11 juillet 2017

L'idéologie trans

La première salve a été tirée par Mathieu Bock-Côté dans cet excellent papier:

Depuis quelques années, la société occidentale s’est ouverte à la réalité des transsexuels. Elle cherche à comprendre ceux qui se sentent étrangers à leur corps et qui croient être d’une autre identité sexuelle que celle qu’on leur a reconnue à la naissance.

Mais de ce souci légitime et nécessaire pour les trans, nous sommes en train de basculer dans l’idéologie trans. C’est-à-dire qu’on entend appliquer la grille de lecture trans à l’ensemble de la société. Ce glissement est inquiétant.

On l’a encore constaté ces derniers jours avec une histoire qui nous vient de Colombie-Britannique.
D’abord les faits : Kori Doty refuse de se considérer comme homme ou femme. C’est une chose.
Mais il est manifestement en croisade. Comme nous l’apprenait la CBC, il lutte pour que son enfant ne soit inscrit ni comme garçon ni comme fille, sur les documents officiels. Pour l’instant, il y est parvenu sur sa carte d’assurance-maladie.

À terme, il aimerait donner ce droit à tous les parents. Son objectif avoué : élever son enfant dans l’indifférenciation sexuelle. Un jour, l’enfant décidera s’il est un garçon ou une fille. Mais pour l’instant, il préfère lui imposer une identité flottante, désincarnée.

Précisons qu’à ce qu’on en sait, l’enfant ne semble témoigner d’aucun trouble de l’identité sexuelle. C’est le parent qui décide explicitement de lui imposer son idéologie et sa vision du monde en prétendant le libérer de la pression étouffante de la société.

J'ai déjà blogué sur le phénomène. Il s'agit, à mon avis, de cas patents d'abus d'enfants qui doivent être dénoncés:

L'abus d'enfants, c'est aussi ça...

La transition d'enfants est de l'abus

J'ai également déjà parlé de la théorie des genres, adoptée avec engouement par les féministes, qui est pourtant une idéologie déjantée qui nie la réalité:




Voici ce qu'en dit MBC:

Cette théorie repose sur l’idée suivante : le masculin et le féminin sont de pures constructions sociales artificielles. Entre le sexe biologique et l’identité sexuelle d’une personne, le lien serait ténu, pour ne pas dire inexistant.

La théorie du genre ne se contente pas de dire que la définition du masculin et du féminin varie au fil des époques, ce qui va de soi : elle veut simplement abolir cette distinction.

L’individu, quel qu’il soit, devrait pouvoir choisir son sexe. Ainsi, il pourrait décider intégralement de son identité, sans que la nature ou la culture s’en mêlent. Il se définira seulement par son désir et ses fantasmes.

Il est dans le mille.

Aux États-Unis, certains ont déjà commencé à pousser ces lubies bien au-delà des limites de la santé mentale.

Citons, entre autres, les "transabled", des gens en parfaite santé (physique) qui s'identifient comme étant handicapés. Certains vont jusqu'à s'auto-mutiler.

Ou encore les "otherkins", des gens qui ne s'identifient même plus à la race humaine, mais qui prétendent être des êtres mythologiques comme des dragons ou des loup-garous... ça ne s'invente pas.

T'sais, c'est bien beau la tolérance et l'acceptation des autres, mais le temps est venu de se questionner sur la santé mentale de ces gens.

Mais revenons aux transgenres.

Je ne suis pas en train de dire que tous les transgenres sont atteints d'une maladie mentale. Il semblerait que certains d'entre eux soient bien déterminés et convaincus qu'ils appartiennent à l'autre sexe. Je ne vois donc pas le problème à ce qu'ils prennent des hormones ou qu'ils subissent des chirurgies si c'est ce qu'ils veulent.

Tant qu'ils sont d'âge adulte.

Parce que dans le cas d'enfants, alors là, c'est inacceptable. Ils sont tout simplement trop jeunes pour savoir, comme l'explique si bien la youtubeuse Blaire White, elle-même transgenre:



MBC poursuit:

Autrement dit, on prend désormais la marge pour la norme. Mais si c’est une chose de respecter les marges, c’en est une autre de les prendre pour modèles. Grâce à l’État, et peut-être demain, grâce à l’école, on veut imposer l’idéologie trans au commun des mortels.

(...) La nature humaine est sexuée et cela fait sa beauté. À vouloir arracher l’individu à la nature humaine, à terme, on le détruira.

Tout est là.

Il y a une différence entre respecter les gens marginaux, ce qui est correct, et en faire des modèles à suivre pour tout le monde, ce qui est abusif.

N'en déplaise aux féministes et aux activistes transgenres, la majorité des gars s'identifient comme gars et vivent très bien avec ça. Même chose pour la majorité des filles.

L'identité sexuelle n'est pas une construction sociale superficielle. Comme le démontrent certains des liens que j'ai mentionnés plus tôt, la science l'a déjà démontré.

Bref, l'article de MBC n'est pas passé inaperçu. Une certaine Florence Ashley a écrit cette réponse:

Dans son billet du 5 juillet dans Le Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté nous avertit contre l’imposition de l’idéologie trans sur la société. Déjà au niveau factuel, il fait erreur : Kori Doty, personne à laquelle il se réfère, ne tente pas d’imposer une idéologie trans sur la société. L’objectif, tout simplement, est d’avoir le droit en tant que parent d’élever son enfant de la façon de son choix, tant que celle-ci n’est pas abusive. En l’occurrence, cette façon d’élever son enfant comprend un refus d’imposer un genre à son enfant, laissant à celui-ci la liberté du choix.

Et si l'identité sexuelle était bénéfique au développement de l'enfant? Si elle jouait un rôle positif dans la construction de son identité? Si les enfants avaient BESOIN de s'identifier à un sexe afin de se sentir validés, de mieux se comprendre eux-mêmes et le monde qui les entoure?

Priver des enfants de cette part importante de leur identité n'est-il pas alors délétère à leur développement? Pourquoi faire du tort à la majorité des enfants qui vivent très bien avec leur sexe pour éviter d'indisposer l'infime minorité de gens qui souhaiteraient être du sexe opposé?

Pourtant, il est possible d'élever des enfants intelligemment. Mes fils ont toujours su qu'ils étaient des garçons, ce qui ne les a jamais empêché de jouer avec des filles. À quelques reprises, je leur ai même acheté des jouets traditionnellement féminins quand ils étaient petits, sans les identifier comme tels. Ils se câlissaient complètement de ces poupées et de ces poneys. Ils leur ont toujours préféré les camions, les blocs Lego et les sabres laser. C'est comme ça, c'est tout.

Le rôle d'un parent est d'accompagner son enfant et de le respecter dans ses choix et dans ce qu'il est. Tout en gardant en tête que la vaste majorité des enfants s'identifient tout naturellement au sexe de leur naissance, et c'est très bien ainsi.

Ce que Bock-Côté appelle l’idéologie trans se résume à prendre au sérieux les enseignements des féministes qui, depuis les années 1960, nous disent que le genre est une construction sociale et rejettent l’imposition des normes de genre qu’il emporte. Une construction sociale, c’est bien réel. La race en est une autre, et l’omniprésence du racisme tant au Québec qu’ailleurs nous rappelle au fait que, construction sociale ou non, l’impact est concret.

Prendre au sérieux les enseignements des féministes? Hum...

Premièrement, la race n'est pas une construction sociale et il faut être plongé dans un intense déni de la réalité pour l'affirmer. La réalité c'est que les humains ont des traits physiques visibles à l'oeil nu qui permettent d'identifier le lieu d'origine de leurs ancêtres. Personne ne me regarde et pense que mes parents sont sénégalais ou vietnamiens. De plus, certaines particularités génétiques scientifiquement documentées sont observables chez certaines "races" et pas d'autres.

Vous voyez ce que je veux dire lorsque je parle de déni de la réalité? Les races existent. Le fait de voir la réalité ne fait pas de nous des racistes. D'ailleurs, une personne qui n'est pas raciste, ce n'est pas une personne qui nie l'existence des races, mais bien quelqu'un qui traite tout le monde avec le même respect peu importe la race!

Deuxièmement, les mêmes arguments s'appliquent au sexe. Les sexes biologiques existent et il y en a deux. Il y a les hommes et les femmes. On a soit un pénis, soit un vagin. C'est comme ça. Les femmes ont un paquet de traits en commun entre elles et les hommes aussi. Ces traits ne sont pas tous imposés par la société, la plupart sont parfaitement naturels et se retrouvent dans toutes les cultures. Nous partageons également plein d'autres traits dans notre humanité partagée. Ce n'est pas sexiste de simplement voir la réalité telle qu'elle est.

T'sais, quand tu es rendu au point où le simple fait de voir objectivement la réalité qui t'entoure telle qu'elle est, ça fait de toi un raciste et un sexiste... ça démontre que la conversation a complètement dérapé.

Ne nous trompons pas. Quand quelqu’un de la trempe de Mathieu Bock-Côté nous dit qu’il ne faut pas prendre la marge pour la norme, ce que ça veut dire c’est qu’il préfère une société qui continue d’acheter des robes qu’à ses enfants assignés filles et qui ne prendra pas le temps de s’assurer que c’est bien le genre et l’habillement qui sied le mieux ceux-ci. Je ne pensais pas qu’au Québec en 2017 j’aurais besoin de rappeler aux gens que la nature humaine n’est pas sexuée, et que cette conception de la nature humaine n’est que conservatisme et sexisme emballés dans une théorie naturaliste désuète.

La nature humaine n'est pas sexuée? Cette phrase ne veut absolument rien dire.

Des enfants "assignés" filles? Mais c'est n'importe quoi...

Laissez vos enfants choisir librement ce qu'ils veulent porter et je vous garantis que la vaste majorité des p'tits gars et des fillettes vont choisir les vêtements qui sont attribués à leur sexe. Et ils vont être très heureux là-dedans et ils vont s'épanouir pleinement.

Si c’est vrai que les enfants trans demeurent l’exception, combien d’enfants nient être trans et ou se forcent à se conformer aux normes de genre parce qu’ils ont appris qu’ils doivent s’identifier et se comporter d’une certaine façon pour ne pas être perçus comme anormaux? Comment se surprendre du fait que tant d’enfants craignent exprimer leurs souhaits à leurs parents quand ces parents-mêmes leurs apprennent qu’à la base leurs souhaits sont secondaires et l’imposition des normes sociales priment?

Combien? Une infime minorité.

Ce qui est le plus ironique dans tout ça, c'est que même dans notre société qui "assigne le sexe" des enfants, il continue à y avoir des gens transgenres. Tiens donc... s'il est impossible de changer l'orientation sexuelle des homosexuels et des transgenres, alors pourquoi l'identité de la majorité hétéro serait-elle si malléable, elle?

Encore une fois, une petite dose de réalité s'impose.

Les identités sexuelles ne sont pas des inventions aléatoires. Elles sont ancrés dans la réalité physique et psychologique qui définit la majorité des hommes et des femmes.

Il y a des exceptions, et c'est très bien ainsi. Moi, par exemple, je déteste le hockey et j'enseigne à des enfants au primaire. Je ne suis pas moins un homme hétéro pour autant. Je n'aurais pas voulu qu'on m'élève comme un transgenre sous prétexte que contrairement aux autres garçons, les sports ne m'intéressaient pas. J'avais juste besoin qu'on m'aime et qu'on me respecte comme je suis. J'avais besoin qu'on me dise que je n'étais pas moins masculin que les autres pour autant. Et quand ma mère m'a soupçonné ouvertement d'être homosexuel, cela m'a profondément blessé et humilié.

Les gens qui sont transgenres sont transgenres et d'après ce que je comprends, aucun conditionnement ne peut changer cela. Même chose pour l'homosexualité. Ces identités doivent être tolérées et respectées, mais elles demeurent marginales et ne doivent pas être imposées à tout le monde.

Je comprends que les jeunes transgenres vivent beaucoup de confusion et cela m'interpelle énormément. Je veux que ces jeunes-là soient encadrés, accompagnés, respectés et couverts d'amour.

Mais on n'a pas le droit de semer la confusion dans la majorité pour éviter qu'une minorité la ressente. Ce n'est pas ça la justice.



7 commentaires:

Le professeur masqué a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Le professeur masqué a dit…

À 15 ans, M. Khadir est responsable de ses actes. Donc, on devrait permettre aux jeunes de cet âge aussi de devenir transgenre, non? :)

Sérieusement, as-tu déjà eu un élève transgenre dans tes classes? Ta vision de cette réalité serait bien différente, crois-moi.

Prof Solitaire a dit…

Je ne parle pas d'un ado de 15 ans, je parle d'enfants d'âge préscolaire ou primaire. Comme celui dans le vidéo.

Et je ne dis nulle part qu'il faut empêcher des gens d'être trans, au contraire, je dis qu'il faut les accompagner et les respecter, sans leur enfoncer l'identité qu'on aimerait qu'ils aient en travers de la gorge.

Ce que je dis, c'est que l'identité sexuelle n'est pas purement une construction sociale et artificielle et que la vaste majorité des gens sont très confortables avec l'identité sexuelle qui correspond à leur sexe.

Dans le cas d'un jeune de 15 ans qui n'a pas été conditionné et brainwashé dès la naissance par un papa ou une maman trans ou fanatiquement féministe et qu'on a laissé être lui-même sans coercition et qui en vient par lui-même à la conclusion ferme qu'il souhaite être trans et qui bénéficie d'un suivi médical adéquat... ça, c'est une autre histoire.

Et non, en 20 ans, je n'ai jamais eu d'élève tans. C'est précisément ce que je dis, ils sont trop jeunes. Même les élèves que j'ai eus qui se sont avérés être homosexuels... des fois tu commences à détecter des signes possibles en 6e année, mais ce n'est jamais clairement coulé dans le ciment.

Alors explique-moi ce que j'ai faux.

Le professeur masqué a dit…

1- «C’est-à-dire qu’on entend appliquer la grille de lecture trans à l’ensemble de la société.» Ah bon: comment? Et MBC, lui, entend appliquer quelle grille?
2- «À terme, il aimerait donner ce droit à tous les parents. » Ah bon. MBC a vérifié ce fait?
3- «C’est le parent qui décide explicitement de lui imposer son idéologie et sa vision du monde en prétendant le libérer de la pression étouffante de la société.» Depuis quand laisser choisir un enfant est lui imposer quelque chose? Et certains parents n'imposent-ils pas leur idéologie hétérosexuelle à des enfants qui ne le sont pas?
4- «Je ne suis pas en train de dire que tous les transgenres sont atteints d'une maladie mentale.» Heureusement. Donc, certains le sont?
5- «Ils sont tout simplement trop jeunes pour savoir.» Un enfant du primaire peut de lui-même sentir qu'il n'est pas dans le bon corps sans que ces parents le poussent. J'ai un élève qui l'a vécu et qui est devenu une ancienne élève. De même, tu ne reconnais donc pas que certains non-adultes puissent savoir s'ils sont homosexuels ou autre?
6- «La nature humaine est sexuée et cela fait sa beauté.» La nature humaine? Quelle nature humaine? Celle véhiculée par notre société? En quoi est-elle meilleure et plus exacte qu'une autre?
7- «Le rôle d'un parent est d'accompagner son enfant et de le respecter dans ses choix et dans ce qu'il est.» En autant qu'il soit adulte et pas avant
8- «Les sexes biologiques existent et il y en a deux. Il y a les hommes et les femmes. On a soit un pénis, soit un vagin.» C'est assez réducteur....

J'arrête là.

Alex a dit…

Au fait, plusieurs études cliniques démontrent que la très grande magorité des personnes tansgenres sont atteints d'une maladie mentale appellée 'Dysphorie de genre' qui est traitable et, quand elle est traitée, la perception du genre de la personne affectée se réaligne avec son sexe.

La communauté LGBT... regroupée ensemble ne représente (au plus haut estimé) 5% de la population, sur ce chiffre seulement un tout petit pourcentage (incertain dépendant des sources) n'aligne pas son genre avec son sexe.

Donc quand on parle de société et de normes 'hétéro-normative' c'est bien normal! 95% de la population est cis et hétéro!

Il faut cesser de perdre du temps et de l'argent publique pour s'agenouiller devant les demandes ridicules d'une infime minorité de gens anormaux. (Ce n'est pas une insulte, c'est une description adéquate quand tu fais parti d'un groupe qui totalise moins de 5% de la population)

Le professeur masqué a dit…

Donc, ceux qui ont voté pour l'Équipe Adrien Pouliot - Parti Conservateur du Québec (É.A.P.-P.C.Q.) sont des anormaux. C'est réconfortant de comprendre ça.



Prof Solitaire a dit…

Marginaux, définitivement. Anormaux a une connotation très négative.