30 août 2017

Sécession et esclavage

J'adore réaliser que j'ai tort. Ou encore me rendre compte que la réalité s'avère plus complexe que l'opinion que je m'en faisais.

Ce sont des expériences importantes pour quiconque s'intéresse davantage à la réalité qu'à ses propres biais de confirmation idéologiques.

Ainsi, en 2014, je publiais ce billet dans lequel je dénonçais le "révisionnisme historique" de certain Américains du Sud qui osaient affirmer que l'abolition de l'esclavage n'était pas la cause principale de la Sécession du Sud lors de la guerre civile américaine.

Mon propre biais idéologique m'a aveuglé. Depuis des années, des chrétiens fanatiques du Sud des USA multiplient les tentatives d'introduire le créationnisme dans les classes de science et de bannir les cours d'éducation à la sexualité, deux abominations à mes yeux. J'ai inconsciemment établi un lien entre tous ces événements et j'ai décrété hâtivement qu'il s'agissait donc d'une tentative malhonnête de manipuler l'histoire. 

Ce faisant, mon parti pris m'a empêché de me poser les vraies questions.

Les récents événements qui sont survenus aux USA m'ont amené à remettre en question mes opinions.

Je parle de cette espèce de purge qui pousse des protestataires d'extrême-gauche à retirer tous les monuments qui ont un lien ou qui rendent hommage à des Sudistes. Dans certains cas, des monuments ont même été vandalisés et détruits lors de manifestations. J'étais horrifié en voyant ça. On croirait voir les détraqués de Daech qui détruisent des oeuvres d'art pré-islamique au Moyen-Orient. 

Mais les gestes posés par ces fanatiques auront au moins eu un effet positif. Grâce à eux, je me suis enfin posé la question que j'aurais dû me poser dès le départ: quels sont LES ARGUMENTS des gens qui affirment que l'abolition de l'esclavage n'est pas la cause centrale de la guerre de sécession des États-Unis?

J'ai décidé de les écouter. Et il s'avère que leurs affirmations ne sont pas si folles, finalement. Je dirais même que certaines d'entre elles sont même très solides. Une chose est certaine, les entendre nous amène plus près de la complexe réalité et nous éloigne des élucubrations hystériques de fanatiques idéologues.

Je vous propose deux vidéos qui exposent cette thèse et que j'ai trouvés particulièrement intéressants.

Le premier est du youtubeur Bode Lang qui réplique à un vidéo publié par l'exécrable Prager University.

Le deuxième est une conférence du docteur Donald Livingston, professeur émérite de philosophie à l'université Emory.






Ali Rizvi

26 août 2017

Écoles illégales

J'en ai parlé à plusieurs reprises déjà, le gouvernement québécois a tort de tolérer les écoles illégales depuis des années. En bout de ligne, ce sont les enfants qui sont prisonniers de cultes religieux qui en souffrent.

Évidemment, il ne faut pas s'attendre à ce que le gouvernement libéral fanatiquement multiculturel y fasse quoi que ce soit de son plein gré. Mais des anciens élèves de ces écoles ont décidé d'agir:

Un couple d'ex-juifs hassidiques, Yohanon Lowen et Clara Wasserstein, qui poursuit le gouvernement du Québec parce qu'il estime avoir été abandonné dans des écoles illégales de Boisbriand a remporté une première victoire devant la cour, a appris TVA Nouvelles.

Leur requête pourra être entendue par la cour et leur dossier ira de l'avant, a tranché le tribunal qui a rejeté récemment la demande du procureur général du Québec qui voulait faire annuler la procédure.

«Le gouvernement a essayé de faire rejeter, au stade préliminaire, notre requête en jugement déclaratoire. Or, la Cour supérieure a plutôt rejeté la demande du procureur général du Québec. C'est une première victoire pour nous. Le tribunal vient dire que nos clients ont clairement l'intérêt pour présenter leur demande et que c'est une question sérieuse qui mérite d'être tranchée par les tribunaux», a expliqué Me Clara Poissant-Lespérance.

«Ils viennent demander au gouvernement de cesser de ne rien faire dans le dossier des écoles illégales et ils souhaitent une décision dans ce sens. Ce couple, anciens membres de la communauté juive hassidique de Boisbriand, n'a pas de diplômes d'études primaires et secondaires. Ils se sont sentis abandonnés par le gouvernement qui tolère ces écoles illégales», a ajouté leur avocate.

«Le seul but, c'est qu'il y ait des changements pour les enfants, a déclaré Clara Wasserstein. Ça me donne de l'espoir.»

Quant à Yohanon Lowe, il voit également d'un mauvais œil la décision de certaines communautés juives hassidiques de faire l'éducation de leurs enfants à la maison.

«Personne n'y croit, a-t-il dit. Je parle toujours avec des gens au comité et ils disent que c'est une blague.»

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"Le Canada, un projet colonial réussi"

Je crois que nous pouvons tous nous entendre sur une chose: le colonialisme est une forme d'asservissement des peuples tout simplement répréhensible, toxique et détestable.

Cela n'est pas moins vrai lorsque le projet colonial est implanté avec succès.

Extraits de l'article d' Alain Deneault, directeur de programme au Collège international de philosophie de Paris:

Comprendre le Canada suppose qu’on en aborde la réalité du point de vue de sa genèse coloniale. Sans quoi, toute lecture rétrospective risque de subordonner la conscience qu’on s’en fait au mythe trudeauiste de l’hospitalité libérale ou au récit pearsonien du chantre pacificateur de la planète. […] Combien ont fait l’impasse sur les intérêts qui ont présidé à la fondation de ce comptoir commercial qu’a été et que reste fondamentalement le Canada, et sur la nature criminelle de son évolution !

« Un Congo de Léopold II réussi ». Ainsi peut-on en peu de mots résumer le Canada dans sa mouture de 1867. L’expression rend compte de l’esprit du temps de sa fondation, de l’idéologie qui préside à sa création ainsi que du projet fondamentalement impérialiste et commercial qu’il réalise.

Pourquoi Léopold II ? Parce que le vulgaire potentat belge souhaitait lui aussi une colonie à cette époque et qu’il constitue en quelque sorte l’idéal type du projet colonial européen du XIXe siècle d’inspiration britannique. Son maître à penser en la matière, le juriste James William Bayley Money, en a cerné les caractéristiques dans son ouvrage utopiste, intitulé Java or How to Manage a Colony (Hurst Blackett, 1861). Ce quasi-manuel définit la colonie tel un genre nouveau de souveraineté destinée à organiser la vie d’une collectivité exclusivement autour d’intérêts qui ont trait à une communauté de dominants vivant à l’extérieur du territoire concerné : l’exploitation des ressources et la subordination des acteurs à cette perspective de mainmise (esclavagisme, chasse intensive) et d’extraction (agriculture, mines et autres richesses naturelles).

Ce n’est pas l’île que Léopold II fantasmait que lui ont finalement consentie ses pairs européens, au demeurant le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, mais une contrée africaine de la taille d’un continent, le Congo, que l’explorateur Stanley conquit à coup de traités factices. 

Du fiasco à la réussite

À la Conférence de Berlin de 1885, lors de laquelle les puissances coloniales européennes se sont partagé l’Afrique en lui imposant arbitrairement ses frontières, la Belgique fait figure de pays médiocre capable de gérer sa souveraineté commerciale strictement à la manière d’un huissier du droit des affaires, de façon à y garantir des opérations dites à l’époque de « libre-échange ». Léopold II passe alors pour le titulaire d’une souveraineté détenue d’abord à titre privé, appelé à assurer dans ce vaste territoire du Congo l’administration requise permettant aux conglomérats, sociétés à charte et autres start-up de l’époque de prospérer ou d’acquérir, dans une extrême violence envers les populations indigènes et par l’asservissement des colons européens, un capital primitif apte à propulser la course au profit.

L’histoire nous apprend que ce fut un fiasco, Léopold gérant goulûment à son avantage ce gigantesque patrimoine et le conduisant à la faillite. Le Royaume de Belgique dut alors le récupérer à son compte en 1908. 

Le Canada, fondé lui aussi dans cet esprit comme toute entité coloniale britannique, fut, pour sa part, conduit avec succès. C’est-à-dire qu’au prix d’ethnocides réalisés à l’encontre des Premières Nations sans trop de protestations internationales, il put développer — nonobstant quelques décennies d’une gestion ouvertement corrompue au départ — cet espace de libre-échange permettant à des banquiers et à des industriels anglais, écossais, puis irlandais, états-uniens et français, de s’y servir allègrement. Ses institutions publiques cherchaient […] à écarter les colonisés et à subordonner les colons de façon à rendre possible la réalisation de projets d’exploitation et d’exportation de biens par des organisations privées. Le Dominion du Canada […] se limitait à gérer des institutions judiciaires et un ensemble de codes voués à justifier le projet colonial, à garantir les investissements ainsi qu’à assurer le cadre rendant possible la circulation des biens et marchandises de la colonie vers les marchés extérieurs. 

L’emprise britannique

Telle était la visée de l’Empire colonial britannique, mercantile pour l’essentiel. Et dès lors qu’une entité coloniale prétendait à la gestion de sa propre destinée (en devenant un self-government) sur la base de ce projet libre-échangiste, comme l’ont fait les colonies pénitentiaires que constituaient l’Australie et le Canada à cette période, Londres ne résistait pas tellement à cette transformation. Mieux : on l’entérinait par une loi. […]

Du point de vue de la traite de la fourrure ou des industries céréalière puis minière, le développement du Canada a été le fait d’une vaste entreprise oligarchique. Sur fond de politiques d’apartheid avant la lettre, les sociétés à charte se voyaient donner un blanc-seing par Londres pour piller les ressources du territoire sans égard pour ceux et celles qui l’habitaient ; les actionnaires de grandes sociétés ferroviaires se partageaient les fauteuils ministériels à Ottawa tout en s’attribuant des concessions et les banquiers rédigeaient eux-mêmes les lois régissant leur secteur d’activité. […]


Le fleuve Saint-Laurent menacé?

Voici un projet à très haut potentiel de risque pour la population québécoise. Et comme d'habitude, la sécurité des Québécois n'intéresse pas du tout le gouvernement libéral.

Extraits de la nouvelle:

Nous commençons à peine à prendre conscience du sérieux de cette histoire de dépotoir de gestion des déchets radioactifs. Elle est assurément de l’ampleur de l’oléoduc Énergie-Est. Le danger pour la santé et l'environnement est réel. Je parle de ce projet de dépotoir proposé par les Laboratoires nucléaires canadiens, gérés par un consortium d’entreprises dont fait partie SNC-Lavalin.

Le projet est d’un million de mètres cubes de déchets, s’étendrait sur 16 hectares et serait actif jusqu’en 2070. Ce projet débuterait en 2020. Être actif pendant cinquante ans, cela signifie faire du « remplissage », puis ensuite surveiller le site pendant 300 ans, jusqu’à l’an 2400 s’il reste encore des êtres vivants sur cette planète. Chalk River, l’emplacement visé, a toujours été un centre de recherche nucléaire de grande importance, et on sait que le Canada a joué un rôle très important dans ce domaine pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’emplacement est certes en Ontario, mais à 1 km de la rivière des Outaouais, source d’eau potable de milliers de citoyens, selon le maire de la Cité de Clarence-Rockland, Guy Desjardins. Un kilomètre, c’est vraiment extrêmement proche. Il ne suffirait que d’une petite inondation – on sait qu’il y en a beaucoup et que les changements climatiques contribuent à leur multiplication – pour que l’eau pénètre la zone d’enfouissement et entre en contact avec les déchets nucléaires. Mark Lesinski, le grand patron des Laboratoires nucléaires canadiens, l’avoue : il y a eu des fuites. Il est difficile de filtrer les substances radioactives dans l’eau car certaines sont dissoutes  et la mesure de leur radioactivité dépend de leur concentration plus ou moins diluée.

Et la rivière des Outaouais se jette où ? Dans le fleuve St-Laurent.

De toute façon, même sans inondation, les nappes phréatiques mènent ultimement à la rivière des Outaouais. Le Québec devient alors le dépotoir... du dépotoir.

(...) Dans le cas de Chalk River, les défenseurs du projet prétendent que ce sont des déchets à faible activité, bien que ce ne soit pas rigoureusement documenté. Ils s’engagent aussi à ce que seulement 1 pour cent du 1 million de mètres cubes soit composé de déchets de moyenne activité. Dans un tel contexte, la promesse de 300 ans de surveillance est nettement insuffisante : la radioactivité des déchets de moyenne activité pouvant durer  plusieurs milliers d’années. Avec le temps, les arbres vont abîmer le dépotoir et les animaux vont s’y aventurer.

Pendant ce temps, à Québec, le ministre du Développement durable, David Heurtel, se veut rassurant : il prépare un plan d’urgence détaillant les « procédures à appliquer en cas d’émissions radiologiques », en cas de catastrophe. On dit de l’administration Couillard qu’elle est le « gouvernement des médecins » ; on peut donc s’étonner que ses membres ne sachent pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Qu’ont-ils à dire ou à faire pour éviter la catastrophe ?

L’idée d’un dépotoir est bonne en soi. S’il y a des déchets, il faut s’en départir. Mais il y a toujours une manière intelligente de procéder, à commencer par le choix d’un site loin des populations et des rivières. Les dessous du bouclier canadien offriraient, par exemple, un endroit géologique stable et en profondeur.

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Fuites radioactives NORMALES?



H.L. Mencken III

Arthur Adams








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24 août 2017

Pseudoscience en éducation

Il y a deux ans, j'avais écrit un billet à propos d'une conférence qui avait été donnée par Steve Bissonnette, Ph.D. en éducation. Comme je l'écrivais à l'époque, elle m'avait beaucoup intéressé.

Bissonnette y présentait le travail de John Hattie, publié dans le bouquin "Visible Learning". Les conclusions de ce travail s'appuient sur plus de 800 méta-analyses et 50 000 recherches auprès de plus de 200 millions d'élèves. Bref, à mes yeux, ça avait l'air vraiment béton.

Je suis très heureux d'en avoir parlé ici car un des lecteurs de ce blogue, Pierre-Jérôme Bergeron, Ph.D. en statistique, a immédiatement été sceptique. Il a publié un texte dans la Revue des sciences de l'éducation de McGill dans lequel il qualifie les travaux de Hattie de pseudoscience. Je lui suis reconnaissant d'avoir partagé son analyse avec nous.

Avant d'accepter les conclusions de Hattie comme paroles d'évangile, je vous recommande fortement de lire cet article. En voici quelques extraits pour vous mettre l'eau à la bouche:

Les travaux de John Hattie sur l’enseignement comportent, semble-t-il, ce qu’il y a de plus complet comme synthèse des recherches dans le domaine de l’éducation. Son livre, Visible Learning (Hattie, 2008), est considéré par plusieurs comme une Bible ou un Saint-Graal : « Lorsque ce travail est paru, certains commentateurs l’ont décrit comme le Saint-Graal de l’éducation, ce qui n’est sans doute pas une trop grande hyperbole » (Baillargeon, 2014, paragr. 13).

Pour ceux qui sont peu habitués à décortiquer les chiffres, une telle synthèse parait en effet être un travail colossal et minutieux, ce qui donne des apparences de validité scientifique. Pour un statisticien accoutumé à la méthode scientifique, de l’élaboration des questions à l’interprétation des analyses, les apparences ne suffisent pas. Il faut regarder en profondeur, et sous l’œil d’un expert, le château du Roi pêcheur qui garde le Graal devient un fragile château de cartes qui s’écroule rapidement. Cet article offre une critique de la méthodologie utilisée par Hattie du point de vue d’un statisticien. 

On peut conter des histoires à partir de données réelles pour vulgariser les résultats, mais ces histoires ne doivent pas tomber dans la fiction. 

(...) Malheureusement, en lisant Visible Learning et les ouvrages subséquents de Hattie et de son équipe, quiconque s’y connait en matière de données probantes et de méthodologie statistique déchante très rapidement. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas recueillir des données n’importe comment ni les analyser ou les interpréter n’importe comment. Or, ceci résume la méthodologie réelle du chercheur néo-zélandais. Croire Hattie, c’est avoir un angle mort dans ses outils de pensée critique quand vient le temps d’évaluer la rigueur scientifique. Faire la promotion de ses travaux c’est malheureusement tomber dans l’apologie de la pseudoscience. Enfin, persister à défendre Hattie après avoir pris connaissance de la critique sérieuse de sa méthodologie constitue de l’aveuglement volontaire.

(...) En gros, Hattie fait des moyennes qui n’ont aucun sens. L’exemple classique d’une telle moyenne est de dire que, si j’ai la tête dans le four et les pieds au congélateur, en moyenne, je suis très confortable.

(...) L’effet de la taille des classes (sous la barre « significative » selon Visible Learning, qui est 0,4) est positif et on suppose qu’on compare de petites classes à de plus grandes classes (le succès scolaire est plus grand dans les classes plus petites). On aurait pu comparer les grandes classes aux petites, et l’effet aurait été négatif (les grandes classes ont moins de succès que les petites), et l’interprétation que fait Hattie (la taille des classes n’a pas un impact important) deviendrait complètement différente, étant donné qu’un impact négatif est considéré comme étant mauvais.

Il en va de même pour le statut socio-économique. L’effet est grand (0,59), mais puisque Hattie ne peut changer le statut socio-économique des élèves, il ne s’en préoccupe pas. La comparaison implicite est que les élèves issus de milieux plus riches ont plus de succès que les élèves plus pauvres et, donc, la base de comparaison est constituée des élèves plus pauvres. On pourrait tout aussi bien comparer les plus pauvres aux plus riches et, parce que les défavorisés ont moins de succès scolaire, l’effet du statut socio-économique deviendrait -0,59, le plus négatif de tous, si on ne change aucun autre. Organiser le système d’éducation de façon à atténuer le plus possible l’effet des inégalités sociales devient alors une intervention qui mérite d’être étudiée, en s’inspirant peut-être de la Finlande, par exemple, où cette approche semble avoir du succès, du moins, du point de vue des tests PISA (Reinikainen, 2012).

L’autre choix arbitraire est le regroupement pour faire des effets moyens. Là, en plus de mêler des dimensions multiples et incompatibles, Hattie confond deux populations distinctes : la population des influences sur le succès scolaire et la population des études sur ces influences. Comme analogie, on pourrait énumérer tout ce qui se vend en épicerie selon le prix et dire que ce sont les produits de la mer qui ont le plus d’impact sur le panier d’épicerie, parce que le caviar est hors de prix. Évidemment, vu que le consommateur moyen n’achète que très rarement, voire jamais du caviar, il faudrait tenir compte d’une pondération des prix qui reflète les quantités de chaque produit que le consommateur achète vraiment pour s’approcher de la réalité. Retournons à l’exemple de l’impact du genre sur le succès scolaire. Il est 0,12 selon Hattie, donc en faveur des garçons. Si ce chiffre était représentatif d’une quelconque réalité, cela voudrait dire que les garçons ont un peu plus de succès à l’école que les filles. Ce n’est pas le cas au Québec ni dans la plupart des pays industrialisés (Legewie et DiPrete, 2012).

L’interprétation que Hattie fait des effets n’est donc pas la moindrement objective. Comme mentionné plus tôt, selon son cadran, les effets sous zéro sont néfastes, entre 0 et 0,4 on passe des effets « de développement » aux effets « des professeurs » et au-dessus de 0,4, on a la zone d’effets désirés. Il n’a aucune justification pour faire un tel classement. D’abord, il n’a pas de point de référence de base universel pour centrer son effet nul et parler de développement. Une personne seule et sans instruction peut-elle apprendre d’elle-même de façon mesurable ? Si les effets dus aux professeurs tombent entre 0,15 et 0,4, pourquoi l’impact de la connaissance de la matière par l’enseignant est-il seulement de 0,09 ? Peut-on dire que quelqu’un désapprend lorsqu’un effet est négatif ?

(...) On pourrait passer un temps fou à décortiquer chaque méta-analyse utilisée, à évaluer à quel point il y a des erreurs de calcul et d’interprétation et à décrire les limites réelles des analyses d’origine. L’espace manque aussi pour expliquer la complexité et les subtilités d’une modélisation raisonnable d’effets d’intervention à partir de différentes études observationnelles ou expérimentales, des questions de relations dose-effet, de situations géographiques et temporelles. Tout cela est complètement perdu lorsqu’on décide de tout réduire en un seul chiffre qui est insuffisant pour représenter la réalité.

En somme, il est clair que John Hattie et son équipe n’ont ni les connaissances ni les compétences pour faire des analyses statistiques valides. Personne ne devrait imiter cette méthodologie et cette façon de faire, parce qu’on ne doit jamais accepter la pseudoscience. C’est fort malheureux parce qu’il serait possible de faire de la véritable science avec les données de centaines de méta-analyses.

(...) on doit consulter un statisticien avant de recueillir des données. Et pendant la collecte de données. Et après. Mais surtout, à chaque étape d’une étude. Il ne faut pas se laisser impressionner par la quantité de chiffres et la taille des échantillons ; il faut se préoccuper de la qualité du plan d’expérience et de la validité des données recueillies.

Pour tout cela, il faut faire appel à des statisticiens d’expérience qui sauront garder l’œil ouvert et l’esprit critique. Toute université qui se respecte a un service de consultation statistique pour soutenir la recherche scientifique. Il est aussi possible d’obtenir ces services par des compagnies ou consultants privés. Il n’y a aucune raison pour les facultés d’éducation de ne pas faire appel à de tels services. Il est impératif de le faire, car, si l’on se fie à Indiana Jones et la dernière croisade, les conséquences de mal choisir son Graal sont fort tragiques.



23 août 2017

Trevor Philips

Le Québec n'a pas besoin d'une commission d'enquête sur le racisme systémique.

On a besoin d'entendre la voix d'un type lucide comme Trevor Philips:





22 août 2017

Miser sur la lecture, pas sur les devoirs?

Des écoles américaines ont décidé d'abolir les devoirs et de tout miser sur la lecture.

Je suis ambivalent à propos de cette initiative pour plusieurs raisons.

D'une part, je crois fermement que l'acquisition de solides compétences en lecture sont l'élément déterminant dans une éducation de qualité.

D'autre part, je n'aime pas la coercition et les initiatives qui sont enfoncées dans la gorge des enseignants, parfois contre leur gré. Je n'ai pas d'objection à ce qu'on propose une démarche aux enseignants en leur expliquant l'objectif de celle-ci et les études sur lesquelles elles s'appuient, mais après ça, il me semble que c'est à l'enseignant de prendre la décision à propos de sa façon de faire son travail le plus efficacement possible selon son expérience, ses propres observations et ses valeurs.

Deuxièmement, il est très à la mode de s'en prendre aux devoirs ces dernières années, mais comme c'est souvent le cas, je crois qu'on est prompt à jeter le bébé avec l'eau du bain. Avant de vouloir s'en débarrasser, il faudrait peut-être essayer de définir ce que devrait être un devoir.

Soyons honnêtes, la réalité c'est qu'il y a de l'abus et que certains enseignants exagèrent. Ils ne semblent pas comprendre ce que doivent être les devoirs. Je le vois particulièrement bien depuis que je suis papa. Mes gars reviennent de l'école avec des exercices souvent trop longs et qui nécessitent la présence de l'enseignant.

Un devoir devrait être la continuation de ce qui s'est fait dans la journée. Il ne devrait pas exiger d'explications supplémentaires. Au primaire, il devrait prendre une vingtaine de minutes, pas plus qu'une demi-heure.

Moi, c'est ce que je fais. La plupart du temps, les devoirs sont les exercices qui ont été entamés en classe et qui n'ont pas été terminés. Comme les élèves ne travaillent pas tous à la même vitesse, ce système est essentiel pour m'assurer que, chaque matin, tout le monde est rendu à la même place. Personne n'accumule de retards. Autrement, ça devient complètement ingérable.

Autre détail important, les enfants qui n'ont pas complété un devoir dans ma classe ne sont ni grondés et ni punis. Je leur offre de venir en récup pour recevoir de l'aide. S'ils me disent qu'ils n'en ont pas besoin, alors je leur donne une semaine pour remettre le devoir. Après une semaine, il y aura des conséquences.

Je pense que, dans ce contexte, les devoir sont pertinents. Ils permettent à l'élève de consolider ce qu'il a appris dans la journée. Les élèves plus lents arrivent à rattraper tandis que les plus rapides n'ont pas à perdre leur temps en attendant les autres. De plus, comme les enfants savent que le travail de classe sera à terminer en devoir, ils travaillent plus sérieusement en classe et ne perdent pas leur temps.

Bref, des bons devoirs, ça existe. Et lorsqu'ils ne sont pas trop lourds, ils n'empêchent pas la lecture.

Mais il faut que ce soit fait intelligemment et raisonnablement pour ne pas brûler les enfants. Malheureusement, pour plusieurs enseignants, cet équilibre semble être très difficile à trouver...



"Lorsque toutes les différences sont comptabilisées, l'écart de rémunération disparaît presque complètement"



L'iniquité salariale est-elle un gros problème et une preuve du sexisme systémique de notre société patriarcale?

Euh... non.

Un clou de plus dans ce mensonge féministe, gracieuseté du Economist:

(...) Although the average woman’s salary in Britain is 29% lower than the average man’s, the bulk of that gap results from differences in rank within companies, firms’ overall compensation rates and the nature of the tasks a job requires. According to data for 8.7m employees worldwide gathered by Korn Ferry, a consultancy, women in Britain make just 1% less than men who have the same function and level at the same employer. In most European countries, the discrepancy is similarly small. These numbers do not show that the labour market is free of sex discrimination. However, they do suggest that the main problem today is not unequal pay for equal work, but whatever it is that leads women to be in lower-ranking jobs at lower-paying organisations.

(...) A new law in Britain requires all medium-to-large employers to publish data on the pay gap between their male and female workers by April 2018. The reactions to the BBC’s list suggest they would be wise to break these data down for comparable jobs. That will show more precisely where the problem lies.




Dorian Cleavenger V




18 août 2017

La spécificité des garçons

Voici un article qui s'intéresse à la spécificité des garçons. C'est beau de voir des gens s'intéresser à la réalité des garçons pour une fois. Cela étant dit, je ne suis pas d'accord avec tout, alors j'ai seulement gardé les aspects du texte que je considère valides.

C'est écrit à la troisième personne parce que l'auteure est une femme. Et elle parle parfois de "fils" plutôt que d'élève parce qu'elle éduque ses enfants à la maison.

Extraits:

BOYS SEE DIFFERENTLY

Males have more rods in their eyes versus cones. Rods help us to see distance and speed. Females have more cones than rods. Cones help us to see color and shape. Because of this difference, males tend to draw verbs with little color variation in their pictures while girls tend to draw nouns with lots of different colors.

(...) Implications for teaching:

Do not expect boys to draw something recognizable or to draw something with lots of colors. When we find fault in this way, they begin to think that art is for girls and not for them.

Allow them to draw verbs and to do it in a way that is fast and furious.

BOYS HEAR DIFFERENTLY

Baby girls can hear ten times better than boys, and this difference gets even worse as they get older. Boys can only hear every 3rd word or so of soft-spoken teachers. When they can’t hear what their teacher is saying, they tend to drift off – getting some boys the incorrect diagnosis of ADHD.

(...) Implications for teaching:

Speak more loudly with your sons than you normally would and be very expressive.

Use lots of voice fluctuation and hand motions to engage them.

While working with your son, sit down next to him, spread the materials out and look at them shoulder to shoulder.

BOYS THINK DIFFERENTLY

We don’t know all of the differences in how boys and girls think but we now know that their brains are arranged differently. We’ve all heard that we use the left side of our brain for verbal activities and the right side for art. Actually, we now know that this is only true in males.

Males who have a stroke on the left side of their brain lose 80% of their verbal ability. The verbal ability in females who have a stroke on the left side of their brain is much less impacted, proving that their verbal ability is spread across both sides of their brain.

(...) Implications for teaching:

Book learning is essential; but, without practical, hands-on experience, boys will hard a hard time grasping concepts that seem simple to us. They will disengage from their lessons.

Boys need real world experiences in their education which engage all of their senses.
Boys also need plenty of time outdoors.

Boys have a hard time processing their emotions. Don’t ask boys “How would you FEEL if…” questions. Ask them “What would you DO if…” questions.

Boys like to have at least some control over their environments. Put each day’s schoolwork into a folder and let them decide the order in which they will complete it.

When studying literature, try these tips:

Have boys draw maps based on clues in the book.

Assign articles from the daily newspaper.

Have them read books with strong male characters doing unpredictable things. Examples arre My Side of the Mountain Trilogy, Where the Red Fern Grows, The Indian in the Cupboard, Treasure Island. Mark Twain, Ralph Moody, Jules Verne, and GA Henty write great adventure books for boys!

BOYS SEE THEMSELVES DIFFERENTLY

Girls tend to underestimate their own abilities. Boys tend to overestimate their own abilities. They also enjoy taking risks much more than do girls. The more a young man takes risks the more favorably they are seen by their peers.

Danger itself gives boys a pleasant feeling of exhilaration as opposed to the fearful feelings it causes in girls. Moderate stress also helps them to perform better as adrenaline causes more blood to flow to their brain. Stress has the opposite effect on girls.

 Implications for teaching:

Boys respond well to a challenge if there are winners and losers.

A competitive team format works better than individual competitions because they don’t want to let their teammates down.

Participating in single-sex activities such as scouts or team sports are very good for your sons.
If your son seems to crave danger, take these necessary steps:

(...) By the way, the optimum temperature for learning for boys is 69 degrees, while it is 74 degrees for girls. If you set the temperature so that it is comfortable for you, you may find your sons falls asleep or their minds wandering instead of focusing on their lessons.

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Désavantager les petits garçons au nom de "l'égalité"

"Se tenir debout pour les garçons"

Le Conseil du statut de la femme et vos garçons

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"Notre système d'éducation doit cesser d'ignorer son parti pris contre les garçons"

Les notes des garçons

Le patriarcat de Marc Cassivi

La discrimination envers les garçons

La guerre aux garçons

Les garçons en difficulté: l'école fait la sourde oreille

Une journée "sans garçons"

Écoles: explosion du nombre de diagnostics

Les enseignantes évaluent-elles injustement les garçons?

L'école hostile aux garçons



17 août 2017

13 morts et 100 blessés à Barcelone

Un attentat de plus. À Barcelone cette fois-ci.

Il y en a tellement qu'on devient désensibilisé. Ça ne nous choque plus. Ce n'est plus un événement exceptionnel. On sait qu'il va y en avoir d'autres. Ça devient un fait divers comme un autre...

Mais pensez-y une esti de seconde.

Ces gens-là ont été frappé par une camionnette qui a subitement foncé sur eux. Leurs corps ont été brisés par le choc du capot ou se sont fracassés sur le sol ou le mur sur lequel ils ont été projeté. Et ça, c'est quand ils n'ont pas été broyés sous les roues.

C'est du monde ordinaire, comme vous et moi. Ils jasaient entre amis sur une terrasse, ils se promenaient entre amis. Il y avait des enfants. Ils n'ont rien fait pour mériter ça. Ils sont seulement coupables d'être des mécréants qui ne croient pas à ce connard d'Allah.

C'est de ça qu'on parle ici. Une violence inouïe et gratuite. Des blessures, des fractures, des plaies et des souffrances monstrueuses et injustifiées. C'est l'horreur. C'est abominable. C'est écoeurant, tabarnak. Il ne faut pas l'oublier. Ils ne faut pas laisser les médias et les politiciens nous endormir. Il ne faut pas que ça ne nous touche plus.

Et pour ce qui est des enfants de chiennes qui ont fait ça, et des politiciens et des médias qui vont nous sortir leurs violons, je n'ai plus envie de me répéter, alors je vous offre des liens vers de précédents billets. Ce que j'y ai écrit pourrait être copié-collé ici et ça demeurerait parfaitement pertinent.

C'est le même cirque à chaque fois. Après chaque attentat, les médias se mobilisent pour nous convaincre que l'assassin est un fou et que l'Islam n'a rien à voir là-dedans. C'est une religion de PAIX après tout!


Ceci se vérifie encore et encore et j'y ai consacré plusieurs billets déjà. Voyez par vous-même quelle est la sempiternelle réaction des multiculturalistes après chaque attentat:

Aveuglement volontaire (22 décembre 2014)

Santé mentale et colonialisme (18 janvier 2015)

L'angélisme de Louis T (12 décembre 2015)

Attaques à Ouagadougou (18 janvier 2016)
Le déni de la gauche (15 juin 2016)




Post-Manchester (4 juin 2017)

Viennent ensuite les habituelles accusations d'islamophobie, de racisme et de xénophobie envers quiconque est assez lucide pour dénoncer le subterfuge:

Dawkins est-il un fondamentaliste? (30 juin 2013)

Le droit de critiquer la religion (22 décembre 2014)

Les délires d'Al Jazeera (11 janvier 2015)

Élisabeth Badinter (19 janvier 2015)

«On ne va pas accepter d'être les esclaves, ni les négros des Québécois.» (22 mars 2015)

Sacs de patates et multiculturalisme (28 octobre 2015)

Je ne suis pas raciste! Décapite-moi! (21 mai 2016)

L'argument "Il y a 1,5 milliard de musulmans..." (24 mai 2017)

Or, l'accusation est bidon. Car "l'islamophobie" n'existe pas:

ISLAMOPHOBIE??? (10 janvier 2015)

Entrevue avec Salman Rushdie (5 août 2015)

Salman Rushdie et la gauche (21 août 2016)

"Islamophobie imaginaire" (16 novembre 2016)

Le mythe de l'islamophobie (9 décembre 2016)

L'islamophobie: un racisme imaginaire (14 mars 2017)

Le sauf-conduit islamique (21 mars 2017)

L'islamophobie n'existe pas (13 avril 2017)

"Le Québec n’est ni raciste ni islamophobe" (21 juin 2017)

Et dans la réalité, le lien entre l'Islam et ces attentats sanglants est central, indubitable et primordial:

Wafa Sultan versus l'Islam (21 mars 2010)

La réplique de Sam Harris (26 octobre 2014)

La vérité sort de la bouche des enfants (11 janvier 2015)

Si Allah le dit! (28 février 2015)

L'histoire des frères musulmans (6 mars 2015)

La vraie motivation d'un terroriste (31 mai 2015)

Tout ceci a des conséquences terribles principalement pour trois raisons. Premièrement, cette interdiction de formuler des critiques à propos de l'Islam empêche toute réforme de cette religion:

Arrêtons de marcher sur des oeufs lorsqu'il faut critiquer l'Islam (2 novembre 2014)

Maajid Nawaz et la gauche "régressiste" (12 décembre 2015)

À la défense de Ayaan Hirsi Ali (3 juillet 2016)

La gauche est l'ennemie de la réforme de l'Islam (17 novembre 2016)

Deuxièmement, cela représente une grande menace pour la liberté d'expression:

L'Islam est l'ennemi de la liberté! (8 janvier 2015)

Justifier la couardise canadienne (9 janvier 2015)

Cachez ces caricatures offensantes! (10 janvier 2015)

«Les représentations satiriques de chefs religieux devraient être illégales» (12 janvier 2015)

Les "fondamentalistes" de la liberté d'expression? (15 janvier 2015)

Kathleen Weil est contre la liberté de la presse (29 janvier 2015)

Sam Harris à propos de Charlie Hebdo et de la censure (29 janvier 2015)

La victoire des islamistes (30 janvier 2015)

L'histoire de Soufiane Zitouni (6 mars 2015)

Le problème avec la tolérance religieuse... (14 novembre 2015)

Une loi LIBERTICIDE! (13 décembre 2015)

La liberté d'expression menacée (23 mai 2016)

Et troisièmement, cela crée un climat dans lequel la justice et la police sont incapables de secourir des victimes par crainte d'être taxées de racistes et d'islamophobes:

La terreur d'être traité de raciste (31 août 2014)

La toxicité du multiculturalisme (9 janvier 2016)

Les pires excès du multiculturalisme (30 décembre 2016)

Sachant tout cela, voici l'illustration de ce qui doit être LA BONNE FAÇON de réagir suite à un attentat djihadiste:


Le début de solution, il est là...



L'éradication du français se poursuit

Mettez-vous quelque chose dans la tête une bonne fois pour toute: quoi qu'il dise, la réalité est que le Canada n'a ni l'intention, ni la capacité de protéger, de promouvoir ou d'assurer la survie de la langue française sur son territoire.

Et tant que le Québec s'obstinera à demeurer une province de ce pays, il est condamné à voir sa langue être éradiquée.

On a en a une preuve supplémentaire:

Le français continue sa chute libre partout à travers le Canada, et même au Québec, alors que les langues immigrantes prennent du galon, selon les dernières données du recensement 2016 de Statistique Canada.

«L’usage du français recule dans la sphère privée, et ce tant dans l’ensemble du Canada qu’au Québec», indique d’emblée Statistique Canada dans un rapport dévoilant les résultats linguistiques du dernier recensement en 2016.

(...) Or, le Québec détonne du reste du pays, car c’est l’une des seules provinces où la population ayant l’anglais comme langue maternelle a augmenté entre 2011 (13,5%) et 2016 (14,4%). Au Canada, cette population est en chute depuis plusieurs années.

(...) Sans surprises, cette augmentation s’observe principalement dans la grande région de Montréal. Mais M. Lepage souligne que le phénomène se produit aussi à plus petite échelle dans de nombreuses autres villes, telles Sherbrooke et Saguenay.

(...) Au Québec, l’arabe demeure la langue immigrante la plus parlée à la maison (213 055 personnes) en 2016.  Cette population a d’ailleurs connu une hausse fulgurante de 23,7% par rapport à 2011.

Et pendant ce temps, à Montréal:

L'utilisation du français est en baisse à travers le pays, et l'île de Montréal ne fait pas exception. Depuis 2011, la proportion de personnes parlant uniquement le français a diminué de 1,2 %.

(...) En 2016, 49,8 % des gens sur l’île de Montréal ont déclaré le français comme langue maternelle, comparativement à 50,2 % en 2011. La proportion de Montréalais ayant l’anglais comme langue maternelle est passée de 19,1 % à 19,3 %.

(...) Par ailleurs, le recul du français se remarque également dans la grande région de Montréal, où la proportion de personnes avec le français comme langue maternelle est de 65,4 %, comparativement à 66,7 % en 2011. 

(...) Dans la région de Montréal, le nombre de personnes qui parlent l’anglais a augmenté de 1 058 145 à 1 164 605 en 2016 (+10 %) et le nombre de personnes parlant le français est passé de 3 053 020 à 3 168 470 (+3 %).


À lire également:

Le déclin du français

L'inéluctable déclin se poursuit...

Le Génocide culturel des francophones au Canada

La vérité à propos de l'immigration

Le français en recul chez les travailleurs qualifiés

Au Canada, le français est une "langue étrangère"

Le français en baisse partout

Le combat des francophones du Canada

Chronique d’anticipation de l’assimilation des francophones au Québec




Chronique d’anticipation de l’assimilation des francophones au Québec

Vous aimeriez un aperçu de ce que l'avenir nous réserve?

Voici un excellent article écrit par le démographe Guillaume Marois:

En 2020, dans l’indifférence générale, la Constitution canadienne est signée telle quelle, sans aucune concession. Enfin, on peut se concentrer sur les vraies affaires.

Sous la pression du patronat et de divers lobbys, les critères favorisant les immigrants francophones deviennent de moins en moins importants. En 2025, connaître l’anglais donne autant de points que connaître le français. En 2030, le français ne fait tout simplement plus partie des critères, sous prétexte qu’il est discriminatoire et qu’il ne faut surtout pas se priver de talents potentiels pour la simple raison qu’ils ne parlent pas français.

On prétend d’abord compenser par une augmentation des cours de francisation, mais ça ne suffit pas, faute de popularité pour ces programmes et faute de réelle volonté politique. La connaissance du français parmi les immigrants est donc de moins en moins grande et leur francisation, de moins en moins concluante.

En conséquence, la proportion de francophones continue sa décroissance, mais à un rythme encore plus rapide que par le passé, tant comme langue parlée à la maison que comme langue maternelle. On dit que ce n’est pas grave, que ce qui compte, c’est la connaissance du français et son utilisation en public, et ceci est assuré par la loi 101 obligeant la scolarisation en français.

Mort culturelle

Vers 2040, le poids des francophones est autour de 65 % au Québec, mais d’à peine 50 % dans la région métropolitaine de Montréal. Il devient politiquement rentable pour le Parti libéral du Québec, maintenant au pouvoir depuis près de 40 ans, de vouloir d’abord retirer certaines dispositions de la loi 101, et éventuellement de l’abolir.

Montréal demande d’abord un statut particulier permettant de s’y soustraire, prétendant que c’est essentiel pour maintenir son statut de ville internationale. Le gouvernement accepte. La loi 101 devient alors inutile, puisqu’elle ne s’applique plus aux immigrants et à leurs descendants, qui sont concentrés dans la métropole. Le reste du Québec suit quelques années plus tard.

Quelques groupes nationalistes cherchent à résister à cette mort culturelle annoncée, mais faute d’intérêt pour la survie du français dans l’immense majorité de la population, ceux-ci n’ont aucune écoute politique. Vers 2040, la plupart ont abandonné, d’autres se radicalisent et commencent à commettre des gestes d’éclat, parfois avec violence. Ces groupes sont rapidement diabolisés. La défense du français, et même parler français, devient alors associée à la violence.

En 2045, la menace nationaliste et indépendantiste est définitivement écartée. Des dissensions idéologiques au sein du clan fédéraliste commencent enfin à voir le jour. Une frange importante de la commission jeunesse du PLQ claque la porte et fonde son propre parti, axé sur des valeurs plus progressistes, qui devient rapidement la principale opposition et absorbe Québec solidaire qui renonce sans grand débat à ses revendications indépendantistes. Après 50 ans de pouvoir quasi sans interruption, il y a un retour au bipartisme au Québec, mais les deux grandes forces politiques demeurent néanmoins unies sur la question nationale.

Parallèlement, les universités francophones passent progressivement à l’anglais. D’abord les programmes de commerce, puis les programmes professionnels, comme médecine et polytechnique, puis les cycles supérieurs, et finalement le reste. La proportion de jeunes francophones bilingues est en croissance rapide. D’ici quelques générations, ils le seront tous.

À quoi bon alors étudier en français à l’université, d’autant plus que le marché du travail exige déjà l’anglais ? Les universités arguent de leur côté qu’il est préférable d’offrir des programmes en anglais pour attirer la clientèle internationale. En 2060, à l’exception des programmes de littérature française, on ne trouve du français que dans quelques programmes bilingues à Saguenay, à Rimouski et en Abitibi.

Terroir

Étant donné le besoin d’avoir un bon anglais à l’université et sur le marché du travail, une forte pression populaire s’exerce sur les cégeps francophones pour qu’ils deviennent bilingues eux aussi, voire pour qu’ils offrent certains programmes complètement en anglais. Et pour accéder à ces programmes, mieux vaut avoir un bon anglais. C’est alors le début de la fin.

La loi 101 étant abolie, plusieurs écoles secondaires et primaires, dont les programmes d’immersion sont déjà obligatoires, passent simplement à l’anglais pour répondre à la très forte demande d’éducation dans cette langue, tant chez les allophones que chez les francophones qui veulent être certains de ne pas être désavantagés. Pour la plupart des emplois, parler le français passe d’obligatoire à simplement un atout, puis à un critère non pertinent.

En même temps, le Québec est plus populeux que jamais, mais la plupart des régions se dépeuplent. Les villages ferment les uns après les autres, des suites du vieillissement de la population et du départ sans retour des jeunes vers les villes pour y poursuivre des études postsecondaires maintenant incontournables pour travailler.

En 2075, le terroir francophone n’existe plus. Le Québec se résume à Montréal, Québec, Gatineau, quelques centres régionaux moribonds et quelques lieux de villégiature. Devant le dégoût pour leur langue maternelle et l’absence de repères historiques, les jeunes francophones, qui ont de surcroît été socialisés en anglais dans leur parcours scolaire, dans leurs habitudes de consommation culturelle, puis ensuite sur le marché du travail, abandonnent alors simplement leur langue à la maison. Leurs enfants, eux, ne connaîtront que l’anglais.

Au bout de quelques générations, en 2150, la langue dominante au Québec est une nouvelle variante de l’anglais américain au sein duquel le français québécois est devenu un substrat. Au moins, les sacres québécois ont survécu. Le legs culturel de 550 ans de présence francophone en Amérique du Nord est réduit à quelques jurons religieux, à des patronymes et à des noms de lieux, tous désormais prononcés à l’anglaise.

En 2200, devant l’hégémonie culturelle mondiale, de plus en plus de gens cherchent à se démarquer. Certains redécouvrent alors leurs ancêtres francophones d’Amérique. Une nouvelle forme d’identité québécoise renaît, mais en anglais.



Le combat des francophones du Canada

Extrait de l'article publié dans Le Devoir:

Depuis des lunes, les parents de l’école primaire Rose-des-Vents à Vancouver étaient exaspérés de devoir se contenter d’une école faite de maisons mobiles raboutées, avec des classes mal insonorisées, souvent sans fenêtres et beaucoup plus petites que celles des écoles anglaises.

L’école n’a ni gymnase ni espace vert, trop peu de vestiaires, une bibliothèque minuscule et seulement neuf toilettes pour 350 enfants et les enseignants, alors que l’école a été conçue pour 200 élèves. La province semblait estimer que si les francophones n’aimaient pas leurs écoles vétustes, exiguës et lointaines, ils n’avaient qu’à aller à l’école anglaise, quitte à y être assimilés…

En mai 2010, les parents ont intenté une poursuite fondée sur la Charte canadienne. Parallèlement, le Conseil scolaire francophone lançait sa propre action concernant la vaste question du financement public de l’éducation en français. Débuta alors l’entêtement record du gouvernement provincial pour priver les 70 000 Franco-Colombiens d’un financement « juste et équitable ».

En octobre 2015, la Cour suprême de Colombie-Britannique donnait raison à Rose-des-Vents. Acharnée, la province a aussitôt interjeté appel. Multipliant les obstructions dans son autre procès contre le Conseil scolaire (CSF), la Colombie-Britannique en est venue en juin 2012 à invoquer — avec succès — une loi coloniale anglaise datant de 1731 pour faire déclarer irrecevables les milliers de pages soumises en preuve par le CSF parce qu’elles étaient… en français.

Entre-temps, en avril 2015, au terme de dix ans de revendications, la cause séparée de la misérable école Rose-des-Vents remportait encore une victoire, cette fois devant la Cour suprême du Canada.

Quant à l’affaire impliquant le CSF, en 2016, après six ans d’un mégaprocès parmi les plus longs de l’histoire devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, les francophones n’ont finalement eu que très partiellement gain de cause.

Tandis qu’ils réclamaient réparation pour 17 collectivités peu ou pas desservies en écoles françaises, la Cour ne leur en concède véritablement que 4. En somme, le tribunal a considéré que la province ne viole la Charte qu’à l’égard de trois écoles existantes, dont Rose-des-Vents. Et sur les 22 nouvelles écoles (415 millions de dollars) demandées, le jugement ne leur en garantit qu’une seule. En ce qui a trait à quatre autres communautés où il semblait pourtant évident que les exigences de l’article 23 n’étaient pas respectées, la Cour a jugé que de telles violations des droits des francophones sont néanmoins « raisonnables et justifiables dans une société libre et démocratique ».

Par ailleurs, le gouvernement a été condamné à verser 6 millions de dollars en compensation pour le sous-financement passé du transport scolaire. « Au bout du compte, conclut le politologue Rémi Léger de l’Université Simon-Fraser, on demandait 400 millions pour tout et on n’obtient que 6 millions pour le transport. » C’est sans compter qu’au jour du jugement, le CSF avait déjà déboursé plus de 17 millions depuis le début des procédures !

À peine le verdict rendu, les hostilités reprenaient. Direction : la Cour suprême du Canada. La province n’a pas perdu de temps pour produire un appel incident visant à casser la conclusion relative au transport. Manifestement, ce minuscule gain des Franco-Colombiens était déjà « too much » aux yeux du gouvernement provincial, pour lequel il vaut mieux dépenser des sommes folles en honoraires d’avocats plutôt que d’offrir des écoles françaises décentes à la minorité linguistique !

Ironiquement, la juge Loryl Russell s’est même permis cette perle : « Les écoles de la minorité pourraient ralentir la vague d’assimilation, mais elles ne feront que prolonger l’inévitable. » Autrement dit, « vous êtes déjà cuits. Allez donc au diable tout de suite ! » Charte canadienne ou pas, le taux d’assimilation de 75 % par génération chez les francophones de Colombie-Britannique est donc là pour de bon (et pour s’accroître).

Les Fransaskois sont eux aussi devant les tribunaux pour forcer leur gouvernement à respecter l’article 23. Les Franco-Terre-Neuviens s’y démenaient également, avant d’accepter en mai dernier de déménager des élèves dans des classes d’une école anglaise.

Et alors que les 800 000 Anglo-Québécois ont trois universités financées bien au-delà de la proportion d’anglophones, on attend toujours, en Ontario, la construction d’une première université francophone. Déjà, le gouvernement ontarien se dégonfle en suggérant à ses 650 000 francophones de se contenter d’une université virtuelle…

On imagine sans peine les hauts cris que pousserait le « Rest of Canada » si les Anglo-Québécois ne devaient rencontrer qu’une infime partie des obstacles qui se dressent sans cesse devant ceux qui ont le malheur de parler la langue de Molière. Bref, minoritaires en ce pays, c’est le propre des francophones d’avoir toujours tort, quoi qu’en disent et quoi qu’en fassent les Couillard et Fournier de ce monde…



Le français en baisse partout

Dany Laferrière

Jon Hughes

Philip Edwin

Smilodon fatalis:


Andrewsarchus:


Edmontosaurus:


Pristeroognathus:


Trouvé ici.


John Sibbick