USA. Ça s'est déjà vu d'ailleurs, il n'y a pas si longtemps. La France pourrait se le permettre, mais cela serait désastreux pour le Québec, les États-Unis étant notre principal partenaire économique.

La langue est un élément central de l'identité d'un peuple, mais elle n'en est pas le seul. Les Néo-Zélandais parlent la même langue que les Australiens, mais ils ne manqueront pas de s'offusquer si vous les confondez avec leurs voisins. Les Américains ne sont pas des Britanniques, les Mexicains ne sont pas des Espagnols et les Brésiliens ne sont pas des Portugais. Ces peuples sont clairement très proches de par leur langue commune, mais ils demeurent néanmoins distincts à plusieurs égards. Il en va de même avec les Français et les Québécois.

Bref, si une confédération avec la France serait, à mon avis, plus souhaitable qu'une fédération avec le Canada, cela demeure une option beaucoup moins enviable qu'une véritable souveraineté.

Une entente France-Québec, permettant la libre circulation totale des personnes, des biens et des services entre nos deux pays, assurerait un marché commun intérieur de 74 millions d’habitants à nos entreprises et aux citoyens des deux pays. La France est la sixième puissance économique mondiale. La France possède la plus vaste zone économique exclusive (ZEE) océanique de la planète avec toutes ses îles et territoires répartis dans tous les océans. 

Ouais, mais l'économie des territoires outre-mer n'est pas toujours très reluisante. Il se trouve des gens en France qui se questionnent sérieusement à ce sujet. Les DOM-TOM représentent-ils de merveilleuses opportunités ou des boulets?

Unie au Québec, cette zone deviendrait encore plus grande. Le territoire des Québécois et des Français s’étendrait pratiquement à travers toute la planète. Le Québécois deviendrait véritablement ouvert sur le monde avec un accès à l’Europe et à l’Amérique du Nord en plus de tous les autres territoires français dispersés à travers le monde. Mais surtout, ce nouveau territoire serait francophone!

Les unions économiques et les accords de libre-échange sont toujours présentés comme étant des "accès pour nous à d'autres marchés"... ils oublient de nous dire que cela signifie également un accès aux autres au marché québécois. Serait-il vraiment si souhaitable que tous nos sièges sociaux se retrouvent à Paris?

Il serait logique d’utiliser l’armée française dans un Québec souverain ayant un statut d’État associé français. L’armée française serait actuellement la sixième en importance sur la planète, selon un récent classement effectué par la revue Business Insider, derrière les armées américaine, russe, chinoise, indienne et britannique. L’armée canadienne viendrait en seizième position selon ce même classement. La France est une puissance nucléaire reconnue, un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU avec droit de veto. La sécurité d’un Québec souverain serait ainsi augmentée avec la souveraineté.

Qui dit une armée plus imposante dit également des coûts plus élevés. Serait-il souhaitable de payer davantage pour des forces armées? Dans un contexte comme le nôtre où personne ne menace notre territoire?

D’un point de vue démographique, la venue encore plus nombreuse de Français au Québec assurerait la survie du français, de plus en plus menacé à Montréal. En ce qui concerne la culture, un espace culturel commun France-Québec serait renforcé par une telle entente qui s’appliquera bien entendu à notre culture commune.

Rien à redire là-dessus. C'est clairement l'argument le plus convainquant dans tout ce plaidoyer.

Et vous, qu'en pensez-vous?



Grzegorz Rutkowski IV




Trouvé ici.

D'autres oeuvres ici, ici et ici.


4 décembre 2017

"Tsunami" d'athéisme chez les musulmans

Voici la meilleure nouvelle de l'année.... que dis-je? De la décennie!

Selon cet article, un véritable tsunami d'athéisme déferle sur la communauté musulmane britannique et ailleurs dans le monde.

De quoi redonner foi en l'avenir de l'humanité.

Malheureusement, le combat est loin d'être gagné d'avance et la menace qui pèse sur ces braves apostats est bien réelle.

Il est de notre devoir de venir en aide à ces libres penseurs afin de les protéger, de faire entendre leur voix et de les dépeindre comme ce qu'ils sont: des admirables modèles à suivre.

Extraits du fascinant article:

Thousands of ex-Muslims in Britain are living in fear of violent revenge for abandoning the Islamic faith while others are afraid to admit they no longer believe, a support group for ex-Muslims has said. 

Maryam Namazie, founder of the Council of Ex-Muslims of Britain, described a “tsunami of atheism” in Muslim communities and urged that more needs to be done to recognise the dangers often faced by those who choose to renounce their faith.

(...) Ms Namazie told The Independent: “There is a large group of people who are not seen and heard. Many young people living in Britain have left Islam and are facing huge ostracisation and isolation from their communities as a result.

“They’re very often silenced or they’re living closeted lives. They’re still acting as Muslims, still wearing the veil and still going to the mosque, but they’re really atheist.”

Ms Namazie, an Iranian-born activist and ex-Muslim herself, described the “silent challenges” faced by people born into Muslim families who decide they do not believe, and warned that the number of Muslims converting to atheism is growing.

“It’s a hidden challenge for people here in Britain. It’s framed in this context of identity politics, racism and any criticism means you’re racist. But we are minorities within minorities and we have a right to speak and live our lives the way we want the same as anybody else,” she said.

There’s a tsunami of atheism in Muslim communities across the globe and in Britain. It’s a time bomb that can’t be seen but is exploding. There needs to be more recognition so people get the support they need.

(...) She says: “I feel like when you leave Islam, your intelligence gets attacked. They make you feel like you’re stupid for making such a decision, which he felt like his entire life. Leaving Islam, becoming an ex-Muslim, all of a sudden you feel like you’re dirty, and you become unimportant within the community.”

(...) “We also need to recognise that many religious leaders in this country are not representative of the Muslim community but really representative of the Islamist movement that is encouraging this discrimination against ex-Muslims."



Sculpter Freddie Mercury



En partant d'un petit squelette en plastique, rien de moins. Et le résultat est renversant. Quel talent!



2 décembre 2017

GÉNIAL: Marguerite Yourcenar parle du féminisme







"J'aimerais voir les femmes penser à une espèce de fraternité humaine au lieu de s'opposer d'un groupe à un autre. Et c'est ce qui m'empêche d'adhérer, de signer mon nom, sur les prospectus de la plupart des organisations féministes."

Cette femme extraordinaire avait tout compris.


Des tweets anti-musulmans?

L'un des innombrables scandales anti-Trump qui ont récemment fait la une des journaux est celui des "tweets anti-musulmans".

Oui, ANTI-MUSULMANS. Rien de moins.

Les médias semblent absolument unanimes là-dessus, alors ce doit forcément être vrai!

Tout d'abord La Presse, évidemment:


Parenthèse intéressante, l'article affirme que "Même le journaliste britannique Piers Morgan, fervent supporteur de Donald Trump, s'est fendu de tweets désapprobateurs". Hilarant. Morgan est un journaliste très, très à gauche et il est très loin d'être un FERVENT supporteur de Trump, comme l'illustrent de nombreux articles tel que celui-ci: "he said he would never have voted for him because their politics are “too different” (...) he said: “I don’t agree with him about guns, I don’t agree with him about climate change, I don’t agree with him about abortion."

Oui, ils sont en désaccord sur à peu près tout. Mais apparemment, quiconque refuse de décrire Trump comme la personnification de Satan devient automatiquement un "fervent supporteur de Trump".

Fin de la parenthèse. Poursuivons la parade avec La Presse qui en ajoute une couche dans cet article chapeauté d'une photo qui semble montrer une Mme May qui est dégoûtée par Trump (elle a probablement simplement reniflé):


Le Devoir, le journal des grands intellectuels, joint sa voix au choeur avec un article qui est accompagné d'une photo sur laquelle Trump a l'air tout piteux et honteux (les photos sont souvent choisies avec soin pour créer une réaction défavorable chez les lecteurs):


Le Journal de Montréal, seul quotidien capable d'un minimum d'objectivité face à Trump, publie un article qui nous dépeint un Trump plus combatif, mais qui qualifie néanmoins les vidéos de "anti-musulmans":


L'affirmation est répétée à la télé et à la radio. À Radio-Cadenas, évidemment:


À TVA:


Au 98,5 FM


Je pourrais continuer, mais vous voyez le portrait.

Les médias sont unanimes: les vidéos de Trump sont anti-musulmans. Bref, racistes.

Mettons de côté toutes les autres questions qui entourent ces tweets. Mettons de côté la question du choix de retweeter ces vidéos (je crois que dans le cas du POTUS, c'était peu judicieux), mettons de côté la question de la véracité des vidéos (deux le sont, mais pas le troisième), mettons de côté des affirmations (encore une fois unanimes) selon lesquelles la formation politique qui est à l'origine de ces tweets appartient à "l'extrême-droite" (un épithète généralement utilisé à tort et à travers par la gauche pour diaboliser ses opposants)... mettons tout cela de côté et posons-nous simplement la question suivante:

Ces vidéos sont-ils véritablement anti-musulmans?

Le fait de diffuser des vidéos dans lesquels des musulmans commettent des gestes de violence qui sont motivés par leurs croyances religieuses est-il un geste anti-musulman et raciste?

Faut-il cesser de parler de la violence des musulmans fanatiques sous prétexte que cela est anti-musulman et raciste?

Se poser la question, c'est y répondre.

Or, il est très inquiétant de constater que les médias québécois, qui ont pour mandat de nous tenir INFORMÉS à propos de ce qui se passe, sont tous unanimes quant à la nature "anti-musulmane" de ces vidéos. Oui, les médias d'INFORMATION considèrent que certaines informations ne devraient pas être diffusées si elles ternissent l'image des musulmans et qu'il est raciste de le faire.

Ceci illustre bien que, pour ces médias, les faits ne sont pas la priorité. Ils ne souhaitent plus informer, mais plutôt convaincre et manipuler l'information pour mettre de l'avant le narratif multiculturel vertueux, seul discours jugé acceptable. On en est rendu au point où le simple fait de montrer la violence des fanatiques musulmans est un geste anti-musulman et raciste!

Dès lors qu'on constate cela, comment peut-on faire confiance à ces sources?

Sargon of Akkad a pondu un vidéo très divertissant sur toute cette affaire:




Le PLQ est-il le spécialiste de l'économie?

Pour Joseph Facal, il s'agit d'une profonde fumisterie:

Robert Bourassa est devenu premier ministre pour la première fois en 1970. Depuis ce temps, le PLQ se présente comme le parti spécialisé dans les questions économiques. C’est sa compétence, sa marque de commerce, son ADN. Lui, il ne perd pas de temps à pelleter des nuages comme les « séparatistes » ou les autres partis. Il se concentre sur les « vraies affaires ».

Trop occupé à construire la prospérité, on peut comprendre qu’il ne soit pas prompt à agir sur la langue ou les garderies. Faut pas le déranger : il est concentré sur l’ÉCO-NO-MIE. On peut comprendre qu’il ne soit pas obsédé par la constitution, les routes ou les arts, car il n’a qu’une obsession : L’ÉCO-NO-MIE. Me semble que c’est clair, non ?

Bras de chemise relevés, suant du matin au soir, le PLQ travaille à nous enrichir tous. À long terme, on sera tous gagnants. Ne brisez pas sa belle détermination ÉCO-NO-MI-QUE. Si vous voulez un parti avec d’autres priorités, votez en conséquence. Avec le PLQ, on sait ce qu’on achète : les champions de l’ÉCO-NO-MIE.

Le PLQ s’en occupe presque sans interruption depuis 2003, puisque Pauline Marois et ses rêveurs n’eurent guère le temps de défaire leurs boîtes.

Ah, le rassurant retour aux vraies priorités que fut la rapide reprise du pouvoir par le PLQ ! À quoi avaient pu penser les Québécois en voulant se reposer brièvement de nos champions de l’ÉCO-NO-MIE ?

Oh, certes, le PLQ a d’occasionnels petits problèmes de corruption, il est aussi obsédé par le racisme, mais n’est-ce pas un petit prix à payer pour être entre les mains de ces champions de l’ÉCO-NO-MIE?

Ça justifie qu’on soit compréhensifs, non ? Ils sont si bons en ÉCO-NO-MIE !

Bon, okay, suffit les conneries, les faits maintenant.

Selon Statistique Canada, le revenu médian des ménages québécois est de 59 822 $, l’avant-dernier rang au Canada, devant le Nouveau-Brunswick à 59 347 $.

Comme disait Richard Martineau, allons, messieurs du PLQ, encore un effort et vous réussirez l’exploit de nous faire rejoindre le Nouveau-Brunswick !

La moyenne canadienne est de 70 336 $.

Certes, il ne faut pas confondre richesse individuelle et pouvoir d’achat.

Les Québécois gagnent moins d’argent et paient plus d’impôts, mais les maisons sont moins chères ici que dans le reste du Canada, ainsi que l’électricité, les garderies et les droits de scolarité.

Sauf que la carte de visite du PLQ, ce ne sont pas les généreux services sociaux. C’est sa compétence ÉCO-NO-MI-QUE au service de notre enrichissement individuel.

C’est simple, la supposée compétence économique du PLQ est la plus grande fumisterie du dernier demi-siècle au Québec.

Les vraies spécialités du PLQ sont l’anti-séparatisme, le clientélisme ethnique, l’élasticité éthique et l’opportunisme. That’s it that’s all !



"Naître colonisé en Amérique"

Bock-Côté nous parle de ce bouquin qui m'intrigue au plus haut point:

Christian Saint-Germain (...) vient de faire paraître Naître colonisé en Amérique (Liber, 2017), un pamphlet drôle, corrosif, outrancier, et qui pourtant, souvent, trop souvent, vise juste dans le portrait d’une société en état de décomposition avancée. 

(...) Saint-Germain ramène une thèse présente dans les deux derniers livres qu’il place désormais au centre de son ouvrage: nous serions toujours des colonisés en Amérique. Mais pour en prendre conscience, il faut dissiper les légendes qui embrouillardent l’espace public. C’est à l’examen de cette condition aussi misérable qu’inavouée qu’il s’emploie sur plus de 200 pages. 

(...) Comme d’habitude avec Saint-Germain, le livre commence avec un derby de démolition. On le lit en riant méchamment. Cette fois, il s’en prend au système médiatique québécois qu’il n’admire manifestement pas, et personne, ou à peu près personne, n’en sort indemne, qu’il s’agisse des grands ou petits animateurs du landerneau médiatico-politique. (...) Il faut dire que Saint-Germain sait faire rire cruellement et n’hésite pas à frapper sur les puissants (...) il nous peint une comédie québécoise qui ferait pleurer si elle ne faisait autant rire. 

(...) Mais surtout, nous sommes dans un pays où les souverainistes ne font pas l’indépendance tout en nous faisant croire qu’ils la font très subtilement. Saint-Germain est sans pitié pour le Parti Québécois dont il souhaite la mort la plus brutale, la plus humiliante, comme s’il fallait d’abord s’en débarrasser pour que l’avenir devienne possible. Saint-Germain ne manque aucun chef péquiste: chacun à sa manière se serait comporté comme un nain provincialiste incapable de penser vraiment la libération d’un peuple. La «fine équipe des provinciaux déguisés en hommes d’État» (p.104) ne mériterait pas les hommages qui lui rituellement rendu. 

Mais nous serions rendus au stade final du péquisme crépusculaire, et Jean-François Lisée aurait, bien qu’il en soit inconscient, la triste charge de provoquer l’explosion de son parti lors des élections de 2018. Il serait en fait la victime sacrificielle par excellence. Articulé, intelligent, brillant, dépassant d’une tête ou deux tous ceux qui l’entourent, Lisée serait un surdoué en politique. Mais il appartiendrait au vieux monde péquiste, il l’incarnerait jusqu’au bout des ongles. Sa défaite sera la «dissolution finale» (p.49). Saint-Germain va jusqu’à écrire à l’avance, dans un style exagérément cabotin, la lettre de démission de Lisée qui suivra l’échec de 2018. 

(...) Le PQ doit donc mourir pour que l’indépendance renaisse – pour l’instant, cette dernière ne serait que du «similipoulet souverainiste de cafétéria» (p.44). Car Saint-Germain en est persuadé: girait au fond de la culture québécoise une aspiration presque mystique à la renaissance nationale, mais pour cela, il ne faudrait pas qu’un leader indépendantiste prenne le peuple comme il est mais «l’invente» (p.94) par un grand geste politique capable de transfigurer son destin et de l’arracher à une histoire ratatinée.

(...) Disons la chose en d’autres mots, peut-être un peu moins lyriques: il ne peut pas y avoir de politique indépendantiste sans mystique indépendantiste. Il ne peut pas y avoir de nation sans mystique nationale, et les Québécois qui ont oublié l’épopée de l’Amérique française seraient aujourd’hui en manque de mystique. Il y a quelque chose de sacré dans la poursuite de l’indépendance d’un peuple. 

(...) Le titre de Saint-Germain est clair: les Québécois seraient colonisés. Ils n’auraient jamais cessé de l’être, mais rares sont ceux qui, dans l’histoire, auraient osé regarder cette réalité en face. Miron aurait eu ce courage, Aquin aussi, et on en trouvera aisément quelques autres. Mais la pensée québécoise aurait esquivé cette réalité, trop difficile à assumer: les Québécois seraient colonisés jusqu’au trognon. Les Québécois achèteraient l’idéologie canadienne sans se rendre compte qu’elle les neutralise politiquement : «Outil normatif supposément neutre, la charte canadienne suscite autant une apparence de droits fondamentaux bafoués qu’elle laisse entendre à une minorité de survivants qu’ils sont une majorité pérenne ou intolérante» (p.37). 

Le Canada qu’on nous vend est un délire idéologique auquel prêteraient allégeance ceux qui troqueraient leur identité pour une situation. «Être canadien, c’est une manière d’inexistence culturelle dans le bruissement stéréo de la mondialisation et de l’effacement mercantile des identités nationales. Pour quiconque connaît la profondeur de la culture française c’est une manière d’internement dans un Radio Shack, un Canadian Tire, un entrepôt avec des palettes de beurre de peanut et des piscines hors terre soldées. Qui peut prétendre sans subvention avoir envie d’être canadien et de bénéficier des délicates attentions de la Loi sur les Indiens?» (p.135).

Si Saint-Germain est si violent dans sa description de la comédie québécoise, c’est probablement parce qu’il veut fracasser un dispositif idéologique très puissant qui empêche les Québécois de prendre pleinement conscience de leur condition collective. Il faut parler très fort dans une société qui fait des efforts pour ne pas comprendre ce qui lui arrive. 

(...) Le simulacre de débat public dans lequel nous évoluons, où les faux-penseurs se permettent un débat amidonné en se tenant bien serrés dans le périmètre d’un politiquement correct médiatiquement surveillé devient vite étouffant pour quiconque veut penser librement sans se soumettre à l’orthodoxie du jour. Peut-être est-ce pour cela aussi que Saint-Germain parle de notre époque comme d’une «toute nouvelle noirceur» (p.194). Les Québécois se croient délivrés de leurs tares historiques alors qu’ils ne le sont pas. La vision qu’ils ont d’eux-mêmes est simplement fausse.

Insistons un peu puisqu’il insiste lui-même beaucoup sur la question: la Révolution tranquille serait un désastre maquillé en émancipation: elle aurait réduit un peuple en communauté de grabataires vampirisés par des médecins cupides. 

(...) Saint-Germain n’est pas loin de présenter le Québec comme une des sociétés occidentales les plus avancées sur le chemin de leur décomposition. Nous serions, sans le savoir, le laboratoire de la fin d’un monde. Certains applaudissent: ils appellent ça l’évolution des mentalités.

(...) Pour Saint-Germain, «le contexte social québécois n’est pas neutre: c’est un dispositif génocidaire silencieux, une aire de dressage construite par le conquérant» (p.119). C’est de la disparition tranquille d’un peuple dont nous parle Saint-Germain. «Vivant dans une sorte de français incompréhensible, de quêteux à cheval qui ont déjà brûlé leurs étendards et renié leurs lois linguistiques, toute une marmaille de bénéficiaires et d’usagers se sont pâmés devant un bichon maltais nommé Justin. Écoutant Richard Abel pis Cœur de Pirate au milieu de Pakistanais et de Tamouls lors de la fête du Canada, ils ont reçu une pointe du gros gâteau unifolié comme autant de néo-Acadiens dans un festival du homard à perpétuelle demeure, de chiens en culotte sur des chaises pliantes dans le cortège des parades. Figurants fantômes d’un documentaire portant sur leur propre disparition» (p.192).

 Qui, à part lui, peut parler ainsi, dans le Québec d’aujourd’hui? Le commun des mortels peinera à reconnaître sa société dans ce propos, et on le comprend, tellement il est outrancier. On devine que certains se révolteront même contre ce portrait, qui déchire d’un coup ce qu’on pourrait appeler l’image du Québec officiel.

Et pourtant, Saint-Germain, dans ses exagérations et sa tonitruance singulière, ne révèle-t-il pas une vérité inscrite dans les plis les plus intimes de notre condition collective? Et c’est la suivante: la question nationale n’est pas qu’une simple querelle gestionnaire et constitutionnelle seulement compréhensible dans les paramètres de la modernité québécoise. C’est une question de vie ou de mort pour le peuple québécois. 

Il s’agit de savoir si un peuple arrivé ici il y a plus de quatre cents ans et qui a fait ce pays, qui l’a fondé, pourra un jour assumer pleinement sa propre existence historique ou s’il consentira à sa régression à la manière d’une nation morte dont il ne restera que des traces folkloriques: il nous faut comprendre à quel point notre appartenance au Canada nous condamne à une inévitable disparition. 

Saint-Germain ne tolère pas que les leaders indépendantistes n’assument pas clairement la charge existentielle du projet qu’ils portent depuis la fondation du PQ. 




Quand le Minnesota était français

Extraits de l'article:

L'État du Minnesota a hébergé une importante communauté francophone dès sa fondation. Des Métis de la rivière Rouge et de nombreux immigrants du Québec à la recherche d'une vie meilleure sont venus s'y installer. 

(...) Le comté de Red Lake Falls dans le nord-ouest du Minnesota offre tout ce qu'on s'attend à trouver dans cet État du Midwest américain rural. Des champs à perte de vue longés par des routes tranquilles, des fermes bien entretenues et de petites communautés de fermiers éparpillées dans l'immensité du paysage. Pourtant, il suffit de s'attarder au nom des hameaux que l'on traverse pour qu'ils nous racontent l'histoire des lieux. Une histoire écrite en français.

Gentilly, Terrebonne, Huot, Roseau, St. Hilaire... Elle est longue, la liste de ces communautés fondées par des Canadiens français qui ont donné à leur communauté le nom des villes et villages qu'ils ont laissés derrière eux, en Nouvelle-France. La présence française au Minnesota comme dans les autres États du Midwest remonte bien avant la création de l'état.

Après tout, les fondateurs de Minneapolis et de Saint Paul furent des Métis canadiens-français qui ont ensuite formé les premières colonies de peuplement dans la vallée de la rivière Rouge quand la frontière entre le Canada et les États-Unis n'existait pas.

Cet héritage français se retrouve jusque sur le drapeau du Minnesota, le seul État américain dont la devise, « L'étoile du Nord », est inscrite en français, mais aussi dans la devise de Minneapolis, « En avant ».

(...) En plus d'y établir des communautés, les Français y ont aussi construit des églises et des écoles. Et lorsque le gouvernement de l'État du Minnesota ne permettait que l'enseignement de l'anglais, le français est alors devenu la langue que l'on parlait à la maison, dans les champs, dans les petits commerces et, bien sûr, dans les églises.

À Gentilly, l'église catholique Saint Peter, aujourd'hui inscrite aux monuments historiques, ne ressemble pas aux autres églises de la région construites souvent en bois. Et pour cause, cette église bâtie en 1914 en brique a longtemps été « l'église des Français » de la région, dont la plupart sont venus de Joliette, au Québec, pour s'installer dans les dernières décennies du 19e siècle.

À l'intérieur de l'édifice, les douze stations du chemin de croix ainsi que les vitraux portent des inscriptions uniquement en français. Pendant des décennies, la messe y a été dite en français.

« Le monde ne parlait que français dans le village même s'il y en avait qui pouvaient parler anglais un petit brin », se souvient Larry Vaudrin, aujourd'hui âgé de 87 ans. 

(...) Comme la plupart des gens de son âge dont les ancêtres sont originaires du Québec, Larry n'a appris l'anglais qu'une fois scolarisé.

« Quand j'ai commencé, je ne connaissais pas un mot d'anglais », raconte Larry, qui confie avoir oublié le français depuis, par manque de personnes avec qui le parler.

« Les vieux sont tous partis. Il y en a encore comme moi, mais quand on se retrouve, on parle en anglais. »

(...) « Il ne faut pas penser que nous étions isolés », souligne Virgil Benoît, originaire de la région. Aujourd’hui âgé de 73 ans, ce professeur de français à l’Université du Dakota du Nord, à Grand Forks, se souvient lui aussi de l’époque où le français était une langue parlée partout dans les communautés du nord-ouest du Minnesota.

Aujourd’hui les familles sont éparpillées, et les nouvelles générations n’ont pas repris le flambeau. Pourtant, le souvenir des premiers « Canayens » continue de vivre et fait même l’objet d’un festival qui a eu lieu chaque année à la fin août, le festival Chautauqua.



Ned Rogers

Shahab Alizadeh

Kuldar Leement II




D'autres oeuvres ici.

Trouvé ici.



28 novembre 2017

Le mot patrimoine est "trop masculin"

Pour nos amis féministes de chez Québec solidaire, la guerre aux hommes ne suffit plus. Il faut élargir le combat.

Extraits de la pitoyable nouvelle:

Québec solidaire raye de son programme le mot «patrimoine», qu'il juge trop masculin, et souhaiterait également que les pouvoirs publics le remplacent par «héritage culturel».

Ça ne s'invente pas, chers amis. Ça ne s'invente pas. Voilà ce qu'est devenue la gauche moderne. Un ridicule Politburo de carnaval qui veut nous dicter comment parler, quels mots utiliser ou pas et, ultimement, comment penser.

«C’est un mot qui dans sa racine réfère à une forme de présence et de domination du masculin. L’héritage culturel, c’est autant les hommes que les femmes qui nous l'ont laissé», explique la députée Manon Massé en entrevue avec le Bureau parlementaire.

Voilà, c'est clair. Le problème, c'est que LA RACINE du mot fait référence à la "domination masculine".

Imaginez à quel point il faut détester un groupe de personnes pour en venir à vouloir bannir des mots quand leur RACINE y fait référence.

Imaginez si quelqu'un détestait les Juifs au point de vouloir bannir les mots dont la RACINE est d'origine hébraïque ou fait référence au concept de judaïsme. Cette personne ne mériterait-elle pas une jolie chambre capitonnée dans l'asile psychiatrique le plus proche?

Ah! mais si le groupe auquel on s'attaque est celui des hommes et qu'on appartient à la gauche féministe, alors on devient une grande héroïne de la justice sociale!

Or, tout comme l'hypothétique exemple de l'antisémite fanatique, l'argument de Mme Massé est complètement ridicule.

La racine de ce mot ne fait absolument pas référence à la DOMINATION MASCULINE! Affirmer le contraire est un odieux mensonge ou l'illustration de la plus abyssale des ignorances.

Le mot provient du latin "patrimonium" qui fait référence à la "fortune familiale et aux biens de famille". Il n'est pas question ici de masculinité, ni de paternité et certainement pas de domination de qui que ce soit.

La racine de ce mot provient du latin "pater" qui signifie "père", tout simplement. Le concept de "domination" en est complètement absent. Il n'existe que dans l'esprit tordu de féministes misandres comme Mme Massé.

Affirmer que ce mot fait référence à la domination masculine est aussi con que si on affirmait que l'adjectif "matrimonial" fait référence à la domination féminine. On nage en plein délire de persécution et de complots machistes imaginaires.

D'ailleurs, lorsqu'on parle de patrimoine à quelqu'un, les concepts de paternité ou de masculinité ne sont absolument pas évoqués. Ils ne traversent l'esprit de personne! Avez-vous déjà entendu quelqu'un dire que les poèmes de Marie Uguay ou les tableaux de Miyuki Tanobe ne peuvent pas faire partie du "patrimoine" québécois parce qu'ils sont l'oeuvre d'une femme? Bien sûr que non!

La racine d'un mot n'est que son origine étymologique, rien de plus. À travers les siècles, les mots évoluent et adoptent souvent des significations complètement étrangères à la signification ancestrale de leur racine!


Le mot "album" vient de l'adjectif latin "albus" qui signifie "blanc". Faudrait-il bannir le mot album sous prétexte qu'il fait référence à la suprématie de la race blanche?

Le mot "alopécie" (chute ou absence, partielle ou généralisée, des cheveux) vient du grec "alôpex", qui signifie "renard", un animal associé à la ruse et à la rapine! En tant que chauve, j'exige que ce mot soit banni car sa racine fait référence à des concepts insultants qui diffament mon caractère!

Vous voyez à quel point l'argument est imbécile?

Vous voyez à quel point ces gens-là sont de sombres insignifiants ignares qui préfèrent proférer des turpitudes plutôt que de s'attaquer à de véritables problèmes?

Le mot provient toutefois du latin «patrimonium», soit «héritage du père». «Le Québec est capable de se mettre au-devant de la musique. Patrimoine c’est en ligne directe vers le père. L’utilisation des mots, ça finit par, comment dire, agir sur notre esprit», explique la députée Massé.

Ben oui ma p'tite Manon, le sens ancien de la racine des mots "agit sur notre esprit". Le mot "patrimoine" fait de nous des misogynes, le mot "album" nous pousse à devenir des suprématistes blancs et le mot "alopécie" nous amène à nous méfier des chauves...


Pauvre conne.




«Voir un complot machiste dans la langue française manifeste une totale ignorance»

L'une des lubies féministes de l'heure veut que la langue française soit monstrueusement sexiste et misogyne.

Voici quelques extraits de cette fascinante entrevue avec le linguiste Alain Bentolila:

Selon certaines féministes , l'écriture inclusive ou «langage épicène» permet de rendre neutre le langage pour assurer l'égalité entre les sexes. Selon vous, est-il vrai que la langue française est discriminante pour le genre féminin?

De façon à éviter que les noms de métiers, titres, grades et fonctions n'existent qu'au masculin, il faudrait dire «une colonelle», «une députée», «une officière de la Légion d'honneur», «une préfète», «une auteure», «une écrivaine . Et quand les mots sont épicènes (c'est-à-dire que leur forme ne varie pas entre masculin et féminin), le point sera utilisé alternativement en composant le mot comme suit: racine du mot + suffixe masculin + point + suffixe féminin. Il conviendrait ainsi d'écrire «les sénateur.rice.s» plutôt que les «sénateurs». Imaginez la complexité d'écriture et plus encore la difficulté d'accéder à une lecture fluide!

Beaucoup de bruit pour rien! Car ce que ces bons apôtres ne comprennent pas, c'est que lorsque l'on utilise un mode générique comme dans «un sénateur est élu par de grands électeurs» ou «les sénateurs sont élus…», on se fiche complètement de savoir combien il y a de mâles et de femelles dans l'ensemble ainsi désigné. C'est l'appartenance à un ensemble générique que l'on désigne et non sa composition. Mieux même, toute précision de cet ordre contredirait le choix générique.

Pourquoi la langue est-elle divisée en deux genres? Est-ce purement arbitraire?

Rien ni personne ne saurait expliquer pourquoi les mots, qu'ils soient oraux ou qu'ils soient écrits, voient leurs sens respectifs portés par telle combinaison de sons, ou par telle suite de lettres plutôt que par une autre. Rien ne prédispose la suite de sons [g a t o] à évoquer le sens du mot «gâteau» ; de même qu'en espagnol, rien n'appelle les mêmes sons (ou à peu près) à porter le sens de «chat». Il nous faut faire à la question: «pourquoi dit-on ou écrit cela comme ça?» la seule réponse juste: «parce qu'il en est ainsi!» et non pas «parce qu'il devait en être ainsi!». 

Tous les signes linguistiques sont donc arbitraires et tel est le statut du genre, catégorie de marques distribuées de façon largement aléatoire et qui n'ont que fort peu à voir avec le sexe. Le français possède en effet deux genres, l'un est dit masculin, l'autre est dit féminin. Il s'agit bien de marques genres et non pas d'indicateurs de sexe. Cela signifie tout simplement que tous les noms sont en français distribués en deux ensembles ; l'un qui exige par exemple l'article «la» ou «une» ; l'autre qui impose «le» ou «un» ; l'un qui activera la forme «petite» de l'adjectif, l'autre la forme «petit». Le sens d'un nom ne permet pas, dans la plupart des cas, de prédire à quel ensemble il appartient. Sauf lorsqu'on a jugé utile de nommer différemment certains animaux sexués en détournant ainsi l'usage arbitraire des marques de genres pour obtenir une distinction de sexe. 

En français, le genre est donc simplement une règle d'accord automatique, contrairement d'ailleurs à une bonne partie des langues du monde. Pensez par exemple aux difficultés des anglophones pour savoir s'il convient de dire «le ou la fourchette», «la ou le bière»… On voit donc combien il est absurde d'engager aujourd'hui une lutte des classes … grammaticales. Voir dans une convention morphologique fondée sur le pur arbitraire linguistique un complot machiste manifeste une totale ignorance des faits linguistiques.

Est-ce à la langue de changer les mentalités?

J'ai bien conscience du caractère inadmissible de la discrimination sexuelle. Il est absolument insupportable qu'elle sévisse encore aujourd'hui dans la vie politique, professionnelle ou familiale. Mais choisir le terrain linguistique pour mener cette bataille nécessaire en confondant règle arbitraire et symbole social c'est confondre les luttes sociales et le badinage de salon. C'est surtout faire injure à toutes celles qui sont sous payées, qui supportent l'essentiel du poids de l'éducation des enfants et qui sont si mal représentées dans les lieux de pouvoir et de prestige. 

C'est donc un pitoyable combat que celui de se battre à peu de frais contre une règle arbitraire en la faisant passer pour le symbole d'une discrimination sociale. L'inculture rejoint alors l'hypocrisie. Il n'est de combat juste que celui que l'on mène lucidement contre l'injustice, l'inégalité et la brutalité qui pèsent sur les plus vulnérables. Ce combat doit tous nous mobiliser! Alors de grâce ne nous perdons pas dans une bataille contre des règles de grammaire qui n'ont jamais causé le moindre tort à la cause des femmes et dont les modifications non seulement ne changeront rien aux inégalités mais plus encore nous détourneront de l'action nécessaire.




Hommes, acceptez votre soumission

Vous avez eu votre tour au sommet. Maintenant, c'est fini. Soumettez-vous de bonne grâce, les boys. Faites pénitence pour les crimes de vos prédécesseurs. L'ère de votre assujettissement est arrivée. Pliez le genou et courbez l'échine. Rendez grâce à vos supérieures.




26 novembre 2017

"Être enseignant était mon rêve jusqu'à ce qu'on m'accuse faussement"

Voilà le bouleversant témoignage d'un enseignant néo-zélandais qui rejoint très exactement ce que j'écris sur ce blogue depuis des années:

My day started like any other. I got up early and had breakfast. My girlfriend, who is now my wife, drove me to work.

It was a beautiful, sunny day at the daycare centre where I worked, and the children were running around outside burning off energy after weeks of terrible weather. Sunny days in winter are an early childhood educator's holy grail.

I'd been working at the centre for six months, while I waited for the next intake to study early childhood. A centre is permitted to have a ratio of untrained and trained staff and I'd been hired on the condition I would become qualified and remain at the centre after I'd finished my studies. 

Everything was extremely normal. I set up morning tea and supervised the children as they played. The morning went quickly and before I knew it, it was lunch time. My girlfriend asked me to meet up for lunch, which we did. She had been a little unwell the past week. We ate in the car and she gave me a few items wrapped up like a present - baby booties and other baby items. She was pregnant! I looked at the pink line, and even though we had only known each other for few months it felt right.

After a bit of talking and hugging I kissed her goodbye and went back to work with a pretty big grin on my face.

The afternoon was a mixture of nappy changes and wiping snotty noses. My employer had suggested I do all the same tasks as the female staff so everyone knew we did the same work and were of equal value, so I did. I wanted to show that, like women, men weren't to be stereotyped. I was conscious of how important positive male role models are in the lives of children and wanted to make a real difference.

I was sitting on the floor with a few children, singing, when my boss asked me to come into her office. I thought she may have wanted to talk to me about my studies, as I'd recently been accepted to study early childhood.

As I entered the room, her expression was one of dread. She told me to sit down. The parents of a child had made a complaint against me. At the time I wasn't allowed to know any of the details of the allegations, only that they were of a sexual nature.

My heart sank. I had never felt anything like this, could hardly talk, couldn't breathe.

It came as a horrendous shock to me. As a male teacher I had known it was a possibility and I had heard how cases against men had lead to witch hunts and false accusations, even false imprisonment. But this was the 2000s and we were living in a new era of gender equality! I had dismissed the risk as low and pushed it to the back of my mind.

But the worst was yet to come. I had recently moved into my partner's house but because she looked after children at her house as a job I had to move out, pending the police investigation.

Thankfully, my parents had room. At this point I had no idea what the allegations were and thoughts were spinning around in my head about how this could have happened. My boss had done everything possible to make it a safe space for men to work there. How could it have gone so wrong?

Every day, I would call my girlfriend. Finding out you're having a baby just three months into a relationship is hard but we were being tested far beyond that. We talked about my visit to the lawyer. He told me matter-of-factly that cases like this can get out of hand very easily and that I should prepare myself to go to court.

My partner and I talked about the 'what ifs'. What if it went to court? What would we do? What about our baby? We talked about coping under this amount of stress. My girlfriend mentioned abortion. I understood why but I still hit rock bottom.

Finally, it was time to be questioned by police and I was told the exact nature of the allegations. The parents of a young boy believed their son, who had begun to touch himself when his nappy was being changed, had been taught the behaviour by someone else. They questioned the child with leading questions to get him to single out two teachers - myself and a female teacher - but only I was suspended and questioned by police.

Knowing what I was up against, I was less worried but I wasn't going to count my chickens. After about an hour of questioning, police came to the conclusion that there was no evidence to support the claims made by the child's parents.

After this ordeal was over I tried to go back to work but after a month I couldn't do it. Every time I looked at a parent I would break out in a cold sweat that would lead to a panic attack as I hid in the toilets, sobbing to myself. I decided to call it quits; my heart was broken and it was never going to heal in that environment. The hardest part was saying goodbye to all my friends, both staff and children, but I just couldn't do it any more.

Today, things are slowly getting better. I have post-traumatic stress disorder and still have the occasional panic attack, especially when other people's children say hello or try to talk to me. I even get them when dropping off and picking up my own kids from daycare or when taking them to singing and playgroups.

My innocence has been stripped away and I doubt it will ever truly come back.That day everyone did exactly what they should have been doing. A child was being a child and doing child things, parents were concerned and did something about it, and I was doing my job - a job I can no longer do.

This remains an extremely sensitive topic to talk about and at the time I was advised by the police and my lawyer that simply talking about it would be enough to create more hysteria and damage. The whole ordeal had to be shrouded in silence as it is often deemed too unsafe for men to openly talk about such experiences. This happens more often than anyone would care to know. False allegations are often swallowed up in the sea of claims that fail to get an arrest.

It is often stated that men choose not to go into ECE because it is perceived as women's work. Yes, this can be one reason but to assume that it is the only deciding factor is disingenuous and dangerously naive. We are a long way from creating a safe and fair work place for men who work around children. Society is constantly branding all men by the actions of the few who do wrong. That kind of attitude comes at a cost and is hurting your grandfathers, your fathers, your brothers, and - most of all - your sons.




Empathie féminine II: Emily Lindin

Des hommes sont accusés injustement?

Pas grave!

Ce sont juste des hommes après tout...



Trouvé ici.


Empathie féminine




Robin Morgan


Féminisme, multiculturalisme, marxisme et racisme avec un soupçon de haine de soi... quel heureux mélange!

Bienvenue dans la gauche moderne!



Lucky Luke revu et corrigé


Légende: "Lucky Luke et Billy le Kid, version originale de 1962 vs réédition de 2017 sans fumeur, ni fessée, ni animal de cirque, ni bois de chauffage trop polluant."

Trouvé ici.


CitizenFresh

18 novembre 2017

Le droit de choisir la mort

J'ai déjà parlé d'Olivier Kaestlé sur ce blogue. Si vous ne connaissez pas le bonhomme, vous manquez quelque chose. Je vous encourage à écouter son podcast "Tant qu'il y aura des hommes", à consulter son blogue ou encore ses chroniques sur le site "10-4". Il démolit les arguments des féministes radicales avec beaucoup plus de verve et de talent que moi. Sans parler de son audace d'agir à visage découvert, ce que votre humble serviteur est beaucoup trop chicken pour faire.

Olivier a récemment publié un papier à propos de l'histoire d'Éloïse Dupuis, cette témoin de Jéhovah qui est morte pour avoir refusé de recevoir une transfusion sanguine. Fait rarissime (pour ne pas dire inédit), je suis totalement en désaccord avec lui là-dessus. Pas seulement avec lui en fait, mais avec la vaste majorité des gens qui ont émis des opinions similaires sur le sujet. Mais comme son texte expose son point de vue avec une clarté impeccable, je vais m'en servir pour réagir.

Sans rancunes, évidemment. Si on ne peut plus argumenter amicalement entre antiféministes, que devient le monde? ;-)

Voici donc des extraits de la chronique d'Olivier:

Connaissez-vous la loi P-38 ? (...) Au moins, cette loi permet d’intervenir quand les patients semblent dangereux. Est-ce vrai dans tous les cas ? Il semble bien que non, puisqu’un témoin de Jéhovah peut refuser une transfusion sanguine, même si cette initiative demeure la seule option disponible afin de lui sauver la vie.

La liberté de religion avant le droit à la vie…

Je ne suis pas d'accord avec cette analyse.

D'après ce que je comprends de la loi P-38, elle concerne les gens qui souffrent de problèmes psychiatriques. Je pense que tout le monde sera d'accord pour affirmer qu'une personne qui souffre d'une maladie mentale n'est pas apte à prendre des décision éclairées sur les traitements dont elle a besoin. Il est alors tout à fait justifié de l'hospitaliser, de la traiter et de la médicamenter sans son consentement.

Mais le parallèle avec Mme Dupuis est sans fondements, à mon humble avis. Selon tous les témoins, Mme Dupuis ne souffrait pas de maladie mentale. Elle souhaitait respecter les dogmes de sa religion. Ce faisant, elle ne mettait personne en danger à part elle-même.

À mon sens, ceci n'est pas une question de liberté religieuse, c'est une question de disposer de son propre corps et de sa propre vie en toute liberté. Dans ce cas précis, le rôle des professionnels de la santé était tout d'abord de déterminer si Mme Dupuis souffrait d'une maladie mentale qui l'empêchait de prendre une décision éclairée et ensuite, de l'informer des conséquences de sa décision. Après ça, la décision finale lui revient.

La religion n'est pas une maladie mentale. Je me suis toujours opposé à cette affirmation lorsqu'elle sortait de la bouche de multiculturalistes qui tentaient de me convaincre que les agressions islamistes n'ont rien à voir avec l'Islam et tout à voir avec la santé mentale des terroristes. L'affirmation est fausse. Une personne peut être fanatiquement religieuse tout en étant parfaitement saine d'esprit.

Les islamistes qui massacrent des non-croyants ne sont pas fous, ils croient tout simplement que c'est ce que leur dieu ordonne. Les témoins de Jéhovah qui refusent des transfusions sanguines ne sont pas fous, ils croient vraiment que c'est ce que leur dieu attend d'eux. Les chrétiens qui passent des heures à genoux à égrainer des chapelets et à dialoguer avec leur ami invisible ne sont pas fous, ils croient avec ferveur qu'ils sont entendus.

C'est con, c'est stupide, c'est ignorant et c'est faux, mais c'est ce qu'ils croient avec conviction. On peut argumenter avec eux, on peut ridiculiser leurs croyances idiotes, on peut s'en moquer, on peut essayer de les convaincre qu'ils ont tort, mais on ne peut pas les forcer à ne pas y croire. On ne peut pas faire ça. La liberté de penser s'applique à tout le monde, aux plus grands génies comme aux pires abrutis.

Une personne majeure qui ne souffre pas d'une condition psychiatrique débilitante n'a donc pas à recevoir un traitement médical contre son gré, peu importe ses justifications et ses convictions.

J'irai encore plus loin, je crois qu'une personne majeure et saine d'esprit qui souhaite mourir devrait avoir le droit de disposer de sa vie comme elle l'entend, au moment qu'elle souhaite et qu'il est du devoir d'un médecin de l'aider à mourir sans souffrance et avec dignité, peu importe ses motivations:

Le droit de mourir dans la dignité

Mourir dans la dignité

Le droit de mourir

Commission de pleutres

Une lumière au bout du tunnel?

Mourir est un DROIT

Quelle religion veut te faire souffrir?

Ils se fichent de ta liberté et de ta dignité!

Non seulement ce choix suicidaire s’est-il fait récemment sans que le personnel médical d’une patiente condamnée ne puisse intervenir, mais il vient d’être cautionné par le rapport du coroner Luc Malouin, qui considère comme la chose la plus normale du monde de laisser mourir un témoin de Jéhovah sous prétexte qu’il est majeur et vacciné et qu’il faut respecter ses convictions religieuses.

Je suis entièrement d'accord avec les conclusions du coroner. Peu importe la religion ou les convictions du patient, s'il est sain d'esprit et qu'il choisit de refuser un traitement en toute connaissance de cause, alors qu'on lui fiche la paix.

Pour moi, ce n'est pas une question de liberté de religion, c'est une question de liberté de disposer de son corps et de sa vie comme on l'entend.

Rien ne nous appartient plus intimement que notre propre corps. Si on ne peut plus être maître de notre propre corps, alors on n'est rien de plus que l'esclave des autres.

Le rapport du coroner devait statuer sur le cas d’Éloïse Cloutier, une jeune mère décédée en raison de sa sottise idéologique; elle s’était entêtée pendant plusieurs jours à refuser toute transfusion sanguine qui aurait pu lui sauver la vie avant de trépasser.

Suis-je d'accord avec les convictions de Mme Dupuis? Bien sûr que non. À mes yeux, ses convictions religieuses sont complètement ridicules et elle a sacrifié sa vie inutilement.

(J'ai déjà publié un billet qui racontait une de mes fascinantes conversations avec des témoins de Jéhovah. Si vous croyez que je suis ouvert à leurs élucubrations, la lecture de ce billet devrait vous convaincre du contraire.)

Mais en bout de ligne, ce n'est pas à moi de décider de son sort. Cette décision lui revient à elle. Et elle l'a prise.

C'est dommage, c'est triste, c'est tragique... mais c'était son choix.

J'essaie de me consoler en me disant que cette femme n'est plus là pour polluer l'esprit de ses enfants avec ses croyances religieuses ridicules. Il y a peut-être de l'espoir pour eux. Peut-être qu'en vieillissant, ils tourneront le dos à cette religion qui leur a coûté une relation normale avec leur mère.

En vertu de la loi P-38, si la même femme avait décidé d’attenter à ses jours sous l’impact d’un moment de dépression, le même personnel serait intervenu et aurait tenté l’impossible pour la sauver. La décision de mourir aurait pourtant été la sienne, alors pourquoi aurait-il fallu ne pas la respecter ? Et pourquoi donc faut-il alors rester les bras croisés quand le même suicide est autorisé par son auteur au nom de motifs religieux ?

La réponse est toute simple: parce que la croyance religieuse n'est pas une maladie mentale. C'est pas plus compliqué que ça.

Car c’est bien d’un suicide dont il s’agit, la jeune femme sachant pertinemment qu’elle se condamnait elle-même alors qu’elle pouvait survivre. Qu’il ait été envisagé dans un moment de dépression, ou sous l’impact de convictions religieuses obscurantistes, voire fanatiques, le résultat est le même. 

Ce n'est pas le résultat qui importe ici, mais l'état de la personne qui est appelée à prendre cette décision.

Est-elle apte ou non à décider de son sort? Est-elle consciente des conséquences de son choix? Voilà les deux seules questions qui méritent d'être posées. Le reste relève de la liberté de disposer de soi librement.

Une mort évitable est survenue. Si l’on intervient auprès d’une personne dépressive qui représente un risque pour elle-même, comment ne pas faire preuve de la même vigilance envers une autre qui refuse un traitement salutaire à cause de croyances qui relèvent de la folie religieuse ?

La croyance religieuse n'est pas une folie. Les gens qui souscrivent à des idéologies ne sont pas fous. J'ai jadis été un catholique convaincu, j'ai même déjà envisagé de devenir missionnaire en Afrique! Voilà bien un épisode de ma vie dont je parle peu et que je préférerais oublier. Et j'ai déjà été un fervent féministe aussi, profondément convaincu que ma vie valait moins que celle d'une femme et que mon rôle était de les protéger et de les respecter inconditionnellement.

Mais en réfléchissant, en observant, en lisant et en vieillissant, je me suis ouvert les yeux et j'ai réalisé que ces croyances étaient de la pure foutaise. Qu'elles étaient complètement incompatibles avec la réalité.

Je n'étais pas fou à l'époque et je ne suis pas un génie maintenant... je suis un type bien ordinaire qui a eu le courage de remettre ses croyances en question. Cette démarche est accessible à tout le monde. Et je le souhaite à tout le monde, c'est pour ça que je blogue et que je plaide en faveur de la liberté, que je démolis le fanatisme religieux, le féminisme, le multiculturalisme et toutes ces idéologies ridicules qui polluent la vie des gens et le discours public.

C'est très bien et noble d'essayer d'amener les gens à réfléchir, à se remettre en question et à ouvrir les yeux. Mais ils ont le droit de refuser. On ne peut pas forcer des gens à se libérer contre leur gré.

En clair, un schizophrène mérite d’être sauvé, mais pas un fanatique religieux ? 

Ce n'est pas une question de "mériter d'être sauvé", c'est une question de santé mentale. Le schizophrène ne comprend peut-être pas la gravité de sa situation, il n'est peut-être pas apte à faire des choix éclairés à propos de ses traitements médicaux. Une médication pourrait lui être bénéfique et rétablir la situation. Sa schizophrénie est une maladie mentale.

La croyance religieuse n'est pas une maladie mentale. Il n'y a pas de médicament qui guérit le fanatisme religieux. Ces gens-là sont parfaitement sains d'esprits. Il sont donc aptes à décider s'ils souhaitent recevoir un traitement ou pas.

Où commence la maladie mentale et où finit l’errance dogmatique ? 

Ça, c'est la job d'un psychiatre. Mais à défaut d'avoir un diagnostic clair et si la personne est en apparence saine d'esprit et qu'elle n'est pas plongée dans une psychose ou une quelconque crise, alors on se doit de respecter son choix.

On veut nous faire croire qu’Éloïse Dupuis avait la jouissance de toutes ses facultés et qu’elle a pris une décision éclairée en refusant un traitement qui aurait pu lui sauver la vie et lui permettre de s’occuper de son enfant naissant ? Vraiment ?

Absolument. Tout comme moi, si j'avais décidé d'aller gaspiller ma vie à parler de Jésus aux Africains, j'aurais eu la jouissance de toutes mes facultés (et compte tenu du célibat qui vient avec, cela aurait également été ma seule source de jouissance). Mes enfants que j'adore n'auraient jamais existé et ma vie aurait été un gaspillage total. J'aurais transmis ma ferveur religieuse aux autres comme un virus et cela n'aurait nullement amélioré leur qualité de vie. Mais j'aurais été parfaitement sain d'esprit en prenant cette décision.

J'aurais été ignorant, naïf et niaiseux, mais pas fou.

Je me demande comment le père de cet enfant, qui trouve si cool que la décision de son épouse ait été respectée, expliquera un jour un choix aussi aberrant à sa progéniture. 

Comme je le disais plus tôt, cet aspect-là m'emplit d'espoir. Peut-être que le décès inutile de sa mère amènera cet enfant à remettre en question les dogmes idiots qu'on lui aura inculqués. Peut-être que ce sera la clé de sa libération et de celle de ses descendants.

On ne peut que le lui souhaiter.