18 août 2017

La spécificité des garçons

Voici un article qui s'intéresse à la spécificité des garçons. C'est beau de voir des gens s'intéresser à la réalité des garçons pour une fois. Cela étant dit, je ne suis pas d'accord avec tout, alors j'ai seulement gardé les aspects du texte que je considère valides.

C'est écrit à la troisième personne parce que l'auteure est une femme. Et elle parle parfois de "fils" plutôt que d'élève parce qu'elle éduque ses enfants à la maison.

Extraits:

BOYS SEE DIFFERENTLY

Males have more rods in their eyes versus cones. Rods help us to see distance and speed. Females have more cones than rods. Cones help us to see color and shape. Because of this difference, males tend to draw verbs with little color variation in their pictures while girls tend to draw nouns with lots of different colors.

(...) Implications for teaching:

Do not expect boys to draw something recognizable or to draw something with lots of colors. When we find fault in this way, they begin to think that art is for girls and not for them.

Allow them to draw verbs and to do it in a way that is fast and furious.

BOYS HEAR DIFFERENTLY

Baby girls can hear ten times better than boys, and this difference gets even worse as they get older. Boys can only hear every 3rd word or so of soft-spoken teachers. When they can’t hear what their teacher is saying, they tend to drift off – getting some boys the incorrect diagnosis of ADHD.

(...) Implications for teaching:

Speak more loudly with your sons than you normally would and be very expressive.

Use lots of voice fluctuation and hand motions to engage them.

While working with your son, sit down next to him, spread the materials out and look at them shoulder to shoulder.

BOYS THINK DIFFERENTLY

We don’t know all of the differences in how boys and girls think but we now know that their brains are arranged differently. We’ve all heard that we use the left side of our brain for verbal activities and the right side for art. Actually, we now know that this is only true in males.

Males who have a stroke on the left side of their brain lose 80% of their verbal ability. The verbal ability in females who have a stroke on the left side of their brain is much less impacted, proving that their verbal ability is spread across both sides of their brain.

(...) Implications for teaching:

Book learning is essential; but, without practical, hands-on experience, boys will hard a hard time grasping concepts that seem simple to us. They will disengage from their lessons.

Boys need real world experiences in their education which engage all of their senses.
Boys also need plenty of time outdoors.

Boys have a hard time processing their emotions. Don’t ask boys “How would you FEEL if…” questions. Ask them “What would you DO if…” questions.

Boys like to have at least some control over their environments. Put each day’s schoolwork into a folder and let them decide the order in which they will complete it.

When studying literature, try these tips:

Have boys draw maps based on clues in the book.

Assign articles from the daily newspaper.

Have them read books with strong male characters doing unpredictable things. Examples arre My Side of the Mountain Trilogy, Where the Red Fern Grows, The Indian in the Cupboard, Treasure Island. Mark Twain, Ralph Moody, Jules Verne, and GA Henty write great adventure books for boys!

BOYS SEE THEMSELVES DIFFERENTLY

Girls tend to underestimate their own abilities. Boys tend to overestimate their own abilities. They also enjoy taking risks much more than do girls. The more a young man takes risks the more favorably they are seen by their peers.

Danger itself gives boys a pleasant feeling of exhilaration as opposed to the fearful feelings it causes in girls. Moderate stress also helps them to perform better as adrenaline causes more blood to flow to their brain. Stress has the opposite effect on girls.

 Implications for teaching:

Boys respond well to a challenge if there are winners and losers.

A competitive team format works better than individual competitions because they don’t want to let their teammates down.

Participating in single-sex activities such as scouts or team sports are very good for your sons.
If your son seems to crave danger, take these necessary steps:

(...) By the way, the optimum temperature for learning for boys is 69 degrees, while it is 74 degrees for girls. If you set the temperature so that it is comfortable for you, you may find your sons falls asleep or their minds wandering instead of focusing on their lessons.

À lire également:

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"Se tenir debout pour les garçons"

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Le patriarcat de Marc Cassivi

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Les enseignantes évaluent-elles injustement les garçons?

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17 août 2017

13 morts et 100 blessés à Barcelone

Un attentat de plus. À Barcelone cette fois-ci.

Il y en a tellement qu'on devient désensibilisé. Ça ne nous choque plus. Ce n'est plus un événement exceptionnel. On sait qu'il va y en avoir d'autres. Ça devient un fait divers comme un autre...

Mais pensez-y une esti de seconde.

Ces gens-là ont été frappé par une camionnette qui a subitement foncé sur eux. Leurs corps ont été brisés par le choc du capot ou se sont fracassés sur le sol ou le mur sur lequel ils ont été projeté. Et ça, c'est quand ils n'ont pas été broyés sous les roues.

C'est du monde ordinaire, comme vous et moi. Ils jasaient entre amis sur une terrasse, ils se promenaient entre amis. Il y avait des enfants. Ils n'ont rien fait pour mériter ça. Ils sont seulement coupables d'être des mécréants qui ne croient pas à ce connard d'Allah.

C'est de ça qu'on parle ici. Une violence inouïe et gratuite. Des blessures, des fractures, des plaies et des souffrances monstrueuses et injustifiées. C'est l'horreur. C'est abominable. C'est écoeurant, tabarnak. Il ne faut pas l'oublier. Ils ne faut pas laisser les médias et les politiciens nous endormir. Il ne faut pas que ça ne nous touche plus.

Et pour ce qui est des enfants de chiennes qui ont fait ça, et des politiciens et des médias qui vont nous sortir leurs violons, je n'ai plus envie de me répéter, alors je vous offre des liens vers de précédents billets. Ce que j'y ai écrit pourrait être copié-collé ici et ça demeurerait parfaitement pertinent.

C'est le même cirque à chaque fois. Après chaque attentat, les médias se mobilisent pour nous convaincre que l'assassin est un fou et que l'Islam n'a rien à voir là-dedans. C'est une religion de PAIX après tout!


Ceci se vérifie encore et encore et j'y ai consacré plusieurs billets déjà. Voyez par vous-même quelle est la sempiternelle réaction des multiculturalistes après chaque attentat:

Aveuglement volontaire (22 décembre 2014)

Santé mentale et colonialisme (18 janvier 2015)

L'angélisme de Louis T (12 décembre 2015)

Attaques à Ouagadougou (18 janvier 2016)
Le déni de la gauche (15 juin 2016)




Post-Manchester (4 juin 2017)

Viennent ensuite les habituelles accusations d'islamophobie, de racisme et de xénophobie envers quiconque est assez lucide pour dénoncer le subterfuge:

Dawkins est-il un fondamentaliste? (30 juin 2013)

Le droit de critiquer la religion (22 décembre 2014)

Les délires d'Al Jazeera (11 janvier 2015)

Élisabeth Badinter (19 janvier 2015)

«On ne va pas accepter d'être les esclaves, ni les négros des Québécois.» (22 mars 2015)

Sacs de patates et multiculturalisme (28 octobre 2015)

Je ne suis pas raciste! Décapite-moi! (21 mai 2016)

L'argument "Il y a 1,5 milliard de musulmans..." (24 mai 2017)

Or, l'accusation est bidon. Car "l'islamophobie" n'existe pas:

ISLAMOPHOBIE??? (10 janvier 2015)

Entrevue avec Salman Rushdie (5 août 2015)

Salman Rushdie et la gauche (21 août 2016)

"Islamophobie imaginaire" (16 novembre 2016)

Le mythe de l'islamophobie (9 décembre 2016)

L'islamophobie: un racisme imaginaire (14 mars 2017)

Le sauf-conduit islamique (21 mars 2017)

L'islamophobie n'existe pas (13 avril 2017)

"Le Québec n’est ni raciste ni islamophobe" (21 juin 2017)

Et dans la réalité, le lien entre l'Islam et ces attentats sanglants est central, indubitable et primordial:

Wafa Sultan versus l'Islam (21 mars 2010)

La réplique de Sam Harris (26 octobre 2014)

La vérité sort de la bouche des enfants (11 janvier 2015)

Si Allah le dit! (28 février 2015)

L'histoire des frères musulmans (6 mars 2015)

La vraie motivation d'un terroriste (31 mai 2015)

Tout ceci a des conséquences terribles principalement pour trois raisons. Premièrement, cette interdiction de formuler des critiques à propos de l'Islam empêche toute réforme de cette religion:

Arrêtons de marcher sur des oeufs lorsqu'il faut critiquer l'Islam (2 novembre 2014)

Maajid Nawaz et la gauche "régressiste" (12 décembre 2015)

À la défense de Ayaan Hirsi Ali (3 juillet 2016)

La gauche est l'ennemie de la réforme de l'Islam (17 novembre 2016)

Deuxièmement, cela représente une grande menace pour la liberté d'expression:

L'Islam est l'ennemi de la liberté! (8 janvier 2015)

Justifier la couardise canadienne (9 janvier 2015)

Cachez ces caricatures offensantes! (10 janvier 2015)

«Les représentations satiriques de chefs religieux devraient être illégales» (12 janvier 2015)

Les "fondamentalistes" de la liberté d'expression? (15 janvier 2015)

Kathleen Weil est contre la liberté de la presse (29 janvier 2015)

Sam Harris à propos de Charlie Hebdo et de la censure (29 janvier 2015)

La victoire des islamistes (30 janvier 2015)

L'histoire de Soufiane Zitouni (6 mars 2015)

Le problème avec la tolérance religieuse... (14 novembre 2015)

Une loi LIBERTICIDE! (13 décembre 2015)

La liberté d'expression menacée (23 mai 2016)

Et troisièmement, cela crée un climat dans lequel la justice et la police sont incapables de secourir des victimes par crainte d'être taxées de racistes et d'islamophobes:

La terreur d'être traité de raciste (31 août 2014)

La toxicité du multiculturalisme (9 janvier 2016)

Les pires excès du multiculturalisme (30 décembre 2016)

Sachant tout cela, voici l'illustration de ce qui doit être LA BONNE FAÇON de réagir suite à un attentat djihadiste:


Le début de solution, il est là...



L'éradication du français se poursuit

Mettez-vous quelque chose dans la tête une bonne fois pour toute: quoi qu'il dise, la réalité est que le Canada n'a ni l'intention, ni la capacité de protéger, de promouvoir ou d'assurer la survie de la langue française sur son territoire.

Et tant que le Québec s'obstinera à demeurer une province de ce pays, il est condamné à voir sa langue être éradiquée.

On a en a une preuve supplémentaire:

Le français continue sa chute libre partout à travers le Canada, et même au Québec, alors que les langues immigrantes prennent du galon, selon les dernières données du recensement 2016 de Statistique Canada.

«L’usage du français recule dans la sphère privée, et ce tant dans l’ensemble du Canada qu’au Québec», indique d’emblée Statistique Canada dans un rapport dévoilant les résultats linguistiques du dernier recensement en 2016.

(...) Or, le Québec détonne du reste du pays, car c’est l’une des seules provinces où la population ayant l’anglais comme langue maternelle a augmenté entre 2011 (13,5%) et 2016 (14,4%). Au Canada, cette population est en chute depuis plusieurs années.

(...) Sans surprises, cette augmentation s’observe principalement dans la grande région de Montréal. Mais M. Lepage souligne que le phénomène se produit aussi à plus petite échelle dans de nombreuses autres villes, telles Sherbrooke et Saguenay.

(...) Au Québec, l’arabe demeure la langue immigrante la plus parlée à la maison (213 055 personnes) en 2016.  Cette population a d’ailleurs connu une hausse fulgurante de 23,7% par rapport à 2011.

Et pendant ce temps, à Montréal:

L'utilisation du français est en baisse à travers le pays, et l'île de Montréal ne fait pas exception. Depuis 2011, la proportion de personnes parlant uniquement le français a diminué de 1,2 %.

(...) En 2016, 49,8 % des gens sur l’île de Montréal ont déclaré le français comme langue maternelle, comparativement à 50,2 % en 2011. La proportion de Montréalais ayant l’anglais comme langue maternelle est passée de 19,1 % à 19,3 %.

(...) Par ailleurs, le recul du français se remarque également dans la grande région de Montréal, où la proportion de personnes avec le français comme langue maternelle est de 65,4 %, comparativement à 66,7 % en 2011. 

(...) Dans la région de Montréal, le nombre de personnes qui parlent l’anglais a augmenté de 1 058 145 à 1 164 605 en 2016 (+10 %) et le nombre de personnes parlant le français est passé de 3 053 020 à 3 168 470 (+3 %).


À lire également:

Le déclin du français

L'inéluctable déclin se poursuit...

Le Génocide culturel des francophones au Canada

La vérité à propos de l'immigration

Le français en recul chez les travailleurs qualifiés

Au Canada, le français est une "langue étrangère"

Le français en baisse partout

Le combat des francophones du Canada

Chronique d’anticipation de l’assimilation des francophones au Québec




Chronique d’anticipation de l’assimilation des francophones au Québec

Vous aimeriez un aperçu de ce que l'avenir nous réserve?

Voici un excellent article écrit par le démographe Guillaume Marois:

En 2020, dans l’indifférence générale, la Constitution canadienne est signée telle quelle, sans aucune concession. Enfin, on peut se concentrer sur les vraies affaires.

Sous la pression du patronat et de divers lobbys, les critères favorisant les immigrants francophones deviennent de moins en moins importants. En 2025, connaître l’anglais donne autant de points que connaître le français. En 2030, le français ne fait tout simplement plus partie des critères, sous prétexte qu’il est discriminatoire et qu’il ne faut surtout pas se priver de talents potentiels pour la simple raison qu’ils ne parlent pas français.

On prétend d’abord compenser par une augmentation des cours de francisation, mais ça ne suffit pas, faute de popularité pour ces programmes et faute de réelle volonté politique. La connaissance du français parmi les immigrants est donc de moins en moins grande et leur francisation, de moins en moins concluante.

En conséquence, la proportion de francophones continue sa décroissance, mais à un rythme encore plus rapide que par le passé, tant comme langue parlée à la maison que comme langue maternelle. On dit que ce n’est pas grave, que ce qui compte, c’est la connaissance du français et son utilisation en public, et ceci est assuré par la loi 101 obligeant la scolarisation en français.

Mort culturelle

Vers 2040, le poids des francophones est autour de 65 % au Québec, mais d’à peine 50 % dans la région métropolitaine de Montréal. Il devient politiquement rentable pour le Parti libéral du Québec, maintenant au pouvoir depuis près de 40 ans, de vouloir d’abord retirer certaines dispositions de la loi 101, et éventuellement de l’abolir.

Montréal demande d’abord un statut particulier permettant de s’y soustraire, prétendant que c’est essentiel pour maintenir son statut de ville internationale. Le gouvernement accepte. La loi 101 devient alors inutile, puisqu’elle ne s’applique plus aux immigrants et à leurs descendants, qui sont concentrés dans la métropole. Le reste du Québec suit quelques années plus tard.

Quelques groupes nationalistes cherchent à résister à cette mort culturelle annoncée, mais faute d’intérêt pour la survie du français dans l’immense majorité de la population, ceux-ci n’ont aucune écoute politique. Vers 2040, la plupart ont abandonné, d’autres se radicalisent et commencent à commettre des gestes d’éclat, parfois avec violence. Ces groupes sont rapidement diabolisés. La défense du français, et même parler français, devient alors associée à la violence.

En 2045, la menace nationaliste et indépendantiste est définitivement écartée. Des dissensions idéologiques au sein du clan fédéraliste commencent enfin à voir le jour. Une frange importante de la commission jeunesse du PLQ claque la porte et fonde son propre parti, axé sur des valeurs plus progressistes, qui devient rapidement la principale opposition et absorbe Québec solidaire qui renonce sans grand débat à ses revendications indépendantistes. Après 50 ans de pouvoir quasi sans interruption, il y a un retour au bipartisme au Québec, mais les deux grandes forces politiques demeurent néanmoins unies sur la question nationale.

Parallèlement, les universités francophones passent progressivement à l’anglais. D’abord les programmes de commerce, puis les programmes professionnels, comme médecine et polytechnique, puis les cycles supérieurs, et finalement le reste. La proportion de jeunes francophones bilingues est en croissance rapide. D’ici quelques générations, ils le seront tous.

À quoi bon alors étudier en français à l’université, d’autant plus que le marché du travail exige déjà l’anglais ? Les universités arguent de leur côté qu’il est préférable d’offrir des programmes en anglais pour attirer la clientèle internationale. En 2060, à l’exception des programmes de littérature française, on ne trouve du français que dans quelques programmes bilingues à Saguenay, à Rimouski et en Abitibi.

Terroir

Étant donné le besoin d’avoir un bon anglais à l’université et sur le marché du travail, une forte pression populaire s’exerce sur les cégeps francophones pour qu’ils deviennent bilingues eux aussi, voire pour qu’ils offrent certains programmes complètement en anglais. Et pour accéder à ces programmes, mieux vaut avoir un bon anglais. C’est alors le début de la fin.

La loi 101 étant abolie, plusieurs écoles secondaires et primaires, dont les programmes d’immersion sont déjà obligatoires, passent simplement à l’anglais pour répondre à la très forte demande d’éducation dans cette langue, tant chez les allophones que chez les francophones qui veulent être certains de ne pas être désavantagés. Pour la plupart des emplois, parler le français passe d’obligatoire à simplement un atout, puis à un critère non pertinent.

En même temps, le Québec est plus populeux que jamais, mais la plupart des régions se dépeuplent. Les villages ferment les uns après les autres, des suites du vieillissement de la population et du départ sans retour des jeunes vers les villes pour y poursuivre des études postsecondaires maintenant incontournables pour travailler.

En 2075, le terroir francophone n’existe plus. Le Québec se résume à Montréal, Québec, Gatineau, quelques centres régionaux moribonds et quelques lieux de villégiature. Devant le dégoût pour leur langue maternelle et l’absence de repères historiques, les jeunes francophones, qui ont de surcroît été socialisés en anglais dans leur parcours scolaire, dans leurs habitudes de consommation culturelle, puis ensuite sur le marché du travail, abandonnent alors simplement leur langue à la maison. Leurs enfants, eux, ne connaîtront que l’anglais.

Au bout de quelques générations, en 2150, la langue dominante au Québec est une nouvelle variante de l’anglais américain au sein duquel le français québécois est devenu un substrat. Au moins, les sacres québécois ont survécu. Le legs culturel de 550 ans de présence francophone en Amérique du Nord est réduit à quelques jurons religieux, à des patronymes et à des noms de lieux, tous désormais prononcés à l’anglaise.

En 2200, devant l’hégémonie culturelle mondiale, de plus en plus de gens cherchent à se démarquer. Certains redécouvrent alors leurs ancêtres francophones d’Amérique. Une nouvelle forme d’identité québécoise renaît, mais en anglais.



Le combat des francophones du Canada

Extrait de l'article publié dans Le Devoir:

Depuis des lunes, les parents de l’école primaire Rose-des-Vents à Vancouver étaient exaspérés de devoir se contenter d’une école faite de maisons mobiles raboutées, avec des classes mal insonorisées, souvent sans fenêtres et beaucoup plus petites que celles des écoles anglaises.

L’école n’a ni gymnase ni espace vert, trop peu de vestiaires, une bibliothèque minuscule et seulement neuf toilettes pour 350 enfants et les enseignants, alors que l’école a été conçue pour 200 élèves. La province semblait estimer que si les francophones n’aimaient pas leurs écoles vétustes, exiguës et lointaines, ils n’avaient qu’à aller à l’école anglaise, quitte à y être assimilés…

En mai 2010, les parents ont intenté une poursuite fondée sur la Charte canadienne. Parallèlement, le Conseil scolaire francophone lançait sa propre action concernant la vaste question du financement public de l’éducation en français. Débuta alors l’entêtement record du gouvernement provincial pour priver les 70 000 Franco-Colombiens d’un financement « juste et équitable ».

En octobre 2015, la Cour suprême de Colombie-Britannique donnait raison à Rose-des-Vents. Acharnée, la province a aussitôt interjeté appel. Multipliant les obstructions dans son autre procès contre le Conseil scolaire (CSF), la Colombie-Britannique en est venue en juin 2012 à invoquer — avec succès — une loi coloniale anglaise datant de 1731 pour faire déclarer irrecevables les milliers de pages soumises en preuve par le CSF parce qu’elles étaient… en français.

Entre-temps, en avril 2015, au terme de dix ans de revendications, la cause séparée de la misérable école Rose-des-Vents remportait encore une victoire, cette fois devant la Cour suprême du Canada.

Quant à l’affaire impliquant le CSF, en 2016, après six ans d’un mégaprocès parmi les plus longs de l’histoire devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, les francophones n’ont finalement eu que très partiellement gain de cause.

Tandis qu’ils réclamaient réparation pour 17 collectivités peu ou pas desservies en écoles françaises, la Cour ne leur en concède véritablement que 4. En somme, le tribunal a considéré que la province ne viole la Charte qu’à l’égard de trois écoles existantes, dont Rose-des-Vents. Et sur les 22 nouvelles écoles (415 millions de dollars) demandées, le jugement ne leur en garantit qu’une seule. En ce qui a trait à quatre autres communautés où il semblait pourtant évident que les exigences de l’article 23 n’étaient pas respectées, la Cour a jugé que de telles violations des droits des francophones sont néanmoins « raisonnables et justifiables dans une société libre et démocratique ».

Par ailleurs, le gouvernement a été condamné à verser 6 millions de dollars en compensation pour le sous-financement passé du transport scolaire. « Au bout du compte, conclut le politologue Rémi Léger de l’Université Simon-Fraser, on demandait 400 millions pour tout et on n’obtient que 6 millions pour le transport. » C’est sans compter qu’au jour du jugement, le CSF avait déjà déboursé plus de 17 millions depuis le début des procédures !

À peine le verdict rendu, les hostilités reprenaient. Direction : la Cour suprême du Canada. La province n’a pas perdu de temps pour produire un appel incident visant à casser la conclusion relative au transport. Manifestement, ce minuscule gain des Franco-Colombiens était déjà « too much » aux yeux du gouvernement provincial, pour lequel il vaut mieux dépenser des sommes folles en honoraires d’avocats plutôt que d’offrir des écoles françaises décentes à la minorité linguistique !

Ironiquement, la juge Loryl Russell s’est même permis cette perle : « Les écoles de la minorité pourraient ralentir la vague d’assimilation, mais elles ne feront que prolonger l’inévitable. » Autrement dit, « vous êtes déjà cuits. Allez donc au diable tout de suite ! » Charte canadienne ou pas, le taux d’assimilation de 75 % par génération chez les francophones de Colombie-Britannique est donc là pour de bon (et pour s’accroître).

Les Fransaskois sont eux aussi devant les tribunaux pour forcer leur gouvernement à respecter l’article 23. Les Franco-Terre-Neuviens s’y démenaient également, avant d’accepter en mai dernier de déménager des élèves dans des classes d’une école anglaise.

Et alors que les 800 000 Anglo-Québécois ont trois universités financées bien au-delà de la proportion d’anglophones, on attend toujours, en Ontario, la construction d’une première université francophone. Déjà, le gouvernement ontarien se dégonfle en suggérant à ses 650 000 francophones de se contenter d’une université virtuelle…

On imagine sans peine les hauts cris que pousserait le « Rest of Canada » si les Anglo-Québécois ne devaient rencontrer qu’une infime partie des obstacles qui se dressent sans cesse devant ceux qui ont le malheur de parler la langue de Molière. Bref, minoritaires en ce pays, c’est le propre des francophones d’avoir toujours tort, quoi qu’en disent et quoi qu’en fassent les Couillard et Fournier de ce monde…



Le français en baisse partout

Dany Laferrière

Jon Hughes

Philip Edwin

Smilodon fatalis:


Andrewsarchus:


Edmontosaurus:


Pristeroognathus:


Trouvé ici.


John Sibbick

16 août 2017

Comment j'enseigne la lecture

Comme je le disais dans mon précédent billet, il n'y a rien de plus important à enseigner au primaire que la lecture. Tout le reste passe par là.

En passant, notez que je ne suis pas un orthopédagogue. Certains élèves ont des difficultés qui exigent que des moyens spéciaux soient mis en place pour leur venir en aide. Je n'ai pas l'expertise pour me prononcer là-dessus. Dans ce billet, je parle donc d'élèves qui n'ont pas de difficulté majeure, c'est-à-dire la majorité des enfants qui se retrouvent dans ma classe.

Mon objectif ultime est de donner envie de lire aux enfants. Une fois qu'ils en retirent du plaisir, la partie est gagnée. Voici comment je m'y prends.

1- LA NOUVEAUTÉ

J'ai toujours eu des bibliothèques de classe bien garnies, sauf lors de mon arrivée dans une nouvelle école. À chaque année, je dépense la quasi-totalité de mon budget de classe en livres. Or, ce que j'ai réalisé, c'est que laisser les livres traîner sur les tablettes pendant des mois n'est pas une bonne façon de maintenir l'intérêt. Les enfants aiment la nouveauté. On est tous comme ça au fond.

Ce que je fais, c'est que je cache des dizaines de livres dans une armoire à laquelle ils n'ont pas accès. Ainsi, au début de l'année, la bibliothèque est à moitié vide. Puis, tout au long de l'année, je sors de "nouveaux livres". Habituellement, je fais ça le lundi matin, à raison de deux ou trois livres par semaine. Pour chacun, je fais une courte présentation et je donne mon appréciation. Il m'arrive de leur lire les premières pages. Puis, je les fais tirer au hasard. La loi de l'offre et de la demande fait en sorte que les enfants se les arrachent.

2- TÉMOIGNAGES

Parfois, lorsqu'un élève remet un livre, je lui demande son opinion et je le questionne sur ce qu'il a aimé. C'est une bonne façon de donner envie aux autres de l'essayer. Je les invite également à écrire des textes d'opinion dans notre journal de classe et les meilleurs textes sont publiés sur le blogue de la classe.

3- CONSULTATION

Je n'aime pas agir comme un dictateur, alors j'essaie d'impliquer les jeunes dans tout ce que je fais. Dans le cas de la lecture, je leur demande de me faire des suggestions d'achats. Ensuite, on vote et j'achète les titres qui ont suscité le plus d'intérêt.

Ce genre de choses peut sembler anodin, mais il ne l'est pas. Il est important de faire sentir aux jeunes qu'ils ne sont pas des spectateurs soumis et impuissants, que leur voix est entendue, que leurs suggestions sont prises en considération et qu'ils ont un impact.

Malheureusement, dans plusieurs classes, les élèves ne sont que des figurants. Des décorations. C'est inacceptable.

Jadis, j'emmenais des élèves avec moi à la librairie et nous allions bouquiner ensemble. J'ai même déjà amené des enfants passer la soirée au Salon du livre. Malheureusement, à la lumière des terribles épreuves qu'on m'a fait subir, j'ai mis fin à cette pratique. C'est dommage, les jeunes adoraient.

4- BANDES DESSINÉES

Oui, les bandes dessinées sont des livres. Un grand nombre de mes collègues ne seraient pas d'accord, croyez-le ou non. Les femmes n'aiment généralement pas la BD et elles n'en achètent pas pour leurs élèves. Lorsque je suis arrivé dans la classe que j'occupe présentement, il n'y avait aucune BD dans la bibliothèque. Pas une seule. Zéro. Beaucoup de romans à l'eau de rose pour les filles, évidemment, mais pas de BD.

Ceci est tragique pour les garçons qui adorent la BD. Et il n'y a rien de mal là-dedans. À cet âge, je lisais presque exclusivement de la BD et j'en lis encore à 44 ans. La bande dessinée est une littérature à part entière et c'est la meilleure façon de transmettre l'amour de la lecture à la vaste majorité des garçons. Alors j'achète beaucoup, beaucoup, beaucoup de BD.

Lorsque je sors une nouvelle BD, je projette les premières pages sur mon tableau numérique, je leur présente les personnages et je leur lis les dialogues. J'attire également leur attention sur les dessins, les détails, les expression des personnages, les décors, les angles de vue, etc. Ma passion pour la BD s'avère contagieuse pour beaucoup de jeunes.

Comme je ne veux pas oublier mes filles, j'achète aussi des séries de BD qui leur sont davantage destinées qu'aux gars, mais j'encourage toujours tout le monde à essayer toutes les séries pour se faire sa propre opinion. Et je leur explique que s'ils se privent d'essayer, ils se punissent eux-mêmes.

Je réussis habituellement assez bien à donner le goût de la BD à certaines filles, mais pas toutes. Ça fonctionne beaucoup mieux avec les gars. J'ignore pourquoi. Je me pose la question depuis des décennies et je n'ai toujours pas trouvé de réponse satisfaisante.

5- LECTURE COLLECTIVE

Il y a plusieurs années, à l'époque où les écoles avaient de l'argent, j'ai acheté une trentaine de copies de quelques romans afin de les travailler en classe. J'ai environ cinq ou six titres comme ça. Cela me permet de faire lire le même roman à tous les élèves en même temps.

Habituellement, je leur fais une courte présentation du livre, je leur parle de l'auteur et, si c'est pertinent, du contexte historique ou culturel qui est nécessaire pour bien comprendre ce qui se passe. Puis, je lis le premier chapitre en avant. J'ai un plaisir fou à faire ça. Je fais les voix des personnages, il m'arrive même de faire les bruits, de frapper sur un pupitre lorsqu'il y a un bruit soudain, de claquer la porte, de hurler lorsqu'un personnage crie, etc. Les jeunes adorent.

Puis, ils ont la semaine pour lire le chapitre suivant. Lorsqu'ils ont des questions ou des trucs qu'ils n'ont pas bien compris, je leur explique. Le vendredi matin, lors du test de leçons hebdomadaire, je leur pose une question de compréhension sur le chapitre de la semaine. Puis, le lundi suivant, nous revenons sur ce qui s'est passé avant et je leur lis le troisième chapitre et tout recommence.

Je trouve très important de lire un chapitre en classe pour plusieurs raisons. Premièrement, ça maintient leur intérêt. Deuxièmement, ça permet aux élèves qui n'ont pas tout compris dans le chapitre précédent de se replonger dans l'histoire. De cette façon, ceux qui ont plus de difficulté de décrochent pas. Troisièmement, c'est une belle façon de prêcher par l'exemple. Les élèves, surtout les p'tits gars, voient un homme qui lit et qui tripe. C'est important.

6- VOCABULAIRE

La plupart de mes collègues ont des listes de mots de vocabulaire qu'ils font étudier aux enfants. Ils s'agit de listes trouvées sur Internet ou qui sont proposées par le ministère. Ces mots n'ont aucun lien avec ce qui se passe en classe. Ils sortent totalement du champ gauche. J'ai toujours trouvé ça con.

Je me sers donc de la lecture hebdomadaire pour trouver des mots pertinents et impliquer les élèves dans le processus.

Comme je le disais, le lundi matin, je lis un chapitre. Ils ont la semaine pour lire le suivant. Le devoir du lundi soir est de trouver 5 mots qu'ils n'ont pas compris dans ce chapitre. Ils doivent également écrire une très courte définition de chaque mot.

Le mardi matin, chaque élève me donne un de ses mots. J'en garde une dizaine et ils deviennent les mots de vocabulaire de la semaine. Cette méthode me permet d'être toujours pertinent puisque les mots proviennent du chapitre de la semaine, ce qui leur donne un contexte plus large, et ils ont été proposés par les élèves, ce qui signifie qu'ils ne sont effectivement pas déjà acquis.

Le devoir du mardi soir est de prendre ces 10 mots et de les intégrer chacun dans une phrase qui permet d'en comprendre le sens. Le mercredi matin, les élèves me lisent leurs phrases et je choisis mes préférées que j'écris au tableau. Lors des leçons du vendredi matin, les élèves seront donc en mesure non seulement d'orthographier les mots correctement, ils pourront également les intégrer dans des phrases qui démontrent qu'ils en ont compris le sens et la nature.

C'est une façon beaucoup plus efficace et pertinente de travailler le vocabulaire. De plus, tout ceci se retrouve dans un cahier spécifiquement dédié au vocabulaire. Les élèves se constituent ainsi une magnifique banque de mots qui leur est très utile lorsque viens le temps d'écrire.

7- CHANGER LE DÉCOR

Parfois, c'est cool d'amener les enfants lire ailleurs que dans la classe. Lors des beaux jours, je les emmène dans un parc, situé près de l'école. Ils peuvent s'installer sur un banc, sous un arbre ou sur une balançoire et lire.

J'adore faire ça parce que je trouve que c'est comme associer un sentiment de liberté à la lecture. Ce qui, en bout de ligne, est profondément vrai. La lecture libère de l'ignorance, elle libère de l'isolement, elle libère de nos oeillères et des limites de notre expérience individuelle.

Parce qu'au fond, la lecture n'est pas ce qu'elle paraît être à première vue. De l'extérieur, elle semble être une activité passive, solitaire et ennuyeuse. Mais elle est tout le contraire.

La lecture est engageante et interpelle le lecteur, le force à réagir intellectuellement et émotivement. Elle constitue une communication entre deux individus, l'auteur et le lecteur, beaucoup plus intime et signifiante que la vaste majorité des conversations que nous avons quotidiennement avec la plupart des gens qui nous entourent.

Elle est également l'ultime évasion. C'est une évasion hors de soi, hors de son quotidien, hors de son vécu, hors de ce que l'on connaît, hors de ce que l'on croyait même les limites du possible.

C'est cette expérience que je tente de donner à mes élèves. C'est très ambitieux, mais si je réussis, c'est tout l'univers qui sera aux bouts de leurs doigts.

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15 août 2017

5 choses à savoir à propos de la lecture

La capacité de lire et de comprendre des textes est sans doute la compétence la plus fondamentale que je peux travailler avec mes élèves.

Voici cinq choses à savoir à propos de la lecture, gracieuseté du site The Learning Spy:

(...) When I started teaching I knew next to nothing about reading, and I was meant to be an English teacher! Because it was something I was able to ‘just do’ I assumed that would be pretty much the same for everyone. It’s not. Some – perhaps even most – students can just do it, but those that can’t may well need some extra help. The following five hard-won nuggets of information are the product of long experience and extensive study. I hope they prove useful in the months ahead.

1. Just because students struggle to read doesn’t mean they’re thick

The ability we call reading is vastly complex. It’s made up of two very different skill areas: word recognition and language comprehension.


Teachers rely on children’s language comprehension skills to deliver curriculum content, but this is very difficult if students have shaky word recognition skills. Although comprehension is very closely linked to intelligence, decoding, the ability to turn letters (graphemes) into sounds (phonemes) isn’t. It’s perfectly possible for students to struggle to read and be intelligent. Likewise, it’s equally possible for students to find reading easy but struggle with understanding. Struggling to read is a teaching problem and can, for the most part, be solved by better teaching.

2. Working memory affects reading ability

Psycholinguist ED Hirsch Jr says, “If decoding does not happen quickly, the decoded material will be forgotten before it is understood.” We expect fluent and accurate decoding to be one of the first things children learn in primary school. Often though, although children can read, they can’t do it quickly enough. Normal reading speed is 300 words per minute; if reading speed falls below 200 words per minute, comprehension begins to suffer. For a skilled reader, word recognition skills have been automated and embedded in long-term memory. When we read we don’t have to consciously think about any it and our fragile working memory is free to infer, speculate, hypothesise and anticipate.

3. Comprehension depends on general knowledge

Teaching comprehension ‘skills’ like inferring, predicting, questioning and empathising do make a marginal difference to children’s ability to understand texts, but they’re not worth spending more than a lesson or so on. There’s a great story about a woman who went to hear Einstein give a lecture on relativity only to say, “I understood all the words. It was just how they were put together that baffled me.” Understanding what you read depends on how much you know about the subject you’re reading about.

(...) The only way to reliably understand a text is to have sufficient background knowledge to make sense of the concepts. As a teacher, this simply means you need to make sure students understand the concepts that underlie a text before giving it to them to read.

4. Vocabulary matters

Even if you have sufficient general knowledge, you still need to know what the words mean. Surprisingly, we need to know 90-95% of the words in a text in order to understand it (Nagy & Scott 2000.) This may seem high, but 5% would be about 10-15 words a page. Imagine reading something where you have to look up 10 words a page; your working memory would very quickly become overloaded and you’d probably give up.

Vocabulary breaks down into 3 tiers. Tier 1 is the vocabulary of spoken language and not something we need to worry about much in schools. Tier 3 is specialised, academic language – key words. We’re pretty good at teaching these because a conceptual understanding of say, osmosis, depends on knowing what the word means. 

The problem is with Tier 2. These are words which are common in written texts but rare in speech. Unless you read, you won’t encounter these words, but to readers their meaning is so obvious it’s hardly worth mentioning. Academic success depends on being familiar with the language used in text books and exam papers. You may understand a concept, but if you don’t know the word used to label it you’ll be at a huge disadvantage. (...) 

5. Everyone loves stories

Students who read for at least 20 minutes per day and enjoy reading do better at school. Indeed, according to the Institute of Fiscal Studies, reading ability at age 10 predicts future income at age 42. The more you read, the wider your vocabulary and general knowledge will be. Unfortunately, unless you’ve embedded word recognition skills in long-term memory you’re probably not going to enjoy reading: it will be laborious, effortful and dull. Many many students report ‘hating’ reading. In a piece of very unscientific research I did with a school students reported that reading was for old people and people with no friends. Not cool.

But even though some children ‘hate’ reading, everyone loves stories.  Stories occupy a ‘psychologically privileged’ position in how we think and understand the world. One way to harness students love of stories is for teachers to read to them. Primary teachers do this regularly but reading aloud tends to be frowned on in secondary schools. We get our knickers in a twist about trying to prove progress and other such nonsense.

(...) Knowing this stuff won’t magically make your students read better but it will make you a more effective teacher. Whatever your subject, at some point academic success depends on students’ ability to read. If you understand a bit more about the processes and why some children struggle, you will be better placed to adjust your classroom practice and refer students for appropriate support.




Le grand vide canadien

Extraits de cette excellente chronique de Simon-Pierre Savard-Tremblay:

Quand les conservateurs sont au pouvoir, on célèbre le « Canada historique » à coup de portraits de la Reine et de cérémonies militaires. S’ils avaient été aux commandes pendant le 150ème anniversaire du pays, les festivités auraient été d’un tout autre ordre.

Quand les libéraux sont là, on célèbre plutôt la « diversité ». Le PM porte à peu près tous les signes religieux, dépendamment de la parade où il se trouve, et participe à des rassemblements où les femmes et les hommes sont séparés, en profitant pour saluer les « sisters upstairs ».

La question qui doit être posée est la suivante : le Canada est-il un vrai pays ? Quand le visage officiel du pays -comme ses commémorations et son Guide de citoyenneté- change en fonction du gouvernement, nous sommes portés à se dire que non. Quand Cœur de pirate n'est pas certaine d'être canadienne lorsque c’est Harper qui dirige mais qu'elle change d’idée quand c’est Trudeau, on se dit que l’identité canadienne est une coquille vide qu’on remplit comme on veut.

Quand on gratte un peu pour voir plus loin que les symboles et qu'on cherche à comprendre les grandes visions des partis politiques canadiens, on découvre la même chose que derrière un selfie du PM : le vide. Libéraux et conservateurs construisent des oléoducs, augmentent la production de sables bitumineux, vendent des armes à l’Arabie-Saoudite et signent en secret des ententes commerciales dangereuses. Aucun gouvernement n’osera, de toute façon, toucher à la Constitution permettant aux juges de renverser les décisions politiques votées démocratiquement dans les Parlements. On a tellement peur de ce que le peuple pourrait vouloir faire. Depuis sa fondation, le Canada n’a jamais été rien d’autre qu’une création coloniale pour servir les besoins d’une petite élite qui avait besoin de créer un marché d’un océan à l’autre. Or, une construction uniquement marchande a toujours bien du mal à se trouver une âme.

À quoi bon changer de gouvernement dans ce cas, mis à part pour avoir un autre genre de party le 1er juillet ? Je propose plutôt de changer de pays.



Trudeau, l'excision et le paradoxe du multiculturalisme

La gauche américaine est peut-être toujours en pâmoison devant le grand Juju Ier, mais il semblerait que nos cousins français soient moins dupes.

Prenons par exemple cette brillante analyse de Caroline Valentin publiée dans le Figaro:

Alors qu'un document officiel canadien a été modifié par le gouvernement de Justin Trudeau, qui a supprimé le qualificatif «barbare» désignant certaines pratiques, notamment l'excision des femmes, une polémique est née qui révèle pour Caroline Valentin les limites du multiculturalisme d'État.

Sarah, en Egypte: «J'avais huit ans. Je me souviens de la violence, de ces femmes qui m'ont attrapée et écarté les jambes. Il y a eu cette douleur atroce et du sang, partout. (…) J'ai vu les autres se faire couper devant moi, je ne comprenais rien, j'avais peur. J'ai essayé de m'enfuir, on m'a rattrapée, frappée. Et puis on me l'a fait. (…) Après l'excision en forêt, nous avons toutes été conduites dans une maison où nous sommes restées une bonne semaine. (…) Il manquait une de nos amies. Nous avons appris que la petite était morte à la suite d'une hémorragie. A la fin de la semaine, une fête a été organisée pour célébrer notre excision. Quand j'y pense …».

Leyla, Egyptienne, 13 ans à l'époque, déjà mariée, vendue à un homme de 65 ans pour deux vaches, un poulailler et l'accès à un puits …: «On ne m'a pas dit que j'allais perdre l'organe qui me donnerait du plaisir, on ne m'a pas dit que j'allais subir des souffrances atroces, on ne m'a pas dit que j'allais être traumatisée à vie, physiquement et psychologiquement. On ne m'a pas dit que les rapports sexuels deviendraient extrêmement douloureux. On ne m'a pas dit que Samiha, mon amie d'enfance, développa des abcès et décéda suite à des hémorragies à l'âge de 13 ans aussi. On ne m'a pas dit que ma cousine Bibi devint stérile et que ma deuxième cousine Malaki fut contaminée par le virus du sida».

Leyla encore: «Vingt ans plus tard, les séquelles de la violence subie en étant enfant et adolescente n'ont pas disparu. Les cauchemars sont fréquents, les douleurs physiques, et la douleur de l'âme encore plus.»

Mariétou: «Je ne serai jamais une fille «normale» je dirai même jamais une fille tout simplement. Car on m'a enlevé ce qui pour moi me faisais être une vraie fille. J'en voulais à ma famille qui m'a fait subir cela, à la société et même au bon Dieu qui m'a donné cette famille avec ces traditions bêtes, animales et inhumaines.»

Internet regorge de ces témoignages. La sauvagerie et la brutalité des faits rapportés vous prennent à la gorge. Sans parler des vidéos, encore plus insoutenables. Témoignages nombreux, témoignages de pratiques d'un autre âge mais témoignages d'aujourd'hui. Car ces témoins sont souvent, aujourd'hui encore, des femmes jeunes.

Devant la violence et la douleur qui émanent de ces récits tragiques, la moindre des choses que nous aurions pu espérer aurait été un condamnation absolue, spontanée et sans équivoque de ces pratiques barbares, et le mot est important. Par respect pour ces femmes, victimes, alors qu'elles n'étaient que des enfants, d'un crime de sang demeuré impuni. Par respect pour nous, pour ce en quoi nous croyons et ce que nous avons la prétention d'incarner: le respect de l'individu, de ses droits, de ses libertés, de sa dignité, de son intégrité physique.

On aurait pu l'espérer et c'est fort heureusement le cas dans la plupart des grandes démocraties libérales occidentales. La plupart mais pas nécessairement durablement. Il faut en effet dorénavant compter avec le zèle des multiculturalistes au pouvoir au Canada, engagés dans une révolution culturelle si radicale qu'on peut se demander si elle n'est pas susceptible d'affecter certains des repères les plus familiers de notre décence occidentale commune.

Une précision sémantique s'impose. Certaines sociétés sont multiculturelles de fait, en ce sens qu'elles accueillent depuis longtemps et comptent en leur sein des individus qui sont issus de cultures différentes de la culture majoritaire. C'est le cas de la plupart des pays occidentaux, et c'est le cas de la France, encore plus d'ailleurs qu'au Canada. Sociétés multiculturelles donc, mais pas nécessairement sociétés multiculturalistes comme le Canada pour autant. Car il y a deux manières d'envisager la cohabitation de cultures différentes au sein d'une même société: le modèle français traditionnel d'intégration, appliqué pendant des décennies, demandait aux immigrés d'apprendre à connaître et de respecter la culture française, et, en cas de conflit avec leur culture d'origine, de faire prévaloir les normes et valeurs françaises. Ce modèle n'entrave ni n'interdit l'évolution de l'identité culturelle de la population majoritaire, évolution qui dépend naturellement aussi de l'influence des cultures importées, mais cette influence ne peut affecter certaines valeurs qui font consensus dans la société et qui sont jugées indépassables et inaltérables, telles l'égalité des droits des citoyens ou le respect de l'intégrité physique des individus.

A l'opposé, le Canada a décidé il y a quarante-six ans que ce qui le caractérisait ne serait plus sa culture propre, celle de ses peuples fondateurs (Canadiens-Anglais et Canadiens-Français) mais son ouverture à la diversité. Les conflits culturels ne se résolvent pas par un principe hiérarchique de la prééminence de la culture de l'accueillant sur celle de l'accueilli mais par l'accommodement que l'accueillant mettra à disposition de l'accueilli pour lui permettre de vivre sa culture comme il la vivait dans son pays d'origine. Toutes les cultures représentées sur son territoire peuvent coexister, car elles sont toutes aussi légitimes les unes que les autres, toutes aussi valables les unes que les autres. Dès lors, comme l'explique très bien le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté, le modèle multiculturaliste canadien se caractérise par «l'inversion du devoir d'intégration. Ce n'est plus aux immigrants de prendre le pli identitaire de la société d'accueil. C'est à cette dernière de se reconstruire pour accommoder la diversité».

Générosité, tolérance, ouverture d'esprit, le modèle multiculturaliste a une esthétique certaine. Quel humaniste resterait insensible à cette déclaration d'amour au monde? Et après tout, changer, progresser, s'adapter, n'est-ce pas finalement dans l'ordre des choses? Sauf que quand il s'agit de passer à l'application concrète de ces belles idées, les compromis faustiens qu'elles impliquent apparaissent petit à petit. C'est ce qu'illustre précisément la controverse sur ce sujet des mutilations sexuelles féminines qui a récemment éclaté au Canada.

L'histoire est la suivante: le gouvernement du sémillant Justin Trudeau, premier ministre du Canada, prépare une refonte du guide Découvrir le Canada: les droits et responsabilités liés à la citoyenneté, remis à chaque nouvel arrivant. Pourquoi cette réforme? Notamment car la version initiale, élaborée en 2011 par le gouvernement des méchants conservateurs rétrogrades, prévenait les futurs immigrés que le Canada ne saurait accepter «les pratiques culturelles barbares qui tolèrent la violence conjugale, les «meurtres d'honneur», la mutilation sexuelle des femmes, les mariages forcés ou d'autres actes de violence fondée sur le sexe.» Justin avait tiqué: «barbares», c'était trop pour lui ; il aurait préféré que le guide employât l'expression plus neutre de «totalement inacceptables». «Dans une publication officielle du Canada, s'était-il insurgé, il faut faire un petit effort de neutralité responsable». Pour le dire autrement, qualifier ce qui était arrivé à Sarah, Leyla, Samiha, Malika, Mariétou et tant d'autres fillettes de «barbare», c'était, selon Justin, la preuve de l'irresponsabilité du gouvernement conservateur, ni plus ni moins.

(...) Pour Justin Trudeau, dire «barbare» rassure et ne sert à rien. Dire «inacceptable» serait plus efficace pour inciter à l'abandon de ces pratiques car les personnes concernées ne se sentiraient pas insultées. En d'autres termes, pour Justin Trudeau, l'incitation à l'abandon de ces pratiques serait d'autant plus convaincante que la condamnation dont elles font l'objet est moins brutale. Il admet cependant que la subjectivité de la condamnation est un problème, mais, étrangement, il voit de la subjectivité dans l'adjectif «barbare» et non dans l'adjectif «inacceptable».

Or, «inacceptable», c'est ce qu'une société n'accepte pas à un certain moment de son histoire, et à un moment où cette société partage certaines idées, qui sont fluctuantes dans le temps ; au contraire, le qualificatif «barbare», lui, rejette de manière absolue et permanente ce type de pratiques en dehors du monde des possibles. Or, si aujourd'hui, juger que ces pratiques sont «inacceptables» plutôt que «barbares» aboutit à une même condamnation de celles-ci, ce changement de paradigme risque en revanche d'avoir des conséquences importantes au fur et à mesure de l'évolution des mœurs du Canada, évolution d'autant plus rapide qu'elle se fait là-bas sous l'égide du multiculturalisme. Et si demain, une majorité des membres de la société venait à ne plus être révoltée par ses actes, il faudrait alors les considérer comme acceptables.

En réalité, cette intervention de Justin Trudeau est loin d'être anecdotique. Passer de la notion de barbarie à celle d'acceptabilité relève d'un changement radical d'orientation du jugement dans la mesure où l'on ne se base plus sur un critère de nature mais sur un critère de degré. A travers cette déclaration, Justin Trudeau manifeste son hostilité à l'opposition classique entre civilisation et barbarie et à l'intransigeance que cette opposition suppose. Le grand philosophe polonais Leszek Kolakowski analyse très judicieusement l'implication très profonde de ce changement de paradigme quand il écrit que l'universalisme culturel «se contredit si sa générosité va jusqu'à ignorer les différences entre universalisme et exclusivisme, tolérance et intolérance, lui-même et la barbarie. ; et il se contredit lui-même si, dans l'idée d'éviter la tentation d'être barbare, il concède aux autres un droit à la barbarie.»

Or les conséquences de ce renoncement sont susceptibles d'être à terme d'autant plus considérables pour le Canada qu'il n'a pas forcément les moyens juridiques pour se protéger des dérives de ce parti pris idéologique, nous y reviendrons.

(...) Le gouvernement Trudeau et les autres premiers ministres libéraux tiennent dur comme fer à ce que le Canada reste aux yeux du monde le «laboratoire admiré de l'expérience multiculturaliste», pour reprendre la formule percutante de Mathieu Bock-Côté.

Evolution ou plutôt révolution, et au forceps: le modèle multiculturaliste a été introduit au Canada en 1971 sous l'impulsion du gouvernement libéral de Trudeau père. Le projet multiculturaliste a été consacré par une loi constitutionnelle de 1982, aujourd'hui irréformable. Une loi de 1988 est venue la préciser et en élargir la portée. Depuis lors, les identités culturelles des peuples fondateurs du Canada, Canadiens-Français et Canadiens-Anglais, et en particulier l'identité québécoise qui est censurée, n'ont plus voix au chapitre. Le multiculturalisme est devenu, par la force du droit et contre l'entêtement de la réalité - notamment l'existence d'une très grande majorité de Québécois qui lui sont hostiles - une «caractéristique fondamentale de l'identité et du patrimoine canadiens» qualifiée de «ressource inestimable pour l'avenir du pays». Il s'agit désormais de «préserver et valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens» - car ce patrimoine ne peut plus être que «multiculturel», bien entendu - et, dans cette veine, de «favoriser la reconnaissance et l'estime réciproques des diverses cultures du pays», et de «promouvoir l'expression et les manifestations progressives de ces cultures dans la société canadienne.» Encore une fois, ces phrases ne sont pas des déclarations d'intention, ce sont des textes de lois: ils ont valeur contraignante, les citoyens doivent s'y plier.

Si l'on reprend le texte suscité, qu'est ce qui protège encore le Canada de l'obligation d'accepter ces mutilations sexuelles comme une «manifestation culturelle» que la loi de 1988 impose, en tant que telle, de «reconnaître», d'«estimer» (!) , dont il convient de «promouvoir l'expression»?

La situation est donc plus grave qu'il n'y paraît. La réforme annoncée du Guide de citoyenneté n'a peut-être qu'une valeur symbolique, mais elle révèle surtout la fragilité juridique des valeurs canadiennes depuis la constitutionnalisation du multiculturalisme. Guillaume Rousseau, professeur de droit public à l'Université de Sherbrooke, confirme qu'il y a là un réel sujet d'inquiétude. Le multiculturalisme a une prééminence juridique telle que tous les autres droits et libertés doivent être interprétés à son aune. Tous sont susceptibles d'être étendus pour certains individus et restreints pour d'autres. Ainsi, par exemple, au Canada, on peut avoir, pour des motifs religieux, plus de jours de congé que ses collègues.

Certes, la formulation timide de l'article 1 de la Charte canadienne des droits et libertés permet encore de conserver quelque espoir de contenir l'expansion débridée des revendications multiculturalistes «dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d'une société libre et démocratique». Mais si une revendication communautariste est acceptée par la Cour suprême au motif que la refuser serait discriminatoire, et la protection de la liberté religieuse favorisera cette reconnaissance, il appartiendra au procureur général, fédéral ou provincial, de prouver que refuser cette revendication est «raisonnable» et «justifiable dans le cadre d'une société libre et démocratique».

Sauf que la liberté et la démocratie ne sont malheureusement plus des concepts opérants pour freiner les ambitions des communautarismes religieux: l'islam politique a démontré à quel point il lui est facile d'utiliser ces valeurs typiquement occidentales pour imposer petit à petit une culture qui les nie. Le Canada a ainsi accepté sans broncher de considérer le niqab comme un symbole religieux et non comme le marqueur communautariste radical qu'il est pourtant.

Quant à savoir si une revendication communautariste est «raisonnable» … Etant donné la vision du monde qui sous-tend la politique du gouvernement Trudeau en général, et la réforme de ce guide citoyen en particulier, y a-t-il encore un consensus aujourd'hui au Canada sur ce qui est «raisonnable»? Est-il raisonnable de laisser aller un collégien avec un poignard à l'école, au motif que ce poignard est symbolique dans la religion de ce collégien? Les juges canadiens l'ont autorisé. Est-il raisonnable de laisser témoigner devant une cour de justice une femme qui refuse d'enlever son niqab et sur l'identité de laquelle on n'a donc aucune certitude? Les juges canadiens l'ont également autorisé. Est-il raisonnable, pour une ministre d'une nation occidentale professant aussi l'égalité des sexes et pas uniquement celles des races, religions, couleur, âge etc., de se voiler pour s'adresser à la communauté musulmane ou pour se rendre dans une mosquée, et d'accepter à cette occasion un traitement différent de celui réservé aux hommes? Cela a été fait, notamment par la première ministre de l'Alberta et par celle de l'Ontario, ainsi que par les femmes du cortège de Justin Trudeau qui l'accompagnaient en visite dans une mosquée l'an dernier.

(...) Ces arguments seront-ils jugés suffisants dans le Canada multiculturaliste de Justin Trudeau pour fermer la porte à une revendication communautariste quant à l'autorisation de pratiquer des excisions «éthiques»? Rien n'est moins sûr. Si la question est un jour soulevée, il s'agira alors de résoudre un conflit entre revendications religieuses et revendications féministes. Cette situation ne sera pas nouvelle, le Canada y a déjà été confronté à travers toutes les revendications liées au port du voile islamique et sa jurisprudence en la matière est constante: son projet multiculturaliste privilégie systématiquement et sans états d'âme les religions au détriment des droits des femmes.

Apparaît alors clairement la signification profonde de cet épisode politique consternant. En intronisant le multiculturalisme comme super-religion d'Etat, le Canada a pris la décision grave de soumettre tout son corpus de valeurs culturelles, civilisationnelles, historiques et politiques, à d'autres valeurs, appréciées non pas pour ce qu'elles sont mais pour d'où elles viennent, et ce, sans les connaître. 

En réduisant le champ de sa morale à la morale de conviction, à la générosité, à la gentillesse, à la tolérance, sans se soucier de la morale de responsabilité, des conséquences en somme qui en constitue le «cœur intelligent» (pour reprendre l'expression d'Alain Finkielkraut), le modèle multiculturaliste révèle sa nature totalement utopique. Cela explique sans doute son hermétisme total aux réalités susceptibles de le désavouer. Ainsi, l'expérience catastrophique du multiculturalisme britannique et les tensions sécessionnistes, certes encore assez locales mais de plus en plus nombreuses et virulentes, auxquelles la France est confrontée depuis qu'elle a renoncé en catimini à son modèle d'intégration, restent absolument sans impact sur la foi inébranlable des partisans du multiculturalisme dans les prétendues vertus pacifiantes de leur modèle.

Le Canada, et toute l'élite internationale qui soutient et encourage son projet multiculturaliste, manifestent là une naïveté aussi arrogante que confondante. Le monde a pourtant suffisamment souffert de ces expériences de savants cosinus désireux de faire le bonheur des hommes contre leur gré pour qu'on ait pu espérer s'en épargner de nouvelles. D'autant que cette fois, parce que ces inégalités infra-culturelles de considération et de traitement les concernent au premier chef, ce sont les femmes qui sont au centre des enjeux civilisationnels posés par le multiculturalisme. Ce sont elles qui s'apprêtent encore à payer le tribut le plus lourd à un choix de société qui n'a fait ses preuves nulle part.

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