20 juillet 2017

La dysphorie de genre

J'ai récemment publié un billet dans lequel je parlais de ce que Mathieu Bock-Côté appelle l'idéologie trans, c'est-à-dire cette idée selon laquelle le genre est une construction sociale et qu'il est mal d'imposer un genre à un enfant. Je vous invite à lire le billet afin d'avoir le contexte nécessaire pour apprécier celui-ci.

En réaction à ce billet, mon éminent collègue masqué (lui-même un blogueur émérite qui n'a de cucurbitacée que l'avatar) a posté quelques commentaires auxquels je souhaite répondre.

Permettez-moi tout d'abord de spécifier deux choses. Premièrement, l'objectif de ce billet n'est pas de gagner un débat ou d'humilier mon interlocuteur, mais simplement d'avoir une conversation, de clarifier mes propos et peut-être même d'apprendre une chose ou deux.

Deuxièmement, je ne suis absolument pas un expert sur la question. Je ne connais pas de transgenres personnellement, je n'ai jamais vécu cette situation et très sincèrement, le sujet m'intéresse assez peu. En ce qui me concerne, ma philosophie est assez claire: chacun peut bien faire ce qu'il veut de sa vie, ça ne me regarde pas. Sauf que lorsqu'on veut imposer une idéologie à toute la société ou qu'on introduit des enfants dans l'équation, là, ça change tout.

Voici donc les commentaires du Prof Masqué:

1- «C’est-à-dire qu’on entend appliquer la grille de lecture trans à l’ensemble de la société.» Ah bon: comment? Et MBC, lui, entend appliquer quelle grille?

Dans le contexte de son article, je crois que ce qu'il entend par "grille de lecture trans", c'est cette idée qu'il faille nier que les garçons et les filles sont différents pour ensuite jeter les identités masculines et féminines aux rebuts, généralisant ainsi la confusion sexuelle des trans à tout le monde. En d'autres termes, au lieu d'élever nos enfants en leur disant qu'ils sont des garçons ou des filles, il faudrait ne plus le dire par peur de les opprimer ou de leur imposer un genre qu'il pourrait peut-être un jour désirer rejeter.

Et à mon humble avis, c'est ridicule principalement pour deux raisons.

Premièrement, si les gens transgenres sont nés ainsi et qu'ils sentent dès le départ qu'ils veulent appartenir à l'autre sexe, comme on nous l'explique dans les médias, alors on a le devoir de les respecter, de les accompagner et de les aider là-dedans, mais on n'a pas à abolir les identités sexuelles de tout le monde pour y parvenir. D'ailleurs, le fait que les transgenres existent présentement dans notre société actuelle est la preuve que cette abolition n'est pas nécessaire.

Deuxièmement, la vaste majorité de la population est très à l'aise et s'épanouit pleinement dans son corps et son sexe biologique. Moi, par exemple, je suis né garçon, je suis un homme, je n'ai jamais ressenti la moindre confusion à cet égard, je suis très heureux d'être ce que je suis et je n'ai jamais senti que la société tentait de m'imposer mon identité masculine.

Précision: j'ai déjà senti que la société tentait de m'imposer certains préjugés qui existent à propos de l'identité masculine, par exemple que je suis supposé aimer le hockey et les chars, que je suis supposé cacher mes émotions pour faire le gros dur et que je ne suis pas supposé aimer passer du temps avec des enfants. Alors je reconnais que certains aspects de ce qu'on appelle "les genres" sont culturels et pas biologiques. Mais la théorie des genres va beaucoup trop loin. En voulant abolir carrément les identités sexuelles, elle jette le bébé avec l'eau du bain.

On doit tous faire face à des attentes sociales ou parentales qui ne nous conviennent pas. On fait tous face à des pressions de gens qui nous disent comment nous devrions nous comporter, ce que nous devrions penser et ce que nous devrions faire. Il revient à chacun de nous d'établir notre propre identité et de nous plier ou pas à ces attentes. Cela est inévitable et sain dans la construction de l'identité d'un individu. C'est cette lutte d'affranchissement qui fait de nous ce que nous sommes.

Il faut également reconnaître que certains de nos combats sont personnels et que ce serait une erreur de les généraliser à toute la société. Mon dédain pour le hockey, par exemple, m'appartient à moi. La déception profonde de mon père qui rêvait d'avoir un fils hockeyeur, ça fait partie de ma vie à moi. Mais je dois accepter le fait que la majorité des gars aiment le hockey, que ça n'a rien de malsain pour eux et que mon vécu ne m'autorise pas à exiger l'abolition du hockey pour tout le monde sous prétexte qu'il est une source de souffrance pour quelques petits intellos malhabiles comme moi. Tu vois ce que je veux dire?

Ultimement, on aide les gens en les accompagnant dans leur lutte pour se découvrir et s'affirmer, pas en abolissant ladite lutte.

2- «À terme, il aimerait donner ce droit à tous les parents. » Ah bon. MBC a vérifié ce fait?

Pourquoi Kori Doty voudrait-il que ce droit n'existe que pour lui? Il est bien évident qu'il souhaite que tout le monde puisse faire comme lui. Comme pratiquement tout le monde, il est convaincu qu'il a raison et que tout le monde devrait faire comme lui, c'est une évidence.

3- «C’est le parent qui décide explicitement de lui imposer son idéologie et sa vision du monde en prétendant le libérer de la pression étouffante de la société.» Depuis quand laisser choisir un enfant est lui imposer quelque chose? Et certains parents n'imposent-ils pas leur idéologie hétérosexuelle à des enfants qui ne le sont pas?

Ils appellent ça "laisser choisir" parce que ça fait joli. Mais en réalité, ce n'est pas ce qui se passe. Dans mon précédent billet, j'offrais plusieurs exemples de gens qui, de toute évidence, essaient d'imposer leur propre transidentité à leurs enfants. C'est le but recherché (mais non-avoué) ici.

Alors pour répondre à ta question, bien sûr qu'il est immoral qu'un parent tente d'imposer sa propre identité hétérosexuelle à ses enfants s'ils ne le sont pas.

Mais il est tout aussi immoral qu'un parent tente d'imposer son identité transgenre ou homosexuelle à ses enfants s'ils ne le sont pas. Et lorsqu'on regarde les statistiques, on voit bien que dans la très vaste majorité des cas, ILS NE LE SONT PAS.

4- «Je ne suis pas en train de dire que tous les transgenres sont atteints d'une maladie mentale.» Heureusement. Donc, certains le sont?

Ma compréhension (très imparfaite) de cette situation est que dans la majorité des cas, la transidentité est comme l'homosexualité, c'est-à-dire une façon d'être qui serait innée et immuable. Bref, personne ne peut les changer ou les convaincre d'être autre chose, pas plus que personne ne me convaincra jamais d'être autre chose qu'un homme hétéro.

Cela étant dit, est-il possible que dans certains cas, il puisse s'agir de cas de santé mentale? Je n'ai pas les qualifications pour répondre catégoriquement à cette question. Je ne suis pas psychiatre. Toi non plus d'ailleurs, à ce que je sache. Toutefois, au fil de mes lectures, je suis tombé sur des gens qui sont qualifiés pour répondre.

Par exemple, le docteur Monnica T Williams nous apprend que le trouble obsessionnel compulsif peut créer une confusion au niveau de l'identité sexuelle:

Obsessive-compulsive disorder (OCD) is a serious condition that afflicts approximately 2% of the population. Obsessions are intrusive thoughts, impulses, or images that cause distress and anxiety. Compulsions are behaviors intended to decrease the distress and anxiety caused by the obsessions, although relief is only temporary. Obsessions return, resulting in more compulsions as the OCD cycle repeats itself. (...) About ten percent of OCD patients who seek professional help have unwanted sexual orientation obsessions at some point during the course of their disorder, making SO-OCD somewhat common. 

Les psychiatres De Cuypere et James ont publié une étude qui révèle ceci:

120 patients recherchant un traitement chirurgical de changement de sexe (SRS) dans notre clinique ont été évalués en considérant leur symptomatologie transsexuelle aussi bien que leur psychopathologie. La comorbidité de psychoses ou de trouble de la personnalité borderline d'une part et le transsexualisme d'autre part est commune, causant une difficulté dans le processus de prise de décision pour le clinicien.

Marantz et Coates ont découvert ceci:

Cette étude pilote a comparée des mères d'enfants avec trouble d'identité de genre (GID) avec des mères de garçons normaux pour déterminer si des différences ont pu être identifiées en psychopathologie et dans les attitudes pour élever les enfants et en pratiques. Les résultats de l'interview diagnostique pour Borderline ont révélés que les mères d'enfants avec GID avaient plus de symptomes de dépression et répondaient plus souvent aux critères d'un trouble de la personnalité borderline que la population contrôle. Cinquante trois (53%) pourcent des mères de garçons avec GID cela comparé aux seuls 6% de la population contrôle. Les résultats suggèrent que les mères étudiées avaient des attitudes pour élever leurs enfants et des pratiques qui encourageaient la symbiose et décourageaient le développement de l'autonomie de l'enfant.

Bref, il semblerait qu'il y ait des liens entre la transidentité, le trouble obsessionnel compulsif, la psychose, le trouble borderline et la santé mentale de la mère.

Sans parler du fait que, selon le psychiatre Stephen Stathis, certains jeunes se définissent comme transgenre pour des raisons farfelues:

Children think it's cool to be transgender and they're trying the self-identity out in droves, claims an Australian psychiatrist. Psychiatrist Stephen Stathis, who runs the gender clinic at Brisbane's Lady Cilento Children's Hospital and is responsible for diagnosing gender dysphoria, reports that “many” youth are “trying out being transgender” in order to stand out.

Apparently, declaring oneself “transgender” is trendy. “One said to me, ‘Doctor Steve ... I want to be transgender, it’s the new black,’” Stathis related.

Dr. Stathis also says many girls want to be transgender as a result of sexual abuse. “The girls say, ‘If only I had been a male, I wouldn’t have been abused,’” Stathis explained.

Some are so convinced their life would be better if they were the opposite sex that they do something drastic or permanent. “I’ve seen genital mutilation, some who try to cut off their penis,’’ Stathis said.

(...) Most patients, however, are simply going through a common phase of adolescent life, Stathis explained. Despite intense feelings of gender dysphoria, by the time boys and girls reach puberty, most identify as their birth gender. By early adulthood, they have outgrown their previous feelings of gender confusion.

Because gender confusion is usually temporary and hormone blockers can cause permanent damage, Stathis requires his young patients to go through intense mental-health screenings. 

Vouloir changer de sexe parce que c'est cool? Pour se rendre intéressant? À cause du traumatisme d'une agression? La plupart se débarrassent de cette confusion en vieillissant?

Ce psychiatre va encore plus loin en dénonçant les activistes qui encouragent les jeunes dans la voie de la transidentité:

(...) a prominent psychiatrist argues that gender confusion is a temporary mental disorder that leads to suicidal tendencies, if nurtured. According to former Johns Hopkins Hospital psychiatrist-in-chief Paul R. McHugh, M.D., a person changing the sex he or she was born with is "biologically impossible." He went on to declare that LGBT advocates who encourage "gender confused" individuals to have "sexual reassignment surgery" are guiding them down the path to suffer from mental illness — and quite possibly, suicide.

À la lecture de tout ceci, on est bien obligés d'admettre que dans certains cas au moins, il s'agit effectivement d'un problème de santé mentale.

5- «Ils sont tout simplement trop jeunes pour savoir.» Un enfant du primaire peut de lui-même sentir qu'il n'est pas dans le bon corps sans que ces parents le poussent. J'ai un élève qui l'a vécu et qui est devenu une ancienne élève. De même, tu ne reconnais donc pas que certains non-adultes puissent savoir s'ils sont homosexuels ou autre?

Je pense qu'un enfant d'âge primaire peut avoir des doutes et ressentir une certaine confusion, mais qu'il ne peut probablement pas "savoir" avec certitude, à moins que des adultes le poussent dans cette voie.

6- «La nature humaine est sexuée et cela fait sa beauté.» La nature humaine? Quelle nature humaine? Celle véhiculée par notre société? En quoi est-elle meilleure et plus exacte qu'une autre?

La société n'a pas besoin de véhiculer l'identité sexuelle puisque c'est une réalité biologique. Un humain est un garçon ou une fille et cela amène certaines particularités, certains traits de caractère et certains intérêts qui ne sont pas universels, mais qui sont généralement vérifiables.

Par exemple, je travaille très fort pour donner envie de lire à mes élèves et après 20 ans de métier, je suis bien obligé de constater que les garçons et les filles, peu importe leur pays d'origine, ne s'intéressent généralement pas aux mêmes genres de livres. Les BD attirent plus les gars, les romans dramatiques à propos d'amour et d'amitié attirent plus les filles. Il y a des exceptions, mais ça demeure généralement vrai. Et ceci n'est pas purement le fruit d'une construction artificielle de la société. C'est beaucoup plus profond. J'ai déjà blogué là-dessus et je te réfère aux liens dans mon précédent billet.

7- «Le rôle d'un parent est d'accompagner son enfant et de le respecter dans ses choix et dans ce qu'il est.» En autant qu'il soit adulte et pas avant.

Ce que je voulais dire par là, c'est qu'il est mal de tenter d'imposer de force l'homosexualité ou la transidentité à des enfants. Mais que si ça vient VRAIMENT de l'enfant, c'est une autre histoire.

8- «Les sexes biologiques existent et il y en a deux. Il y a les hommes et les femmes. On a soit un pénis, soit un vagin.» C'est assez réducteur....

Que ce soit réducteur ou pas, c'est la réalité. Il y a deux sexes, point.

Je comprends que pour certains individus, cela soit une source de confusion et que cette quête d'identité prend beaucoup de place dans leur vie. Je compatis avec eux et je ne souhaite pas les mépriser, les rejeter ou les marginaliser. Au contraire, je ne leur souhaite que du bonheur et une résolution positive à leur crise.

Mais il ne faut pas nier qu'on parle ici d'une infime minorité d'individus, que la vaste majorité des gens sont des hétérosexuels qui ne ressentent aucun malaise, qui vivent très bien avec leur sexe et qui ne souffrent pas du tout de crise d'identité sexuelle.

Et ce sont eux la norme. Il n'y a rien de mal là-dedans.



18 commentaires:

Le professeur masqué a dit…

1- «D'ailleurs, le fait que les transgenres existent présentement dans notre société actuelle est la preuve que cette abolition n'est pas nécessaire.» Si les transgenres (et les homosexuels) se portaient si bien dans notre société, pourquoi les jeunes qui le sont vivent davantage de détresse psychologique menant souvent au suicide et au décrochage scolaire?

2- «Deuxièmement, la vaste majorité de la population est très à l'aise et s'épanouit pleinement dans son corps et son sexe biologique.» Donc, la règle de la majorité doit prévaloir? C'est valable dans toutes les circonstances ou c'est à géométrie variable?

3- «Je suis très heureux d'être ce que je suis et je n'ai jamais senti que la société tentait de m'imposer mon identité masculine.» Mai tu cites quand même des exemples de cette situation à ton égard.

4- «Il revient à chacun de nous d'établir notre propre identité et de nous plier ou pas à ces attentes. » Un enfant ne pas toujours y parvenir. Sur ce point, tu es contre l'abus qu'exerce des parents religieux sur leurs enfants mais tu partages l'idée qu'on puisse imposer des valeurs «sexuelles».

5- « Ultimement, on aide les gens en les accompagnant dans leur lutte pour se découvrir et s'affirmer, pas en abolissant ladite lutte.» Euh... Pourquoi toujours s'accomplir dans la douleur?

6- MBC, c'est quoi sa grille? Pas de réponse. MBC est un conservateur. Un nouveau curé de campagne. Remplace le mot transmettre dans son discours par un homosexuel et tu verras que plus grand-chose ne tient la route.

7- «Mais il est tout aussi immoral qu'un parent tente d'imposer son identité transgenre ou homosexuelle à ses enfants s'ils ne le sont pas. Et lorsqu'on regarde les statistiques, on voit bien que dans la très vaste majorité des cas, ILS NE LE SONT PAS..x

Tes sources? Dans le cas qui nous concerne, je signale que le parent ne veut pas imposer une identité sexuelle. Point à la ligne.

8- «Je ne suis pas en train de dire que tous les transgenres sont atteints d'une maladie mentale.» Les terme maladies mentales sont un peu datées... Que ti soulèves certains cas, c'est correct, mais ta phrase est assez malhabile.

9- «Je pense qu'un enfant d'âge primaire peut avoir des doutes et ressentir une certaine confusion, mais qu'il ne peut probablement pas "savoir" avec certitude, à moins que des adultes le poussent dans cette voie.» J'ai connu des cas d'élèves qui avaient dès le primaire qu'ils étaient homosexuels ou qui sentaient ne pas être dans le bon corps. Et je n'ai pas vu de parents les pousser dans cette voie.

10- « La société n'a pas besoin de véhiculer l'identité sexuelle puisque c'est une réalité biologique.» Dans certaines sociétés différentes de la nôtre, il existe trois genres, quatre genres... Qu'en penser?

11- Donc, biologiquement, les gars aiment les chars et le sport? Donc, tu es aussi fif que moi?

12- «Que ce soit réducteur ou pas, c'est la réalité. Il y a deux sexes, point» Et les gens nés sans organe sexuel? Ou avec des organes différents? Ou les gens sans sexualité aucune?

13- «Et ce sont eux la norme. Il n'y a rien de mal là-dedans.» Donc, comme tu n'aime spas le hockey et les chars, tu ne réponds pas à la norme de ce qu'est un homme. Donc, tu n'es pas un homme. :)

La norme, tout comme l'accueil de la différence, sont deux notions difficiles à équilibrer. MBC est, quant à moi, un curé pétri de valeurs anciennes, rétrogrades et catholiques. C'est un docteur Mailloux avec plus de vocabulaire. Il manque de nuance, il manque de compassion, il manque de vie. À sa manière, il est déjà mort. Et je trouve triste qu'il représente aux yeux de certains un certains nationalisme.






Le professeur masqué a dit…

Quant à la dysphorie du genre.

La dysphorie de genre (anciennement troubles de l'identité de genre1) est un malaise et un sentiment d'inadéquation pouvant être ressentis par un individu vis-à-vis du genre qui lui est attribué d'après son sexe. En France, la dysphorie de genre n'est plus classée dans la nomenclature de la sécurité sociale dans le chapitre des troubles de la personnalité ouvrant droit a une prise en charge en ALD depuis février 2010. « En dépit de toute classification allant dans le sens contraire, l’orientation sexuelle et l’identité de genre d’une personne ne sont pas en soi des maladies et ne doivent pas être traitées, soignées ou supprimées2 »

Quant au DSM, tu sais comme moi qu'il a longtemps considéré l'homosexualité comme une maladie mentale...

http://www.slate.fr/story/41351/homosexualite-maladie

Prof Solitaire a dit…

1- Si les transgenres (et les homosexuels) se portaient si bien dans notre société, pourquoi les jeunes qui le sont vivent davantage de détresse psychologique menant souvent au suicide et au décrochage scolaire?

Parce qu'ils ont besoin de services d'aide qui ne sont pas en place? Parce qu'ils ne sentent pas que les gens qu'ils aiment les acceptent comme ils sont?

On peut mettre en place le soutien nécessaire et amener la société à respecter les homosexuels (ce qui est assez acquis je dirais) et les transgenres sans nécessairement militer pour l'abolition des identités sexuelles dans toute la société et pour tous les enfants!


2- Donc, la règle de la majorité doit prévaloir? C'est valable dans toutes les circonstances ou c'est à géométrie variable?

Ce n'est pas une question de "prévalence" de la majorité, c'est une question de ne pas imposer à la majorité des exigences déraisonnables qui ne bénéficient qu'une minorité. Faut-il bannir le lait des tablettes parce que certaines personnes ont une intolérance au lactose?


3- «Je suis très heureux d'être ce que je suis et je n'ai jamais senti que la société tentait de m'imposer mon identité masculine.» Mai tu cites quand même des exemples de cette situation à ton égard.

Il y a une différence entre combattre certains préjugés et stéréotypes sexuels idiots (du genre les gars n'ont pas d'émotions et les filles n'aiment pas les sports) et carrément jeter les identité sexuelles aux poubelles! Ce que je dis depuis des années, c'est qu'un homme est un homme même s'il déteste le hockey, même s'il écrit de la poésie et même s'il consacre sa vie aux enfants. Il y a une grosse marge entre dire cela et affirmer que l'identité masculine dans son entier est purement une construction sociale et qu'il faut la jeter aux rebuts de l'histoire!

Certaines personnes sont des hommes et d'autres des femmes, c'est un fait. Et cela vient avec certaines caractéristiques qui sont scientifiquement et statistiquement vérifiables et largement partagées par les gens du même sexe. Faut-il élargir certaines définitions très étroites de ces identités? Bien sûr! Faut-il les éliminer complètement dès l'enfance? Non!

Prof Solitaire a dit…

4- «Il revient à chacun de nous d'établir notre propre identité et de nous plier ou pas à ces attentes. » Un enfant ne pas toujours y parvenir. Sur ce point, tu es contre l'abus qu'exerce des parents religieux sur leurs enfants mais tu partages l'idée qu'on puisse imposer des valeurs «sexuelles».

Je dis que l'identité sexuelle n'est pas 100% une construction sociale. Il y a des affirmations à propos de ce qu'est un homme ou une femme qui sont des fabrications et des stéréotypes idiots, mais il y en a d'autres qui sont généralement vraies. L'abolition complètes des identités sexuelles va trop loin.

Ce sont les gens qui tentent d'imposer leur propre identité sexuelle à leurs enfants qui se comportent comme des fanatiques religieux et qui endoctrinent leur progéniture, pas moi qui ai élevé mes fils à simplement leur dire qu'ils étaient des garçons! C'est un fait! Je n'ai pas à nier la réalité biologique et objective au cas où, un jour, ils décident d'en choisir une autre! Si ça arrive, je vais m'assurer de leur faire comprendre que je les aime comme ils sont, crois-moi!


5- « Ultimement, on aide les gens en les accompagnant dans leur lutte pour se découvrir et s'affirmer, pas en abolissant ladite lutte.» Euh... Pourquoi toujours s'accomplir dans la douleur?

Parce que la vie, des fois, c'est dur. On ne peut pas abolir toutes les épreuves. C'est d'ailleurs impossible. Parce que lorsqu'on tente d'en abolir une, on en crée une nouvelle. Ce qui ne signifie pas qu'il faut ignorer la souffrance humaine, évidemment. D'où mon désir d'accompagner les gens dans leur lutte.



6- MBC, c'est quoi sa grille? Pas de réponse. MBC est un conservateur. Un nouveau curé de campagne. Remplace le mot transmettre dans son discours par un homosexuel et tu verras que plus grand-chose ne tient la route.

MBC est un intellectuel qui est très, très solide. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, il lui arrive de dire des conneries (j'ai déjà blogué là-dessus il me semble), mais le bonhomme est très solide. Et il a cette capacité de transgresser intelligemment les tabous et de ne pas se soumettre aveuglément aux idéologies du moment, ce qui lui donne une vision très limpide de la situation. Et contrairement à moi, il n'a pas peur de parler ouvertement de ses idées. Je l'admire beaucoup pour ça. Il est sans doute notre plus grand intellectuel présentement. Et son rejet de certaines théories de la gauche ne font pas de lui un fanatique d'extrême-droite. Cela en dit plus long sur l'autoritarisme de la gauche et son intolérance des idées divergentes que sur les positions de MBC, à mon avis.



7- «Mais il est tout aussi immoral qu'un parent tente d'imposer son identité transgenre ou homosexuelle à ses enfants s'ils ne le sont pas. Et lorsqu'on regarde les statistiques, on voit bien que dans la très vaste majorité des cas, ILS NE LE SONT PAS.." Tes sources? Dans le cas qui nous concerne, je signale que le parent ne veut pas imposer une identité sexuelle. Point à la ligne.

1- Mes sources qui prouvent que la majorité des gens sont ni homosexuels et ni transgenres? Tu veux rire?

2- Kori Doty ne semble pas vouloir imposer l'abolition des identités sexuelles pour toute la société, je te le concède, mais il semble qu'il veuille clairement imposer l'identité transgenre à son enfant.


8- «Je ne suis pas en train de dire que tous les transgenres sont atteints d'une maladie mentale.» Les terme maladies mentales sont un peu datées... Que ti soulèves certains cas, c'est correct, mais ta phrase est assez malhabile.

Je sais, j'ai fait exprès. Je trouve un peu agaçant cette manie d'inventer des nouveaux termes plus doux pour décrire les mêmes réalités. Toi qui semble aimer George Carlin, tu as entendu ce monologue:

https://youtu.be/vuEQixrBKCc


Prof Solitaire a dit…

9- «Je pense qu'un enfant d'âge primaire peut avoir des doutes et ressentir une certaine confusion, mais qu'il ne peut probablement pas "savoir" avec certitude, à moins que des adultes le poussent dans cette voie.» J'ai connu des cas d'élèves qui avaient dès le primaire qu'ils étaient homosexuels ou qui sentaient ne pas être dans le bon corps. Et je n'ai pas vu de parents les pousser dans cette voie.

On n'a que nos expériences personnelles ici, mais je n'ai jamais observé ça. Et les homosexuels que je connais me disent qu'ils n'avaient pas la certitude de l'être au primaire.


10- « La société n'a pas besoin de véhiculer l'identité sexuelle puisque c'est une réalité biologique.» Dans certaines sociétés différentes de la nôtre, il existe trois genres, quatre genres... Qu'en penser?

Je n'ai pas assez lu là-dessus pour avoir une opinion. Ce que je sais, c'est que je préférerais qu'on introduise un troisième genre LGBT plutôt qu'on abolisse la masculinité ou la féminité.



11- Donc, biologiquement, les gars aiment les chars et le sport? Donc, tu es aussi fif que moi?

Comme je le disais plus haut, oui certains stéréotypes sexuels sont idiots, mais cela ne signifie pas qu'il faille abolir complètement les identités masculines et féminines. Il faut peut-être simplement en assouplir et en élargir la définition.



12- «Que ce soit réducteur ou pas, c'est la réalité. Il y a deux sexes, point» Et les gens nés sans organe sexuel? Ou avec des organes différents? Ou les gens sans sexualité aucune?

Les deux premiers cas sont clairement des handicaps. Les seconds sont des marginaux qu'il faut respecter et aider, mais on ne modifie pas notre façon d'élever tous les enfants pour ça...


13- «Et ce sont eux la norme. Il n'y a rien de mal là-dedans.» Donc, comme tu n'aime spas le hockey et les chars, tu ne réponds pas à la norme de ce qu'est un homme. Donc, tu n'es pas un homme. :)

Tu as mis de l'avant ce même point à plusieurs reprises en le phrasant différemment, je pense y avoir répondu.



Le professeur masqué a dit…

1- S'ils ne se portent pas si bien, c'est au départ davantage parce que notre société reconnait encore difficilement ce qu'ils sont. Est-ce qu'il y a eu des progrès: oui. Par contre, des jeunes mineurs mis à la porte de chez eux parce qu'ils ont une sexualité différente, ça existe encore. Des jeunes qui n'osent pas affirmer leur différence à l'école, ça existe encore. Des homosexuels battus parce qu'ils sont gays, ça existe encore.

L'idée de manque de service fait reposer sur leurs épaules qu'ils ont besoin de soins, qu'ils sont le problème alors que le problème est ailleurs.

L'ajout d'une case «indéterminé» ne propose pas l'abolition des identités sexuelles dans toute la société et pour tous les enfants. Ça me fait penser au débat où le même MBC s'insurgeait contre le remplacement des mots «père/mère» pour «parents». Le gars s'étouffe tellement dans ses valeurs qu'il mêle et confond tout.

http://www.journaldemontreal.com/2013/11/20/abolir-le-pere--abolir-la-mere

2- La règle de la majorité. «c'est une question de ne pas imposer à la majorité des exigences déraisonnables qui ne bénéficient qu'une minorité.» En quoi l'ajout d'une case indéterminé» est-elle une exigence déraisonnable? En quoi n'es-tu plus un homme selon ta définition? Cette case ne t'enlève rien, sinon qu'elle remet en question chez toi ta définition même d'homme et de femme. C'est davantage là le problème. La majorité doit parfois consentir à des aménagements raisonnables quand ils ne font pas peser sur elle des inconvénients majeurs. Ce n'est pas le cas ici. Quant à l'exemple du lactose, il n'est pas des plus justes... On mentionne sa présence sur le produit à acheter. Ça suffit, il me semble. Pas besoin d elle retirer des tablettes...

3- Certains préjugés et stéréotypes sexuels d'autrefois sont aujourd'hui considérés comme idiots. Mais ça n'a pas toujours été le cas. Pense aux homosexuels. Les mentalités évoluent. Les choses changent. Il y a des identités masculines, des identités féminines, des identités sexuelles. Parle-t-on de jeter l'identité masculine (comme s'il n'y en avait qu'une seule) ou de souligner la diversité des identités?

4- «L'abolition complètes des identités sexuelles va trop loin.» Qui parle d'abolition complète des identités? Qui parle de devenir sans identité aucune? Tu confonds abolition et diversification.

Je ne doute pas de l'amour pour tes enfants. Mais que sait-on vraiment de nos enfants? Un père qui élève son enfant comme un «vrai gars» risque de lui imposer quelque chose. C'est comme ça. Qu'on le veuille ou non. Un couple ayant eu un enfant aujourd'hui transgenre a été le premier surpris du «coming out» de celui-ci. C'est la même chose avec les jeunes homosexuels: «On ne pensait pas qu'il était comme ça.» Non, il le cachait. Pourquoi, d'après toi?

5- «Parce que la vie, des fois, c'est dur.» Je dois être plus vieux que toi, mais une leçon que j'ai apprise (avec mes élèves et mon entourage) est que ce n'est pas toujours obligé de l'être. On peut travailler à éviter les épreuves non nécessaires à un jeune ou à un adulte. Avoir la précaution de ne pas verser dans les préjugés sexistes, racistes ou homophobes (voire même genrés) ne me semble pas un si gros effort à faire, surtout quand on s'adresse à des jeunes fragiles et en développement.

Le professeur masqué a dit…

6- MBC, un intellectuel solide? Sur certains sujets, oui. Sur d'autres, non. C'est surtout un amuseur public au même tire que Richard Martineau et le doc Mailloux. Il n'a pas la rigueur de le reconnaitre et de savoir choisir ses sujets. MBC se fera démolir par une de mes anciennes élèves de 23 ans sur certains sujets sans aucune difficulté. «il a cette capacité de transgresser intelligemment les tabous» Tu me permettras de te dire qu'il a surtout cette capacité de réaffirmer des préjugés et des lieux communs éculés. « Il est sans doute notre plus grand intellectuel présentement.» Ouf... tellement faux. Tu as entendu parler d'Hubert Reeves? :) Ça, c'est notre plus grand intellectuel.

7- 1-J'ai lu: «ils ne le Font pas.» Donc, je retire mon questionnement puisque j'avais mal lu. :)

2- «Il semble qu'il veuille clairement imposer l'identité transmettre à son enfant?» C'est quoi ça l'identité transgenre? De gars à fille? de fille à gars? Moi, j'ai lu que «Ce parent non binaire dit vouloir s’assurer que son enfant grandira libre des normes d'identité de genre.» Ce n'est pas la même chose: «En attendant que Searyl ait une plus grande conscience de soi ainsi qu'une maîtrise du langage suffisante afin de bien s’auto-identifier, j’élève mon bébé avec tout l’amour et le soutien nécessaires pour qu’il soit la personne la plus complète possible.» Ailleurs: ««Je ne détermine pas le sexe de mon enfant», a fait savoir Kori Doty dans un communiqué. «Ce sera à Searyl de décider, de développer son identité sexuelle quand le temps sera venu», a-t-il ajouté, avant de lancer : «Je ne vais pas dévoiler ses choix en me basant sur la détermination du sexe après la simple inspection de ses organes génitaux.»

8- On a affaire ici à un sujet assez délicat puisqu'il touche des notions d'identité. Faire le lien exprès entre une identité différente et la maladie mentale est peut-être inutilement provocateur. Surtout que ce lien est fait sciemment fait par d'autres personnes qui y croient vraiment. Ça renforce des préjugés et ça rappelle certaines attitudes à l'égard de l'homosexualité.

9- Ma réalité diffère de la tienne. Mais la mienne existe. Elle est aussi valable que la tienne. Simplement.

10- «Je n'ai pas assez lu là-dessus pour avoir une opinion. Ce que je sais, c'est que je préférerais qu'on introduise un troisième genre LGBT plutôt qu'on abolisse la masculinité ou la féminité.» Qui parle d"abolir la masculinité ou la féminité?

11- Encore, qui parle d"abolir la masculinité ou la féminité? Je ne vois pas cela dans le texte relié à Kori Doty. «Il faut peut-être simplement en assouplir et en élargir la définition.» Parfois, il faut aussi de nouveaux mots pour désigner de «nouvelles» réalités.

12- Là, tu nages dans le préjugé. Des handicapés? Des marginaux qu'il faut aider? Un handicap n'existe que dans la mesure où la personne s'estime désavantagée. Certains «handicapés» physiques, par exemple, ne se considèrent pas eux-mêmes comme désavantagés. De même, les gens sans sexualité n'ont pas nécessairement besoin d'«aide».

Prof Solitaire a dit…

Tu mets d'excellents points de l'avant, merci de nourrir ma réflexion.

"L'idée de manque de service fait reposer sur leurs épaules qu'ils ont besoin de soins, qu'ils sont le problème alors que le problème est ailleurs."

On ne peut pas empêcher certaines personnes de détester, mais on peut venir en aide à ceux qui en souffrent.

"L'ajout d'une case «indéterminé» ne propose pas l'abolition des identités sexuelles dans toute la société et pour tous les enfants."

Tu ramènes toujours la discussion au cas précis de M. Doty. Et si on ne prend que ce cas-là isolé, alors tu as raison, il n'est pas question d'abolir les identités sexuelles pour tout le monde, bien que je continue à dire que cette approche est délétère au développement et à la construction de l'identité d'un enfant. et je soupçonne que la véritable intention soit d'inciter l'enfant à adopter l'identité transgenre du parent, ce qui n'est pas mieux que de tenter de forcer un gay à être hétéro. Dans les deux cas, on enfonce une identité dans la gorge.

"La majorité doit parfois consentir à des aménagements raisonnables quand ils ne font pas peser sur elle des inconvénients majeurs."

Ça me semble être un principe très raisonnable.

"Ouf... tellement faux. Tu as entendu parler d'Hubert Reeves? :) Ça, c'est notre plus grand intellectuel."

Je l'adore. Mais il ne s'exprime que sur la crise climatique.


Le professeur masqué a dit…

1- «On ne peut pas empêcher certaines personnes de détester,» Si, on peut. Avec ce que l'on appelle l'éducation. :)

2- «Tu ramènes toujours la discussion au cas précis de M. Doty. Oui, parce que c'est de ce cas-là dont on parle.

3- « Je l'adore. Mais il ne s'exprime que sur la crise climatique.» Pffff...

Alex a dit…

12 - Si on considère que les gens nés avec les diverses syndromes chromosomiques et des déformations génitales ne sont pas handicapés mais qu'ils ne sont qu'une autre expression normale de la diversité humaine nous devons nécessairement étendre cette définition à son sens large.

Donc toute autre condition physique à la naissance doit être considérée comme de la diversité humaine au lieu d'un handicape.

Syndrome de Downs, Unijambiste, Siamois, Aveugle, Sourds, gens nés avec une queue rudimentaire...

Ce ne sont pas d'autre types d'humains, ni de la diversité de la race humaine mais bien des infirmités, des problèmes de malformations, de maladies congénitales/génétiques... etc.
Ces infortunés sont nés avec des handicapes qui devront êtres comblés par du support social et monétaire, par des prothèses, par une éducation spécialisée (sourds, aveugles)...etc.
Certains emplois ne leur seront pas disponibles pour des raisons évidentes; graphiste pour un aveugle, chercheur scientifique pour les gens souffrant d'importantes limites intellectuelles etc.

Ce n'est pas d'avoir des préjugés de voir la réalité en face. Qu'une personne handicapée physiquement ne se considère pas désavantagée ne change pas le fait qu'elle l'est en réalité: Prends un unijambiste par exemple, enlève-lui sa prothèse pour être à l'état naturel, et fais-lui faire une course à pied contre une personne moyenne ayant ses deux jambes. Il n'y a aucune compétition, pas parce que l'unijambiste a moins de valeur en tant qu'être humain, mais parce qu'il a un handicap dans cette situation.

Il en va de même avec les gens souffrant de syndromes chromosomiques, ils n'ont pas moins de valeur en tant qu'êtres humains, mais ils ont un handicap.

L'être humain est un animal sexuellement dimorphe.

Le professeur masqué a dit…

PS: quand ton pays refuse que tu meurs pour lui...

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201707/26/01-5119386-les-transgenres-ne-pourront-pas-servir-dans-larmee-dit-trump.php

Prof Solitaire a dit…

Un point de vue divergent:

http://www.dailywire.com/news/19062/7-myths-about-transgender-people-military-aaron-bandler

Le professeur masqué a dit…

Voici les six mythes selon cet auteur.

1. «You have a right to serve in the military.» Comparer le non-enrôlement des soldats transgenres avec celui de ceux ayant les pieds plats... Ouf. L'auteur sous-entend aussi que l'enrôlement de transgenres pourrait «fracturing unit cohesion, coddling weakness, or taking on unacceptable risks» sans rien expliquer ou prouver. On a dit la même chose à propos des Noirs et des homosexuels qui sont aujourd'hui acceptés dans l'armée. Enfin, l'auteur ne répond pas sur l'aspect légal de cette interdiction. Argument faible et sans lien avec l'affirmation de départ.

2. «Transgenderism is not a mental illness.» Je souris quand on parle du DSM. Certains l'utilisent quand il fait leur affaire. L'homosexualité a longtemps été considérée comme une maladie mentale. Et à moins que je ne me trompe, mais le «trangenderism» n'est plus considéré comme une maladie mentale. Par ailleurs, dire que les transgenres sont des malades mentaux parce qu'ils ont un haut taux de suicide est ridicule. La discrimination, les abus verbaux, la honte, les difficultés d'adaptation peuvent mener au suicide. Qui dit qu'on ne confond pas cause et effets ici? Analyse inexacte et superficielle.

3. The ban will endanger national security. James Barrett pointed out that only 12% of military personnel viewed allowing transgenders to serve in the military as "helpful" to the military while 41% found it "hurtful." Qui est M. Barret? Ses sources? Sa méthodologie? Ce «sondage» montre surtout l'ampleur des préjugés et rien de plus. Tu savais que selon le Public Policy Polling, 52% des personnes interrogées sont satisfaites du travail fourni par Dieu... http://www.slate.fr/lien/41667/dieu-recoit-opinions-favorables

On a ensuite l'opinion de Salzman qui «argued that the reality of such harsh circumstances of war make it no place for those confused about their gender.» Une opinion d'un vétéran. Que pense-t-il de ce soldat du Navy Seals qui a fait partie du commando qui a éliminé Ben Laden? C'était une chochote qui ne pouvait supporter la pression? Faible.

«allowing transgender individuals to serve in the military also raises issues involving bathrooms, readiness standards and religious freedom». Ah bon. Il faudrait expliquer. On radote sur les «readiness standards» sans rien prouver. Et ce sont des arguments valables pour toi, ça, les toilettes et la «religious freedom»?

Le professeur masqué a dit…


4. The ban is discriminatory. «race and sexual preference are not mental illnesses that can be detrimental to military readiness or force women to shower with men.» Encore le refrain de la maladie mentale et de l'efficacité de l'armée... et le gros argument nouveau: des femmes pourraient être forcées de prendre leur douche avec des hommes. Holly shit! Premièrement, si les femmes étaient si importantes dans l'armée pour certains, ils ont ont rarement eu l'occasion de le montrer en ne levant pas le petit doigt quand on sait lal discrimination et le harcèlement qui existent à leur égard. Deuxièmement, il faudrait aussi interdire dans l'armée les lesbiennes qui pourraient se rincer l'oeil en prenant leur douche ce des femmes... et les homosexuels qui regarderaient les hommes... Mais l'auteur ne peut pas aller sur ce terrain miné.

5. The costs are minimal. Ici, on cite les chiffres d'un représentant républicain qui a tout à gagner à empirer la situation. On pourrait aussi parler des couts des traitements contre les dysfonctions érectiles des soldats tant qu'à y être... Quand je lis un lien de ce texte qui mène vers cette opinion «The Military Is a Fighting Force, Not a Gender Clinic», je sourcille. Donc, que doit payer l'armée américaine comme soins?

6. The ban diminishes the patriotism of transgender individuals. L'auteur croit que l'armée n,a pas à «take in people who it thinks are going to harm unit cohesion, destroy the ability of people to get along in small areas under lots of pressure, and the ability of the military to actually take a look at the mental status of people who are attempting to enter.» Une opinion. Pas de preuve. Pas de fait. Du vent. Il radote les mêmes idées depuis le débuts et ne répond même pas l'argument invoqué parce que la réponse est oui.

Le professeur masqué a dit…

En passant, concernant les risques que les transgenres nuisent à l'efficacité des forces armées américaines, les pays suivants n,excluent pas ceux-ci de leur rang et sont pourtant reconnues mondialement: Israël, l'Australie, le Royaume-Uni et l'Allemagne...

Prof Solitaire a dit…

http://thefederalistpapers.org/us/us-marines-test-male-squads-mixed-gender-ones-results

Overall, the report says, all-male teams and crews outperformed mixed-gender ones on 69% of tasks evaluated (93 out of 134). All-male teams were universally faster “in each tactical movement.” On “lethality,” the report says: All-male 0311 (rifleman) infantry squads had better accuracy compared to gender-integrated squads. There was a notable difference between genders for every individual weapons system (i.e. M4, M27, and M203) within the 0311 squads, except for the probability of hit & near miss with the M4.

(...) the most important thing to remember is that risking the lives of a military unit in combat to provide career opportunities or accommodate the personal desires of an individual is not only bad, but very dangerous military judgment.

Le professeur masqué a dit…

Donc, on devrait bannir les femmes de l'armée aussi.

Prof Solitaire a dit…

Ces textes ne représentent pas mon point de vue personnel. Je ne fais que les partager parce qu'ils émettent une opinion différente de la tienne et mettent de l'avant des arguments intéressants. Dans ce cas-ci, il semblerait que la diversité sexuelle aie un effet délétère sur l'efficacité d'une unité de combat. Ça me semble pertinent comme information.

Si ce n'était que de moi, ils pourraient bien accepter tous les candidats intéressés dans l'armée, mais mon opinion ne vaut pas grand-chose parce que ce monde m'est complètement étranger.